Queen of Tears (2024)

16 épisodes (77 – 109 minutes)

Scénario : Park Ji-eun, autrice notamment de Mon amour venu des étoiles et Crash Landing on You
Réalisateurs : Jang Young-woo et Kim Hee-won (Vincenzo)

Si vous êtes fan de Cdramas, il est peu probable que vous n’ayez pas entendu parler de Queen of Tears donc le 16e et dernier épisode a été diffusé hier.

Hong Hae-in (Kim Ji-won1) est l’héritière douée de la très riche famille qui possède l’empire Queens. Baek Hyun-woo (Kim Soo-hyun2) est l’héritier doué d’une famille moins riche, mais clairement aisée d’agriculteurs. Ils sont mariés depuis quelques années, mais leur mariage est un échec cuisant et, désormais, il ne peut que la détester profondément.
Décidé à divorcer, mais terrorisé par la puissance de sa belle-famille qui ne manquera pas de lui faire payer le prix fort pour cette trahison, c’est quand qu’il se décide de lui annoncer qu’il reprend sa liberté qu’elle lui coupe l’herbe sous les pieds avec une nouvelle bien plus terrible : elle est atteinte d’une maladie incurable et n’a plus que trois mois à vivre.
La joie rapide qu’elle disparaitra bientôt est, sans surprise, assez éphémère et d’autres sentiments vont se réveiller.
Pendant ce temps-là, les Méchants-vraiment-très-méchants complotent (méchamment et gratuitement) à déposséder les Hong de tous leurs biens.

Il y a énormément de choses à dire sur cette série (et ne pas spoiler m’est toujours difficile) donc je vais probablement faire une liste sans ordre précis, en commençant par les intrigues :
il n’y a pas une ou deux intrigues (une romance sur fond de complots),
mais des tas d’intrigues.
Rien qu’au niveau romance : il y en a plusieurs, toutes touchantes… mais, entre Hae-in et Hyun-woo, nous n’allons pas suivre des amoureux qui se découvrent. C’est un couple qui a échoué et qui s’est fait du mal. S’ils vont devoir affronter la maladie et les complots, ils doivent également faire face à leur échec : ils ne peuvent pas se jurer de s’aimer éternellement, ils n’ont pas réussi la première fois…
Côté complots, si les Méchants ne font pas corps, les Gentils ont eux-mêmes leurs propres conflits, pas tendres du tout…

Les personnages sont vraiment nombreux et bien développés pour la plupart.
Côté Gentils, on a par exemple Kim Seon-hwa, la mère de Hae-in, qui démarre plutôt dans la case Méchante ou Cheon Da-hye, la femme de Hong Soo-cheol (le petit frère d’Hae-in), qui est une Méchante qui va rapidement attendrir notre cœur.
Mention spéciale à Grace, la Méchante agente double ou triple ou… Impossible de savoir le camp qu’elle sert jusqu’à la dernière minute.

S’il y a quelques scènes très drôles, l’humour n’est pas ce que l’on retiendra : on pleure plus qu’on ne rit, au milieu d’un enchainement de rebondissements.
Car le gros point de ce drama, c’est qu’il ne reprend jamais son souffle : le ton est donné dès le départ puisque, après nous avoir attendri le temps du 1er épisode sur la situation de Hyun-woo qui veut seulement divorcer, on oublie très vite ce qu’on a ressenti pour lui. On veut que Hae-in survive et soit aimée.
Cela dit, je mets ici un bémol : nous tenir en haleine est une performance, assez époustouflante, mais, personnellement, j’ai trouvé que la corde était trop tirée sur les épisodes 14 et 15. Le 16 emporte tout ça, mais j’ai eu un petit moment de décrochage.

Si les personnages sont nombreux, donc, ils se repartissent de façon équilibrée entre différents habitats : l’entreprise Queens, le village des Baek, les amis de Hyun-woo, un kif pour l’Allemagne qui porte la charge romantique…

Dans une romance (hétéro), l’homme a des défauts (en général plus que la femme), mais son amour est inconditionnel : quoiqu’elle fasse, il n’abandonnera pas. Là, sous les apparences d’une romance « ordinaire » où l’homme incarnera le sauveur, les codes sont étrangement inversés : si Hyun-woo est parfait en tant qu’individu
il est beau, intelligent (et brillant avocat), fort (aussi doué en boxe qu’au tir), il a grandi dans un environnement stable et aimant…
il n’est pas un « bon amoureux ». Il a oublié son amour au point que l’intrigue démarre quand il déteste l’héroïne.

Au final, je ne peux que vous dire de regarder cette série car elle est assez « parfaite ». Il y a une certaine jubilation narrative, en mode « tout est possible avec une équipe aussi douée », et je ne vois pas trop à qui elle pourrait déplaire, à moins que vous ne soyez dans une période de votre vie où vous ne souhaitez pas trop être secoué car il n’y a pas de temps mort.

En me relisant avant de publier, je réalise que je n’ai pas été très long : en fait, Queen of Tears est juste une réussite, travail d’une équipe talentueuse à qui on a donné les moyens de ses ambitions.

  1. que j’ai appréciée dans plusieurs séries, notamment Lovestruck in the City ↩︎
  2. l’acteur le mieux payé de Corée à ce jour, bluffant qu’il pleure ou qu’il rit, et qui joue dans It’s OK to not be OK ↩︎

My Demon (2023)

J’avais un doute en abordant cette série. Elle était présentée comme la rencontre entre Elle1, riche héritière arrogante, et Lui1, démon trop beau pour être vrai, genre un peu romance tirée par les cheveux.

Elle2, femme âgée à la tête d’un conglomérat, est entourée de ses deux enfants, Lui2 et Elle3, de son neveu, Lui3, et a recueilli Elle1 dont les parents ont été tués dans un accident de la route quand elle avait 10 ans.
Si Lui3 est tranquillement adorable et probablement épris d’Elle1, Lui2 et Elle3 sont a priori aussi antipathiques l’un que l’autre.
Alors que la vie d’Elle1 est menacée, Lui1 vient à son secours, mais son tatouage, marqueur de ses pouvoirs, est transféré mystérieusement à Elle1.
Puis Elle2 meurt… assassinée ? et ayant désigné Elle1 comme son héritière à condition qu’elle se marie dans l’année.

Avec les ingrédients de ce qui aurait pu être une romance, on se retrouve en réalité avec deux intrigues entrecroisées : un polar avec un Méchant Très Très Méchant et une histoire fantastique basée sur la destinée et les vies antérieures.
Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler, mais, en parallèle aux deux intrigues, on retrouve tout un cortège d’amusants personnages secondaires qui allègent le tout, assez lourd quand même : ça n’est pas forcément filmé de façon cru, mais je mettrais bien quelques TW car la violence envers femmes et enfants est très présente.

Quant à moi qui aime le mélange fantastique et polar et les méchants punis, je n’ai rien à redire.
Ah, tiens, si, un dernier mot : Lui1 est interprété par Song Kang et j’avoue que j’avais un doute, genre il a plus une gueule d’ange (voire d’angelot) que de sombre démon. Mais, en réalité, c’est tout à fait raccord avec l’intrigue et la mythologie posée ici.

Mr. Queen (2020)

20 épisodes de 66/81 minutes
2 mini-épisodes bonus (30 minutes et 3 chapitres chaque) sous le titre
Mr. Queen: The Bamboo Forest

Suite à un accident, Lui1 (Kim Jung-hyun), homme de notre époque, se réveille dans le corps d’Elle1 (Shin Hye-sun), reine il y a 200 ans. Chef cuisinier à la Maison-Bleue, dragueur invétéré et hétéro, il essaie d’abord de trouver un moyen de « s’échapper » (ce qui, bien sûr, lui est impossible : comment contrôler pareille chose ?) avant d’accepter sa condition (i.e. survivre dans un palais bourré d’ennemi·es, aux côtés d’un roi qui ne l’aime pas).

Lorsque j’ai énoncé le pitch devant Cadette, elle a remarqué : « On dirait le début d’un anime ! » et je trouve que cela correspond assez bien. Cela débute de façon assez drôle/décalé : Lui1, obsédé par les femmes et par son propre pénis, fuit le roi et rêve de charmantes concubines ; pour conquérir le coeur d’Elle2, la méchante douairière régente, il utilise ses talents de cuisinier ; Lui2, le roi, fait semblant de lire du porno en journée au lieu de travailler pour dissimuler ses plans… et les musiques viennent ponctuer les actions.

Et puis, forcément, petit à petit, l’histoire devient plus sérieuse : les méchants complotent et Lui1-Elle1 doit échapper à la mort, les relations prennent de la profondeur…

Gros coup de coeur pour ce drama qui mélange allègrement de sombres complots, de l’humour décalé, mais pas méchant, des réflexions sur l’identité (qui est réellement Lui1, le personnage principal, qui est influencé par les désirs et les souvenirs d’Elle1 ?), sur les relations (bien sûr, Lui2 va s’éprendre de Lui1-Elle1), un voyage dans le temps…

/pause
Je me demande s’il s’agit réellement d’un voyage dans le temps.
Il me semble que la notion de voyage implique d’un individu, à l’aide d’une machine ou d’un sort (ou d’un procédé quelconque), se déplace dans le temps.
Là, on est plus sur une cause fantastique/surnaturelle qui déplace une âme…

Bref, avant de continuer ce billet, je ne peux que vous inviter à le regarder et,
maintenant
***************** SPOILERS *****************

L’un des gros atouts/charmes de cette histoire est l’originalité du personnage principal : Lui1 sait quel accident il a eu, mais ignore tout d’Elle1 et de ce qui lui est arrivé. Au début, on est tenté de croire qu’ils auraient inversé leur corps (ce qui n’est pas le cas).
Lui1 démarre donc avec un corps qui ne lui convient pas (pas de pénis, avoir des règles…) et doit enquêter sur Elle1, sur qui elle est et qu’est-ce qui lui est arrivé ?
Il comprend qu’elle s’est suicidée et a quitté son corps. Tout n’est pas expliqué, c’est à nous, spectateurs, qu’il revient de rassembler le puzzle : ma théorie est qu’Elle1 revient dans son corps grâce à la présence de Lui1 qui la rassure et la protège (lève ses doutes et ses angoisses ?).
Comme j’avais lu quelques commentaires sur la série avant de la regarder, j’ai essayé de guetter quand/comment Elle1 était présente, mais je n’en suis pas sûre du tout. A un moment, la voix off de Lui1 disparait pour laisser la place à Elle1, mais c’est toujours Lui1, sa façon de penser, ses valeurs…

Et donc Lui1, malgré son appétence pour les femmes et sa fière hétérosexualité, laisse la place aux désirs d’Elle1 et accepte de bonne grâce que… ça lui plait.
Là, on touche le « chaque spectateur va voir ce qu’il veut voir ».
J’ai lu, ici et là, des « mais Lui2, puisqu’il s’éprend de Lui1-Elle1, est gay ? » et, franchement… on s’en fout, non ? A un moment, Lui1-Elle1 se qualifie de mi-homme mi-femme et, effectivement, je lae perçois comme un personnage non-binaire. Et Lui2 est amoureux, simplement, d’une personne.

On notera également la relation entre Elle1 et Lui3, son cousin épris d’elle.
Si Lui2 aime la combinaison de Lui1-Elle1, Lui3 n’aime qu’Elle1 et déteste Lui1 qui lui rend bien.

L’idée, il me semble, est que Lui1 et Elle1 ont suffisamment fusionné pour s’influencer et se changer mutuellement et seront forcément différent·es après ce « voyage initiatique ».

Au final, un drama drôle et prenant, sans temps mort, et qui offre tout un tas de discussions sur l’identité et le genre avec vos meilleur·es potes 😉

Ce billet a également été publié sur la #TribuneVdR.

Missing: The Other Side (2020)

12 épisodes de 59/76 minutes

Les fantômes des morts dont le corps n’a pas été retrouvé vivent dans un petit village perdu en montagne. Lui1 (Soo Go) est… un mec génial. Juste. Pas un génie ni rien, je veux dire, un mec bien qui ne supporte pas l’injustice, vole au secours des autres, n’a peur de rien quand il s’agit d’aider. L’histoire débute par deux évènements : il est témoin de l’enlèvement d’Elle1, la fiancée du Lui2, et il découvre le village / qu’il peut voir les fantômes.

Lui1 va être poursuivi par les ravisseurs d’Elle1, puisqu’il a été le témoin de leur crime, va croiser la route de Lui2, qui est policier.

Pour ce qui est de l’intrigue, puisque c’est un polar, nul besoin d’en dire plus. Il y a deux affaires principales et Lui1, aidé de Lui3, autre personne pouvant voir le village et ses fantômes, peut directement interroger les victimes.

Sur le papier, le sujet est vraiment parfait et j’ai adoré les premiers épisodes. Du polar fantastique, l’idée du village et de ses fantômes est vraiment sympa… mais il y a un petit quelque chose qui cloche. Le début part très fort car Lui1 est poursuivi par les Méchants et manque de mourir plusieurs fois. On se dit qu’il y a quelque chose de magique chez lui… et puis non. Alors que la série n’est pas super longue (seulement 12 épisodes), j’ai eu le sentiment d’un petit essoufflement. Ou, plutôt, moi qui ai l’habitude de dévorer les séries d’un trait, j’ai laissé passer plusieurs jours avant de regarder les deux derniers épisodes.

Parce que la magie, l’originalité… semblent cantonnées au début. Ensuite, les choses se déroulent seulement sans vraiment nous surprendre.

Ne vous méprenez pas : rien que par son cadre, je trouve que cette série vaut la peine. Elle s’essouffle, mais elle ne devient pas nulle. Juste, je me dis, il y avait de quoi faire mieux/plus… mais ça en reste un polar fantastique bien sympa.

Ce billet a également été publié sur la #TribuneVdR.

Daily Dose of Sunshine (2023)

12 épisodes de 50/70 minutes
TW suicide, automutilation

Série toute récente puisque sortie vendredi dernier sur Netflix.
Elle1 (Park Bo-young) est infirmière en hôpital psychiatrique.
C’est tout ?
C’est tout.

Elle1 mute en Psychiatrie à la demande de sa cheffe précédente, qui la trouve « trop gentille », comprendre que, comme elle prend le temps de faire attention à chaque patient·e en situation de sous-effectif, elle est « trop lente ».
Nous voilà donc à suivre le quotidien d’Elle1, of course, mais également de son meilleur ami, Lui1, qui a démissionné de son précédent travail où il gagnait bien sa vie, d’Elle2, sa collègue infirmière, qui semble si froide, de Lui2, chirurgien colorectal qui s’éprend d’Elle1, de Lui3, docteur en psychiatrie épris d’Elle2…
Si des couples se forment, nous ne sommes clairement pas dans la Romance, juste dans le quotidien qui va nous attacher à plusieurs patients en lutte contre la maladie mentale.

Alors… c’est de la fiction : quoiqu’en sous effectif, l’hôpital tourne bien, les médecin·es et les infirmier·es sont tous compétentes et les traitements fonctionnent.
Le monde de l’entreprise qui broie chacun·e est, par exemple, l’un des méchants de l’histoire.
Et si l’un des patients s’est évadé dans les jeux vidéo, les jeux ne sont jamais pointés du doigt, mais bien la pression sociale à trouver du travail dans une société qui n’en a pas pour tout le monde.

N’étant pas concernée, je ne peux pas juger de la pertinence de certaines descriptions, mais j’ai beaucoup aimé la mise en scène du ressenti intérieur de certaines affections et le message global : la maladie mentale est une maladie et il n’y a rien d’honteux à tomber malade, à demander de l’aide.
J’aime bien aussi le choix de la spécialité de Lui2 : les maladies colorectales sont aussi des maladies « comme les autres ».
Si tous les personnages sont attendrissants et l’ensemble plein de bienveillance, je mets seulement un bémol sur Lui2 et Lui3 : les deux médecins sont parfaits. Ils ne se fâcheront jamais, ne prendront jamais de mauvaises décisions, ne feront jamais de mal à personne…

Bref, sous réserve que mon avis est celui d’une personne non informée, j’ai beaucoup aimé cette chronique sur des sujets encore trop tabous.

Doom at Your Service (2021)

16 épisodes de 60+ minutes

Elle1 est atteinte d’une maladie incurable et va mourir. Lui1 est la Mort.
Cela faisait quelques temps que la série me faisait de l’oeil, s’invitant dans les suggestions que me faisait Netflix, mais je peinais à la lancer : un personnage principal qui va mourir, c’est un sujet qui n’est pas simple et ça peut donner du très bon comme du très mauvais…

Et puis l’ennui des journées d’été m’a fait franchir le pas. Heureusement.

Elle1 a une vie de galères. Orpheline, responsable de Lui4, son jeune frère, elle travaille comme éditrice, mais le PDG est toxique et incompétent et elle découvre que son petit ami était… marié.
L’annonce de sa maladie (et de sa mort prochaine) ne semble qu’un élément de plus dans cette vie ingrate qui peut bien finir.
Elle attire alors l’attention de la Mort.

Le thème est classique : la Mort, désabusée ou sans empathie, découvre sous un jour nouveau l’humanité.

Ce qui fait le charme de Doom at Your Service nait de tout un tas de petits détails.
Par exemple, l’effet 4e mur : Elle1 travaille avec d’autres éditeurices et auteurices. Lorsqu’elle veut déjouer le contrat qu’elle a passé avec la Mort, elle va demander à chacun·e la solution narrative pour une Happy End.
Il y aura une romance et son traditionnel triangle amoureux, mais, comme il aurait été peu approprié d’imaginer la Mort avec un rival masculin, ce sont les personnages secondaires qui vont s’y coller : Elle2, la meilleure amie d’Elle1, tiraillée entre Lui3, son premier amour, et Lui2 (le physique de Lee Su-hyeok, très froid, est clairement bien exploité).
Et, comme dans les romances, en plus d’un triangle amoureux, il faut un prétendant très riche, pour l’effet Prince Charmant, on aura bien un homme riche au casting, mais, pour une fois, pas le fils caché d’un conglomérat improbable, mais juste un riche « crédible » (un fils de propriétaire, quoi).
Le récit est « sain » : les personnages ne valident pas, par exemple, le management toxique sous prétexte qu’il faut travailler et se taire.

Puis, je l’avoue, dès que les histoires se passent autour d’éditeurices, d’écrivain·es, de romans… je suis captif.

Je ne vais pas vous spoiler, donc je me contenterais d’écrire que les rebondissements narratifs m’ont convaincu, que j’ai apprécié le sens du détail et le soin sur les (nombreux) personnages secondaires (mention spéciale aux deux vieilles dames qui « hantent » l’hôpital) et mon seul bémol sera sur le personnage de Dieu que j’ai moins aimé, mais ce n’est pas le personnage le plus évident à traiter, faut l’admettre.

Au final, on a donc du fantastique qui marche autour de la Mort à la découverte de l’humanité, avec une romance en bonus qui s’y lie tout à fait bien.

Ce billet est également paru sur la #TribuneVdR.

The Law Cafe (2022)

16 épisodes de 60+ minutes

Elle (Lee Se-young) est avocate. Des causes perdues. Des injustices. Elle décide de quitter la fondation où elle exerce pour ouvrir un café où les gens pourront venir la consulter pour le prix d’une consommation.
Pour s’installer, elle loue le bas de la maison de Lui (Lee Seung-gi) qui, amoureux d’elle depuis qu’ils se sont rencontrés au lycée, la fuit depuis quelques années, rongé par la culpabilité. Car, forcément, Lui est membre de la famille qui a causé du tort à la famille d’Elle.

Au fond, rien de très original : une romance avec de l’action et de la politique, des méchants très méchants, des gentils qui se sentent vite responsables de tout…
Charmant. Et, même si je l’ai dévorébingewatché, au fond, cela ne suffirait pas à en faire un billet.

La raison de ce billet, c’est l’angle de ce drama très simple en apparence.
C’est une histoire de femmes. Qui viennent consulter Elle pour faire face au monde. Qui affrontent les épreuves. Qui s’entraident.
Tout au long de la narration, on ressent un fort shoot de sororité.
Moment où Elle ne sait pas bien si elle doit appeler la mère de son amoureux Grande-Sœur ou Belle-Mère.
Les femmes n’y sont pas parfaites : l’une est une mère maltraitante, l’autre une harceleuse, mais, là encore, on nous parle de femmes. Bonnes ou mauvaises, ce sont avant tous des femmes qui sont décrites.

Sans rayer les hommes. Quand une femme sera harcelée sexuellement à son travail, l’autre victime sera un homme. Harcelé par le même coupable.

On y parle aussi du mariage. Des promessses.
Et est-ce qu’une femme peut faire carrière quand son homme élève leur enfant ?
Même la nécessité de discuter de sexualité au sein du couple est évoqué.

Bref, c’est vraiment ce que j’aime dans la culture pop.
Mentionner des sujets importants.
Remettre les femmes dans la narration.
Proposer une narration où le soin et l’entraide ne sont pas des faiblesses, mais la base des rapports humains.

Puis j’adore le personne d’Elle, sans limites, qui dit ce qu’elle pense, qui n’a peur de rien.

En « bonus étrange », la narration est entrecoupée de petites scènes où les personnages s’adressent à nous, comme dans un documentaire. Ce qui m’a fait penser au procédé narratif de Lovestruck in the City, mais en filigrane…

Extraordinary Attorney Woo (2022)

16 épisodes d’environ 70 minutes
Les 15 et 16 sont disponibles en français depuis mercredi.

Une rapide recherche me dit que la série rencontre un beau succès et qu’elle a été renouvelée pour une 2e saison (pas disponible avant 2024).

Elle est autiste. Abandonnée par sa mère à la naissance, son père l’a élevé seul et elle a réussi brillamment ses études d’avocat, mais elle peine à trouver un travail quand elle est embauchée par un grand cabinet.

L’histoire repose sur trois axes :
– le parcours d’Elle en tant qu’avocate : son autisme l’a rend étrange pour ses collègues, mais, en même temps, ils reconnaissent son « génie ».
J’éprouve un sentiment un peu ambigu par rapport à ce point : dans les fictions mettant en scène des personnages autistes, l’angle « c’est un génie » est souvent pris, très probablement pour « séduire » le public, mais en invisibilisant le parcours des autistes plus « ordinaires ». Néanmoins, dans une fiction, il est normal que les personnages principaux soient brillants/exceptionnels…
– le mystère autour de sa mère et l’intrigue politique qui en découle ;
– la romance avec Lui, le « plus beau collègue ». (Pareillement, si Elle est un génie, il est logique que Lui ait un « plus ».)

Chaque épisode repose sur une affaire juridique et ça fonctionne bien.
La romance n’est pas tout à fait à la hauteur. Leur difficulté principale repose a priori sur le regard que la société porte sur le choix de Lui (il est beau, il peut avoir une fille « valide »), mais il manque un petit je-ne-sais-quoi. ‘fin, ça reste mignon et tout.
L’intrigue en fil rouge, par contre… est assez poussive, en fait. Ou, plutôt, elle est ratée.

Alors… j’ai vraiment été touchée par Elle et je me suis identifiée à certains moments (ou sentie représentée). Et, rien que pour ça, j’ai aimé.
Elle n’est pas isolée : son père, une meilleure amie déjantée, un chef compréhensif, une collègue au top… C’est une série pour se faire du bien, pas se désespérer.
Les histoires de chaque épisode compensent honnêtement le fil rouge global, mais il reste quelques faiblesses et on sent que, au lieu de tout synthétiser sur les 16 épisodes, les scénaristes envisageaient déjà une suite.

Je ne sais pas si ça ressort de ce billet, mais mes sentiments sont mitigés parce que j’ai aimé le personnage principal, qu’elle soit autiste, avocate… Plein de détails m’ont touchée personnellement, mais il y a quand même une faiblesse sur l’ensemble.

A voir de toute façon pour se laisser séduire par Elle 😉

Daly and the cocky prince (2021)

Ce ne sera pas un long billet, juste quelques lignes pour vous signaler une romance très très sympa.
Emigrée aux Pays-Bas où Elle travaille et poursuit ses recherches (mode passionnée qui en oublie de manger), elle doit rentrer en Corée quand son père décède brutalement, pour gérer le musée dont il s’occupait et qui est au bord de la faillite.
Comme dans toutes bonnes romances, ils se croisent d’abord par hasard, aux Pays-Bas où Lui est venu signer un gros contrat.
En Corée, ils vont se retrouver car il a prêté une grosse somme d’argent au musée, qui ne peut le rembourser.
Lui est un nouveau riche. Manquant cruellement de culture, il est bosseur et fiable.
Les scénaristes l’assument, ils ont voulu deux héros « parfaits » : Elle est donc la plus jeune chercheuse de… Pour Lui, l’un des persos lui expliquera qu’il est un « mythe », i.e. une personne devenue riche par le travail, sans l’être de naissance ou par les combines.
Bien sûr, les méchants veulent récupérer le terrain du musée pour y faire des immeubles et gagner un tas de pognon.
L’intrigue est sans surprise — l’acteur (je vous tais le nom pour ne pas spoiler) joue toujours les traitres, j’ai l’impression –, mais honnêtement menée.
Probablement pour rester dans l’ambiance romance fun, quoique les enjeux des méchants soient de très gros sous, il n’y a pas de meurtre/mort violente au fil de la résolution (alors que, franchement, vu certains imprudents…) donc vous pouvez regarder en toute confiance si c’est un élément que vous craignez.

Et puis… si cette romance est si sympa, outre que ces persos principaux sont bien mignons, c’est aussi à cause de tous petits détails bienvenus, comme par exemple :
la secrétaire de Lui ne se balade pas en tailleur et talons hauts, mais en costume-pantalon ;
sur l’épisode final, en général, les héros ont été séparés parce que… (j’imagine que c’est un trait de narration pour nous prouver que leur amour est fort malgré le temps ?) et, là, le cliché est retourné…

Bref, je l’ai binge watché ce week-end avec plaisir !

The Sound of Magic (2022)

6 épisodes de 60/70+ minutes

C’est assez curieux car, ces jours-ci, avec les derniers préparatifs pour #NiceFictions22 qui se tient le week-end prochain, je n’avais certainement pas prévu de bloguer, à quelque sujet que ce soit.

Je n’ai pas la moindre idée de pourquoi j’ai cliqué sur cette série, probablement parce qu’il y avait « Magic » dans le titre… mais impossible de ne pas dire un mot sur cette excellente surprise.

Attention, l’histoire est parfois cruelle (meurtre, agressions sexuelles…).

Elle1 (Choi Sung-eun) est lycéenne et vit avec sa jeune soeur. Abandonnées par leurs parents, Elle1 doit enchainer les petits boulots pour qu’elles ne meurent pas de faim tout en cachant aux adultes qu’elles n’ont plus de tuteur légal.
Lui1 (Ji Chang-wook) est un marginal qui vit dans un parc d’attraction désaffecté et se présente comme magicien. Et il apparait « comme par magie » à des moments cruciaux pour Elle1.
Lui2 (Hwang In-yeop) est le voisin de classe d’Elle1. Premier de la classe, sauf en maths où Elle1 le surpasse, il suit la voie tracée par ses parents, sans aucun rêve propre.

La narration est vraiment originale : il y a quelques chansons, mais pas assez pour qu’on la qualifie de « comédie musicale ».
Le fil conducteur est une intrigue policière, mais pas assez présente pour qu’on soit dans le « polar ».
Je n’ai aucune idée si c’est du « fantastique » et si les étrangetés se produisent réellement ou pas. Je dirais que oui…

Le tout intrigue, on se demande où on est emmenés… et, en réalité, le sujet est l’étrangeté même, la psychophobie de la société qui rejette ceux qu’elle décrète « fous », la notion de la marginalité et la seule vraie question au monde : pourquoi/pour qui je vis ?

Je ne crois pas qu’il faille en dire plus, sinon « regardez ! »

Ce billet est également paru dans la #TribuneVdR.