Genres, mes amis, ou la découverte de l’arcanepunk

L’exercice de classification en genres est un exercice difficile, souvent périlleux, mais tout de même assez pratique.
Pratique parce que, par exemple, quand j’explique à mes amis que j’aimerais changer la déco de mon salon en steampunk, je n’ai pas besoin de plus que ce mot, pas besoin de me lancer dans des tonnes d’explications.
Périlleux parce que chacun va le revoir à sa sauce, en fonction de ses goûts, de ses objectifs…
Il y a quelques mois, je rédigeais un petit billet d’humeur pour dire que Buffy n’était pas de la bit-lit. En effet, si la bit-lit est de la chick-lit avec des bouts de créatures fantastiques dedans, Buffy n’a rien de la célibataire trentenaire qui se regarde le nombril en faisant du shopping. Buffy peut être apparentée aux super-héros, aux héros mythologiques (en avançant dans les saisons et en suivant Angel, on voit bien cet aspect de guerriers élus des dieux se développer), à la fantasy urbaine pour son monde proche du nôtre où la magie existe… Pourtant, suivant les chroniqueurs, Buffy est placée allègrement en bit-lit. Si cela ne correspond pas à ma propre qualification, cela convient forcément à ceux qui la font.
Toute classification est donc à prendre avec précaution et bonne humeur, en se disant que chacun agrémentera le tout à sa sauce et c’est bien le moins qu’on puisse attendre d’amateurs d’imaginaire 😉

Dans ce besoin de nommer le genre, je restais perplexe devant World of Warcraft : si c’est un univers où l’on retrouve certains éléments de l’heroic fantasy, la présence de vaisseaux spatiaux, de tramway, de dirigeables, de motos… ne laissait aucun doute sur le fait que ça n’en était pas.
Le genre le plus proche me semblait bien celui du steampunk où des machines à vapeur sophistiquées côtoient des ambiances un peu vieillottes. Mais quelque chose ne collait pas tout à fait…
Puis, il y a quelques jours, ma soeur m’a apporté le mot manquant : arcanepunk, un mot pour désigner ces mondes si proches du steampunk, mais où la magie prend une place importante.

Sur ce, et sans aucun lien logique, le moment semble adéquat pour vous souhaiter à tous un bon réveillon, si vous fêtez la Saint-Sylvestre, ou juste une bonne dernière journée en 2010 pour les autres 😉

A l’année prochaine.

World of Warcraft vs FarmVille ?

De sa période juillettiste loin du net, ma Grande a ramené de vrais magazines, avec du papier et des pages qu’on doit tourner. Du coup, je me suis installée pour feuilleter le numéro du 20 juillet de Canard PC, une revue consacrée aux jeux vidéo PC.
Comme vous le savez peut-être (ou pas), je suis ce qu’on qualifie de joueuse casual (i.e. joueuse à petite consommation).
Pourquoi ? Tout simplement parce que je suis rarement fan de quelque chose : si j’ai des amis qui dévorent des tonnes de livres ou d’autres qui jouent de longues heures ou… pour ma part, j’aime jouer un peu, lire un peu, regarder la télé un peu… Puis, tout simplement, je n’ai plus 20 ans, âge auquel, je l’avoue, je m’éclatais sur un vieil Amiga 500.
Bref, je joue un peu dans une maison contenant sa bonne dose de titres pour une Grande qui, elle, est une vraie gameuse 😉
Hormis World of Warcraft, dont j’apprécie l’univers arcanepunk et dans lequel j’ai trouvé une guilde qui ne me regarde pas de travers malgré mes faibles performances, je peux aussi m’amuser de jeux comme les Sims 3 ou… Le seul genre auquel je sois hermétique, je crois, c’est quand il faut tirer sur des bonshommes à coup de mitraillette. Transpercer l’ennemi de mon épée pour sauver une relique, ça me va. Mais faire la guerre, non.
Mais, à côté de ces jeux vidéo traditionnels, je joue aussi à… FarmVille, Treasure Isle…
Tout ça pour en revenir au numéro de Canard PC que je parcourais tantôt. Un article y est consacré aux jeux sociaux via FaceBook qui, d’une certaine façon, nuisent aux vrais jeux. D’une manière toute bête : si un jeu social, torché en quelques mois, rapporte plus qu’un jeu complexe, quel est l’avenir des jeux complexes et, surtout, les sociétés commerciales continueront-elles à investir dedans ?
Perso, je pense surtout que le problème est mal posé…
Quand on regarde le monde du livre ou du film, il y a bien, cohabitant sur le marché, des oeuvres perfectionnées destinées aux connaisseurs et des oeuvres grand public, souvent plus « accessibles » (on va dire).
Petit retour dans le passé…
Quand j’étais enfant, c’était l’époque des albums Panini. Pour des raisons que j’ai oubliées (je n’avais peut-être pas demandé ou c’était trop cher pour ce que c’était), je n’en avais pas et cela me manquait car, dans la cour de récré, je n’avais rien à échanger avec mes petits camarades.
Aujourd’hui, au boulot (dans la cour de récré ?)… je ne peux pas raconter que, hier soir, dans WoW, j’ai eu une nouvelle hache magnifique. Par contre, je peux dire que j’ai trouvé un nouveau cochon rose dans FarmVille. Parce que le « social » de « jeu social » n’est pas seulement à prendre dans le sens que nos voisins de ferme sont aussi nos amis réels. C’est un jeu qui passe bien dans la société, auprès des… non-joueurs.
S’il n’y a pas de stratégie ni rien qui donne un peu de peps, on y fait des collections (comme avec les albums). Un nouvel animal apparaît et tout le monde se précipite pour l’avoir.
Tout ça pour dire que les jeux vidéo complexes ne sont pas comparables aux jeux sociaux, parce que ce n’est ni le même public ni les mêmes besoins. Quand je rentre du travail, crevée, non, je n’ai pas la force d’aller mener à bien une quête ou quoique ce soit de complexe. Mais je peux me détendre en faisant mes récoltes et en envoyant des cadeaux.
Même si vendre des pommes rapporte plus que de vendre des kiwis, on continue à pouvoir acheter des kiwis. De la même manière, si les bénéfices générés par FarmVille peuvent faire pleurer d’autres sociétés conceptrices de jeux, il y a toujours le marché des vrais gamers.
Au fond, cet article (de Canard PC, oui oui, c’est le fil conducteur de ce billet) me fait un peu penser à un nouvelliste de SF qui se plaindrait que Musso ou Levy génèrent plus de profits. FarmVille s’adresse à plus de gens. Point. C’est un fait. Pas parce que c’est plus moche ou moins complexe, mais parce que tout le monde n’est pas gamer (bon, yep, je pourrais écrire « joueur », mais joueur est trop générique).
Alors… il en faut pour tous les goûts. Si les concepteurs de jeux sont trop accros au fric et que ça les démoralise, attendons une nouvelle génération qui retrouvera le plaisir de créer des jeux complexes et passionnants.

Pourquoi Buffy n’est pas de la bit-lit…

… ou comment Cenlivane se lança dans un billet à 23h passées pour répondre à une copine sur une question inutile donc indispensable.

Parfois, d’un simple échange de deux lignes, on en vient à se poser de drôles de questions…
Bref… hier soir, France 2 diffuse Castle. Objectivement, ce n’est pas une « bonne » série, mais elle a le mérite d’être gentille (comme on l’entend ici, dans le midi ?). Gentille, on va dire, au sens de reposante, pleine de bons sentiments.
Et, ce qui ne gâche rien pour les yeux, le personnage principal est interprété par Nathan Fillion. Bien sûr que vous voyez qui c’est, il joue le méchant dans la dernière saison de Buffy contre les vampires et le héros de Firefly/Serenity !

Où en étais-je ?
Oui, hier soir, donc, je vais m’affaler devant Castle et, dans les secondes qui précèdent, sur FaceBook, je conseille à une copine d’en faire autant, pour se changer les idées, se détendre, toussa. Jusque là tout va bien.
Sauf qu’elle me répond qu’elle préfère se mater True Blood.
Bon, en fait, c’est son droit le plus strict, je ne le conteste pas, sauf que, perso, les couvertures des livres de cette série ont un peu un effet répulsif sur moi. Je lui réponds donc que la bit-lit ne me tente pas (ce qui résume en fait assez bien l’idée que je m’en suis forgée au fil du temps) et que, quand même Castle, Fillion, beau mâle… (Oui, je sais, l’argumentaire est pauvre, mais vaut ce qu’il faut !)
Elle, forcément, elle tilte : Fillion = Firefly !
Un peu monomaniaque, je la reprends : Fillion est avant tout le méchant dans le final de Buffy…
Sauf que, à la mention de Buffy, ma copine me répond qu’elle n’a jamais vu/lu de bit-lit, hormis True Blood.
Sa réponse me laisse sans voix : Buffy, de la bit-lit ? Comment a-t-elle pu se méprendre ? C’est de la fantasy urbaine, voyons !

Ben, justement, voyons…
Hier encore, cette copine ignorait l’existence du terme « bit-lit » et a donc googlisé. Et a appris que Buffy était de la bit-lit…
Du coup, ce soir, tout en regardant des rediffusions de Bones (ouaips, décidément, je suis bien beaucoup télé en ce moment), j’ai tourné la question dans ma tête.
L’idée derrière la bit-lit, grosso modo, c’est de vendre de la chick-lit avec des vrais morceaux de vampires dedans. Donc les aventures pseudo sentimentales, plus ou moins fortement teintées sexe, d’une trentenaire célibataire ou un truc du genre. Avec des aventures pour que l’eau de rose passe mieux ou que le sexe fasse moins « je lis un livre parce qu’il y a des scènes de cul dedans ». (Oui, je sais, je caricature, y’a forcément des trucs de qualité, comme de partout, mais je me fais l’avocat de la partie adverse ce soir.)
Ce qui n’a rien à voir avec Buffy, série qui démarre sur la base des séries avec des vrais morceaux de lycéens dedans pour dériver sur de la fantasy urbaine de qualité, avec une belle construction mythologique et tout. C’est encore plus flagrant dans le spin-off Angel où la romance est quasi absente.

Du coup, suis retournée voir mon ami Google pour voir si d’autres personnes avaient billeté sur le sujet.
Suis tombée sur Pourquoi Twilight n’est pas de la bit-lit ?
Même si je n’apprécie pas Twilight et n’aurais donc pas choisi ce titre pour attaquer le sujet, suis assez d’accord dans l’ensemble. Pas plus que Buffy, Twilight n’appartient à la bit-lit.

Alors, à la question « pourquoi avoir voulu fourguer de la bonne fantasy urbaine (i.e. Buffy) dans un genre très marketé comme la bit-lit ? », j’imagine que la réponse est tout simplement pour donner des « lettres de noblesse ». Je suppose que c’est de bonne guerre, au sens où ça fait de la pub et tout… au risque de décevoir quand même. Comme le souligne l’article linké un peu plus haut, la bit-lit a une forte composante sexuelle qui n’en fait pas particulièrement un genre pour ados (même si, comme entendu hier dans Castle – on a les références qu’on peut – l’ado de 15 ans d’aujourd’hui a l’éducation sexuelle de l’adulte de 25 ans d’il n’y a pas si longtemps).

Ce qui m’ennuie dans tout ça et la raison, au fond, de ce billet, c’est que ma copine a la malchance de me connaître. Elle a donc une chieuse à disposition, toute prête à lui expliquer pourquoi Buffy est de la fantasy urbaine et même pas du fantastique, pourquoi la bit-lit est plus de la romance que de la fantasy, pourquoi…
Mais, pour tous les autres pas-ma-copine, Google les conduira tout droit vers cette idée. Et si, comme moi, ils n’apprécient pas trop le genre bit-lit, ils risquent de ne jamais découvrir Buffy s’ils ont oublié de la regarder quand elle passait à la télé, il y a si longtemps…

Ce n’est pas l’homme de ta vie

Juste une douce folie
Une mauvaise impression
Un couac dans ta raison
T’as cru pouvoir l’aimer
Mais regarde de plus près
Je sais tu l’aimes
Tu r’trouvras jamais l’même
Y’en a pas deux comme lui
Alors pourquoi il fuit ?
Évidemment, j’suis pas costaud
Évidemment, j’suis pas bien beau
Mais j’ai mal quand tu pleures
Et j’suis là à toute heure
Suis pas non plus l’homme de ta vie
Juste une douce folie
Une étrange impression
Un p’tit peu de raison

Je voudrais avoir cinq ans

Les cheveux libres dans le vent
Me rappeler ta tendresse
J’avais encore des tresses
Je quittais la maison
Le matin, de bonne heure
Pour rejoindre le garçon
Qui m’appelait petite soeur
Et les longues promenades
Les glaces et la limonade
Les histoires de guerriers
Marquaient notre insouciance
Mais meurt l’enfance
Sous le glas des années
Les mensonges et les promesses
Sous les tendres caresses
Nous devenons amants
Et je ne peux plus retenir
Les merveilleux souvenirs
D’une enfant

Que dirais-je à mes amants

Je suis sincère quand je vous mens
L’espoir se trahit
Dans la nuit
Et votre regard me suit
Ultime condamnation
Mon chemin quitte la vie
Résonnent vos soupçons
Dans le tracé que j’ai suivi
Une à une mes pensées me fuient
Et mes larmes s’écoulent
Entre mes mains qui moulent
Votre visage de cire
Mes genoux s’affaissent lentement
Contre les cris de vos tourments
Et puisqu’il n’est pire
Que vos sanglots de martyr
Je vous laisse souffrir
Mes mots sont un dernier soupir

Il ne faut plus croire

Le long désir d’ivoire
Qui roulait sous les pieds
De la vierge nacrée
Qui t’aimait
Une note casse
Les reins d’une amante lasse
De promesses oubliées
Dans tes baisers
Que pourrais-je te dire
Puisque tu vas mourir
Que je n’en souffre plus
C’est un bonheur qui fut
Et tes larmes
Brûlent mes mains
Ce sont les armes
Des catins
Tu t’enfuis
Des hommes oublié
Et ta nuit
Recouvre mes idées

Je suis amoureuse…

… d’une ombre qui glisse
sur les eaux lisses
des femmes heureuses.
Son nom se dit
derrière les rideaux,
ses mains sourient,
je meurs dans le faux.
Et puis l’idée
de ne plus rêver,
de se laisser aller,
de se faire aimer.
Le marteau s’abat
sur la porte fermée,
j’entends ses pas
sur le sol marbré.
Les heures s’enfuient
et je disparais dans l’oubli.

Où vas-tu, homme sombre ?

Qui es-tu, issu d’ombre ?
— Je suis celui qui t’aime
quand s’enflamme ta haine
Celui qui te soutient
quand brûle ta colère
quand en toi tout s’éteint
et reste la lumière
Je suis la trahison
qui coule en un poison
dans la coupe amère
que tu portes à tes lèvres

Qui es-tu, issu d’ombre ?
— Je suis celui qui t’aime
quand s’enflamme ta haine
Celui qui te soutient
quand brûle ta colère
quand en toi tout s’éteint
et reste la lumière
Je suis la trahison
qui coule en un poison
dans la coupe amère
que tu portes à tes lèvres

Assis, vous regardant

Je suis question
Qui êtes-vous
hommes-enfants
qui sans raison
devenez fous ?
Assis, me questionnant
je suis écoute
Et mes yeux voient
loin, sur la route
un long convoi
de fleurs d’amour
salies de boue
Assis, m’interrogeant
depuis toujours
je suis en vous
les pieds en sang
sur le chemin
de ceux, humains,
qui croient encore
à un espoir
d’ambre et de noir
Couché, je m’endors
et tous mes rêves
tendent vers vous
descendants d’Eve
qui savent tout
Je suis petit
dans l’infini
Qui êtes-vous ?