Et si on parlait d’amour ?

On dirait que les vacances d’été commencent à faire leur effet et que je suis un peu moins fatiguée… et du coup un peu plus bavarde.. Alors, en verve et la soirée avançant, je vais papoter un peu longuement d’un truc qui me trotte dans la tête 😉
J’aime l’Amour.
Oui, oui, celui avec un grand A car plusieurs de mes textes ont eu de très bons retours à cause de cet ingrédient. Ingrédient narratif, littéraire, déclinable de tant de façons…
Je ne pourrais pas dater les choses, mais je sais que, bien avant ma vie de « femme amoureuse », il m’était évident qu’il y avait l’Amour, cet ingrédient artistique tout à fait cool, et l’amour. L’amour irl que personne ne peut te définir et sur lequel tout le monde a une opinion. Et sur lequel, du coup, ben, je n’avais rien à dire : moi, je raconte des histoires pour t’émouvoir.
Le temps a passé, j’ai continué de raconter l’Amour, mais, en parallèle, ben… après la vision enfantine de « un monsieur et une dame s’aiment donc ils baisent ensemble d’une manière exclusive », il y a eu… la vraie vie : c’est pas forcément un monsieur et une dame, ils peuvent s’aimer sans baiser, baiser sans s’aimer, ils peuvent se tromper ou être dans une relation libre, ils peuvent se marier dix fois et ne jamais aimer, etc.
Alors, comme j’aime aussi les histoires irl, j’écoute, j’écoute, j’écoute… et, plus j’écoute, plus l’ingrédient narratif semble finalement pauvre par rapport à la réalité car les humains se font des nœuds dans la tête et c’est tellement plus… riche ? dingue ? étrange ? effrayant ?
Lors d’une conversation, quelqu’un m’a dit : « Je ne me sens pas légitime à m’exprimer car je suis asexuel. »
Ça m’a alors semblé une évidence et je lui ai répondu : « En quoi es-tu moins légitime que les autres ? Il y a quelqu’un qui a eu des relations avec cent individus bien répartis statistiquement et qui a des réponses absolues ? »
Il y a CeluiA qui t’aime très fort, qui te le montre autant qu’il peut, mais qui ne peut pas te le dire parce que le mot est galvaudé et on ne l’a pas défini et…
Il y a CeluiB qui t’aime, qui te le dit, mais, finalement, quand tu termines la relation, il est déjà dans les bras d’un autre.
Il y a Celui qui pense que CeluiA est le vraiment aimant et Celui qui pense que l’amour n’existe pas s’il n’est pas dit donc que CeluiB est plus amoureux…
Il y a Celui qui est amoureux de son conjoint, mais qui ne sait absolument rien de lui, de ses peines ou de ses humeurs et tu cherches en vain de qui il est vraiment amoureux…
Il y a… autant de Celui que d’humains sur Terre.
Comme j’aime raconter les histoires avec un début, des rebondissements et tout, en privé, il m’arrive parfois de me confier sur la vraie vie (si elle existe, un écrivain a-t-il une vraie vie ?). Même s’ils n’ont aucune valeur statistique, la majorité des retours que j’ai eus, sur des histoires qui ne me semblaient pas bien grandioses, était que c’était « beau » ou « plus vrai » ou tout autre qualificatif émouvant et positif.
Alors je me suis dit que c’est juste que je devais mieux raconter l’histoire.
Et j’ai bouclé : la réalité est bien plus dingue que la fiction, mais, en général, elle est beaucoup moins bien racontée 😀
Voilà, voilà…
Je viens de m’étendre parce que j’ai pas mal réfléchi au bouzin ces derniers temps : je suis arrivée à ce moment où tu as trop de données, trop d’émotions, trop de pistes et où tu te dis que, du coup, tu n’écriras plus jamais sur le sujet car tu n’arriveras jamais à rendre tout ce qu’il y aurait à en dire. Et, en même temps, raconter une histoire, ça n’a rien d’exhaustif : le but, c’est d’émouvoir même si tu embellis ou mens ou biaises ou…
Puis, en même temps, on s’en fout un peu de tout ça, le lecteur attend des histoires, pas mes considérations sur les histoires 😉

Amour, infidèle amant…

Quand j’étais enfant, je ne comprenais pas pourquoi l’amour était une maladie…
Est-ce vraiment une maladie ? Un handicap ? Une malédiction qui menace le plus solide des guerriers ?
Et, sans elle, la plupart de mes textes, de mes poèmes… n’existeraient juste pas.
Est-ce la façon que la Muse a de me rappeler que tout a un prix ? Est-ce une blessure que je me plais à regarder pour me souvenir que je suis vivante ? Est-ce tout simplement que je n’échangerais ma place contre celle de personne d’autre ?
Saleté d’Amour, si tu ne nourrissais pas ma Muse, je te déclarerais la guerre sans hésiter une seule seconde.
Faut-il que l’Ecriture passe avant beaucoup de choses que je tolère ainsi ton agaçante existence !
Ecriture, ma princesse, mon aimée, je te néglige beaucoup ces derniers temps, mais ce n’est que partie remise, tu verras…
Amour, compagnon d’infortune, infidèle amant, je l’avoue, je préfère te connaître et que tu me fuis plutôt que de jamais croire que je te côtoie alors que je serais prisonnière d’une illusion qui aurait à peine ton nom et certainement pas ta nature.
Au fond, ne te mens jamais, aucun déni ne vaut d’être vécu et quelques larmes sont un prix bien faible pour être vivant.

Des réseaux sociaux

Un outil n’est par essence ni bon ni mauvais, c’est simplement un outil.
Evidence que l’on oublie parfois, le regard rivé sur le support…

Vous souvenez-vous de cette époque où nous ne disposions que de la lettre postale et du téléphone (sans répondeur, sans le nom de l’appelant qui s’affiche, sans…) ?
Nous ne souhaitons jamais perdre le contact avec les gens auxquels nous tenons, mais ça se fait tout seul :
Tiens, cela fait n semaines que je n’ai pas eu de nouvelles d’Untel. Un coup d’œil à l’horloge : il est 22:00, beaucoup trop tard pour l’appeler. Demain ? Mais, demain, la pensée reviendra à la même heure…
Le mail : facile, gratuit, pour prendre des nouvelles à une heure indue.
Et désormais les réseaux sociaux pour s’assurer que ceux qui n’ont pas eu le temps de se manifester sont bien au courant que et que…

Mais c’est une illusion : toutes les news se mélangent et, non, Untel n’aura pas vu que et Machin ne saura pas que.
Parce que nous ne sommes pas des machines, parce que nous n’arrivons pas à traiter autant d’infos, que nous avons déjà parfois du mal à nous souvenir de ce qui nous a été dit à nous, en particulier.

Si, professionnellement, la nécessité du réseau social ne laisse aucun doute et se traduit dans les stats des sites web, dans les commandes reçues par les uns et les autres, les prises de contact,
au niveau personnel, le bilan devient mitigé, voire amer.

Infos qui défilent et humeurs qui nous submergent,
empathie pour ceux qui sont tristes,
jalousie pour ceux qui semblent tellement plus heureux,
photos qui se percutent et, au milieu,
les exploits d’un enfant qui nous parait bien laid (mais peut-on avouer ce genre de choses ?)
ou le selfie d’un couple tout sourire, visiblement in love, alors que nous savons qu’il n’y a plus d’amour entre les deux êtres qui se collent, retenus l’un à l’autre par l’habitude, la peur du changement ou de la solitude,
chagrins qui nous paraissent futiles,
colères qui nous laissent de marbre…

Nous glissons dans l’intimité de l’autre, en percevons des fragments déformés, nous montrons…
Nous entendons-nous encore ?

Un outil n’est ni bon ni mauvais, mais qu’en faisons-nous ?
Il est si doux, certains soirs, de ne pas être seuls, de partager avec ceux qui sont loin comme si nous nous étions retrouvés au café d’en bas, mais passerions-nous toutes nos soirées au café d’en bas ?

Persuadée de l’utilité des réseaux sociaux sur lesquels j’assure une veille professionnelle nécessaire, leur brouhaha me laisse un sentiment étrange
et je n’arrive plus à y partager les bêtises avec lesquelles j’espérais faire sourire et que j’ai vu prises au sérieux,
je n’arrive plus à y parler puisque je ne sais qui m’entend,
je n’arrive plus à y voir les visages de ceux qui m’auraient rejoint au café d’en bas.

Etre une bombe… ou pas

Dans la Grande Gare Avant la Vie :
— Et, pour le corps, tu veux quoi, ma petite ?
— Ben, je veux bien être une bombasse !
Le Lutin m’a regardé par dessus ses lunettes de bigleux et il m’a dit :
— OK, ça marche.
Je crois qu’il n’était pas que bigleux, il était sourd aussi. Du coup, il m’a donné un corps… de bombe à retardement.
Avec moi, les médecins ne connaîtront pas la crise du travail.

Fermeture du service Acquisitions

Après une longue enquête de plusieurs mois, notre comité scientifique est parvenu à quelques conclusions : pour pécho, une femme ne doit pas seulement porter des jupes courtes et avoir de la conversation (non, non, esprits chagrins que vous êtes, la conversation n’est pas toujours un malus), mais elle doit avoir acquis une sorte de codex un peu étrange qui permet au mâle pataud de comprendre qu’il lui plait.
Notre équipe n’a pas pu établir avec précision la nature de cet étonnant codex, mais il a la conviction que cette acquisition demande des efforts.
Le service Investissements-Acquisitions s’est donc à son tour saisi du dossier pour établir la rentabilité de ce modèle et vient de rendre son rapport définitif : si notre sujet d’étude souhaitait « pécho », il lui faudrait déployer des ressources (mieux employées à « glandage » et « farniente »), tout ça pour « tirer quelques coups », avant la conclusion inévitable « les histoires d’amour finissent toujours mal ».
(Oui, bon, OK, toi, lecteur qui suit et a lu jusqu’à là, y’a un biais sémantique puisque l’amour n’existe pas… mais, bon, qui lit vraiment mes billets ALC sur ce blog ???)
Bref, le PDG a pris sa décision : la branche Séduction-Vie sentimentale vient d’être définitivement fermée en ce beau jour de mai 2015, après 42 ans de pertes annuelles répétées.
On murmure dans les couloirs que cette décision de la direction en soulage plus d’un.
Moi, je dirai juste : « Je l’avais bien dit ! »

Retour au néant…

J’ai un pouvoir magique : je fais disparaître des choses.
Là, vous vous dites : oh, trop cool, elle élimine les soucis, les calories… un truc badass comme ça… mais pas du tout 🙁
Je fais juste disparaître des choses au hasard, bonnes ou mauvaises. Par exemple, je prends un nouveau poste et des spécificités liées à ce poste, bonnes ou mauvaises… pouf ! repartent dans le néant o_O

Parallèlement, comme toute bonne rêveuse procrastineuse, je prends régulièrement des bonnes résolutions avec la ferme intention de ne jamais les tenir.
Lire plus, écrire plus, etc.
L’une de ces résolutions, gourmande que je suis, est de réaliser des chroniques culinaires, par exemple sur les adresses que je découvre à travers la ville.
Un jour de bonne motivation, alors que j’étais sortie déjeuner avec deux amis, je me suis attelée à la tâche : j’ai pris des photos de nos plats et, le soir venu, je me suis créé un compte sur Tripadvisor et ai rédigé une petite chro en bonne et due forme.
Le resto a fermé.
Bon, il va être remplacé par un Big Fernand que j’irai tester, mais…

Parmi les quêtes qui me tiennent à cœur, il y a la recherche du kébab délicieux. Et, récemment, sur les conseils d’un pote de Cadette, il semblerait que la Réponse ait été trouvée.
En dégustant l’excellent kébab dans son naan au fromage, je songe : ne devrais-je pas aller poster le résultat de mes recherches sur Tripadvisor ?
Mais un étrange pressentiment me retient… *petite musique angoissante*

En Quête du PC…

C’est en général le samedi soir, quand on est coincée seule devant son PC, qu’on se rappelle qu’on n’a toujours pas trouvé de PC (suivez un peu !).
Pas le vendredi, parce que, le vendredi, c’est soirée JdR ou teuf avec les copines qui s’arrachent, pour quelques heures trop brèves, au mari et aux enfants.
Bref, pas de PC le samedi soir, c’est pas de cavalier donc pas de diner chez les couples qui n’invitent que d’autres couples, ni de diner romantique au resto avec les chandelles et tout le bordel.
Pas de baise non plus, du coup, forcément, mais, ça, c’est pas forcément pire que chez les copines mariées.
Pas de PC, pas de ciné. Et y’a rien à la télé.
Cela dit, ce samedi soir est un peu différent puisque Soeur Jumelle a mis la main sur un élixir d’amour.
Mais une nouvelle question se pose donc : à quoi sert un élixir d’amour ?
Transforme-t-il Vilain-Crapaud-de-la-Compta en PC ou détourne-t-il le PC des autres femmes vers soi ?
La question reste ouverte car le PC est-il bien le PC dans de telles conditions d’acquisition ? Et que peut-on lire sur les petites lignes de la notice ?
Devant tant de mystères, il convient de se poser et de réfléchir.

Saut…

Nous ne faisons jamais de réel choix.
Quand nous nous retrouvons à un carrefour décisionnel, le contexte, une personne de notre entourage, notre état de santé, les conseils d’un ami… nous poussent dans une direction. Que nous suivons.
Notre seul choix, car il nous en reste un, est celui d’apprendre à sauter.
Au prochain carrefour, quand le petit sentier de terre porte la pancarte « rêve de toute ta vie », nous pouvons décider de quitter une route plus large pour l’emprunter.
Comme nous pouvons choisir de faire une pause pour manger un cornet de frites chaudes avant de repartir.
Il faut juste sauter. Sur l’occasion qui se présente. Sur le rêve qui s’esquisse. Sur le sourire qui s’entraperçoit.
Et tant que tu sautes, tu ne vieillis pas. Oh, évidemment, ton corps craque un peu, deci delà, mais ton esprit rêve, rêve et rêve encore.
Tant que tu sautes.

Voyage…

La fin du voyage n’a jamais été l’objectif. Quelque soit le temps mis, le chemin emprunté, elle est prévisible et fatale.
L’objectif, c’est le choix de l’itinéraire, les moments que l’on s’accorde pour observer le paysage, pour s’arrêter à la table d’un café et sourire à un inconnu, les étapes où l’on reste plus longtemps que nécessaire avec une personne, une tâche, un histoire…
Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises décisions, il y a seulement des souvenirs qu’on prendra plaisir à revoir ou, au contraire, qu’on enfouira ou qu’on se repassera jusqu’à les réécrire en entier car ils nous sont honteux ou douloureux.
Demain n’est que l’heure d’après aujourd’hui et on a toujours le temps, juste pas toujours envie de l’accorder.
Le volant est entre nos mains, on a le droit d’éteindre le GPS, de ne pas lire un panneau ou de s’arrêter à l’aire de repos le temps d’un chocolat chaud.

Et voilà pourquoi, monsieur le juge, je n’écrirai pas un roman…

Dîner entre amis.
Après avoir refait le monde et descendu quelques bonnes bouteilles de vin, la discussion devient plus intellectuelle (quand la vie est plus rose, tout est plus sophistiqué) et on s’interroge sur l’Art avec un grand A car, dès demain, Minus, on conquerra l’univers, sans doute possible.
Là, on est unanime : l’Art est multiple, l’Art est divers et, question littérature, tout est beau : poésie, nouvelle, roman…
Et puis chacun rentre chez soi.
Le romancier, inspiré par cette bonne soirée, se remet au taf.
Le nouvelliste, seul devant son ordi, google son nom en espérant le trouver et s’avoue vaincu : il n’a jamais publié aucun roman, il… n’existe pas.
Parce que personne n’a envie de prétendre que le roman pourrait être supérieur à la nouvelle, mais, dans les faits, c’est ce que l’écrivain ressent parce que c’est ce que le monde lui répète à l’envi.
Et le voilà, alors qu’il est nouvelliste, à se rêver romancier : non par conviction ou par envie, mais par besoin de reconnaissance.
Parce que l’écrivain est humain et, comme tout humain, il a besoin de reconnaissance dans son travail.
Il y a un lecteur qui aime lire, mais pas QUE lire.
Certains soirs, il aime regarder une série télé ; d’autres soirs, il aime raider avec sa guilde dans WoW. Quand il a envie de lire, il ne sait où donner de la tête : les bibliothèques de ses amis débordent de titres et, parfois, il reste des heures sans savoir que choisir. Enfin, il pioche un lourd pavé, le commence et le repose, deux heures plus tard, pour rejoindre Morphée. Une semaine, un mois plus tard, à nouveau, il a envie de lire et réouvre le roman commencé et… patatra, il n’est plus immergé, il a même oublié le nom de certains persos.
Je suis humaine (enfin, presque 😛 ), je suis nouvelliste…
Pendant des années, je me suis répétée (mes amis m’ont répété) que la solution à mon besoin de reconnaissance, elle était simple, elle était basique…
Écris un roman, purée, c’est pas sorcier !
Mais je n’ai pas envie d’écrire un roman.
Parce que je n’en ai pas envie tout simplement.
Parce que je n’ai pas envie d’ajouter un nième titre à une liste déjà si longue dans laquelle moi même je ne sais jamais quel prochain livre attaquer.
Parce que j’ai envie d’écrire pour ce lecteur qui cherchait une histoire juste pour passer la soirée.
Parce que j’aime le court, je crois au court, j’ai envie de promouvoir le court… et que cette démarche (militante ?) commence sans doute par s’appliquer à moi-même, non ? 😉
Je me sens bien en 10.000 ou 20.000 signes et j’ai décidé d’explorer le 80.000/100.000 qui correspond assez à un épisode de série télé, le soir, pour finir une belle journée.
Et voilà pourquoi, monsieur le juge, je n’écrirai pas un roman…

Love Story

J’aime les histoires d’amour. Vraiment. Ça fait partie des ressorts d’intrigue qui peuvent bien fonctionner et te prendre à parti. J’ai même aimé des comédies sentimentales (je les aime toujours) et lu Orgueil et Préjugés sans y être obligée.
D’ailleurs, je suis assez contente des histoires d’amour que j’ai moi même écrites 😛
J’imagine que cette déclaration peut sembler manquer de modestie, mais, à vrai dire, quand vous mettez vos textes à disposition du public, pour qu’il les lise, c’est bien que vous en êtes content ?

Sauf que…
Le principe d’un ressort d’intrigue, c’est qu’on doit y croire. On doit sursauter, s’exclamer « Oh, ben, merde alors ! », aller vérifier sur Wikipédia se qui se passe ensuite parce que, là, clairement, il est minuit et on n’a pas le temps pour regarder un nouvel épisode…

Je suis une grande fan de Buffy contre les vampires. J’ai adoré son histoire avec Angel, pleuré quand il la quitte à la fin de la saison 3 et… adoré son histoire avec Spike. Whedon a su me convaincre d’adorer un nouveau couple alors que je n’avais pas accroché à Buffy/Riley puisque, dans mon cœur de midinette, aucun partenaire ne pouvait valoir le ténébreux vampire.
Typiquement l’intrigue que je salue et qui me donne envie à mon tour de raconter des histoires.

Par contre, j’ai été plutôt agacée par Bones. Globalement, c’est une série que j’aime bien. Parce que c’est du policier. Parce que Boreanaz est un très bel homme. Parce que j’adore le Dr Brennan et sa façon abrupte de parler à laquelle je m’identifie sans souci (mes amis ne me remercient pas 😛 ).
Il est admis que, dans ce genre de séries, on te plante une intrigue sentimentale entre les deux personnages principaux. Ça me semble toujours un peu trop artificiel : Machin décide de sortir en quelques jours seulement avec l’inconnu de service, mais attend trois/quatre ans pour sortir avec une personne qu’il apprécie vraiment ? Je veux dire : dans la vie, y’a les gens qui prennent leur temps et ceux qui se précipitent d’une histoire à l’autre, mais peut-on être les deux en même temps ?
Malgré tout, je reste bon public. Mais y’a des limites et Bones les franchit allègrement : Booth revient en début de sixième saison en couple, mais le couple vole en éclats aussi facilement qu’il s’est formé et, paf, Brennan et Booth couchent ensemble et elle est enceinte et…
Je continue de regarder parce que c’est une série qu’on aime regarder en famille, mais… tous les fils amoureux ont décroché mon attention.

Et puis… On m’a conseillé et passé Arrow. C’est une série tout à fait pour me plaire : super-héros, action, méchants criminels qu’il faut arrêter…
Et parce que notre héros est avant tout un homme, on case une belle petite idéaliste, toute mimi. OK, c’est le jeu, no soucy.
Sauf que la belle petite n’est pas un cœur à prendre, mais… l’ex ? Hum, ça ne démarre pas fort. Je sais bien qu’il est admis, en fiction, qu’un ex peut être un futur, contrairement à la vie réelle où le mot « ex » garde tout son sens, mais quand même… Passons. C’est son ex parce qu’ils se sont grave disputés ou… ? Non, ce serait trop « facile » : monsieur était fiancé à madame et il l’a trompée avec… sa sœur ? Et pas juste un soir par erreur, parce qu’il avait trop bu, parce qu’ils s’étaient disputés avant ou… Non, il a emmené la sœur en croisière et elle y est restée, morte noyée.
Sérieux, les gars ? Vous voulez vraiment nous bâtir une romance sur de telles fondations ?
Alors, perso, spectatrice lambda, je me dis que madame doit haïr monsieur ou, au moins, le mépriser profondément. Ben, non… Dès les premiers épisodes, ils partagent une glace ensemble, confortablement calés dans le canapé et, au 5e épisode, elle l’embrasse en reconnaissant qu’il reste une attirance entre eux. WTF ? Il lui faut quoi, à madame, pour être dégoûtée d’un mec ???
Ne le prenez pas mal, les gars, mais je vais avoir vraiment beaucoup de mal à m’attacher aux rebondissements sentimentaux d’Oliver Queen…

De toute façon, autant que je me débarrasse de mon cœur de midinette avant que ne sorte Veronica Mars, le film. J’ai aimé la série, ses trois saisons et adoré le couple Veronica/Logan. Pas le genre d’histoires dont on a envie de connaître les « dix ans plus tard »1…
Les histoires d’amour ne durent pas et notre travail est de le raconter sans que le lecteur nous en veuille.

  1. Bon… La Cenlivane du futur doit avouer qu’elle a adoré le film malgré tous ces doutes… ↩︎

Pourquoi éduquer quand on peut supprimer ?

Ce matin, ActuaLitté publie : RIP droit d’auteur : « La solution ‘naturelle’ serait un retour au mécénat ».
Si j’ai tout bien compris (et je n’exclue pas que ce ne soit pas le cas), l’expert interrogé est un… professeur de philosophie. J’avoue que j’ai du mal rien qu’avec ce préambule : pour parler de droit d’auteur, j’attends des auteurs, des experts en droit, en économie… mais en philosophie ?
Passons.
Et résumons :
Comme il n’est plus possible de défendre le droit d’auteur contre le piratage, revenons aux temps jadis où l’auteur avait un mécène.
Tout simplement.

Sérieusement, il fait beau, je suis en vacances… Pourquoi est-ce que je lis ce genre d’articles ? Pur masochisme ?

Argument : autrefois, c’était comme ça.
Et alors ?
Autrefois, il n’y avait pas de machines à laver, pas d’ordinateur, pas de péridurale, pas de…
J’ai tendance à penser que, quand on sort la pancarte « autrefois », c’est qu’on est vraiment à court d’arguments et qu’on en vient à dire des âneries.
Non, pour des tas de bonnes raisons, personne ne veut revenir à autrefois, avec la maladie, l’espérance de vie courte, peu de gens qui savaient lire…
Bref, qui a envie de revenir en arrière par rapport à la Déclaration universelle des droits de l’homme ?

Argument : comme on ne peut pas défendre la propriété des auteurs, abandonnons-la.
Ben, évidemment. Dépossédons ceux qu’on ne peut défendre, ça ira plus vite.
Sérieux ? C’est un argument ?
Ça me fait penser à toutes les bêtises qu’on a entendu sur le piratage, comme s’il avait absorbé toutes les ventes du monde et que l’industrie culturelle s’était écroulée.
Ce n’est pas le cas.
Ou, alors, quand je vais faire un tour à la FNAC, on me projette une réalité virtuelle.

1/ L’industrie culturelle se porte bien. Si les industriels peuvent faire rentrer de l’argent, ils peuvent payer des droits d’auteur.
2/ Le fait que l’on puisse obtenir un bien facilement ne rend pas obsolète le droit de propriété.
3/ Si vous aimez une oeuvre que vous avez piratée, vous allez probablement acheter/offrir une autre oeuvre de l’artiste. Sauf si vous n’avez vraiment pas compris que l’auteur a besoin de vivre, mais, dans ce cas, ben… tant pis. On ne change pas les règles pour une poignée de réfractaires.
4/ Si vous piratez parce que vous n’avez pas de quoi vous offrir des œuvres culturelles, de toute façon, vous n’avez pas d’argent pour le circuit donc le circuit ne perd rien.

« Internet clôt l’ère de l’imprimerie, de la propriété privée intellectuelle et du droit d’auteur […] et nous ramène à la condition de l’auteur et de l’artiste […] sous la protection d’un mécène. »

Non. Internet permet juste à plus de gens de s’exprimer, pour dire n’importe quoi aussi.
Toute cette bataille contre le droit d’auteur, comme s’il nuisait à quelqu’un, ça devient vraiment lourd, très lourd.
Mais autant répondre tranquillement à chaque mauvais argument. Parce qu’il ne suffit pas de répéter une bêtise pour qu’elle devienne une vérité profonde.

Ah, ce domaine public…

Puisque je suis lancée sur le sujet, un petit billet pour conclure cette journée 😉

Numerama a titré : le domaine public est bien une chance pour l’oeuvre.
Et j’ai envie de répondre : même sans chiffre, on aurait pu le deviner.
Le domaine public, c’est des Alice au pays des merveilles, des Sherlock Holmes, Molière… Des classiques qu’on vendra encore pendant longtemps et qui ne sont que sécurité pour l’éditeur qui n’a pas à verser de droits d’auteur et est certain d’avoir un public.

Cette comparaison n’a, tout simplement, pas de sens.
1/ L’auteur d’Alice n’a pas de facture d’électricité à payer (quoique ? dans un monde parallèle ?) ;
2/ il est forcément plus célèbre que n’importe quel auteur moderne qui doit faire sa place au soleil ;
3/ si les auteurs ne sont plus payés, la littérature moderne ne gagnera pas la postérité car… il n’y en aura plus.

Voilà, c’est un peu un coup d’épée dans l’eau car Numerama est un site qui a de l’audience et, moi, je pousse juste un cri d’alarme sur un blog confidentiel.
Mais, au moins, je l’ai dit.
A force de tout confondre, de se tromper de combats, on fonce dans le mur.
Les auteurs sont amalgamés aux grosses sociétés et ce sont eux qui paieront les pots cassés.
Mais Cassandre était une sibylle, ça a dû déteindre sur moi…

L’oeuvre littéraire, résultat d’un travail…

Normalement, dans mes bonnes résolutions à moi que j’ai, y’avait noté « essayer de ne pas dire deux fois la même chose ». A l’oral, j’en suis bien incapable et mes amis ont menacé plusieurs fois de m’étrangler, mais, sur ce blog, je comptais bien y arriver, ne serait-ce qu’avec la fonction « recherche » 😛
J’avais donc écrit, en septembre 2012, qu’écrivain était un métier. C’est une petite chose banale et évidente, mais ça ne faisait pas de mal de l’écrire noir sur blanc.

Vendredi, je répondais à Calimaq au sujet d’un billet qu’il avait publié sur son blog et il m’a répondu à son tour, dans les commentaires. Et, dans sa réponse, il file un lien : l’interview d’un auteur pseudomisé Pouhiou.
Comme je suis curieuse et en vacances, je suis allée voir et je me suis figée :

Enfin, j’ai pris conscience, vivant moi-même à l’époque d’allocations Assedic, que tous les artistes que je connais créaient sur de l’argent solidaire. Retraite, cours et boulots associatifs, fonctionnariat, intermittence, art et emplois subventionnés, souscriptions (l’ancêtre du crowdfunding). Le temps pour créer, on le dégage toujours sur des plans et de l’argent mis en commun. On ne l’a jamais vraiment mais on le prend sur ce qu’on peut. Si ce temps, cet argent me vient de la communauté, pourquoi ne pas lui rendre ce qui s’y est produit ?

J’imagine que le retraité, qui a bossé toute sa vie et peut enfin profiter du fruit de son labeur, appréciera.
Pour ma part, je vais la jouer solo et me contenter de rappeler qu’être fonctionnaire (mais vous pouvez mettre ici « intermittent du spectacle » ou…) n’est pas un « plan pour profiter de l’argent commun », mais un emploi pour gagner honnêtement sa vie, nourrir sa famille, payer l’eau et l’électricité…
Quand l’écrivain est à son boulot de fonctionnaire, il fait son boulot. Pour lequel il est rémunéré.
Quand il écrit et qu’il a un autre travail, c’est sur son « temps de loisir », temps qui est à lui. Tout seul.
C’est déjà souvent délicat à gérer car avoir deux métiers n’est pas évident, mais je ne sais pas ce qui me fait le plus réagir, de l’idée que le fonctionnaire est un glandeur payé à ne rien faire ou que l’écrivain est un profiteur qui abuse d’un système…

Enfin, dans sa réponse, Calimaq avait un mot de fin :

Hannah Arendt a écrit dans Condition de l’homme moderne : « Nous avons transformé l’œuvre en travail ». Dans son esprit, c’est une catastrophe pour la civilisation.

J’ignore le contexte de cette déclaration donc ne me prononcerait pas sur elle sans savoir, mais, clairement, je nous invite tous à défendre notre travail, à le faire respecter en tant que tel.
L’écrivain est un travailleur qui a des droits.

Le Domaine Public Vivant…

… mais… POURQUOI ?

Suite à mon billet publié un peu plus tôt dans la journée, des liens ont été filés lors de discussions et je les ai suivis et…
Si ma procrastination naturelle ne m’en empêche pas et les vacances aidant, il est possible que j’essaie de causer plus largement des problématiques autour du droit d’auteur.

Le temps de ce billet, je vais revenir sur un article publié il y a deux jours : Reconnaître le Domaine Public Volontaire sans fragiliser l’auteur dans les contrats d’édition (Réponse à la SGDL).
Une réponse à une réponse, en somme 😉

Actuellement, il existe un système : les licences Creative Commons. Et elles sont expliquées en détail sur un site dédié.
Le concept est tout bête, mais bien pratique : l’auteur annonce, sur la publication de son oeuvre, l’usage qui peut en être fait, si l’oeuvre peut être reproduite, modifiée, etc.
A côté de ce système avec un étiquetage simplifié, il reste le traditionnel échange de courrier : vous êtes libre, en tant que créateur, de contacter un autre créateur et de lui demander l’autorisation de travailler/modifier/que-sais-je une de ses créations. C’est ce qui est arrivé récemment à une amie qui a été contactée par un étudiant étranger qui souhaitait faire une BD à partir de l’un de ses textes.

Bref, nous avons une situation convenable, qui fonctionne, mais qui ne convient visiblement pas à tout le monde puisque Calimaq souhaite que l’auteur puisse laisser son oeuvre dans le domaine public… et ne jamais revenir en arrière. En mariage sans le droit de divorcer en quelque sorte.

La SGDL est certainement dans son rôle en recommandant la prudence au législateur et personne ne veut de fragiliser le statut des auteurs. Mais les traiter obstinément comme des éternels mineurs, incapables de faire des choix raisonnés concernant la diffusion des leurs créations, n’est pas un bon service à rendre au droit d’auteur lui-même.

Et je réponds juste « oui, mais non ! ».
Le droit à l’erreur, le droit de changer d’avis… ce n’est pas considéré une personne comme un « éternel mineur », cet argument n’est pas sérieux. On a le droit de se tromper ou de, juste, changer.

Alors je demande juste POURQUOI ?
Pourquoi vouloir changer une loi, qui ne pose pas de souci, pour fragiliser encore plus les auteurs en leur interdisant la possibilité de changer d’avis ?

Il est temps qu’on se réveille, qu’on dise juste « non » à tous ceux qui veulent changer un système pour que nous soyons les seuls perdants.
Nous sommes propriétaires de notre travail. Nous sommes libres d’en faire ce que nous voulons, aussi bien de le cacher dans un tiroir que de le mettre à la libre disposition des autres, de le publier sur du papier rose ou chez le gros méchant Amazon.
Nous sommes propriétaires du fruit de notre labeur.
Merde.