Une fluffy romance, idéale pour cocooner, mais qui aborde le sujet du bien-être mental
28 épisodes de 40+ minutes
Réalisateur : Randy Che
Scénaristes : Shen Fei Xian et Ou Si Jia

Elle (Xu Ruohan) est responsable de la réception dans un des meilleurs hôtels de la ville où travaillent également ses deux meilleurs amis. Elle est également dans une relation de 7 ans avec un sale gars, le genre qui ne fait pas attention à elle, mais lui reproche tout, qui lui dit que personne d’autre ne voudrait d’elle et qu’elle est égoïste d’envisager de faire une année d’études à l’étranger… Alors, Elle, dont c’est la première relation amoureuse et qui pense que tout est de sa faute, somatise : elle ne dort plus.
Lui (Zhang Linghe) est médecin au service oncologie d’un hôpital tourné vers la recherche en médecine traditionnelle chinoise (MTC) et, le samedi, il donne des consultations dans la clinique MTC près de chez lui. Et près de chez elle puisqu’il habite le même complexe résidentiel qu’Elle.
Un samedi, elle se décide donc à consulter pour ses insomnies et le hasard de cette consultation les fait se rencontrer. Il est charmé dès cette première rencontre, mais, de son côté à Elle, les choses vont prendre plus de temps : son petit ami la largue via texto et elle fuit l’idée d’une relation tout en préparant son année d’études en Suisse.
Lui est dans une relation compliquée avec son père à qui il reproche son manque de soins quand sa mère est décédée des suites d’un cancer (la raison de ses recherches : comment, avec la MTC, améliorer la qualité de vie des patientes atteintes d’un cancer du sein et qui souffrent des effets secondaires des traitements ?), il est riche, mais sans que ça se voit trop, il est doux, patient, cuisine bien…
Elle a des parents adorables qui la dorlotent. Son père cuisine très bien et on a le passage explicite du père qui cuisine au futur mari qui cuisine : elle ne cessera pas d’être dorloté.
L’ensemble est… curieux.
On est dans le fluffy au sens où tout est doux et tendre : nos héros ont de bons boulots, avec des collègues et des supérieurs gentils, ils sortent à l’heure du travail, ils habitent dans une résidence très chouette.
Beaucoup d’interactions se passent « à la maison » : ils se croisent et se retrouvent dans le jardin de la résidence, Lui l’invite à dîner chez lui directement, ils sont même potes avec le marchand de street food à côté de l’arrêt de bus où il peut l’attendre le soir (puisqu’il sort tôt).
Pourtant, les deux gros obstacles-sujets sont assez durs et concerne la santé des femmes : la relation toxique qu’a vécu Elle et qui l’a fragilisée, le cancer et son accompagnement…
Mais il n’y a pas de pauvreté ou de violence.
La réalisation est très soignée. On prend le temps de regarder, les images sont belles. La narration ne laisse rien en suspens, tout a un sens.
Je ne suis pas super fan du personnage d’Elle. Elle est très émotive, mais elle est bien construite, c’est juste la limite de mon goût perso.
J’ai deux petits regrets :
– dans leur caractérisation, nos deux héros manquent de loisirs : Lui aime faire du skate, mais on ne le voit plus en faire après qu’ils soient ensemble ; Elle ? On ne la voit pas lire de romans, regarder de films… Ils n’iront pas une seule fois au ciné et, lorsqu’ils sortent faire des achats, c’est pour les produits dont Elle a besoin pour emménager avec lui…
– avant qu’ils ne soient ensemble, Elle tente de l’embrasser alors qu’elle pense qu’il est endormi.
Le baiser n’a pas lieu (quelqu’un sonne à la porte) et lae spectateurice sait que Lui fait seulement semblant de dormir et attend ledit baiser. La scène est traitée de façon humoristique (Lui est contrarié qu’Elle ait été interrompu dans son geste), mais ça reste un acte non consenti, inutilement gênant dans une narration qui prône le respect.
J’ai regardé l’ensemble avec grand plaisir et je trouve que ça matchait bien avec cette première moitié de janvier, quand tu as envie de cocooning. C’est doux, ça parle d’apprendre à s’aimer pour être en capacité d’aimer les autres.
Avec un bémol si vous recherchez de l’action (il n’y en a pas), si vous recherchez du réalisme social (ici, tout le monde est aisé et gentil hormis l’ex toxique) ou si ce n’est pas le bon moment pour vous qu’on vous parle maladie / cancer.