Le FIJ lance un concours pour son affiche…

… et je ne pense pas que ce soit OK.

Je vous ai parlé à plusieurs reprises du Festival International des Jeux de Cannes (FIJ) car c’est un festival qui a de l’importance dans ma vie : la première édition à laquelle j’ai participé était celle de 1998 et, depuis, j’y ai un vécu, des ami·es qui y vont chaque année (quasi), etc.
L’année passée, je vous ai parlé du souci de la disparition du jeu de rôle car c’était à mes yeux le point le plus important (par rapport aux thématiques que j’observe et documente), mais ils avaient été dans la sauce pour avoir eu une affiche réalisée via IA (changée suite à la levée de boucliers).
C’est problématique d’utiliser l’IA dans la création, mais l’argument souvent invoqué (et mauvais) est « je n’ai pas les moyens », ce qui n’est évidemment pas le cas de la SEMEC qui organise le FIJ.

Je n’aime pas les concours.
Je ne parle bien évidemment pas d’un tirage au sort pour gagner quelque chose.
Je déteste les concours qui mettent en compétition des artistes.
Je peux comprendre l’idée pour des scolaires : tu motives les enfants, l’un·e d’elleux sera récompensé. Parce que tu n’en récompenses qu’un ou deux, ça peut être pris comme un jeu et ça ne dit pas aux autres qu’ils sont dans l’échec.

Qu’est-ce qu’une affiche pour un festival ?
Sur les 10 éditions de Nice Fictions, nous avons repéré un·e artiste dont le travail nous plaisait, nous l’avons contactée pour nous assurer que ses tarifs calent avec notre budget, nous lui avons proposé une exposition…
C’est un choix éditorial / artistique : on choisit quelqu’un pour parler de son art / travail.

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Étrange Grande 2026 : et donc ?

Ce billet fait suite au précédent qui récapitule factuellement / chronologiquement ce qui s’est passé.

Maintenant, avant d’aller plus loin, qu’est-ce que je comprends ?
Le festival a invité CD sans faire le travail de se renseigner sur son éditeur, ce qui constitue une faute.
Dire que c’est une faute, ça ne signifie pas qu’il faut fouetter ses auteurs sur la place publique ou les harceler ou… C’est juste poser ce qu’on voit.
Des auteurices contactent le festival et annoncent un boycott si un éditeur d’extrême-droite est invité / mis en avant. Il s’agit là d’un cordon sanitaire républicain « normal » — que l’on pense pouvoir en débattre pose clairement souci.
Le festival annonce que l’auteur peut venir, mais sans ses livres de la maison d’édition en question.
Puis il annonce que le festival est annulé, mais avec deux points différents :
1/ l’équipe d’orga se met en retrait. Est-ce une démission ? Un constat qu’elle ne se sent pas les épaules assez solides ?
2/ il y a un souci de sécurité qui n’est pas précisé. Étant donné les commentaires vus sur les réseaux, on peut penser à des menaces d’extrême-droite, mais ça n’est pas expliqué aussi clairement.

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L’eau, ça mouille

FB me suggère un article, d’un magazine féminin, qui se propose de me faire découvrir « cette pratique intime qui séduit déjà 1 français sur 2 et qui va cartonner cet été ! » (On notera au passage que les françaises, elles…)
La sexualité dont il est question, on sait qu’elle est hétéronormée et… j’ai cliqué sur le lien.
— Par curiosité ?
— Par curiosité de savoir à quel point je n’allais pas être surpris·e…

Et, comme prévu, il n’y avait aucune surprise : le monde brûle… donc les gens rêvent de faire l’amour dans l’eau. En fait, iels rêvent d’eau, quoi. Il y a la sécheresse partout, tout le monde rêve d’eau. De se baigner, de croquer l’eau d’une pastèque, de voir… la pluie ?
Je ne me souviens même plus d’à quoi ressemble la pluie !
Quand il fait 40° dans ton appart, comment tu peux ne serait-ce qu’effleurer ta/ton partenaire autrement que sous la douche, en vrai ?1

Comment on en est arrivé à fabriquer de la mode dans un domaine aussi étroit que la sexualité hétérosexuelle ?
— Tu exagères, non ? Y’a quand même un champ des possibles…
— Oui oui…
‘fin, bref, c’est pas que la pratique séduit, c’est qu’il n’y en a plus d’autre disponible.
Cet hiver, je vous propose de redécouvrir les bienfaits de la couette.

Le pire, c’est que ça se termine par de vrais conseils de santé sexuelle, mais… pfff…
L’été 2026, t’as le choix entre nourrir ton anxiété ou ton ennui.

  1. Ne le faites pas souvent… J’imagine toute l’eau qui disparaît… ↩︎

Il est temps que la littérature se mette aux avertissements

Il y a « parler de sexe » et « parler de sexe ».
J’ai pris conscience de ça douloureusement quand une prof dont je suis proche a été accusée par ses harceleurs de « parler de sexe » en classe (au lycée) parce qu’elle avait parlé de consentement et d’agressions sexuelles (sic).
Je suis né·e dans les années 1970 et, pendant trop longtemps, si j’étais gêné·e qu’on parle de sexe devant moi, qu’on m’impose des récits que je ne souhaitais pas, c’était moi qui étais trop prude.

On commence enfin à en parler, mais, en France, on a un souci dans notre rapport au sexe / à la culture du viol. A mes yeux et de manière très résumée, le souci vient qu’on ne distingue pas le sexe consenti ou non. On le voit dans les affaires qui sortent, de façon terrible, mais, à moindre niveau, j’ai souvent remarqué (mais ça change) qu’on n’avait pas le droit de refuser qu’on nous impose des récits (par exemple).

Pour ma part, je ne refuse pas de parler de sexe quand…
il s’agit d’éduquer une personne (notamment un·e enfant·e) pour qu’elle se protège,
un·e ami·e a besoin de confier des difficultés,
une personne trans se pose des questions sur ce qui va changer après une opération,
on échange avec un·e partenaire sur ce qu’on peut faire ou non…
mais je ne veux pas qu’on me raconte des choses à caractère sexuel juste pour le plaisir de les partager.
Si je dois consommer un contenu sexuel, je veux le faire à mon rythme, quand je l’ai choisi, sous le format qui me convient… et ça ne devrait même pas être une question en fait : ça s’appelle le consentement.

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Dans les interstices, personne ne t’entendra progresser

Ce matin, j’ai vu passer des publis du genre « j’ai réussi grâce à mon travail, je veux donner espoir aux autres »…
Suis sûr qu’il y a des gens de bonne volonté dans le lot, mais, en 2026, avec l’accès qu’on a aux études en sciences sociales, vraiment, quelle flemme !

Mon père est workaholic, je ne le suis pas (probablement pour des raisons de santé).
Il a travaillé dur / beaucoup toute sa vie.
Comme c’était une personne racisée dans une petite ville, plusieurs de ses clients ne l’ont pas payé en sachant que la Justice ne le soutiendrait pas.
La Justice est nécessaire, mais, pour autant, on sait que… c’est compliqué, on va dire.
Bref, sur plusieurs décennies, le bilan est surtout de grosses pertes d’argent.

Le travail peut faire fructifier une réussite, mais une réussite vient avant tout de la chance et des privilèges.

Côté artistique, je me suis longtemps défini comme nouvelliste de SFFF,
mais le milieu de la SFFF / Imaginaire était aux mains d’hommes et je n’avais aucune chance d’y percer.
— Mais je connais une fille qui…
— C’est pas le point, Jean-Mi…

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Qui a envie d’acteurices générées par IA ?

En mode /paresse de cette fin de week-end, je fais défiler les recommandations dans les vdramas disponibles sur la plateforme iQIYI. Ça me propose Love Among Thorns. En regardant les acteurices, les images très lisses… j’ai une drôle d’impression. Alors je checke le casting dans la description : Unknown.
D’ailleurs, le moteur de recherche m’amène sur une publi Insta où quelqu’un demande : « Qui sont les acteurs ? »

Si j’avais un doute (non), en regardant quelques épisodes plus loin, plusieurs des personnages féminins se ressemblent de façon plus que troublante.

Dans l’aprem, alors que je cherchais une toute autre info, je suis tombé par hasard sur un article qui racontait qu’un acteur, ayant pourtant déjà une bonne carrière, se retirait à la campagne, dans une toute autre activité, car les acteurices étaient en train d’être remplacés par de l’IA-gen.
(Impossible de retrouver l’article, il a « disparu » de mon historique et je n’arrive pas à remonter comment j’étais arrivé dessus, donc y’aura pas le nom dudit acteur…)

Les vdramas ne sont pas toujours fameux, mais ils permettent (permettaient ?) aux acteurices de faire leurs armes.

Il va falloir être attentif (encore plus) à ce qu’on consomme…

Je n’aime pas du tout le sentiment de contrariété que ça me file…

Ceci n’est pas un journal ou comment Songe se prit au jeu de raconter sa vie

J’ai un intérêt spécifique : la cohérence narrative.
Même si je ne peux pas mentir et que je n’aime pas la malhonnêteté, je peux comprendre la filouterie, dans le sens que son auteurice peut l’estimer nécessaire en mettant en place des mensonges qui sont au service de son propos narratif.

Imaginons que j’ai un pote que je sais marié et dont je connais le visage de sa femme1. Un jour, comme dans une série télé, j’ouvre la porte d’une chambre et je le trouve au lit avec une autre personne (que l’épouse identifiée).
S’il m’explique que, pour lui, l’amour (qu’il porte à sa femme) est disjoint du sexe (qu’il partage avec des tas de gens), étant donné que la vie privée des autres ne me regarde pas, je vais dire : OK, bien.
Par contre, s’il commence à me baratiner que ce n’est pas ce que je crois, que je n’ai pas vu ce que j’ai vu… je vais péter un câble. Parce que sa vie privée ne me regarde pas, mais ça me regarde si tu me racontes des histoires contraires aux faits que j’ai observés.

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Nouveau skill des médias : Éloge du rien

J’ai pris cette capture écran d’Allociné, mais, vraiment, j’aurais pu le faire pour d’autres.
Alors, oui, je sais parfaitement pourquoi les médias partagent des non-infos sur leurs réseaux sociaux : l’objectif est d’inciter à cliquer sur le lien (vers l’article), donc à ne pas donner d’infos (accessibles juste lors d’un scrollage rapide).

Le fils-sans nom d’une immense star pas nommée rejoint une actrice non-nommée dans l’adaptation d’un roman sans-titre.

Est-ce que ça fonctionne ?
J’ai vraiment de gros gros doutes et, le jour où je fais ça, vraiment, désabonnez-vous !
— Mais tu n’as pas d’abonné·es ?
— Oh…

Étude de cas autour de la com d’un éditeur

Comment communique-t-on autour de la rémunération d’un appel à projets ?

Contexte
A propos du roman Du thé pour les fantômes (Chris Vuklisevic), l’éditeur a décidé de lancer un appel à fanarts, notamment via une publi Insta :

J’ai pris connaissance de cette info sur le forum d’Elbakin.
La publi renvoie vers une page web qui donne plus de détails et qui renvoie elle-même vers un règlement.

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Zhang Linghe est-il trop beau ?

Bon, j’avoue que je ne pensais pas rédiger un jour un billet avec pareil titre pour parler des normes de genres et dénoncer le patriarcat…

En introduction de mon billet du 28 mars concernant le cdrama Pursuit of Jade, j’évoquais deux sujets : ses records d’audience et de fausses polémiques, genre « pourquoi le ML reste superbe ? »
Je n’ai pas fait plus attention que ça auxdites polémiques car je sais qu’elles sont une conséquence du succès : plus il y a de vues, plus il y a de haters. C’est une mécanique assez basique.

Les vues ont continué de croître, battant des records, notamment sur Netflix, et Zhang Linghe, qui incarne le personnage principal masculin, a vu le nombre de ses abonné·es exploser sur les divers réseaux sociaux où il est présent1.

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