Aucun·e écrivain·e / artiste ne peut parler pour toutes les autres. Donc, quand on cause « processus », évidemment, on parle de SOI.
Quand « j’ai une histoire », cela se fait en très peu de temps car… tout le long de ma vie, des jours qui passent… j’accumule des tas de détails : dans une série que je regarde, quelque chose que je remarque dans la rue, une anecdote que me raconte quelqu’un…
Tous ces petits items sont là. J’oublie des tas de trucs, mais pas ça.
Je marche pour aller au boulot. Je me dis « et si quelqu’un faisait ceci ou cela ? » Le temps du trajet, je m’imagine la personne, ce qu’elle veut, comment elle agit…
Je peine à m’endormir un soir ? Et alors il y aurait Untel qui…
Ça s’accumule paisiblement, sans direction artistique.
Et puis l’autre jour j’ai eu une injection de fer un matin. Boulot l’aprem et, le soir… il pourrait se passer ceci et cela et il y aurait ce personnage qui… A minuit, je ne dormais pas…
Je n’ai pas inventé toute une histoire en une soirée. J’avais un fil et j’ai péché : comme la rivière était pleine, la prise était généreuse.
Et, là, je me suis retrouvé avec une histoire dont je me dis, à vue de nez, avec toutes les scènes prévues, que ce pourrait être un roman.


