L’oeuvre littéraire, résultat d’un travail…

Normalement, dans mes bonnes résolutions à moi que j’ai, y’avait noté “essayer de ne pas dire deux fois la même chose”. A l’oral, j’en suis bien incapable et mes amis ont menacé plusieurs fois de m’étrangler, mais, sur ce blog, je comptais bien y arriver, ne serait-ce qu’avec la fonction “recherche” 😛
J’avais donc écrit, en septembre 2012, qu’écrivain était un métier. C’est une petite chose banale et évidente, mais ça ne faisait pas de mal de l’écrire noir sur blanc.

Vendredi, je répondais à Calimaq au sujet d’un billet qu’il avait publié sur son blog et il m’a répondu à son tour, dans les commentaires. Et, dans sa réponse, il file un lien : l’interview d’un auteur pseudomisé Pouhiou.
Comme je suis curieuse et en vacances, je suis allée voir et je me suis figée :

Enfin, j’ai pris conscience, vivant moi-même à l’époque d’allocations Assedic, que tous les artistes que je connais créaient sur de l’argent solidaire. Retraite, cours et boulots associatifs, fonctionnariat, intermittence, art et emplois subventionnés, souscriptions (l’ancêtre du crowdfunding). Le temps pour créer, on le dégage toujours sur des plans et de l’argent mis en commun. On ne l’a jamais vraiment mais on le prend sur ce qu’on peut. Si ce temps, cet argent me vient de la communauté, pourquoi ne pas lui rendre ce qui s’y est produit ?

J’imagine que le retraité, qui a bossé toute sa vie et peut enfin profiter du fruit de son labeur, appréciera.
Pour ma part, je vais la jouer solo et me contenter de rappeler qu’être fonctionnaire (mais vous pouvez mettre ici “intermittent du spectacle” ou…) n’est pas un “plan pour profiter de l’argent commun”, mais un emploi pour gagner honnêtement sa vie, nourrir sa famille, payer l’eau et l’électricité…
Quand l’écrivain est à son boulot de fonctionnaire, il fait son boulot. Pour lequel il est rémunéré.
Quand il écrit et qu’il a un autre travail, c’est sur son “temps de loisir”, temps qui est à lui. Tout seul.
C’est déjà souvent délicat à gérer car avoir deux métiers n’est pas évident, mais je ne sais pas ce qui me fait le plus réagir, de l’idée que le fonctionnaire est un glandeur payé à ne rien faire ou que l’écrivain est un profiteur qui abuse d’un système…

Enfin, dans sa réponse, Calimaq avait un mot de fin :

Hannah Arendt a écrit dans Condition de l’homme moderne : “Nous avons transformé l’œuvre en travail”. Dans son esprit, c’est une catastrophe pour la civilisation.

J’ignore le contexte de cette déclaration donc ne me prononcerait pas sur elle sans savoir, mais, clairement, je nous invite tous à défendre notre travail, à le faire respecter en tant que tel.
L’écrivain est un travailleur qui a des droits.

A propos Cenlivane

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