Il y a « parler de sexe » et « parler de sexe ».
J’ai pris conscience de ça douloureusement quand une prof dont je suis proche a été accusée par ses harceleurs de « parler de sexe » en classe (au lycée) parce qu’elle avait parlé de consentement et d’agressions sexuelles (sic).
Je suis né·e dans les années 1970 et, pendant trop longtemps, si j’étais gêné·e qu’on parle de sexe devant moi, qu’on m’impose des récits que je ne souhaitais pas, c’était moi qui étais trop prude.
On commence enfin à en parler, mais, en France, on a un souci dans notre rapport au sexe / à la culture du viol. A mes yeux et de manière très résumée, le souci vient qu’on ne distingue pas le sexe consenti ou non. On le voit dans les affaires qui sortent, de façon terrible, mais, à moindre niveau, j’ai souvent remarqué (mais ça change) qu’on n’avait pas le droit de refuser qu’on nous impose des récits (par exemple).
Pour ma part, je ne refuse pas de parler de sexe quand…
il s’agit d’éduquer une personne (notamment un·e enfant·e) pour qu’elle se protège,
un·e ami·e a besoin de confier des difficultés,
une personne trans se pose des questions sur ce qui va changer après une opération,
on échange avec un·e partenaire sur ce qu’on peut faire ou non…
mais je ne veux pas qu’on me raconte des choses à caractère sexuel juste pour le plaisir de les partager.
Si je dois consommer un contenu sexuel, je veux le faire à mon rythme, quand je l’ai choisi, sous le format qui me convient… et ça ne devrait même pas être une question en fait : ça s’appelle le consentement.




