Ceci n’est pas un journal ou comment Songe se prit au jeu de raconter sa vie

J’ai un intérêt spécifique : la cohérence narrative.
Même si je ne peux pas mentir et que je n’aime pas la malhonnêteté, je peux comprendre la filouterie, dans le sens que son auteurice peut l’estimer nécessaire en mettant en place des mensonges qui sont au service de son propos narratif.

Imaginons que j’ai un pote que je sais marié et dont je connais le visage de sa femme1. Un jour, comme dans une série télé, j’ouvre la porte d’une chambre et je le trouve au lit avec une autre personne (que l’épouse identifiée).
S’il m’explique que, pour lui, l’amour (qu’il porte à sa femme) est disjoint du sexe (qu’il partage avec des tas de gens), étant donné que la vie privée des autres ne me regarde pas, je vais dire : OK, bien.
Par contre, s’il commence à me baratiner que ce n’est pas ce que je crois, que je n’ai pas vu ce que j’ai vu… je vais péter un câble. Parce que sa vie privée ne me regarde pas, mais ça me regarde si tu me racontes des histoires contraires aux faits que j’ai observés.

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Nouveau skill des médias : Éloge du rien

J’ai pris cette capture écran d’Allociné, mais, vraiment, j’aurais pu le faire pour d’autres.
Alors, oui, je sais parfaitement pourquoi les médias partagent des non-infos sur leurs réseaux sociaux : l’objectif est d’inciter à cliquer sur le lien (vers l’article), donc à ne pas donner d’infos (accessibles juste lors d’un scrollage rapide).

Le fils-sans nom d’une immense star pas nommée rejoint une actrice non-nommée dans l’adaptation d’un roman sans-titre.

Est-ce que ça fonctionne ?
J’ai vraiment de gros gros doutes et, le jour où je fais ça, vraiment, désabonnez-vous !
— Mais tu n’as pas d’abonné·es ?
— Oh…

Étude de cas autour de la com d’un éditeur

Comment communique-t-on autour de la rémunération d’un appel à projets ?

Contexte
A propos du roman Du thé pour les fantômes (Chris Vuklisevic), l’éditeur a décidé de lancer un appel à fanarts, notamment via une publi Insta :

J’ai pris connaissance de cette info sur le forum d’Elbakin.
La publi renvoie vers une page web qui donne plus de détails et qui renvoie elle-même vers un règlement.

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Zhang Linghe est-il trop beau ?

Bon, j’avoue que je ne pensais pas rédiger un jour un billet avec pareil titre pour parler des normes de genres et dénoncer le patriarcat…

En introduction de mon billet du 28 mars concernant le cdrama Pursuit of Jade, j’évoquais deux sujets : ses records d’audience et de fausses polémiques, genre « pourquoi le ML reste superbe ? »
Je n’ai pas fait plus attention que ça auxdites polémiques car je sais qu’elles sont une conséquence du succès : plus il y a de vues, plus il y a de haters. C’est une mécanique assez basique.

Les vues ont continué de croître, battant des records, notamment sur Netflix, et Zhang Linghe, qui incarne le personnage principal masculin, a vu le nombre de ses abonné·es exploser sur les divers réseaux sociaux où il est présent1.

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Pursuit of Jade, où je reviens sur l’épilogue post-fin

— Ça existe, ça, un épilogue post-fin ???
— Ben, t’appelles ça comment, toi ?
— C’est pas une scène post-générique ?
— Ben, non, le générique est après. T’as la fin, un petit panneau, et des scènes ensuite.

J’ai fini de voir Pursuit of Jade ce midi et je n’en ai pas encore fait la chronique.
Je vais la faire, bien évidemment, mais je réalise qu’écrire des billets séparés est aussi une bonne façon d’aborder la critique, en pouvant spoiler ici et en épargnant donc la chronique elle-même.
Bref…

A la fin de l’histoire, toutes les intrigues se dénouent et on comprend que tout ce qui est arrivé de mal découle du fait que l’empereur précédent, le père de Qi Sheng, l’Empereur actuel, était un pourri.
Ses mauvaises actions et intentions ont entraîné une suite de drames et de trahisons.
Qi Sheng devient fou et Qi Min, son frère aîné, qui a intrigué pour reprendre le trône, meurt.
Au moment où il meurt, dans les bras de Yu Qian Qian, il lui dit qu’il l’a profondément aimée et, comme il lui a fait du mal, il souhaite qu’ils ne se revoient jamais dans leurs prochaines vies.
Yu Bao Er, encore enfant, fils de Qi Min et Yu Qian Qian, devient empereur, sachant que Qian Qian l’élèvera avec de bonnes valeurs.
Xie Zheng, le héros, est alors régent.
Adulte, Bao Er épousera Fan Chang Ning, la petite sœur de Fan Chang Yu, l’héroïne, et donc nos héros seront, plus tard, beaux-frère/sœur de l’empereur.
Zheng et Chang Yu retournent dans la ville d’origine où ils se sont rencontrés et mariés et feront désormais famille avec ceux qu’ils aiment, mais retourneront à la guerre quand ce sera nécessaire.

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Sandfall, on ne te dérange pas trop ou c’est comment ?

Je commence par les éléments de contexte :

La société Sandfall Interactive a développé le jeu vidéo Clair Obscur: Expedition 33 qui est sorti le 24/4/2025. Il est difficile d’être passé à côté tout simplement parce qu’il a été largement récompensé lors des Game Awards 2025, au mois de décembre.

L’Académie Clair-Obscur est une série de bande dessinée dont le 1er tome est paru le 7/1/2026 aux éditions Drakoo.
Vendredi, son auteur, Olivier Gay, a publié sur les réseaux sociaux :

IMPORTANT
Je viens de recevoir un courrier d’avocat de la part du jeu CLAIR OBSCUR – EXPEDITION 33, qui me somme d’arrêter de vendre ma BD éditée chez Drakoo intitulée Académie Clair-Obscur, censée surfer sur le succès incontestable du jeu.
Bon.
Pour information, c’est un projet qui a été pitché à Drakoo en 2019 et pour lequel j’ai un contrat à ce nom depuis mars 2024, bien avant la sortie du jeu vidéo.
Donc on est bien d’accord que ça n’a rien à voir avec une volonté de surfer sur quoi que ce soit et que c’est juste une coïncidence désagréable (dommage, si j’avais sorti la BD un poil plus tôt, c’est moi qui aurais pu leur demander de changer de titre ^^).
Par ailleurs, la BD n’a aucun lien avec leur histoire, c’est un paysan qui intègre une école de magie de l’élite, et le Clair-Obscur fait référence à une technique de magie particulière.
Soyons clairs, je n’ai ni l’énergie, ni le temps, ni l’argent pour engager un combat juridique, surtout contre des studios français que j’apprécie beaucoup.
Parce que c’est ça, le plus frustrant, j’ai en effet joué à Clair-Obscur, j’ai platiné le jeu et buté Simon en full parade, je l’ai conseillé sur les réseaux et je voue une admiration sans bornes à la success story de Sandfall Interactive.
Donc voilà. C’est d’autant plus décevant de les voir attaquer en justice sans raison, ça souille un peu le truc.
La BD continuera sous un autre nom, et j’espère qu’elle continuera à rencontrer le succès.
En tout cas je compte sur vous, parce que je ne vous cache pas que ça m’a un peu déprimé, là

Sur BS, quelqu’un a indiqué que, effectivement, Sandfall a déposé la marque Clair Obscur en octobre 2023.

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Le girlcott, ça ne sert à rien !

Souvent, j’ai entendu dire que le boycott, ça ne servait à rien, voire que c’était contre-productif.
Ça m’a toujours étonné, voire mis mal à l’aise. Comment un boycott pourrait être inutile ? Si lae consommateurice ne veut pas de ton produit, s’iel te boude, bien sûr qu’il va se passer quelque chose.
Protester n’est pas quelque chose d’aisé. Une personne riche et puissante qui n’est pas contente d’une décision (de justice par exemple) peut écrire un livre et passer sur les plateaux télé. Elle jouait déjà la partie en mode /facile et, quand elle a été contrariée, elle a pu enclencher les cheat codes pour que rien de désagréable ne lui arrive jamais.
Pour les autres / les nous, ben…
Boycotter est la solution la plus facile et la plus safe :
1/ c’est facile parce que tu ne dois juste PAS FAIRE / acheter / consommer ;
2/ tu n’as pas le risque (non nul) qu’il peut y avoir lors d’une manifestation.

La première fois que cette expression du doute concernant le boycott m’a vraiment dérangé / marqué, c’est lors de l’affaire Marsan.
Puisque Marsan était le propriétaire et directeur de son entreprise, hormis ne plus lui acheter de livres, que pouvions-nous faire concrètement ?
— Si tu n’achètes plus de livres chez Bragelonne, les employé·es et les auteurices vont en souffrir.
— Bon, ben, OK, on ne s’offusque plus de rien alors…

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On peut parler du prix des livres numériques ?

En fin de journée, trainant sur les réseaux, j’ai vu passer un super titre de roman, le genre de titre qui me donne envie de l’acheter peu importe son contenu. On est vendredi soir, le début du week-end, le moment idéal pour l’achat compulsif d’un objet de culture.

Alors je cherche et je trouve… l’objet en vente à 19,95 € en broché (livre papier) et… 14,99 en numérique !!!
Pardon ???

Mon seuil psychologique pour un livre numérique est à 10 € et, encore, je trouve ça cher.
Mais, quand je mets le sujet sur le tapis ici ou là, comme on parle de Culture avec un grand C et que je ne suis probablement qu’un horrible gougnafier, en général, je me fais sauter dessus au prétexte que je m’attaque aux auteurices et à l’édition.

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Peut-on divorcer sans se faire du mal ? | FIJ et JdR, partie 2

Lorsque j’ai rédigé mon billet samedi pour poser que le jeu de rôle (JdR) n’était désormais plus présent au Festival International des Jeux (FIJ) de Cannes, je ne me suis pas spécialement étendu sur le sujet.
Je voulais énoncer quelques éléments de contexte pour celles et ceux qui tomberaient dessus sans trop savoir, mais, après tout, charbonnier est maître chez lui. Si le festival n’est plus intéressé par le JdR, c’est comme ça.
Mon objectif était surtout d’informer les rôlistes qui ne sont pas de la région de ne pas faire le déplacement pour rien.

Je n’ai pas développé pourquoi je dis que le FIJ ne veut plus. Et, en réalité, si on ne connaît pas l’écosystème, on peut se dire que c’est le hasard, que les éditeurs vont et viennent, etc.

Dans le monde du jeu, il y a des secteurs qui représentent de gros marchés (comme le jeu vidéo, par exemple) et, de l’autre côté du spectre, il y a le JdR.
C’est une très faible économie.
Ce point est important car il entraîne que c’est un milieu qui n’a pas de leviers dans pas mal de situations. Alors, évidemment, je ne dis pas qu’il y a 0 argent, mais, si tu additionnes l’ensemble des chiffes d’affaires de tous les éditeurs de JdR, t’arrives pas à un chiffre très impressionnant (d’un point de vue capitaliste, s’entend).

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Cher·es orgas de Trolls & Légendes

Suite au débat qu’a suscité votre choix d’illustration pour votre affiche 2026, j’ai écrit un précédent billet, mais, en parallèle, j’ai relayé pas mal d’infos sur mon mur FB, notamment les prises de parole d’artistes ou le fait que, dans un premier temps1, sur votre Insta, vous avez choisi de supprimer les commentaires qui vous étaient défavorables.

Note :
Je supprime aussi des commentaires sous mes publis. Je supprime les provocs qui n’ont pour but que de mener à la bagarre, pas les interpellations et questions.

Des trolls sont venus me harceler sur FB.
Je ne parle pas d’une discussion un peu énervée, mais bien de pur harcèlement : par exemple, mettre une réaction « en colère » sur TOUTES mes publis (même celles qui n’ont aucun rapport avec le sujet de leur fureur), puis, quand je bloque (parce qu’il n’y a rien d’autre à faire), revenir avec un autre compte et recommencer.

J’ai souvent pris la parole sur plusieurs affaires, certaines plus « graves », et je n’ai jamais eu à faire à ce type de comportements auparavant.
Forcément, ça pose des questions.

Je ne pense pas qu’une orga bénévole soit responsable de ses soutiens / fans, surtout ceux qui ont un tel comportement.
Par contre, je pense que vous êtes responsables de votre com (forcément).
La façon dont vous avez annoncé ne pas accepter le harcèlement, couplée à votre suppression des commentaires qui vous étaient défavorables, a laissé entendre que vous considériez que celleux qui n’étaient pas d’accord avec vous étaient les harceleurs.

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Trolls & Légendes : qui te soutient ?

Allez, si ce n’est pas votre première visite sur ce blog, vous savez que je m’intéresse à l’écosystème des festivals d’imaginaire.

Contexte :
Trolls & Légendes est un festival d’imaginaire très connu, belge, qui a plus de 20 ans. On va dire que, dans le milieu, c’est un « gros morceau ».
L’une de ses particularités est qu’il est plus large que pas mal de salons littéraires : il y a un marché médiéval, des spectacles et concerts…

Olivier Ledroit est un dessinateur né en 1969. Il est vraiment très connu en Fantasy et on va dire que… il est le produit de son époque : il met en scène, entre autres, des femmes dénudées. Parce que le monde de la fantasy (et de l’imaginaire en général et la société tout entière, c’est pas un scoop) a longtemps considéré la femme comme un objet sexualisé.
De plus, on sait que ses idées tirent bien à droite, donc clairement pas un élément de la team progressiste.

Sauf qu’on est en 2026.
Le festival a confié l’illustration de son affiche à un vieux gars et le vieux gars a fait ce qu’il savait faire : une femme à poil.
Bon, en vrai, c’est une succube peu vêtue, incarnant le male gaze d’une époque, et qui serait un hommage à feu-Froideval, histoire de jouer sur des cordes sensibles (l’hommage à un ami en double combo avec « si tu ne saisis pas la réf, c’est que t’es pas cultivé »).

Bref, en faisant le choix de s’adresser à Ledroit sans un minimum de réflexion en amont sur ce qui peut être cool ou non sur l’affiche d’un festival grand public, qu’est-ce qui pouvait mal se passer ?

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A nous de vous faire préférer le train…

… si tu as de l’argent en trop !

Pour une amie et moi, j’ai réservé un trajet Nice – Lyon1.
Je l’ai réservé depuis SNCF Connect.
Cette précision est importante : je ne suis pas allé chez divers transporteurs pour divers segments du trajet, j’ai pris un voyage sur une plateforme qui s’occupait de tout, notamment de choisir les correspondances.

Il y avait un arrêt / une correspondance à Marseille.
Nice – Marseille était un TER assuré par ZOU Région Sud.
Le train a été supprimé.
Étant donné qu’il était supprimé, je n’ai pas douté un seul instant qu’il me / nous serait remboursé : quand une prestation n’a pas lieu, tu es remboursé, ça n’est même pas une question.
J’ai donc pris le train suivant, un INOUI.
Fun fact : le TER est à 40,80 € et le suivant, le INOUI, est à… 34 € !!!

Pause
40 € pour un aller simple Nice – Marseille ?
En vrai, le prix est juste honteux et,
pour donner une échelle, l’avion pour Barcelone est à 46 €
et, pour aller à Paris, c’est 36 € (avion, toujours).

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Est-ce qu’il y aurait une bonne vs une mauvaise indignation ?

Je ne lis pas de bandes dessinées. Je ne dis pas que je n’en lis jamais ou que je n’en lis aucune, mais j’en lis très peu. A cause de 2 handicaps : la prosopamnésie et la malvoyance1. Bien sûr, je vois parfois (souvent ?) passer des titres qui ont l’air bien tentant et, si j’étais sur une île déserte avec seulement accès à des BD, j’en lirais pour passer le temps… mais j’ai déjà énormément de romans à lire, de séries à voir… qui me demandent moins d’efforts (physiques).
Bref, je ne parle pas ici de BD car je n’en lis pas et ne suis donc pas curieux / instruit sur le sujet.

Je n’ai donc pas parlé de l’affaire Bastien Vivès. Bien sûr que ça m’indigne qu’une certaine catégorie de la population, privilégiée, puisse agir ainsi en toute impunité, mais d’autres personnes en parlent bien mieux que moi, vu que c’est leur secteur.
Aussi, Laurier The Fox (un artiste que je suis) a parlé sur FB de la présence de Vivès à Saint-Malo, le week-end passé, à l’occasion du festival Quai des Bulles, et j’ai naturellement relayé sa publication sur le même réseau.

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