Autrices et jeu de rôle, en route ?

Je suis une « jeune » féministe. Comprendre que je ne suis pas jeune du tout, mais que je suis venue tardivement à la compréhension de cet engagement.
Oh, bien sûr, enfante, j’étais déjà révoltée par toutes les injustices que je percevais, mais je n’avais pas les mots / le bagage culturel suffisant. J’étais juste une ado, née au début des années 1970, dans une petite ville, avec pour seules ressources les ouvrages de mon CDI. Puis j’ai été une maman solo et le temps m’a absorbée.
Aujourd’hui, je réalise donc pleinement mon décalage avec les jeunes femmes qui ont acquis tout cela très tôt.

Pourquoi ce préambule ?
Je vous laisse lire ce que j’écrivais sur Facebook le 28 février.

Depuis quelques années, au sein de la programmation du festival Nice Fictions, nous prenons le temps de parler de féminisme, de genres et de différents sujets de société et cela me semblait… hé bien… pas mal ? ma part du colibri ?

Très honnêtement, en prenant la parole après Nydenlafée ce vendredi au FIJ2022, je n’y ai pas accordé tant d’importance que ça.
Je ne sais pas comment le rendre exactement… Oui, c’était important, oui, le milieu du jeu de rôle manque d’autrices, mais cela ne me coûtait rien, en fait, de parler quelques minutes sur une scène, je n’avais rien préparé, je ne m’étais pas investie, je pouvais oublier ce geste aussi rapidement que je l’avais eu.

Hier, j’ai à nouveau pris la parole sur Facebook et, à l’heure où j’écris ce billet, les réactions (de soutien) sont plus nombreuses que d’habitude (et me voilà avec plus d’abonné·es alors que ce n’est pas forcément mon usage de cette plateforme d’ailleurs…).
Ces réactions, ces attentes… m’ont fait réaliser qu’il y avait (forcément) plus à faire.

Sur Terre, nous sommes à peu près autant de femmes que d’hommes. Donc, sans être pointue en stats, dans chaque activité humaine, si elle n’était pas impactée par le sexisme systémique de notre société, nous trouverions à peu près autant des deux genres.
Ce qui n’est pas le cas.

Comme je l’ai écrit, je vis à cheval sur deux mondes : celui du jeu de rôle et celui de la littérature SFFF.
Côté littérature, l’Observatoire de l’imaginaire a notamment travaillé sur ces questions et, sans surprise, il n’y a pas 50 % d’autrices.
Le milieu est vaste. Il y a de très grosses maisons, une chaine du livre dont l’équilibre financier est parfois tendu, des tas de gens impliqués.
Alors, oui, il faut commencer à faire changer les choses, mais, avec autant d’acteurices dans le paysage, ce sera forcément long.

Le monde du JdR est différent : il est très petit.
Même les plus grosses boîtes sont à taille humaine, on va se croiser en conventions, discuter…

Donc cette taille humaine nous permet d’aller plus vite, d’être tout simplement plus progressistes.

— Mais, s’il y a moins de femmes qui envoient leurs jeux à des éditeurs, ils ne vont pas pouvoir en publier plus ?

J’ai lu quelque part (non, je ne source pas, j’éditerai peut-être par la suite) que l’une des différences dans l’éducation reçue en fonction du genre, c’est que l’homme est éduqué à candidater / postuler même s’il pense qu’il n’a pas les capacités / le talent alors que la femme est éduquée à l’inverse et va se freiner.
Donc on peut par exemple commencer par aider les jeunes créatrices à lutter contre leur syndrome de l’imposture…

Le label Nice Fictions est en train de se développer comme propulseur dans les domaines de l’art, de la culture et donc des jeux.
Et cela fait donc partie des initiatives que nous allons soutenir. Avec nos moyens, toujours en restant collaboratif, avec votre aide et vos envies.

Pour l’instant, ce billet ne fait donc qu’ouvrir une porte et on reviendra vers vous, mais on va déjà partir en quête des autrices de JdR.

Ce billet est également publié sur la Tribune des Vagabonds du Rêve.

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