Ponctuer un dialogue

J’ai parlé de règles dans le précédent billet.

En français, on aime bien dire qu’une règle a toujours une exception. Non. Si une règle a une exception, ce n’est pas une règle, mais un usage. En français, on préfère les usages aux règles, les “c’est comme ça” sans qu’on sache pourquoi. Personnellement, je préfère la typographie anglaise où les règles sont plus strictes.

Où trouve-t-on les règles en français ? Il n’y a pas de Fédération Française de la Langue Française ni de police de la langue. Si on se trompe, c’est pas grave.

L’Académie Française créée par Richelieu devait faire le travail : créer un dictionnaire, une grammaire, une poétique et une rhétorique. Elle peine à finir un dictionnaire.

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Norme & Usages

Dans l’édition, comme dans toutes les activités, il y a un côté technique et un côté plus créatif. On peut faire l’impasse sur la technique quand on est créatif, mais il faut avoir quelqu’un pour nous aider. Sinon, on passe son temps à réinventer la roue.

Les normes peuvent paraître contraignantes, mais elles ont là pour nous faciliter le travail et améliorer le rendu.

Donc autant s’y mettre à un moment, plonger les mains dans le moteur, même si c’est salissant.

L’avantage de la technique, c’est qu’il y a des règles, et c’est rassurant. Surtout quand on a un profil autistique. On sait quoi faire, comment y arriver. Et quand on connaît assez bien les règles, on peut commencer à se lâcher, à être plus créatif. Parce que oui, un bon technicien devient un créatif. Toujours.

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Des dialogues, du tiret cadratin…

Comme je l’ai écrit dans mon précédent billet, le buzz étrange du moment autour du tiret cadratin m’a redonné l’envie de faire de petites fiches pratiques sur des sujets ponctuels et je démarre donc avec les dialogues et les tirets.

Il existe 3 tirets, disons (et je vous mets le lien vers la fiche Wikipédia) :
le trait d’union,
le tiret cadratin
et le tiret demi/semi-cadratin.

Le trait d’union sert, comme son nom l’indique, à unir deux mots, comme par exemple dans marque-pages.

Ici, aujourd’hui (France 2026), il n’y a pas de différence entre le tiret cadratin et le demi(-cadratin). C’est un choix purement esthétique.
Conseil : le mieux est de n’utiliser qu’un seul des deux dans un même texte.

Ils ont deux (principaux) usages : les dialogues et les incises.
Pour poursuive mon explication, j’ai choisi de m’appuyer sur ma nouvelle Réussir sa romance de bureau en milieu hostile parce que j’ai l’impression qu’elle contient pas mal d’éléments dont j’ai besoin ici.

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De la légende urbaine du tiret cadratin (et où je parle aussi de SP)

Ces derniers temps, je vois sur les réseaux sociaux traîner une légende urbaine : leur usage aurait disparu1 et il réapparaîtrait avec les IAgen ChatGPT-like, si bien que certains lecteurs accuseraient les auteurices d’avoir fait écrire leurs textes par l’IA.

Les tirets cadratins sont utilisés pour baliser les dialogues et les incises.
Ils n’ont jamais disparu car les romans récents ont toujours des dialogues.
Ils sont parfois remplacés par des semi-cadratins pour des raisons esthétiques, genre pages étroites.
Donc absolument toutes les écrivain·es en ont l’usage. C’est même pas une question.

Donc, là, on a des gens qui sont en train de justifier qu’ils existent depuis longtemps, comme si c’était un sujet, et qu’ils avaient… simplement disparu récemment, avec le développement de l’informatique.
Hein ???

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Puis-je utiliser le présent de narration pour le futur ?

Je commence par un petit rappel de la définition :
Le présent de narration (également appelé présent historique1) est le fait d’utiliser le présent pour raconter des évènements passés.
Qui devraient être racontés au passé, du coup.
L’objectif est tout simplement de rendre le récit plus vivant.

Lorsque l’on communique (par exemple pour annoncer le programme d’un festival), j’ai tendance à également conseiller l’usage du présent, pour le futur donc.
En faisant une recherche rapide, je trouve des explications pour l’usage passé, mais pas pour l’usage futur.
Je répare donc cet « oubli ».

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Pursuit of Jade, la scène coupée de l’épisode 38

J’ai déjà mentionné la série Pursuit of Jade dans mon précédent billet. Si vous vous intéressez aux cdramas, je pense qu’il est impossible de passer à côté. Elle bat des records, accompagnée de fausses polémiques en ligne, genre « pourquoi le héros reste magnifique sur le champ de bataille ? » ou « pourquoi le jeune acteur (20 ans) qui incarne un des méchants joue-t-il si bien que son personnage est dérangeant ? »

iQIYI diffuse un épisode par jour et c’est une torture pour moi qui ai l’habitude de bingewatcher la plupart du temps.
Aujourd’hui, à 11h, c’était donc la sortie du 38e épisode (sur 40), mais celui-ci a une petite particularité : ses premières scènes ont été très largement partagées sur les réseaux depuis plusieurs jours (semaines ?).

Je ferai un billet complet quand la diffusion sera finie / que je l’aurai vue en entier, mais, en grossier résumé, l’histoire met en scène une fille d’origine modeste, bouchère et plus spécifiquement tueuse de cochons, et un marquis, genre général ultime du pays.
Elle le sauve sans connaître son identité et les circonstances veulent qu’elle a besoin d’un mari (pour sauver son héritage). Reconnaissant (et déjà amoureux ?), Lui accepte le mariage sous la fausse identité qu’il a en début de récit.

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L’éducation à la sexualité n’est pas une option x Your Most Faithful Companion | 不二之臣 (2020)

Cette semaine, le Haut Conseil à l’Égalité (France) a communiqué sur la montée inquiétante du masculinisme :

21 janvier, 16h30
La menace masculiniste progresse en France et doit devenir un enjeu de sécurité nationale.
Ce matin, nous avons présenté devant une salle comble notre rapport annuel 2026 sur l’état des lieux du sexisme en France et les chiffres du baromètre qui l’accompagne. 
Le constat est saisissant : un an après avoir constaté une forte polarisation entre les femmes et les hommes sur leur perceptions du sexisme, nous constatons cette année une dynamique préoccupante.
Le sexisme paternaliste et le sexisme hostile progressent. Le rapport met en lumière la porosité croissante entre sexisme hostile et radicalisation masculiniste.
Aujourd’hui, 10 millions de français.es adhérent au sexisme hostile ouvertement négatif fondé sur l’idée que les femmes seraient inférieures, incompétentes et que l’acquis de droits et de libertés pour les femmes représenteraient une menace pour les hommes.
Pour y répondre, le Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes formule 25 recommandations, et parmi elles : 
• Rendre les EVARS obligatoires et donner un cadre et des moyens pour les appliquer.
• Renforcer les contrôles de l’ARCOM et de Pharos et créer une catégorie autonome « masculinisme » dans les signalements.
• Intégrer le « terrorisme misogyne » dans les doctrines de sécurité.
Ce rapport doit être un électrochoc et faire prendre conscience de la menace sécuritaire que cette idéologie représente pour la sécurité publique.
Capture écran de la publication FB

Après #MeToo il y a 9 ans et le procès des 96 violeurs l’année passée, c’était pas forcément la news qu’on espérait pour débuter 2026, mais on ne peut pas faire d’angélisme. On sait que les courants comme le masculinisme sont actuellement poussés par des lobbies qui y ont des intérêts, qu’on ne peut sans doute pas défaire à l’échelle individuelle (raison pour laquelle le travail du HCE est important sur le sujet). Néanmoins, l’éducation à l’échelle individuelle ne peut pas faire de mal et l’un des leviers de cette éducation est le sujet plus spécifique de l’éducation à la sexualité.

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Où 双轨 | Double piste (2022) me permet d’évoquer le traitement de la sexualité

Autrice : Shi Jiu Yuan 时玖远
Titre courant : Shuang Gui

Dans mon précédent billet, je vous racontais que, après avoir vu la série Speed and Love, je me suis plongée dans la lecture du roman dont il est adapté : 双轨. Ce n’est pas quelque chose que je fais souvent (aller lire le roman), mais de temps en temps : par exemple, lorsqu’il a fallu attendre un an entre les deux saisons de Lost You Forever, dès que j’ai eu fini la saison 1, j’ai englouti le roman pour savoir comment tout se terminait.
Là, j’avais passé un vraiment bon moment avec cette romance et c’était une occasion de voir si l’expérience pouvait être prolongée.
Puis vous connaissez mon intérêt pour le décorticage de la narration : comparer deux œuvres (un roman et son adaptation visuelle) est toujours amusant / instructif et permet de plonger dans les différences entre écrire et tourner un film.

Cette lecture m’a donné envie de revenir sur le traitement de la sexualité. Déjà, donc, autour de la question des « vierges effarouchées », évoquée l’autre jour, mais également pour comparer deux œuvres a priori équivalentes pour voir comment ça peut déraper…

Premier point :
La série adapte vraiment le roman, au sens littéral : on retrouve les scènes (mais leur ordre peut être modifié) et les répliques.
Avant de poursuivre, je vous invite vraiment à lire ma chronique de la série puisque ce nouvel article est dans sa suite.
A priori, on pourrait se dire qu’il n’y a pas tant de changements que ça entre les deux versions :
– dans le roman, la Mère part en Australie au lieu du Canada (mais il se passe peu de choses là-bas dans tous les cas) ;
– le Père ne s’est pas installé en Thaïlande, mais dans le Nord de la Chine ;
– Mu n’a pas eu son bac (équivalent ?), mais redouble sa Terminale.

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Et si, en 2026, on abandonnait enfin les « vierges effarouchées » ?

Je ne sais pas si j’ai déjà eu l’occasion d’en parler sur ce blog et, si je ne l’ai pas fait, c’est l’occasion pour moi de rattraper ce manque : LA FICTION N’EST PAS VRAIE.
— T’es bête ! Pourquoi tu dis ça ? C’est évident !

Ça peut sembler une évidence énoncé de cette façon, mais c’est un point que l’on oublie beaucoup et qui n’est pas si intuitif que ça.
Pour ne pas perdre lae lecteurice, la fiction doit être réaliste (même la fantasy et le fantastique) et le réalisme n’est pas du tout équivalent à la réalité.
Dans la réalité, il peut survenir des hasards, des coïncidences… qui sembleraient si improbables dans une fiction que vous ne les mettrez pas, au risque que votre lecteur décroche en mode « mais ça n’arrive jamais, ça ! »

Ce réalisme n’est pas du tout évident car, comme il n’est pas « vrai » ou « naturel », vous ne pouvez pas le déduire de la simple observation de la vie de tous les jours autour de vous.
Vous le bâtissez au fur et à mesure que vous lisez / regardez des fictions et il est donc culturel ET géolocalisé puisque chaque pays, chaque région… peut adopter des cadres spécifiques.

De mon observation1, il me semble que beaucoup de cdramas sont des adaptations de romans.
A la fin de la chronique de The Prisoner of Beauty, je parle notamment de la différence entre roman et série et de pourquoi, pour cette série-là, je ne lirai pas le roman.
En finissant Speed and Love l’autre jour, je suis allé jeter un œil au roman : 双轨 de Shi Jiu Yuan 时玖远. Je n’en ai pas encore fini la lecture (j’en ai lu 61/78e).
Ma lecture (inachevée donc pour l’instant) m’a mis en lumière la sensualité de la série, que je n’avais pas forcément notée avec tant d’attention avant de lire la version roman.
Disons que, pendant la lecture, où nous avons principalement le point de vue de Mu, j’ai noté un manque (alors que plein d’autres détails sont mieux expliqués) et j’ai réalisé que ce manque était le désir de Zhao, que He Yu incarne tout le long. La série est vraiment sexy, avec talent, et je ne retrouve pas cette magie dans le roman (alors que l’histoire est fidèle).

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Qu’est-ce que je raconte ?

Je sais qu’il y a des romancièr·es qui ont une « écriture libre » : iels ne savent pas forcément où iels vont d’entrée de jeu et iels se laissent porter. Iels suivent leurs personnages, iels s’arrêtent pour contempler un décor.
Si ça se fait pour un roman, assez long par définition, ça doit être encore plus envisageable quand on écrit une nouvelle.

Pourtant, perso, si j’avais un conseil, ce serait de ne pas le faire.
Je ne dis pas qu’on doit forcément avoir un plan structuré et tout, hyper précis… mais, quand tu écris, j’aimerais que tu te poses une question : qu’est-ce que tu me racontes ? Où vas-tu ?
Je suis bien sûr que je ne suis pas le seul à tomber sur des fins décevantes.
Alors on pourrait se dire que c’est « obligé » : statistiquement, il y aura forcément des fins qui nous déçoivent.

Je n’ai pas vu la fin de la série Lost.
J’ai entendu dire que, finalement, les personnages étaient morts / au Paradis.
Du coup, je suis content de ne pas avoir perdu mon temps à tout regarder et, quelque part, je ne suis pas super surpris car je pense que ça se sentait dès le début : ça n’allait nulle part.

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« Comme » est ton pire ennemi

Je n’ai pas parlé ici des évènements autour du Festival International de la BD d’Angoulême, dont l’édition 2026 ne devrait a priori pas se tenir suite à un boycott réussi. Je n’en ai pas parlé parce que, comme je l’écrivais déjà fin octobre, je n’ai a priori pas vocation à parler de BD en général ici… mais, si vous vous posez la question, oui, je soutiens le girlcott lancé par les artistes et j’ai plutôt partagé les infos que je voyais passer sur les RS.
Donc le sujet m’intéresse et je tombe sur une publi Facebook du Monde.
Y’a plein de choses qui ne vont pas dans cette publi, qui suinte les red flags, mais je n’ai pas vocation à commenter la presse et je veux juste m’attarder sur cette vignette :

"Le Festival International de la bande dessinée d'Angoulême est au bord du précipice, au point qu'au moment où on écrit ces lignes l'édition 2026, prévue fin janvier, est peut-être déjà morte. Et si elle survit, ce sera en version réduite, comme un blessé portant sur le corps des tigmates de rudes combats."

Quand je relis / corrige une nouvelle (ou n’importe quel texte, même un texte de présentation dans le cadre de mon boulot alimentaire), l’un des conseils que je donne le plus souvent, c’est de faire la chasse aux « comme ».
J’en suis arrivé à les surligner systématiquement, par réflexe.

Je trouve que cet exemple illustre particulièrement bien pourquoi c’est mauvais.
Normalement, quand tu racontes quelque chose, ton propos doit se suffire. Comme un grand1.
A la rigueur, exceptionnellement, tu peux t’aider d’une image ou d’une métaphore. EXCEPTIONNELLEMENT.

Le propos doit se suffire. Comme ici.
Quand tu lis cet exemple, tu ne peux plus jamais avoir envie de faire ce genre de phrases.
— Qu’est-ce qui cloche dans cette phrase ?
— « un blessé portant sur le corps blabla » ? Vraiment ?
(Non, je n’ai pas envie de commenter aussi l’usage de « morte » au lieu de « annulée »…)

  1. J’ai honte… ↩︎

Est-ce qu’Un Jour Sans Fin…

… n’est pas une histoire rassurante pour se dire qu’on n’est pas Dory ? Oui oui, le poisson qui n’a pas de mémoire.
— Hein ? Mais les deux histoires n’ont rien en commun ! D’où tu sors ça ?

— Je ne pense pas être le seul à avoir ce sentiment d’être dans une boucle.
Le réveil sonne, tu te diriges, les yeux encore à moitié clos, vers les toilettes. Un chat tente de te faire trébucher, tu te rattrapes de justesse, tu espères que le reste de la journée sera moins dangereux. Tu remplis les gamelles et tu te fais couler un café.
Tu pars au travail, tu reviens, tu te dis que ce serait bien que tu répondes à tes messages, mais, demain, allez, ce sera aussi bien. Tu te cales devant une série.
C’est l’heure d’aller dormir.
Le réveil sonne, tu te diriges, les yeux encore à moitié clos, vers les toilettes. Un chat tente…

— OK, je te suis, t’es dans Un Jour Sans Fin. Quel rapport avec Dory ?
— Et si je n’étais pas dans Un Jour Sans Fin, mais, juste, j’oublie tout ?
— Pourquoi tu dis ça ???

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Mon tout premier conseil d’écriture, ce serait : « Tu t’adresses à un·e pote »

Tu lui écris. Est-ce que tu lui dirais ceci ou cela ? Que penses-tu qu’iel doit savoir pour comprendre où tu veux en venir ?
Si tu ne le dirais pas à un·e pote car c’est « ridicule » ou que « c’est trop long et ça lae saoulerait »… ne le dis pas à la lecteurice.

L’erreur la plus fréquente que je rencontre chez les auteurices débutant·es, c’est la… tentative de lyrisme ?
Et ma question est donc : « est-ce que tu écris ça quand tu racontes à un·e pote ce qui t’est arrivé dans la journée ? »

Je ne dis pas qu’on n’a pas le droit de poser un romantique au bord du fleuve pour qu’il s’émerveille sur les feuilles fanées et les canards trop nourris qui viennent lui piquer son sandwich.
Je dis juste que le gars, là, au bord de l’eau, il ne peut pas se retrouver partout, tout le temps, même au milieu de ta scène de poursuite en voiture1.

J’ai le sentiment que, trop souvent, notre débutant·e oublie qu’iel parle à quelqu’un, en fait2.

  1. C’est tellement dans ce genre de moments où je regrette de ne pas savoir dessiner… ↩︎
  2. Oui, je sais, pas que les débutant·es, mais les autres, iels s’en foutent un peu de mon avis… ↩︎

Et, toi, tu vas me raconter quoi ?

Vous connaissez la Petite Fille aux allumettes, ce conte d’Andersen ?
— Ben, évidemment, tout le monde connait, c’est un classique.

Je déteste quand dans une émission / une table ronde / une conférence / en réunion… un intervenant décrète des « comme vous le savez tous » ou « ce livre que tout le monde connait ».
Je ne sais pas ce que tout le monde connait. Je ne dispose pas de la science infuse ou du mémo agréé qui liste dans le détail ce que « tout le monde connait ».
Dans cette catégorie de « ce que je déteste », y’a aussi les messages cryptiques sur les réseaux sociaux qui font référence à une actualité que tu dois connaitre. Ce qui a d’autant moins de sens que, sur un réseau, a priori, notre parole est publique / pas à destination de quelques initiés et que poser un hashtag prend littéralement une fraction de seconde.

Lorsque mes deux petites Sims étaient en période de développement, je leur ai montré Kaamelott1, Pirates des Caraïbes, Star Wars, le Seigneur des Anneaux, Dr House, je leur ai fait écouter Naheulbeuk… et puis un jour, alors qu’elles étaient largement adultes, l’une d’elles m’a posé des questions sur une histoire genre… Blanche-Neige ou Cendrillon, un truc… « que tout le monde connait bien ».
Ce jour-là, j’ai réalisé que j’avais oublié d’acheter les livres / les DVD… Comme « tout le monde connait », j’avais oublié de repenser ces contes les plus classiques comme de vraies histoires.
Après, même si j’y avais pensé, je ne leur aurais jamais parlé de saletés toxiques comme la Petite Sirène, mais le fait est que j’avais oublié de parler de Cendrillon.

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Tu continues l’écriture ?

m’a demandé une de mes amies.

Sa question ne sortait pas de nulle part, c’est une amie, elle ne me pose pas des questions random.
Une semaine plus tôt, je lui avais partagé la dernière nouvelle que j’ai écrite et elle m’en avait fait un retour très positif. Le truc, c’est que cette nouvelle (la dernière donc en date au moment où je rédige ce billet) arrive 5 ans après la précédente. C’est facile à constater, en vrai, si vous regardez ma bibliographie, il n’y a pas de nouvelles entre 2020 et 2025.
Si vous regardez plus en détails, en réalité, je me suis par exemple essayé à l’exercice des Chroniques sur 2022 et 2023. Et je n’ai pas abandonné l’idée.

Je me soupçonne que, parfois, j’ai laissé échapper des « ça fait longtemps que je n’ai pas écrit, j’aimerais m’y remettre »… mais je dois me confesser à elle aujourd’hui : j’ai menti.
Comme je mens à chaque fois que je prétends vouloir rencontrer quelqu’un (sentimentalement, je veux dire) : je suis aromantique, je n’en ai pas l’intention du tout.

De temps en temps, je sors des phrases toutes faites pour (me) donner l’illusion que je suis « normal ».
Pour imiter les autres.

D’ailleurs, j’ai raté le rendez-vous l’année passée, mais, en 2019, je m’étais donné rendez-vous 5 ans plus tard autour de cette idée.

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