
S’évader…


Il y a une semaine, Kinayla a posté un billet sur D1000 et D100 : Pourquoi on a bien failli disparaître en tant que site rôliste.
J’imagine ici une petite musique d’attente pendant que je vous laisse la lire et je vous livre ce que j’en ai retenu : elle évoque tout à la fois la fragilité des contenus éditoriaux, qui peuvent disparaitre à tout moment, et la fragilité du travail bénévole / associatif.
Son article m’a touché parce qu’il a résonné en moi et je n’ai pas écrit dessus tout de suite, j’ai laissé passer les jours1.
Il y a deux points que je voudrais scinder : le contenu éditorial en général et son archivage / documentation et le travail bénévole et ses aléas.
Sur la question de contenus éditoriaux… tout peut disparaitre à tout moment.
Un site de références, un travail comme celui du Thiase parce qu’il repose sur une seule personne. Concernant ce travail, d’ailleurs, il a pu être repris par la FFJdR, mais elle n’est pas moins fragile, elle ne repose pas sur énormément de personnes…
Ce souci n’est pas spécifique au bénévolat. Il y a des maisons d’édition qui apparaissent régulièrement, mais d’autres également qui ferment. La fin d’une maison, c’est la fin de ses ouvrages sur le marché.
Je commence par les éléments de contexte :
La société Sandfall Interactive a développé le jeu vidéo Clair Obscur: Expedition 33 qui est sorti le 24/4/2025. Il est difficile d’être passé à côté tout simplement parce qu’il a été largement récompensé lors des Game Awards 2025, au mois de décembre.
L’Académie Clair-Obscur est une série de bande dessinée dont le 1er tome est paru le 7/1/2026 aux éditions Drakoo.
Vendredi, son auteur, Olivier Gay, a publié sur les réseaux sociaux :
IMPORTANT
Je viens de recevoir un courrier d’avocat de la part du jeu CLAIR OBSCUR – EXPEDITION 33, qui me somme d’arrêter de vendre ma BD éditée chez Drakoo intitulée Académie Clair-Obscur, censée surfer sur le succès incontestable du jeu.
Bon.
Pour information, c’est un projet qui a été pitché à Drakoo en 2019 et pour lequel j’ai un contrat à ce nom depuis mars 2024, bien avant la sortie du jeu vidéo.
Donc on est bien d’accord que ça n’a rien à voir avec une volonté de surfer sur quoi que ce soit et que c’est juste une coïncidence désagréable (dommage, si j’avais sorti la BD un poil plus tôt, c’est moi qui aurais pu leur demander de changer de titre ^^).
Par ailleurs, la BD n’a aucun lien avec leur histoire, c’est un paysan qui intègre une école de magie de l’élite, et le Clair-Obscur fait référence à une technique de magie particulière.
Soyons clairs, je n’ai ni l’énergie, ni le temps, ni l’argent pour engager un combat juridique, surtout contre des studios français que j’apprécie beaucoup.
Parce que c’est ça, le plus frustrant, j’ai en effet joué à Clair-Obscur, j’ai platiné le jeu et buté Simon en full parade, je l’ai conseillé sur les réseaux et je voue une admiration sans bornes à la success story de Sandfall Interactive.
Donc voilà. C’est d’autant plus décevant de les voir attaquer en justice sans raison, ça souille un peu le truc.
La BD continuera sous un autre nom, et j’espère qu’elle continuera à rencontrer le succès.
En tout cas je compte sur vous, parce que je ne vous cache pas que ça m’a un peu déprimé, là
Sur BS, quelqu’un a indiqué que, effectivement, Sandfall a déposé la marque Clair Obscur en octobre 2023.
Continuer la lecture de « Sandfall, on ne te dérange pas trop ou c’est comment ? »Souvent, j’ai entendu dire que le boycott, ça ne servait à rien, voire que c’était contre-productif.
Ça m’a toujours étonné, voire mis mal à l’aise. Comment un boycott pourrait être inutile ? Si lae consommateurice ne veut pas de ton produit, s’iel te boude, bien sûr qu’il va se passer quelque chose.
Protester n’est pas quelque chose d’aisé. Une personne riche et puissante qui n’est pas contente d’une décision (de justice par exemple) peut écrire un livre et passer sur les plateaux télé. Elle jouait déjà la partie en mode /facile et, quand elle a été contrariée, elle a pu enclencher les cheat codes pour que rien de désagréable ne lui arrive jamais.
Pour les autres / les nous, ben…
Boycotter est la solution la plus facile et la plus safe :
1/ c’est facile parce que tu ne dois juste PAS FAIRE / acheter / consommer ;
2/ tu n’as pas le risque (non nul) qu’il peut y avoir lors d’une manifestation.
La première fois que cette expression du doute concernant le boycott m’a vraiment dérangé / marqué, c’est lors de l’affaire Marsan.
Puisque Marsan était le propriétaire et directeur de son entreprise, hormis ne plus lui acheter de livres, que pouvions-nous faire concrètement ?
— Si tu n’achètes plus de livres chez Bragelonne, les employé·es et les auteurices vont en souffrir.
— Bon, ben, OK, on ne s’offusque plus de rien alors…
Une histoire de transmigration avec une couche N+1, 3 transmigrant·es qui ne viennent pas forcément du même niveau, du drôle et du tendre
32 épisodes de 40 minutes
Adaptée du roman 成何体统 de Qi Ying Jun 七英俊

C’est un Roman2 où une jeune femme du monde moderne, Elle2, transmigre dans un Roman1 qu’elle était en train de lire, dans le rôle de Xie Yong’er, concubine de l’Empereur (Wang Chu Ran) et personnage secondaire qui meurt facilement.
Dans le Roman1, Yu Wanyin (Wang Chu Ran), la démoniaque concubine de l’Empereur, et son amant le Prince Duan, le frère de l’Empereur, prenaient le pouvoir.
Dans le Roman2, Elle2, parce qu’elle a donc transmigré et connaît toute l’intrigue, séduit le Prince Duan qui est le héros, devient l’héroïne et Yu Wanyin perd donc son statut de FL pour celui d’une méchante qui meurt avant la fin.
Dans notre réalité, Elle est chargée de préparer en urgence l’adaptation de Roman2, qu’elle juge mauvais, et qu’elle lit en diagonale… quand elle transmigre dans le personnage de Yu Wanyin.
Elle sait donc qu’Elle2 peut être une transmigrante qui détient l’aura de l’héroïne1.
Il y a également un risque, se dit-Elle, qu’Elle pense venir à tort de la réalité alors qu’elle ne serait que le personnage d’un Roman3 que d’autres transmigrateurs auraient pu lire.
Une bonne histoire de vengeance au milieu des intrigues de famille et de cour avec une héroïne qui reboucle sa 1ère vie
38 épisodes de 40+ minutes et un bonus de 6 minutes

Jiang Xuening (Bai Lu) est devenue impératrice comme elle le souhaitait, après avoir utilisé les uns et trahi les autres, mais tout finit en bain de sang : Xie Wei (Zhang Linghe) et l’armée des Yan entrent dans la capitale et mettent fin à son règne. Avant de mourir, elle ne demande qu’une seule chose à Xie Wei : qu’il épargne le très honnête fonctionnaire Zhang Zhe qu’elle a pu manipuler car il était très épris d’elle.
Xie Wei a une dette envers Xuening : lorsqu’elle avait 14 ans (et qu’il était jeune adulte), ils ont voyagé ensemble et elle lui a sauvé la vie pendant ce périple.
L’Écrivaine en train de rédiger ça n’est pas satisfaite. Au téléphone avec son éditeur, elle lui explique que les choix qu’il lui a imposés, d’ajouter de la cruauté pour satisfaire le marché, ont dénaturé ce qu’elle voulait faire, d’autant qu’elle s’identifie à son personnage principal qui devait porter ses propres valeurs.
Xuening se réveille donc à 18 ans, avec les souvenirs de sa vie passée, avant que tout n’ait commencé et que la famille Yan, la famille de son meilleur ami, Yan Lin, n’ait été accusée à tort et condamnée à l’exil.
Continuer la lecture de « Story of Kunning Palace | 宁安如梦 (2023) »Il y a un peu plus d’une semaine, j’ai posté deux articles sur la situation du JdR (jeu de rôle) au FIJ.
Le lendemain de mon 2e billet, plongé dans mes réflexions, j’ai écrit une publication sur FB que je n’ai pas reproduite ici. Les jours ont passé, j’ai fermé mon compte FB et, hier, j’ai évoqué cette affaire d’une autrice qui a vendu un roman, contenant a priori des passages pédocriminels, sous l’étiquette Dark Romance (DR).
Je copie/colle donc d’abord ma publication du 17 février :
Ce matin, sur le chemin du taf, je songeais au terme jeux de simulation.
— Tu as de drôles de pensées…
Hier, j’ai blogué sur le divorce JdR / FIJ et, en fait, ce matin, je repensais à cette couleur rose sur le plan du festival avec « Figurines, JdR, Wargames ».
En tant que personne féministe, queer et neuroatypique, on va dire que j’ai une conscience particulière de la nécessité de maîtriser les narratifs / définitions et de l’auto-détermination ou, plutôt, de l’auto-définition.
Cette aprem, j’ai lu une publi Insta de l’autrice Flora Peony :
Je regrette le choix de la police / fond qui m’en ont rendu la lecture difficile, mais ça n’est pas le sujet ici.
Je vous résume ce que j’en ai compris :
1/ Si l’on défend l’usage des TW, une fin triste doit faire l’objet d’un TW parce que cela peut tout autant choquer que d’autres sujets ;
2/ Les codes de la romance incluent une fin heureuse donc, si la fin est triste, l’histoire doit être indiquée comme « drame sentimental » et non comme « romance ».
La dernière vignette indique que Roméo et Juliette est une tragédie et non une romance.
Alors… j’ai beaucoup de choses à dire et je vais essayer de garder le fil.
Continuer la lecture de « Où je décide de ma définition de la Romance »Hier, je suis tombé (par le hasard de l’algorithme, qui n’est donc pas du tout un hasard) sur une vidéo YT :
Elle est récente (12 février 2026) et je l’ai trouvée vraiment intéressante.
J’ai eu l’occasion de parler de la Romance et de la Dark Romance dans deux précédents billets.
Dans cette vidéo, la youtubeuse Marouchka aborde le sujet par le biais de ses a priori. C’est très intéressant car ce sont des préjugés que j’ai longtemps partagés et qui représentent probablement assez bien le mépris dont souffre le genre. Elle défait un peu tout ça, en s’appuyant sur des travaux de recherche, et elle évoque notamment le rôle de la Dark Romance.
Je mets juste un tout petit tout léger bémol : elle reprend la définition de la Romance comme un récit avec une fin positive / heureuse
et, comme je l’avais évoqué, je ne pense pas que ce soit le cas dans la définition moderne qui inclut un récit comme Roméo et Juliette.
Mais, voilà, c’est un détail et, sur la Dark Romance elle-même, elle parle d’un « laboratoire » pour expérimenter en toute sécurité et je pense qu’on est raccord (je disais « mode d’emploi de l’hétérosexualité »).
En fin de journée, trainant sur les réseaux, j’ai vu passer un super titre de roman, le genre de titre qui me donne envie de l’acheter peu importe son contenu. On est vendredi soir, le début du week-end, le moment idéal pour l’achat compulsif d’un objet de culture.
Alors je cherche et je trouve… l’objet en vente à 19,95 € en broché (livre papier) et… 14,99 en numérique !!!
Pardon ???
Mon seuil psychologique pour un livre numérique est à 10 € et, encore, je trouve ça cher.
Mais, quand je mets le sujet sur le tapis ici ou là, comme on parle de Culture avec un grand C et que je ne suis probablement qu’un horrible gougnafier, en général, je me fais sauter dessus au prétexte que je m’attaque aux auteurices et à l’édition.
Une romance qui revisite plutôt bien le PDG calculateur et le naufrage d’un mariage, mais dont la 2e partie n’est pas à la hauteur de la 1ère, vraiment prenante
32 épisodes de 40-50 minutes

Love’s Ambition était amplement citée dans LES séries romantiques de 2025 et, du coup, j’étais forcément curieux.
Elle est disponible sur Viki, où je l’ai regardée, et il y a une accroche :
« Issue d’une petite ville, une présentatrice télé connue divorce de son mari, un homme d’affaires. Pourra-t-il la reconquérir ? »
suivi d’un court résumé : « Xu Yan (Zhao Lu Si) a passé dix ans à se bâtir une carrière de présentatrice télé, troquant sa vie de fille de province pour celle d’une jeune femme citadine, grâce à une fausse personnalité qu’elle s’est forgée avec soin. Pour compléter sa vie « parfaite », elle épouse l’homme d’affaires Shen Hao Ming (William Chan). Alors que tout le monde admire ce couple en apparence idéal, en privé, leurs différences de milieu et d’opinions les déchirent. Après une dispute, Xu Yan en a assez de la manie qu’a son mari de tout vouloir contrôler et demande le divorce. Sous le choc, Hao Ming se rend compte d’à quel point il tenait à elle et tente de la reconquérir. S’autoriseront-ils à se montrer vulnérables pour nouer de véritables liens ? Ce drama est adapté du roman en ligne 大乔小乔 de Zhang Yue Ran. »
Lorsque j’ai rédigé mon billet samedi pour poser que le jeu de rôle (JdR) n’était désormais plus présent au Festival International des Jeux (FIJ) de Cannes, je ne me suis pas spécialement étendu sur le sujet.
Je voulais énoncer quelques éléments de contexte pour celles et ceux qui tomberaient dessus sans trop savoir, mais, après tout, charbonnier est maître chez lui. Si le festival n’est plus intéressé par le JdR, c’est comme ça.
Mon objectif était surtout d’informer les rôlistes qui ne sont pas de la région de ne pas faire le déplacement pour rien.
Je n’ai pas développé pourquoi je dis que le FIJ ne veut plus. Et, en réalité, si on ne connaît pas l’écosystème, on peut se dire que c’est le hasard, que les éditeurs vont et viennent, etc.
Dans le monde du jeu, il y a des secteurs qui représentent de gros marchés (comme le jeu vidéo, par exemple) et, de l’autre côté du spectre, il y a le JdR.
C’est une très faible économie.
Ce point est important car il entraîne que c’est un milieu qui n’a pas de leviers dans pas mal de situations. Alors, évidemment, je ne dis pas qu’il y a 0 argent, mais, si tu additionnes l’ensemble des chiffes d’affaires de tous les éditeurs de JdR, t’arrives pas à un chiffre très impressionnant (d’un point de vue capitaliste, s’entend).
Est-ce de bon goût d’annoncer la fin d’une idylle un jour de Saint-Valentin ?
Ça fait plusieurs semaines (années ?) que je savais que j’allais écrire ce billet et j’ai déjà teasé quand j’ai livré mon retour d’Octogônes. Donc, en octobre, j’écrivais que le Festival International des Jeux (FIJ) de Cannes n’était hélas plus un des évènements importants du jeu de rôle (JdR) en France et je savais que je reviendrai sur ce point à l’occasion de son édition 2026.
Quelques éléments :
Le FIJ 2026 se tiendra dans deux semaines (du 27 février au 1er mars).
On savait déjà que plusieurs éditeurs de JdR ne viendraient pas, mais ils ne souhaitaient pas communiquer dessus et il fallait donc attendre que les plans soient connus pour constater l’ampleur de la désertion.
Le FIJ est organisé par une structure liée à la mairie / qui a une délégation de service public.
Et on peut dire que la mairie de Cannes a les moyens de faire de gros festivals, dans un palais dédié au bord de la mer, à quelques minutes de la gare.
En me réveillant ce matin, j’ai pensé qu’il était temps que je prenne une bonne résolution : celle d’arrêter de regarder / lire plusieurs séries / romans en même temps.
Le résultat de commencer trop d’œuvres à la fois mène à un abandon important. Non pas qu’elles soient mauvaises (c’est pas le sujet), mais je me laisse attiré ici et là et, après quelques semaines, il faudrait que je reprenne l’histoire à son début et j’ai souvent la flemme de repartir de zéro.
A noter que cette résolution va forcément de pair avec celle d’attendre que tous les épisodes d’une série soient libérés avant de la regarder.
Bref, mon samedi a commencé fort de cette idée.
Et, à 11h, j’ai vu passer la news selon laquelle iQIYI commençait la diffusion de How Dare You? (la série, pas l’anime de 2024) avec Wang Chu Ran1 dans le rôle de la FL.
Avec seulement 8 épisodes disponibles aujourd’hui sur les 32.
Alors, forcément, j’ai regardé le 1er épisode avant le déjeuner.
— Et, du coup, c’est quoi la série que tu regardes en ce moment et dont tu ne devais pas te détourner ?
— Love’s Ambition. Clairement pas la même ambiance.
Suite au débat qu’a suscité votre choix d’illustration pour votre affiche 2026, j’ai écrit un précédent billet, mais, en parallèle, j’ai relayé pas mal d’infos sur mon mur FB, notamment les prises de parole d’artistes ou le fait que, dans un premier temps1, sur votre Insta, vous avez choisi de supprimer les commentaires qui vous étaient défavorables.
Note :
Je supprime aussi des commentaires sous mes publis. Je supprime les provocs qui n’ont pour but que de mener à la bagarre, pas les interpellations et questions.
Des trolls sont venus me harceler sur FB.
Je ne parle pas d’une discussion un peu énervée, mais bien de pur harcèlement : par exemple, mettre une réaction « en colère » sur TOUTES mes publis (même celles qui n’ont aucun rapport avec le sujet de leur fureur), puis, quand je bloque (parce qu’il n’y a rien d’autre à faire), revenir avec un autre compte et recommencer.
J’ai souvent pris la parole sur plusieurs affaires, certaines plus « graves », et je n’ai jamais eu à faire à ce type de comportements auparavant.
Forcément, ça pose des questions.
Je ne pense pas qu’une orga bénévole soit responsable de ses soutiens / fans, surtout ceux qui ont un tel comportement.
Par contre, je pense que vous êtes responsables de votre com (forcément).
La façon dont vous avez annoncé ne pas accepter le harcèlement, couplée à votre suppression des commentaires qui vous étaient défavorables, a laissé entendre que vous considériez que celleux qui n’étaient pas d’accord avec vous étaient les harceleurs.