On peut parler du prix des livres numériques ?

En fin de journée, trainant sur les réseaux, j’ai vu passer un super titre de roman, le genre de titre qui me donne envie de l’acheter peu importe son contenu. On est vendredi soir, le début du week-end, le moment idéal pour l’achat compulsif d’un objet de culture.

Alors je cherche et je trouve… l’objet en vente à 19,95 € en broché (livre papier) et… 14,99 en numérique !!!
Pardon ???

Mon seuil psychologique pour un livre numérique est à 10 € et, encore, je trouve ça cher.
Mais, quand je mets le sujet sur le tapis ici ou là, comme on parle de Culture avec un grand C et que je ne suis probablement qu’un horrible gougnafier, en général, je me fais sauter dessus au prétexte que je m’attaque aux auteurices et à l’édition.

Pardon ? Mais quel rapport ?
Qui parle de baisser la rémunération des auteurices ou des éditeurices ici ?

Alors je me suis dit que, puisque je n’allais pas acheter ce titre, qui me fait bien envie pourtant, je pouvais passer mon temps à bloguer.
De tête, je connais la répartition dans le calcul d’un livre papier, mais vous n’allez pas me croire « de tête », alors j’ai lancé une petite recherche et je me suis arrêté sur cet article.

Je reconfigure un peu les chiffres qu’ils donnent parce que leur répartition ne fait pas 100 % et je prends 40 % pour la librairie car c’est la marge des grosses enseignes.

En pourcentage, donc :
15 éditeurice
15 imprimeur
20 distribution / diffusion
40 librairie
10 auteurice

Sur un livre papier qui coûte 19,95 €, j’ôte la TVA de 5,5 % = 18,91
Le travail de l’éditeur et de l’auteurice (25 %) = 4,73
Il n’y a pas d’imprimeur.

Regardons le travail de la distribution / diffusion et du libraire.
Il y a toujours une diffusion (faire connaitre le titre), mais il n’y a plus de distribution (stockage, transports, expéditions…).
Quant au libraire, les 40 % sur le papier couvre un ensemble de coût : le local, les employé·es, le stockage + le risque : si on se trompe de titres, ceux qui sont en rayon prennent la place de ceux qui n’y rentreront pas.
Une plateforme numérique a nettement moins de frais + aucun risque puisqu’elle peut proposer autant de titres qu’elle le souhaite sans que des stocks lui restent sur les bras.
Disons 20 % pour la plateforme de vente et 10 % pour la diffusion et je ne suis pas mesquin = 5,67

Notre livre numérique devrait donc être mis en vente pour 4,73 + 5,67 + TVA = 10,97 €
Mon seuil est à 10 €, on se retrouve à 11… mais pas à 15.

Maintenant, si l’éditeur fait de la vente directe, on est à… 5.
Oui, dans le marché actuel, peut-être que c’est mieux d’être sur de grosses plateformes.
Peut-être.
Mais on est toujours pas à 15 balles.

Et le livre-papier, je peux le revendre quand j’ai fini de le lire ou l’offrir ou…

Vous avez toujours envie de payer votre livre numérique 15 € ?
Si non, c’est lae lecteurice qui ne veut pas du numérique ou c’est l’éditeur (qui fixe le prix public de vente) qui freine ?

Auteur/autrice : Cenlivane

Ecrivain·e, Poète·sse, Blogueur·se