Conclure

Les quelques mots/les premières images qui commencent une histoire sont importantes : le lecteur/spectateur doit être happé, conquis, pour ne pas détourner l’attention.
La fin est… fondamentale ? Elle laisse le goût en bouche quand nos souvenirs réévoqueront la fiction, l’impression laissée, les sentiments…
Dans une histoire policière, le coupable est démasqué, confondu, puni ou attrapé. Dans une quête épique, l’anneau de Sauron est définitivement détruit !

J’ai un plaisir coupable : je regarde des films sentimentaux quand aucun membre de ma famille ne peut me surprendre… J’en regarde et, parfois même, j’écris des histoires d’amour !
(Et j’ai regardé plus d’une fois la version BBC d’Emma avec Jonny Lee Miller…)
Quelle peut être la fin d’une telle histoire puisque, par définition, quand le mot « fin » s’écrit sur une relation amoureuse, ça n’est pas la fin de la rencontre, de la mise en place, mais la fin de ce qui réjouissait le spectateur, ce qu’on ne veut pas connaître.
Contrairement à une enquête policière, à une quête, à une mission d’exploration réussie… une histoire d’amour ne raconte pas une aventure avec un début et une fin, avec une réussite, une capture, un accomplissement, mais une tranche de vie : deux personnes voient leurs relations changer.
Deux amis s’aperçoivent qu’ils s’aiment « autrement », deux inconnus se croisent et éprouvent l’envie de se connaître, deux ennemis ne s’en veulent plus…

Sur certains de mes textes, on m’a reproché des fins ouvertes : non seulement j’aime les fins ouvertes car elles sont les plus… réalistes ? évidentes ? car mes personnages ne meurent pas quand vous avez terminé de lire ! mais une bonne histoire d’amour peut-elle se terminer autrement que devant un nouveau chapitre que les amants écriront dans l’intimité ?
Quand j’étais plus petite, parce que j’avais été « nourrie » de cette façon, bien évidemment, j’aurais affirmé que l’histoire d’amour se concluait sur la demande en mariage, sur un « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », mais… qui y adhère encore aujourd’hui ? Ont-ils su garder la passion dans leur mariage ? Et, d’ailleurs, pourquoi se marieraient-ils ? Voulaient-ils tous les deux des enfants ou n’en avaient-ils pas déjà de précédentes unions ou… ?

Ces jours-ci, j’ai vu Un jour (de Lone Scherfig) et Before We Go (de Chris Evans).
A ceux qui détestent les spoilers, attention : comme je parle dans ce billet de fins, je vais spoiler tout mon saoul ces deux films puisque tel est mon propos.

Tout d’abord… les deux mécanismes m’ont intéressée.

Un jour est adapté du roman de David Nicholls.
Emma et Dexter se rencontrent un 15 juillet, lors de la soirée de fin d’études. Ils deviennent amis et l’histoire est racontée de 15 juillet en 15 juillet : rencontres, coups de fil ou lettres, à nous de reconstituer les années jusqu’à ce que l’évidence s’impose enfin. Ils s’aiment. Bon, ils s’aimaient déjà puisqu’ils étaient meilleurs amis, mais ils s’aiment désormais à vouloir tenter la vie d’un couple !
Bref, l’histoire devrait alors s’arrêter pour nous : ils auront des hauts et des bas, des disputes et des trahisons, mais… voulait-on vraiment savoir les difficultés rencontrées par la Princesse Leia et Han Solo ? L’auteur voulait-il se la jouer dans l’originalité forcée ? J’aimais bien sa construction d’année en année, j’avais adhéré.
La fin est grotesque : Emma découvre déjà qu’elle ne peut pas avoir d’enfants (pourquoi ? quel rapport avec leurs difficultés à se trouver ?) puis meurt… écrasée par un camion. Brutal, incompréhensible.
Et encore une année pour nous dire que Dexter s’en remettra.
Pourquoi cette plaisante narration ? Pourquoi cette amitié joliment décrite ? Pourquoi tout ce taf pour gâcher l’histoire avec une fin inappropriée ?
Par curiosité, j’ai commencé à lire le livre, mais j’ignore si j’irai jusqu’au bout…

Si Before We Go semble d’une construction plus banale (deux inconnus se croisent), il m’a beaucoup plu… et pas seulement à cause du séduisant Chris Evans (oui, oui, Captain America !) qui joue le personnage principal.
Nick, musicien, est arrivé à New York pour passer une audition le lendemain, mais, le soir même, il est invité à une fête où devrait se rendre son ex, qu’il n’a pas revue depuis six ans et dont il est toujours amoureux. Effrayé à l’idée de la croiser, de ce qu’il lui dira, qu’elle vient à cette soirée accompagnée, il reste dans la gare et joue, récoltant quelques billets.
Brooke vient de se faire voler son sac à main, son téléphone portable tombe et se casse (ouais, ça n’arrive plus de nos jours) et il ne lui reste plus que son billet de train pour rentrer à la maison, mais elle rate le dernier train, forcément.
La gare va fermer pour les quelques heures de la nuit où les trains ne circulent plus et, quoique Brooke se montre forcément suspicieuse, Nick n’a pas le coeur à la laisser seule pour la nuit, dans l’immense cité.
Au fur et à mesure que le temps passe, chacun découvre la vie de l’autre et, surtout, apprend qu’il n’y a pas un seul grand amour, que la vie réserve d’autres rencontres, d’autres moments…
La fin est ouverte : Brooke rentre chez elle, Nick ira à son audition.
Se reverront-ils ? Nous n’en savons rien et l’histoire se conclut comme elle le doit : tout est possible et, en même temps, pendant qu’ils s’embrassent pour se dire « au revoir » ou « adieu », à ce moment précis, ils s’aiment et c’est ce qui constitue l’histoire.

Bref… je vais continuer à m’interroger sur les bonnes fins et sur les histoires d’amour, mais cela fait un petit moment que la fin ouverte me semble quand même l’idéal pour conclure une rencontre/un changement/un bouleversement dans la vie de deux personnages 😉
Après tout, les histoires d’amour ne durent pas, mais tiennent dans ces baisers amenés avec talent.

De l’écriture, de l'(auto)édition…

J’ai su que j’étais écrivaine en classe de Sixième, j’avais alors dix ans. Est-ce tôt ? Je ne crois pas. Quand je discute autour de moi, nous sommes nombreux à l’avoir « toujours su ». Mais, à dix ans, il y avait des barrières difficiles à franchir, comme de « tuer un personnage » pour écrire un roman policier1. En Troisième, je me suis enfin vraiment plongée dans l’écriture, enchainant les poèmes, quelques nouvelles et une pièce de théâtre, coécrite avec ma sœur et jamais jouée…

Je n’ai jamais été très « scolaire »2. Pourtant, en Seconde, j’ai eu plaisir à faire un devoir : notre prof de français nous avait demandé de réaliser un recueil de poèmes illustré sur un thème que nous devions choisir. Tandis que mes camarades décidaient de parler d’amour en découpant des photos dans les magazines féminins de leur maman3, j’attaquais l’humour. Point d’internet à l’époque, je fouillais de longues heures au CDI. Et, pour illustrer le tout, je demandais à ma mère de réaliser des illustrations.
Le verdict est tombé : 20/20. Votre travail est parfait, entendis-je en retour. Illustrations originales, travail dactylographié4… C’était ma première anthologie et c’était juste ce que je devais faire : choisir, promouvoir des textes, des auteurs, des illustrations… dans un ensemble où chaque pièce est renforcée par sa mise en valeur dans le tout.
Deux ans plus tard, je réalisais mes premiers fanzines : Des Lyres et des Poètes, avec nouvelles et poèmes de mes camarades de classe, et la Tribune des Vagabonds du Rêve5.

Et c’est ainsi que 24 années sont passées.
J’ai essayé des supports différents (photocopies avec la Tribune, gros tirages papier avec Oxalis, versions numériques…), différents modèles… et j’avoue que, à ce jour, je ne sais même pas si je préfère surtout explorer ou si je préfère trouver 😉
Dans le cadre des Vagabonds du Rêve, je suis en train de finaliser Numéro 4, une anthologie papier et numérique qui marquera le retour de la collection démarrée en 2000 et qui vécut trois numéros.
Et j’espère que les années qui viennent me verront continuer d’explorer, d’essayer, de tenter… de m’émerveiller sur un nouveau procédé, de jouer avec, de voir comment vous le recevrez 😉

Et, là, vous êtes un peu perplexe, vous demandant où je veux enfin en venir6, mais j’ai à peine entamé mon introduction o_O

En 2000, Ayerdhal a créé le collectif le Droit du Serf7 et, en 2012, le SELF8 est sorti de son sommeil.
Pendant des années, je me suis surtout intéressée à l’aspect technique de l’édition9 et, dans le cadre de ce collectif et de ce syndicat, les nombreuses rencontres, les échanges… m’ont permis de regarder l’aspect social avec d’autres yeux.
Concrètement10, par exemple, cela m’a donné envie de mettre en place, pour les Vagabonds, un modèle où, alors que je sais fort bien que nos anthologies ne peuvent être rentables, une rémunération est prévue pour les auteurs.

Bref, mes activités d’écrivaine et d’éditrice (certes bénévole) nourrissent une réflexion et une veille sur l’édition, sur l’écriture… et donc, forcément, sur les nouveaux supports, sur l’auto-édition…
Ne comptez pas sur moi pour prendre parti dans l’affrontement auto-édition vs édition traditionnelle.
Non, tous les éditeurs ne sont pas des escrocs. Non, tous les auto-édités ne produisent pas que de la bouse. Il y a de bons et de mauvais éditeurs comme il y a de bons et de mauvais auto-édités.
Certains auteurs ont besoin d’un accompagnement que seul un éditeur traditionnel peut leur fournir à l’heure actuelle. Certains auteurs n’en ont pas besoin.
Je ne crois pas à l’absolu, aux règles générales, au « c’est forcément comme ça » 😉

Lundi, Brussolo a fait une annonce sur son site (qui n’est plus en ligne à l’heure où j’écris ce billet), mais dont Actualitté s’est fait l’écho et dont tout le monde, forcément, a parlé. L’idée a été développée le mercredi, dans un nouvel article.

Quant à l’autoédition, en presque quarante années en tant qu’auteur, directeur de collection, éditeur, tous les auteurs que j’ai rencontrés m’ont déclaré, un jour : « Ah ! Si seulement je pouvais m’autopublier ! » À une époque, l’aventure était compliquée, coûteuse et très hasardeuse. Beaucoup y ont laissé des plumes. Seuls les très gros best-sellers pouvaient s’offrir ce luxe. Aujourd’hui, grâce à Internet et au livre numérique elle devient plus aisée. Pourquoi bouder cette occasion ?

Ce qui est intéressant, bien évidemment, c’est que des auteurs connus, qui n’ont plus rien à prouver, rappellent que l’auto-édition, non, ça n’a rien de « mal ».

Et puis, aujourd’hui, au détour d’une conversation, une personne s’interroge : elle est à la recherche d’une maison d’édition pour auto-édités.
Posée ainsi, la question peut amuser : le principe même de l’auto-édité est qu’il ne passe justement pas par un éditeur. Mais je comprends l’idée : si l’on s’auto-édite, on a quand même besoin de correcteurs, d’un maquettiste, d’une plateforme de vente11.

  1. Genre que je n’ai jamais cessé d’aimer, même si j’associe maintenant le polar aux longues journées d’été… ↩︎
  2. Même si j’ai mis un pied en fac, un peu par curiosité, surtout sans doute parce que je m’y sentais obligée, je n’ai pas fait d’études supérieures et n’ai donc que le bac. ↩︎
  3. Je viens de griller mon quota de clichés pour les dix prochaines années o_O ↩︎
  4. Sur le TO9 acheté l’année précédente et qui fut un piètre compagnon de jeu, mais où je recopiais tous mes écrits. ↩︎
  5. J’en parle déjà dans un billet daté d’août 2011. ↩︎
  6. Les billets trop longs, faut avouer, c’est super chiant ! (Et on dirait que j’y prends plaisir !) ↩︎
  7. Le Droit du Serf dispose d’un blog et est présent sur Facebook. ↩︎
  8. Le Syndicat des Ecrivains de Langue Française, dont je suis l’actuelle trésorière, dispose également d’un blog et d’un forum où je vous invite à nous rejoindre 🙂 ↩︎
  9. Maquette, impression, grammage du papier… ↩︎
  10. Parce que le concret, c’est le bien ! ↩︎
  11. On dirait que quelqu’une s’est fait un kiff sur les NdBdP… Etrange… ↩︎

Et voilà pourquoi, monsieur le juge, je n’écrirai pas un roman…

Dîner entre amis.
Après avoir refait le monde et descendu quelques bonnes bouteilles de vin, la discussion devient plus intellectuelle (quand la vie est plus rose, tout est plus sophistiqué) et on s’interroge sur l’Art avec un grand A car, dès demain, Minus, on conquerra l’univers, sans doute possible.
Là, on est unanime : l’Art est multiple, l’Art est divers et, question littérature, tout est beau : poésie, nouvelle, roman…
Et puis chacun rentre chez soi.
Le romancier, inspiré par cette bonne soirée, se remet au taf.
Le nouvelliste, seul devant son ordi, google son nom en espérant le trouver et s’avoue vaincu : il n’a jamais publié aucun roman, il… n’existe pas.
Parce que personne n’a envie de prétendre que le roman pourrait être supérieur à la nouvelle, mais, dans les faits, c’est ce que l’écrivain ressent parce que c’est ce que le monde lui répète à l’envi.
Et le voilà, alors qu’il est nouvelliste, à se rêver romancier : non par conviction ou par envie, mais par besoin de reconnaissance.
Parce que l’écrivain est humain et, comme tout humain, il a besoin de reconnaissance dans son travail.
Il y a un lecteur qui aime lire, mais pas QUE lire.
Certains soirs, il aime regarder une série télé ; d’autres soirs, il aime raider avec sa guilde dans WoW. Quand il a envie de lire, il ne sait où donner de la tête : les bibliothèques de ses amis débordent de titres et, parfois, il reste des heures sans savoir que choisir. Enfin, il pioche un lourd pavé, le commence et le repose, deux heures plus tard, pour rejoindre Morphée. Une semaine, un mois plus tard, à nouveau, il a envie de lire et réouvre le roman commencé et… patatra, il n’est plus immergé, il a même oublié le nom de certains persos.
Je suis humaine (enfin, presque 😛 ), je suis nouvelliste…
Pendant des années, je me suis répétée (mes amis m’ont répété) que la solution à mon besoin de reconnaissance, elle était simple, elle était basique…
Écris un roman, putain, c’est pas sorcier !
Mais je n’ai pas envie d’écrire un roman.
Parce que je n’en ai pas envie tout simplement.
Parce que je n’ai pas envie d’ajouter un nième titre à une liste déjà si longue dans laquelle moi même je ne sais jamais quel prochain livre attaquer.
Parce que j’ai envie d’écrire pour ce lecteur qui cherchait une histoire juste pour passer la soirée.
Parce que j’aime le court, je crois au court, j’ai envie de promouvoir le court… et que cette démarche (militante ?) commence sans doute par s’appliquer à moi-même, non ? 😉
Je me sens bien en 10.000 ou 20.000 signes et j’ai décidé d’explorer le 80.000/100.000 qui correspond assez à un épisode de série télé, le soir, pour finir une belle journée.
Et voilà pourquoi, monsieur le juge, je n’écrirai pas un roman…

Pourquoi éduquer quand on peut supprimer ?

Ce matin, ActuaLitté publie : RIP droit d’auteur : « La solution ‘naturelle’ serait un retour au mécénat ».
Si j’ai tout bien compris (et je n’exclue pas que ce ne soit pas le cas), l’expert interrogé est un… professeur de philosophie. J’avoue que j’ai du mal rien qu’avec ce préambule : pour parler de droit d’auteur, j’attends des auteurs, des experts en droit, en économie… mais en philosophie ?
Passons.
Et résumons :
Comme il n’est plus possible de défendre le droit d’auteur contre le piratage, revenons aux temps jadis où l’auteur avait un mécène.
Tout simplement.

Sérieusement, il fait beau, je suis en vacances… Pourquoi est-ce que je lis ce genre d’articles ? Pur masochisme ?

Argument : autrefois, c’était comme ça.
Et alors ?
Autrefois, il n’y avait pas de machines à laver, pas d’ordinateur, pas de péridurale, pas de…
J’ai tendance à penser que, quand on sort la pancarte « autrefois », c’est qu’on est vraiment à court d’arguments et qu’on en vient à dire des âneries.
Non, pour des tas de bonnes raisons, personne ne veut revenir à autrefois, avec la maladie, l’espérance de vie courte, peu de gens qui savaient lire…
Bref, qui a envie de revenir en arrière par rapport à la Déclaration universelle des droits de l’homme ?

Argument : comme on ne peut pas défendre la propriété des auteurs, abandonnons-la.
Ben, évidemment. Dépossédons ceux qu’on ne peut défendre, ça ira plus vite.
Sérieux ? C’est un argument ?
Ça me fait penser à toutes les bêtises qu’on a entendu sur le piratage, comme s’il avait absorbé toutes les ventes du monde et que l’industrie culturelle s’était écroulée.
Ce n’est pas le cas.
Ou, alors, quand je vais faire un tour à la FNAC, on me projette une réalité virtuelle.

1/ L’industrie culturelle se porte bien. Si les industriels peuvent faire rentrer de l’argent, ils peuvent payer des droits d’auteur.
2/ Le fait que l’on puisse obtenir un bien facilement ne rend pas obsolète le droit de propriété.
3/ Si vous aimez une oeuvre que vous avez piratée, vous allez probablement acheter/offrir une autre oeuvre de l’artiste. Sauf si vous n’avez vraiment pas compris que l’auteur a besoin de vivre, mais, dans ce cas, ben… tant pis. On ne change pas les règles pour une poignée de réfractaires.
4/ Si vous piratez parce que vous n’avez pas de quoi vous offrir des œuvres culturelles, de toute façon, vous n’avez pas d’argent pour le circuit donc le circuit ne perd rien.

« Internet clôt l’ère de l’imprimerie, de la propriété privée intellectuelle et du droit d’auteur […] et nous ramène à la condition de l’auteur et de l’artiste […] sous la protection d’un mécène. »

Non. Internet permet juste à plus de gens de s’exprimer, pour dire n’importe quoi aussi.
Toute cette bataille contre le droit d’auteur, comme s’il nuisait à quelqu’un, ça devient vraiment lourd, très lourd.
Mais autant répondre tranquillement à chaque mauvais argument. Parce qu’il ne suffit pas de répéter une bêtise pour qu’elle devienne une vérité profonde.

Ah, ce domaine public…

Puisque je suis lancée sur le sujet, un petit billet pour conclure cette journée 😉

Numerama a titré : le domaine public est bien une chance pour l’oeuvre.
Et j’ai envie de répondre : même sans chiffre, on aurait pu le deviner.
Le domaine public, c’est des Alice au pays des merveilles, des Sherlock Holmes, Molière… Des classiques qu’on vendra encore pendant longtemps et qui ne sont que sécurité pour l’éditeur qui n’a pas à verser de droits d’auteur et est certain d’avoir un public.

Cette comparaison n’a, tout simplement, pas de sens.
1/ L’auteur d’Alice n’a pas de facture d’électricité à payer (quoique ? dans un monde parallèle ?) ;
2/ il est forcément plus célèbre que n’importe quel auteur moderne qui doit faire sa place au soleil ;
3/ si les auteurs ne sont plus payés, la littérature moderne ne gagnera pas la postérité car… il n’y en aura plus.

Voilà, c’est un peu un coup d’épée dans l’eau car Numerama est un site qui a de l’audience et, moi, je pousse juste un cri d’alarme sur un blog confidentiel.
Mais, au moins, je l’ai dit.
A force de tout confondre, de se tromper de combats, on fonce dans le mur.
Les auteurs sont amalgamés aux grosses sociétés et ce sont eux qui paieront les pots cassés.
Mais Cassandre était une sibylle, ça a dû déteindre sur moi…

L’oeuvre littéraire, résultat d’un travail…

Normalement, dans mes bonnes résolutions à moi que j’ai, y’avait noté « essayer de ne pas dire deux fois la même chose ». A l’oral, j’en suis bien incapable et mes amis ont menacé plusieurs fois de m’étrangler, mais, sur ce blog, je comptais bien y arriver, ne serait-ce qu’avec la fonction « recherche » 😛
J’avais donc écrit, en septembre 2012, qu’écrivain était un métier. C’est une petite chose banale et évidente, mais ça ne faisait pas de mal de l’écrire noir sur blanc.

Vendredi, je répondais à Calimaq au sujet d’un billet qu’il avait publié sur son blog et il m’a répondu à son tour, dans les commentaires. Et, dans sa réponse, il file un lien : l’interview d’un auteur pseudomisé Pouhiou.
Comme je suis curieuse et en vacances, je suis allée voir et je me suis figée :

Enfin, j’ai pris conscience, vivant moi-même à l’époque d’allocations Assedic, que tous les artistes que je connais créaient sur de l’argent solidaire. Retraite, cours et boulots associatifs, fonctionnariat, intermittence, art et emplois subventionnés, souscriptions (l’ancêtre du crowdfunding). Le temps pour créer, on le dégage toujours sur des plans et de l’argent mis en commun. On ne l’a jamais vraiment mais on le prend sur ce qu’on peut. Si ce temps, cet argent me vient de la communauté, pourquoi ne pas lui rendre ce qui s’y est produit ?

J’imagine que le retraité, qui a bossé toute sa vie et peut enfin profiter du fruit de son labeur, appréciera.
Pour ma part, je vais la jouer solo et me contenter de rappeler qu’être fonctionnaire (mais vous pouvez mettre ici « intermittent du spectacle » ou…) n’est pas un « plan pour profiter de l’argent commun », mais un emploi pour gagner honnêtement sa vie, nourrir sa famille, payer l’eau et l’électricité…
Quand l’écrivain est à son boulot de fonctionnaire, il fait son boulot. Pour lequel il est rémunéré.
Quand il écrit et qu’il a un autre travail, c’est sur son « temps de loisir », temps qui est à lui. Tout seul.
C’est déjà souvent délicat à gérer car avoir deux métiers n’est pas évident, mais je ne sais pas ce qui me fait le plus réagir, de l’idée que le fonctionnaire est un glandeur payé à ne rien faire ou que l’écrivain est un profiteur qui abuse d’un système…

Enfin, dans sa réponse, Calimaq avait un mot de fin :

Hannah Arendt a écrit dans Condition de l’homme moderne : « Nous avons transformé l’œuvre en travail ». Dans son esprit, c’est une catastrophe pour la civilisation.

J’ignore le contexte de cette déclaration donc ne me prononcerait pas sur elle sans savoir, mais, clairement, je nous invite tous à défendre notre travail, à le faire respecter en tant que tel.
L’écrivain est un travailleur qui a des droits.

Le Domaine Public Vivant…

… mais… POURQUOI ?

Suite à mon billet publié un peu plus tôt dans la journée, des liens ont été filés lors de discussions et je les ai suivis et…
Si ma procrastination naturelle ne m’en empêche pas et les vacances aidant, il est possible que j’essaie de causer plus largement des problématiques autour du droit d’auteur.

Le temps de ce billet, je vais revenir sur un article publié il y a deux jours : Reconnaître le Domaine Public Volontaire sans fragiliser l’auteur dans les contrats d’édition (Réponse à la SGDL).
Une réponse à une réponse, en somme 😉

Actuellement, il existe un système : les licences Creative Commons. Et elles sont expliquées en détail sur un site dédié.
Le concept est tout bête, mais bien pratique : l’auteur annonce, sur la publication de son oeuvre, l’usage qui peut en être fait, si l’oeuvre peut être reproduite, modifiée, etc.
A côté de ce système avec un étiquetage simplifié, il reste le traditionnel échange de courrier : vous êtes libre, en tant que créateur, de contacter un autre créateur et de lui demander l’autorisation de travailler/modifier/que-sais-je une de ses créations. C’est ce qui est arrivé récemment à une amie qui a été contactée par un étudiant étranger qui souhaitait faire une BD à partir de l’un de ses textes.

Bref, nous avons une situation convenable, qui fonctionne, mais qui ne convient visiblement pas à tout le monde puisque Calimaq souhaite que l’auteur puisse laisser son oeuvre dans le domaine public… et ne jamais revenir en arrière. En mariage sans le droit de divorcer en quelque sorte.

La SGDL est certainement dans son rôle en recommandant la prudence au législateur et personne ne veut de fragiliser le statut des auteurs. Mais les traiter obstinément comme des éternels mineurs, incapables de faire des choix raisonnés concernant la diffusion des leurs créations, n’est pas un bon service à rendre au droit d’auteur lui-même.

Et je réponds juste « oui, mais non ! ».
Le droit à l’erreur, le droit de changer d’avis… ce n’est pas considéré une personne comme un « éternel mineur », cet argument n’est pas sérieux. On a le droit de se tromper ou de, juste, changer.

Alors je demande juste POURQUOI ?
Pourquoi vouloir changer une loi, qui ne pose pas de souci, pour fragiliser encore plus les auteurs en leur interdisant la possibilité de changer d’avis ?

Il est temps qu’on se réveille, qu’on dise juste « non » à tous ceux qui veulent changer un système pour que nous soyons les seuls perdants.
Nous sommes propriétaires de notre travail. Nous sommes libres d’en faire ce que nous voulons, aussi bien de le cacher dans un tiroir que de le mettre à la libre disposition des autres, de le publier sur du papier rose ou chez le gros méchant Amazon.
Nous sommes propriétaires du fruit de notre labeur.
Merde.

Le droit d’auteur est en danger…

… et ce danger vient de trop d’endroits différents pour que ça n’en devienne pas inquiétant.

Il est menacé par l’Etat lui-même et sa loi sur les indisponibles. On en a parlé sur plusieurs supports, je regrette un peu de ne pas avoir pris le temps de m’en faire vraiment l’écho ici.

Il est hélas aussi menacé par des gens pleins de bonne volonté (mais ne dit-on pas que l’Enfer est pavé de bonnes intentions ?) et j’en parlais un peu dans un billet daté de septembre en rappelant qu’écrivain est un métier.
L’idée qui circule, qui enfle et… qui m’inquiète désormais, c’est cette idée de « réduire le droit d’auteur ».
A titre d’exemple, Numerama s’en faisait l’écho mercredi. (1)

Alors, déjà, quand on parle de ce droit d’auteur, à quoi fait-on référence en pratique ?
Mon but n’est pas de répondre d’une façon « parfaite », mais « pratique » : dans la pratique, donc, ça veut dire que, si j’écris un livre aujourd’hui et que vous le lisez dans vingt ans, dans vingt ans, vous allez l’acheter un certain prix n et, sur cette somme n, un pourcentage me reviendra. Parce que vous « profitez » de mon travail, qu’il vous apporte plaisir, joie ou que-je-sais quand vous lisez.
Parce que nous vivons dans une société où l’on considère que c’est normal de profiter du fruit de son travail, qu’on fasse des économies, qu’on rembourse un prêt immobilier…
Le droit d’auteur, donc, est valable 70 ans après la mort de l’auteur : il peut profiter de son travail sa vie durant et ses héritiers pendant 70 ans, ce qui est peut-être long ou pas, mais le débat n’est hélas pas là…

Le débat qui a lieu en ce moment veut retirer le droit d’auteur durant le vivant de l’écrivain.
Comme si vous remboursiez un prêt immobilier et que, brusquement, on vienne vous voir en vous disant que vous avez assez profité de cette maison que vous avez payée et que vous devez la rendre à la communauté.
Ceux-là même qui veulent réduire le droit d’auteur sont-ils prêts à rendre leurs biens ?

Concrètement, si le droit d’auteur est réduit de 20 ans après publication, j’ai 40 ans, je publie un roman et, à 60 ans, attendant ma petite retraite bien méritée, je suis dépossédée de mon bien, sans raison, parce que c’est un roman et pas une maison.
Et le lecteur serait vraiment réticent à me laisser un ou deux euros à la lecture ? Je ne crois pas…
Je ne sais pas les intérêts de qui cette idée croit défendre, mais elle ne fait que du tort à des travailleurs souhaitant vivre de leur travail, honnête, et je doute qu’un lecteur refuse de payer pour un livre qu’il a envie de lire (parce que la somme qui revient à l’auteur sera de 2 ou 3 € tout au plus, pas de 20 !).

Dans la pratique, si je sais que je vais être dépossédée de mes droits dans 20 ans, je ne publierais plus sans assurance d’un profit immédiat, donc adieu aux petits éditeurs. Pourquoi risquer de « manger mon capital vente » (déjà faible) pour vendre 100 ou 200 exemplaires ? Je garderais mes écrits pour un cercle de privilégiés, choisis par mes soins, et ne lâcherais ma prose qu’à un gros éditeur à gros tirages.
Tant pis pour les lecteurs, curieux, puisqu’un tel système m’obligera à attendre des lancements très commerciaux pour « sortir en public ».
Car un roman ou un recueil, ça n’est pas un produit consommable avec DLC. Il peut ne trouver son public, son « moment »… que des années plus tard. Tout simplement, par exemple, quand l’auteur devient connu et qu’on (re)découvre ses premières œuvres.

Déposséder le créateur, lui faire peur et le presser, ce n’est pas ma vision de l’art.
Carrément pas.
J’aime savoir qu’il existe de petits éditeurs, qu’il se publie de la poésie, de la nouvelle…
J’aime ce système qui m’assure la variété et la place pour toutes les formes d’art et de littérature.

Réduire le droit d’auteur à 20 ans (2) après publication, c’est
– déposséder un travailleur ;
– et lui faire peur. Lui faire douter qu’il soit jamais temps de publier.

Parce qu’une création littéraire/artistique n’est pas un bien public, mais le fruit du travail d’un auteur.
Les auteurs font la littérature, les romans et nouvelles que nous aimons lire. Pourquoi voudrait-on les punir ?
Pourquoi ne travaillons-nous pas à des mesures qui, au contraire, les encouragent, les soutiennent, leur donnent envie de nous donner le meilleur d’eux-mêmes ?

Voilà, depuis le temps que je voulais prendre le temps de parler de ça, c’est chose faite.
Faites tourner, parlez-en, ne laisser pas les artistes sans protection !

Et je vais quand même conclure en rappelant le deuxième alinéa de l’article 27 de la Déclaration universelle des droits de l’homme :

Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur.

(1) Est-ce que « Ceux vivant de la rente du droit d’auteur verront en revanche leur avantage s’effondrer » a un sens pour quelqu’un ? o_O
Il n’existe aucune « rente du droit d’auteur », ça ressemble à un beau contresens, mais lequel… Le mystère s’épaissit, mais notre envoyée spéciale ne s’endormira-t-elle pas avant de le résoudre ?
(2) 20 ans en littérature, ce n’est pas 20 ans en informatique ou en mode, c’est vraiment peanuts. Un exemple ? Le premier volume du Trône de Fer, qui a le succès qu’on connait aujourd’hui est paru en 1996, soit il y a 17 ans !

Le Droit du Serf dépose un Recours pour Excès de Pouvoir

Le Droit du Serf dépose un Recours pour Excès de Pouvoir contre le décret d’application de la loi relative à l’exploitation numérique des livres indisponibles du 20e siècle.

Paris le 6 mai 2013 · Le collectif du Droit du Serf, fondé en 2000 avec pour vocation de défendre les droits des auteurs, annonce que deux de ses représentants, Sara Doke et Ayerdhal ont déposé une requête le 2 mai dernier auprès du Conseil d’État.

Me Stéphanie Delfour, mandatée par les deux représentants du collectif, a déposé un Recours pour Excès de Pouvoir contre le décret publié au JO le 1er mars 2013 portant application de la loi du 1er mars 2012 sur la numérisation des œuvres indisponibles du XXe siècle.

Considérant, depuis la présentation du projet de loi, que cette législation porte atteinte au droit d’auteur, le collectif du Droit du Serf a choisi de saisir le Conseil d’État pour tenter d’obtenir l’annulation du décret d’application, estimant qu’il est fondé sur la violation des principes généraux du droit.

La requête pointe les multiples violations de la loi présentes dans le décret. Ainsi, le Droit du Serf montre que plusieurs textes internationaux sont bafoués par le décret d’application, tels que la Convention de Berne, le traité d’organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) mais également le droit de l’Union européenne et la Convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.

En outre, le recours démontre que le décret lui-même n’est pas conforme à la loi du 1er mars 2012.

Le Droit du Serf s’étonne par ailleurs qu’aucun autre recours n’ait été déposé par les différentes organisations représentatives des auteurs, quand bien même certaines d’entre elles avaient émis de vives critiques contre la loi.

« Le décret d’application définit les modalités dans lesquelles doit s’appliquer la loi qui autorise à numériser et exploiter commercialement des œuvres indisponibles du XXe siècle. Au travers de l’établissement d’une liste arbitrairement conçue, la loi impose aux auteurs de justifier de leur identité pour réclamer que leurs œuvres
soient retirées de la base de données. Le Droit du Serf a toujours considéré cette pratique comme une atteinte au droit d’auteur », explique Ayerdhal.

À présent que la requête a été déposée, il reviendra au Conseil d’État de la communiquer au gouvernement,
celui-ci disposant alors d’un délai d’un à deux mois pour répondre aux arguments développés. Il sera alors possible de présenter des observations complémentaires et de déposer une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

« Toute personne qui le désire sera, dans les jours prochains, en mesure de se joindre à la requête pour
lui apporter plus de poids. Les auteurs, les éditeurs, les ayants droit considérant que leurs droits sont lésés pourront faire valoir leurs arguments. Plus on est de serfs, moins nous sommes taillables et corvéables à merci », conclut Ayerdhal.

Un document plus détaillé figure sur le blog du Droit du Serf.

Contact presse : droitduserf[at]gmail.com

Écrivain est un métier, sans doute possible…

Une discussion lors d’un repas, sur un forum, au détour d’un réseau social… et voilà que j’ai envie de mettre par écrit, soigneusement posée, ma réponse. Sans doute parce que je suis bavarde, mais la définition reste vague.
Le statut d’écrivain pose problème.
Tout simplement parce que leurs droits sont mis à mal et, quand il faut se défendre, il devient souvent nécessaire de poser des définitions.
A priori et avant tout, l’écrivain est un artiste qui crée.
Sauf que…
Sous le prétexte que l’écrivain se fait plaisir, certaines personnes peu scrupuleuses trouvent normal de ne pas les rémunérer… ou, sous prétexte qu’il a créé de l’art, des gens bien intentionnés estiment que les droits d’auteur devraient tomber dans le domaine public… alors que personne n’exige que les riches milliardaires remettent leurs villas dans le domaine public, comme si le bien de l’artiste n’était pas un bien qui mérite d’être défendu.
L’écrivain crée et, même s’il se fait plaisir à cette occasion, son travail n’est pas moins méritoire que celui de l’avocat plaidant une affaire, d’une caissière au supermarché…
L’écrivain est un artisan et, petit à petit, il se constitue un patrimoine qui lui rapportera des droits d’exploitation au fil des années.
Le souci, donc, c’est que, croyant bien faire, certains auteurs éprouvent le besoin d’en exclure d’autres au prétexte qu’écrivain est un métier.
Et, en réalité, la vraie question est bien plutôt : qu’est-ce qu’un métier ?
Assez sobrement, on pourrait dire que c’est ce qui paie les factures, mais « rentier » ou « gagnant du loto » rentrent difficilement dans la case…
Une femme au foyer qui élève trois enfants est-elle plus compétente qu’une mère au boulot prenant qui rentre tard le soir ? Un mauvais boulanger peut-il me faire un meilleur pain que ma mère si elle est motivée ? Est-ce que l’électricité dans mon appartement a été refaite par quelqu’un de compétent ou quelqu’un du métier ? Est-ce qu’un rentier qui écrit huit heures par jour est un meilleur écrivain qu’un prof de maths ?
Le monde des humains n’aime pas les valeurs absolues : tout est possible.
Par hasard, je suis rentrée dans une grosse administration et c’est là ce qui me nourrit.
Comme pour tout le monde, il y a eu des années difficiles, des doutes, mais… avec le recul, l’un des aspects que j’apprécie est la diversité des métiers, la possibilité de les exercer tour à tour.
Qu’est-ce qui paie mes factures ? Ben, ça dépend des années, de mes choix au moment de voeux de mutation… Suis-je juriste quand je travaille avec du droit ? Oui et non, non et oui. Suis-je comptable quand je manipule des chiffres ?
Alors, non, je ne pense pas que chacun de nous peut tout faire. Parce que je pense que nous sommes tous merveilleusement différents et, pour ma part, je ne connaîtrai aucun métier du bâtiment car je suis terriblement maladroite dans toutes les activités manuelles.
Je pense juste que, si l’on se forme, si l’on est prêt à apprendre dans les domaines pour lesquels nous avons des dispositions, tous les métiers nous sont accessibles.
A mes yeux, donc, toute personne qui écrit n’est donc pas un écrivain, non… mais toute personne qui écrit avec le sérieux qu’elle met dans n’importe quel autre métier est un écrivain, sans doute possible.
Et elle est donc bien la seule à savoir si, oui ou non, elle s’investit dans la tâche 😉
Et donc la seule à pouvoir décider si c’est légitime de l’indiquer dans la case qui va bien sur son profil de réseau social…