Dans les interstices, personne ne t’entendra progresser

Ce matin, j’ai vu passer des publis du genre « j’ai réussi grâce à mon travail, je veux donner espoir aux autres »…
Suis sûr qu’il y a des gens de bonne volonté dans le lot, mais, en 2026, avec l’accès qu’on a aux études en sciences sociales, vraiment, quelle flemme !

Mon père est workaholic, je ne le suis pas (probablement pour des raisons de santé).
Il a travaillé dur / beaucoup toute sa vie.
Comme c’était une personne racisée dans une petite ville, plusieurs de ses clients ne l’ont pas payé en sachant que la Justice ne le soutiendrait pas.
La Justice est nécessaire, mais, pour autant, on sait que… c’est compliqué, on va dire.
Bref, sur plusieurs décennies, le bilan est surtout de grosses pertes d’argent.

Le travail peut faire fructifier une réussite, mais une réussite vient avant tout de la chance et des privilèges.

Côté artistique, je me suis longtemps défini comme nouvelliste de SFFF,
mais le milieu de la SFFF / Imaginaire était aux mains d’hommes et je n’avais aucune chance d’y percer.
— Mais je connais une fille qui…
— C’est pas le point, Jean-Mi…

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Qui a envie d’acteurices générées par IA ?

En mode /paresse de cette fin de week-end, je fais défiler les recommandations dans les vdramas disponibles sur la plateforme iQIYI. Ça me propose Love Among Thorns. En regardant les acteurices, les images très lisses… j’ai une drôle d’impression. Alors je checke le casting dans la description : Unknown.
D’ailleurs, le moteur de recherche m’amène sur une publi Insta où quelqu’un demande : « Qui sont les acteurs ? »

Si j’avais un doute (non), en regardant quelques épisodes plus loin, plusieurs des personnages féminins se ressemblent de façon plus que troublante.

Dans l’aprem, alors que je cherchais une toute autre info, je suis tombé par hasard sur un article qui racontait qu’un acteur, ayant pourtant déjà une bonne carrière, se retirait à la campagne, dans une toute autre activité, car les acteurices étaient en train d’être remplacés par de l’IA-gen.
(Impossible de retrouver l’article, il a « disparu » de mon historique et je n’arrive pas à remonter comment j’étais arrivé dessus, donc y’aura pas le nom dudit acteur…)

Les vdramas ne sont pas toujours fameux, mais ils permettent (permettaient ?) aux acteurices de faire leurs armes.

Il va falloir être attentif (encore plus) à ce qu’on consomme…

Je n’aime pas du tout le sentiment de contrariété que ça me file…

Ceci n’est pas un journal ou comment Songe se prit au jeu de raconter sa vie

J’ai un intérêt spécifique : la cohérence narrative.
Même si je ne peux pas mentir et que je n’aime pas la malhonnêteté, je peux comprendre la filouterie, dans le sens que son auteurice peut l’estimer nécessaire en mettant en place des mensonges qui sont au service de son propos narratif.

Imaginons que j’ai un pote que je sais marié et dont je connais le visage de sa femme1. Un jour, comme dans une série télé, j’ouvre la porte d’une chambre et je le trouve au lit avec une autre personne (que l’épouse identifiée).
S’il m’explique que, pour lui, l’amour (qu’il porte à sa femme) est disjoint du sexe (qu’il partage avec des tas de gens), étant donné que la vie privée des autres ne me regarde pas, je vais dire : OK, bien.
Par contre, s’il commence à me baratiner que ce n’est pas ce que je crois, que je n’ai pas vu ce que j’ai vu… je vais péter un câble. Parce que sa vie privée ne me regarde pas, mais ça me regarde si tu me racontes des histoires contraires aux faits que j’ai observés.

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Nouveau skill des médias : Éloge du rien

J’ai pris cette capture écran d’Allociné, mais, vraiment, j’aurais pu le faire pour d’autres.
Alors, oui, je sais parfaitement pourquoi les médias partagent des non-infos sur leurs réseaux sociaux : l’objectif est d’inciter à cliquer sur le lien (vers l’article), donc à ne pas donner d’infos (accessibles juste lors d’un scrollage rapide).

Le fils-sans nom d’une immense star pas nommée rejoint une actrice non-nommée dans l’adaptation d’un roman sans-titre.

Est-ce que ça fonctionne ?
J’ai vraiment de gros gros doutes et, le jour où je fais ça, vraiment, désabonnez-vous !
— Mais tu n’as pas d’abonné·es ?
— Oh…

Étude de cas autour de la com d’un éditeur

Comment communique-t-on autour de la rémunération d’un appel à projets ?

Contexte
A propos du roman Du thé pour les fantômes (Chris Vuklisevic), l’éditeur a décidé de lancer un appel à fanarts, notamment via une publi Insta :

J’ai pris connaissance de cette info sur le forum d’Elbakin.
La publi renvoie vers une page web qui donne plus de détails et qui renvoie elle-même vers un règlement.

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Zhang Linghe est-il trop beau ?

Bon, j’avoue que je ne pensais pas rédiger un jour un billet avec pareil titre pour parler des normes de genres et dénoncer le patriarcat…

En introduction de mon billet du 28 mars concernant le cdrama Pursuit of Jade, j’évoquais deux sujets : ses records d’audience et de fausses polémiques, genre « pourquoi le ML reste superbe ? »
Je n’ai pas fait plus attention que ça auxdites polémiques car je sais qu’elles sont une conséquence du succès : plus il y a de vues, plus il y a de haters. C’est une mécanique assez basique.

Les vues ont continué de croître, battant des records, notamment sur Netflix, et Zhang Linghe, qui incarne le personnage principal masculin, a vu le nombre de ses abonné·es exploser sur les divers réseaux sociaux où il est présent1.

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Pursuit of Jade, où je reviens sur l’épilogue post-fin

— Ça existe, ça, un épilogue post-fin ???
— Ben, t’appelles ça comment, toi ?
— C’est pas une scène post-générique ?
— Ben, non, le générique est après. T’as la fin, un petit panneau, et des scènes ensuite.

J’ai fini de voir Pursuit of Jade ce midi et je n’en ai pas encore fait la chronique.
Je vais la faire, bien évidemment, mais je réalise qu’écrire des billets séparés est aussi une bonne façon d’aborder la critique, en pouvant spoiler ici et en épargnant donc la chronique elle-même.
Bref…

A la fin de l’histoire, toutes les intrigues se dénouent et on comprend que tout ce qui est arrivé de mal découle du fait que l’empereur précédent, le père de Qi Sheng, l’Empereur actuel, était un pourri.
Ses mauvaises actions et intentions ont entraîné une suite de drames et de trahisons.
Qi Sheng devient fou et Qi Min, son frère aîné, qui a intrigué pour reprendre le trône, meurt.
Au moment où il meurt, dans les bras de Yu Qian Qian, il lui dit qu’il l’a profondément aimée et, comme il lui a fait du mal, il souhaite qu’ils ne se revoient jamais dans leurs prochaines vies.
Yu Bao Er, encore enfant, fils de Qi Min et Yu Qian Qian, devient empereur, sachant que Qian Qian l’élèvera avec de bonnes valeurs.
Xie Zheng, le héros, est alors régent.
Adulte, Bao Er épousera Fan Chang Ning, la petite sœur de Fan Chang Yu, l’héroïne, et donc nos héros seront, plus tard, beaux-frère/sœur de l’empereur.
Zheng et Chang Yu retournent dans la ville d’origine où ils se sont rencontrés et mariés et feront désormais famille avec ceux qu’ils aiment, mais retourneront à la guerre quand ce sera nécessaire.

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Sandfall, on ne te dérange pas trop ou c’est comment ?

Je commence par les éléments de contexte :

La société Sandfall Interactive a développé le jeu vidéo Clair Obscur: Expedition 33 qui est sorti le 24/4/2025. Il est difficile d’être passé à côté tout simplement parce qu’il a été largement récompensé lors des Game Awards 2025, au mois de décembre.

L’Académie Clair-Obscur est une série de bande dessinée dont le 1er tome est paru le 7/1/2026 aux éditions Drakoo.
Vendredi, son auteur, Olivier Gay, a publié sur les réseaux sociaux :

IMPORTANT
Je viens de recevoir un courrier d’avocat de la part du jeu CLAIR OBSCUR – EXPEDITION 33, qui me somme d’arrêter de vendre ma BD éditée chez Drakoo intitulée Académie Clair-Obscur, censée surfer sur le succès incontestable du jeu.
Bon.
Pour information, c’est un projet qui a été pitché à Drakoo en 2019 et pour lequel j’ai un contrat à ce nom depuis mars 2024, bien avant la sortie du jeu vidéo.
Donc on est bien d’accord que ça n’a rien à voir avec une volonté de surfer sur quoi que ce soit et que c’est juste une coïncidence désagréable (dommage, si j’avais sorti la BD un poil plus tôt, c’est moi qui aurais pu leur demander de changer de titre ^^).
Par ailleurs, la BD n’a aucun lien avec leur histoire, c’est un paysan qui intègre une école de magie de l’élite, et le Clair-Obscur fait référence à une technique de magie particulière.
Soyons clairs, je n’ai ni l’énergie, ni le temps, ni l’argent pour engager un combat juridique, surtout contre des studios français que j’apprécie beaucoup.
Parce que c’est ça, le plus frustrant, j’ai en effet joué à Clair-Obscur, j’ai platiné le jeu et buté Simon en full parade, je l’ai conseillé sur les réseaux et je voue une admiration sans bornes à la success story de Sandfall Interactive.
Donc voilà. C’est d’autant plus décevant de les voir attaquer en justice sans raison, ça souille un peu le truc.
La BD continuera sous un autre nom, et j’espère qu’elle continuera à rencontrer le succès.
En tout cas je compte sur vous, parce que je ne vous cache pas que ça m’a un peu déprimé, là

Sur BS, quelqu’un a indiqué que, effectivement, Sandfall a déposé la marque Clair Obscur en octobre 2023.

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Le girlcott, ça ne sert à rien !

Souvent, j’ai entendu dire que le boycott, ça ne servait à rien, voire que c’était contre-productif.
Ça m’a toujours étonné, voire mis mal à l’aise. Comment un boycott pourrait être inutile ? Si lae consommateurice ne veut pas de ton produit, s’iel te boude, bien sûr qu’il va se passer quelque chose.
Protester n’est pas quelque chose d’aisé. Une personne riche et puissante qui n’est pas contente d’une décision (de justice par exemple) peut écrire un livre et passer sur les plateaux télé. Elle jouait déjà la partie en mode /facile et, quand elle a été contrariée, elle a pu enclencher les cheat codes pour que rien de désagréable ne lui arrive jamais.
Pour les autres / les nous, ben…
Boycotter est la solution la plus facile et la plus safe :
1/ c’est facile parce que tu ne dois juste PAS FAIRE / acheter / consommer ;
2/ tu n’as pas le risque (non nul) qu’il peut y avoir lors d’une manifestation.

La première fois que cette expression du doute concernant le boycott m’a vraiment dérangé / marqué, c’est lors de l’affaire Marsan.
Puisque Marsan était le propriétaire et directeur de son entreprise, hormis ne plus lui acheter de livres, que pouvions-nous faire concrètement ?
— Si tu n’achètes plus de livres chez Bragelonne, les employé·es et les auteurices vont en souffrir.
— Bon, ben, OK, on ne s’offusque plus de rien alors…

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On peut parler du prix des livres numériques ?

En fin de journée, trainant sur les réseaux, j’ai vu passer un super titre de roman, le genre de titre qui me donne envie de l’acheter peu importe son contenu. On est vendredi soir, le début du week-end, le moment idéal pour l’achat compulsif d’un objet de culture.

Alors je cherche et je trouve… l’objet en vente à 19,95 € en broché (livre papier) et… 14,99 en numérique !!!
Pardon ???

Mon seuil psychologique pour un livre numérique est à 10 € et, encore, je trouve ça cher.
Mais, quand je mets le sujet sur le tapis ici ou là, comme on parle de Culture avec un grand C et que je ne suis probablement qu’un horrible gougnafier, en général, je me fais sauter dessus au prétexte que je m’attaque aux auteurices et à l’édition.

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Peut-on divorcer sans se faire du mal ? | FIJ et JdR, partie 2

Lorsque j’ai rédigé mon billet samedi pour poser que le jeu de rôle (JdR) n’était désormais plus présent au Festival International des Jeux (FIJ) de Cannes, je ne me suis pas spécialement étendu sur le sujet.
Je voulais énoncer quelques éléments de contexte pour celles et ceux qui tomberaient dessus sans trop savoir, mais, après tout, charbonnier est maître chez lui. Si le festival n’est plus intéressé par le JdR, c’est comme ça.
Mon objectif était surtout d’informer les rôlistes qui ne sont pas de la région de ne pas faire le déplacement pour rien.

Je n’ai pas développé pourquoi je dis que le FIJ ne veut plus. Et, en réalité, si on ne connaît pas l’écosystème, on peut se dire que c’est le hasard, que les éditeurs vont et viennent, etc.

Dans le monde du jeu, il y a des secteurs qui représentent de gros marchés (comme le jeu vidéo, par exemple) et, de l’autre côté du spectre, il y a le JdR.
C’est une très faible économie.
Ce point est important car il entraîne que c’est un milieu qui n’a pas de leviers dans pas mal de situations. Alors, évidemment, je ne dis pas qu’il y a 0 argent, mais, si tu additionnes l’ensemble des chiffes d’affaires de tous les éditeurs de JdR, t’arrives pas à un chiffre très impressionnant (d’un point de vue capitaliste, s’entend).

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