
L’ennui, père de tous les… Zzzz…


Les 25 et 26 avril, j’étais au festival l’Ouest Hurlant, à Rennes. A cette occasion, à titre de test, les Vagabonds du Rêve avaient pris un stand.
J’avais prévu de faire un long article, probablement découpé en deux parties : l’une pour parler du festival en lui-même et l’autre pour réfléchir plus largement sur les festivals, les livres… et nous (les Vagabonds).
J’ouvre une parenthèse :
Jusqu’à présent, je ne crois pas avoir souvent parlé de handicaps ou de maladies sur ce blog, probablement pour tout un tas de raisons, mais, avec le temps, je réalise que ne pas parler, c’est contribuer à l’invisibilisation. Donc je vais essayer de mentionner ces aspects dès que ça me semble pertinent.
Donc, après avoir tenu un stand pendant deux jours, j’aurais aimé faire mon article dès le retour, tant que tout était bien frais dans ma mémoire, mais je n’ai pas pu : mes batteries étaient complètement à plat, mener une discussion devenant impossible. Et écrire un article, en réalité, c’est mener une discussion, juste qu’on ne sait pas ce que l’interlocuteurice nous répondrait.
— T’as pas ouvert de parenthèse, t’as juste écrit en italique.
— Oui, ben… voilà !
Depuis mon retour (quasi deux semaines aujourd’hui), j’ai été trop fatigué pour mener cette tâche à bien. Paradoxalement, j’ai posté 4 articles depuis, tandis que celui-ci restait en brouillon, mais parce que mon propos y était plus « simple ».
Cette fatigue peut venir de plusieurs causes (maladies), mais réfléchir sur les festivals est important dans ma démarche / sur ce blog.
Si je repousse encore l’écriture de ce billet, à un moment où j’irai mieux, le risque est élevé que je sois passé à toute autre chose et n’en reparle jamais.
Accepter la maladie / fatigue, c’est donc me fixer un objectif raisonnable : poser quelques mots, sur lesquels je pourrais revenir à l’occasion si besoin, sans me lancer dans quelque chose d’aussi long que je le voulais initialement.
Ce matin, en scrollant sur Insta, je tombe sur cette publi :
Commencer la journée en apprenant quelque chose de nouveau dans le domaine de l’un de mes intérêts spécifiques, c’est plutôt une sensation agréable.
En résumé, le gars explique que, quand on écrit le titre / nom de l’auteurice sur le dos d’un livre, on peut le faire dans deux sens (forcément1). On a un sens français en opposition à un sens anglophone / international et, de fait, le sens international semble plus « logique » puisqu’il permet de lire les infos lorsque le livre est posé à plat.
Est-ce que je connaissais déjà cette info ?
Je n’en sais rien. Si je l’ai su, je ne l’ai pas retenue car je n’en avais pas un usage courant.
— Mais t’es éditeurice, tu produis des livres, t’en as un usage courant !
Ces derniers temps, je vois sur les réseaux sociaux traîner une légende urbaine : leur usage aurait disparu1 et il réapparaîtrait avec les IAgen ChatGPT-like, si bien que certains lecteurs accuseraient les auteurices d’avoir fait écrire leurs textes par l’IA.
Les tirets cadratins sont utilisés pour baliser les dialogues et les incises.
Ils n’ont jamais disparu car les romans récents ont toujours des dialogues.
Ils sont parfois remplacés par des semi-cadratins pour des raisons esthétiques, genre pages étroites.
Donc absolument toutes les écrivain·es en ont l’usage. C’est même pas une question.
Donc, là, on a des gens qui sont en train de justifier qu’ils existent depuis longtemps, comme si c’était un sujet, et qu’ils avaient… simplement disparu récemment, avec le développement de l’informatique.
Hein ???
En mode /paresse de cette fin de week-end, je fais défiler les recommandations dans les vdramas disponibles sur la plateforme iQIYI. Ça me propose Love Among Thorns. En regardant les acteurices, les images très lisses… j’ai une drôle d’impression. Alors je checke le casting dans la description : Unknown.
D’ailleurs, le moteur de recherche m’amène sur une publi Insta où quelqu’un demande : « Qui sont les acteurs ? »
Si j’avais un doute (non), en regardant quelques épisodes plus loin, plusieurs des personnages féminins se ressemblent de façon plus que troublante.
Dans l’aprem, alors que je cherchais une toute autre info, je suis tombé par hasard sur un article qui racontait qu’un acteur, ayant pourtant déjà une bonne carrière, se retirait à la campagne, dans une toute autre activité, car les acteurices étaient en train d’être remplacés par de l’IA-gen.
(Impossible de retrouver l’article, il a « disparu » de mon historique et je n’arrive pas à remonter comment j’étais arrivé dessus, donc y’aura pas le nom dudit acteur…)
Les vdramas ne sont pas toujours fameux, mais ils permettent (permettaient ?) aux acteurices de faire leurs armes.
Il va falloir être attentif (encore plus) à ce qu’on consomme…
Je n’aime pas du tout le sentiment de contrariété que ça me file…
Un gros bof…
24 épisodes de 25+ minutes

Elle (Ji Meihan) a un accident de voiture et, pour guérir ses souvenirs / son cerveau, elle est « envoyée » (grâce à une technologie médicale expérimentale) dans un webroman en cours d’écriture / diffusion, qu’elle était en train de lire, dans le rôle d’une Méchante avec qui elle partage le même nom.
Son personnage tente de piquer Lui (Wang Runze), le fiancé de sa demi-sœur Elle2.
A priori, on est dans un thème assez classique d’isekai : notre personnage principal doit survivre dans une histoire dont iel est lae méchant·e. Sauf que, ici, au lieu que ce soit du fantastique (par quelle magie tout cela se produit-il ?), on est dans de la SF / un traitement médical expérimental.
Premier truc pas clair : Lui-roman ne semble pas un gars « bien » et ce serait un peu étonnant qu’il soit promis à Elle2-l’héroïne du roman1.
D’ailleurs, Elle ne sait pas bien si elle doit le séduire / garder pour elle ou le renvoyer à sa sœur.
Puis, quand on sent que Lui-personnage commence à s’intéresser à Elle et va probablement changer… bim ! Lui-réalité transmigre. Il a visiblement rejoint l’expérience parce qu’il est très amoureux d’Elle et qu’elle l’a oublié.
Quand tu te dis que ça aurait pu être bien, mais que, au final, ça ne fonctionne pas
26 épisodes de 40 minutes

Quand Li Xiao Xi (Wang Zi Wen) était jeune adulte, elle a réalisé que les petits amis de ses copines avaient tendance à être infidèles et elle l’a réalisé parce qu’ils la draguaient. Cela l’a renvoyé à un souvenir d’enfance qui lui est douloureux : elle pense avoir vu son père avec une autre petite fille, se comportant comme un père avec elle, mais elle ne l’a jamais confronté et elle ignore si son père a eu une liaison ou s’il y a une autre explication.
Elle met donc ses talents d’acting et sa beauté au service des femmes qui souhaitent tester leur partenaire, persuadée que l’infidélité est partout.
Dans un bar, elle aborde Xiao Bei (Liu Yu Ning) en croyant à tort que c’est l’un des hommes qu’elle cherche. Le contact est fait, ils commencent à filtrer, mais, insecure évidemment à cause de ses nombreuses confrontations avec l’adultère, elle demande à Ying Tao, sa meilleure amie, de le tester.
Et Xiao Bei s’avère tout à fait sérieux sur le plan sentimental.
J’ai un intérêt spécifique : la cohérence narrative.
Même si je ne peux pas mentir et que je n’aime pas la malhonnêteté, je peux comprendre la filouterie, dans le sens que son auteurice peut l’estimer nécessaire en mettant en place des mensonges qui sont au service de son propos narratif.
Imaginons que j’ai un pote que je sais marié et dont je connais le visage de sa femme1. Un jour, comme dans une série télé, j’ouvre la porte d’une chambre et je le trouve au lit avec une autre personne (que l’épouse identifiée).
S’il m’explique que, pour lui, l’amour (qu’il porte à sa femme) est disjoint du sexe (qu’il partage avec des tas de gens), étant donné que la vie privée des autres ne me regarde pas, je vais dire : OK, bien.
Par contre, s’il commence à me baratiner que ce n’est pas ce que je crois, que je n’ai pas vu ce que j’ai vu… je vais péter un câble. Parce que sa vie privée ne me regarde pas, mais ça me regarde si tu me racontes des histoires contraires aux faits que j’ai observés.

J’ai pris cette capture écran d’Allociné, mais, vraiment, j’aurais pu le faire pour d’autres.
Alors, oui, je sais parfaitement pourquoi les médias partagent des non-infos sur leurs réseaux sociaux : l’objectif est d’inciter à cliquer sur le lien (vers l’article), donc à ne pas donner d’infos (accessibles juste lors d’un scrollage rapide).
Le fils-sans nom d’une immense star pas nommée rejoint une actrice non-nommée dans l’adaptation d’un roman sans-titre.
Est-ce que ça fonctionne ?
J’ai vraiment de gros gros doutes et, le jour où je fais ça, vraiment, désabonnez-vous !
— Mais tu n’as pas d’abonné·es ?
— Oh…
Comment communique-t-on autour de la rémunération d’un appel à projets ?
Contexte
A propos du roman Du thé pour les fantômes (Chris Vuklisevic), l’éditeur a décidé de lancer un appel à fanarts, notamment via une publi Insta :
J’ai pris connaissance de cette info sur le forum d’Elbakin.
La publi renvoie vers une page web qui donne plus de détails et qui renvoie elle-même vers un règlement.
Une Romance/Science-Fiction qui peut sembler assez simple a priori, mais qui fonctionne bien et réussit son questionnement
10 épisodes de 50/60 minutes
Réalisateur : Kim Jung-shik

Elle (Ji Soo) est éditrice dans une maison d’édition spécialisée dans les webtoons et elle est notamment responsable d’une Autrice d’un titre à succès, en Romance, tout à la fois mauvais et addictif, toujours au Top 1 de son jour de diffusion (le vendredi).
Sachant qu’Elle déteste la Romance et qu’elle est plutôt Horreur.
Deux éléments viennent perturber son quotidien :
1/ une société produit une réalité virtuelle, Boyfriend on Demand, et, comme ils vont utiliser le personnage principal de l’Autrice, ils proposent à Elle de tester le jeu et de leur en faire des retours critiques ;
2/ tandis que l’Auteur suivi par Lui (Seo In-guk), le rival d’Elle au sein de leur entreprise, se trouve assigné à son tour au vendredi, en concurrence direct avec l’Autrice.
Pendant ce temps-là, la meilleure amie d’Elle enchaîne les rendez-vous amoureux et les déceptions.
Boyfriend on Demand propose 900 prétendants / scénarios, de toutes sortes : amour étudiant, agent secret, historique… et, pour les clientes qui n’y trouvent pas leur compte, elles ont la possibilité de demander le déblocage d’un 901e prétendant, personnalisé vraiment au plus près de leurs attentes.
L’objectif de la société aux commandes est bien sûr de créer une expérience qui t’incite à renouveler ton abonnement mensuel1.
Quand Elle débloque le 901e, après toute une batterie de questions, l’IA a généré un personnage qui a… le visage de Lui.
Gestes matinaux et automatisés. Allumer l’écran puis l’ordinateur. Ranger le sac à main dans le tiroir du bureau. Mettre le téléphone portable sur mode discret et le poser à côté de l’ordinateur. Caler sa veste sur le dossier de la chaise. Tourner la page de l’éphéméride.
Vendredi 13 octobre 2006.
Martine passe son doigt sur le chiffre et s’arrête quelques secondes, ennuyée. La date lui semble familière, mais son esprit refuse de faire une quelconque association d’idées.
Elle oublie un anniversaire ? Elle a accepté une invitation à dîner ?
Ce sentiment l’agace, mais, ne pouvant le dissiper, elle décide de faire un tour à la machine à café. Bavardages avant la journée de travail, on prévoit le week-end, on se réjouit d’être un vendredi. Un superstitieux fera un loto tandis que Lydia, la petite blonde du quatrième, déclare d’un ton angoissé que le chiffre 13 lui fait peur.
Faire peur ? Martine imagine un psychopathe armé une tronçonneuse sans fil et éclate de rire.
Il est temps d’attaquer la journée.

Bon, j’avoue que je ne pensais pas rédiger un jour un billet avec pareil titre pour parler des normes de genres et dénoncer le patriarcat…
En introduction de mon billet du 28 mars concernant le cdrama Pursuit of Jade, j’évoquais deux sujets : ses records d’audience et de fausses polémiques, genre « pourquoi le ML reste superbe ? »
Je n’ai pas fait plus attention que ça auxdites polémiques car je sais qu’elles sont une conséquence du succès : plus il y a de vues, plus il y a de haters. C’est une mécanique assez basique.
Les vues ont continué de croître, battant des records, notamment sur Netflix, et Zhang Linghe, qui incarne le personnage principal masculin, a vu le nombre de ses abonné·es exploser sur les divers réseaux sociaux où il est présent1.

Une petite comédie romantique fantastique qui se laisse regarder sans souci
80 épisodes de 1 à 2 min.
Réalisateur : You Hengha

Employée de bureau, Elle (Sun Qianxun) s’effondre au travail et se retrouve dans la peau d’Elle1, personnage secondaire d’un mini-drama, qui est éprise de Lui2, un homme riche qui sort avec elle car elle ressemble à son véritable amour, Elle2. Évidemment absolument pas en phase avec le personnage dont elle a pris la place, elle accepte néanmoins de rester la doublure de cet « amour » moyennant une très forte somme d’argent qu’elle touchera au bout d’un an / à la fin du contrat.
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