Le FIJ lance un concours pour son affiche…

… et je ne pense pas que ce soit OK.

Je vous ai parlé à plusieurs reprises du Festival International des Jeux de Cannes (FIJ) car c’est un festival qui a de l’importance dans ma vie : la première édition à laquelle j’ai participé était celle de 1998 et, depuis, j’y ai un vécu, des ami·es qui y vont chaque année (quasi), etc.
L’année passée, je vous ai parlé du souci de la disparition du jeu de rôle car c’était à mes yeux le point le plus important (par rapport aux thématiques que j’observe et documente), mais ils avaient été dans la sauce pour avoir eu une affiche réalisée via IA (changée suite à la levée de boucliers).
C’est problématique d’utiliser l’IA dans la création, mais l’argument souvent invoqué (et mauvais) est « je n’ai pas les moyens », ce qui n’est évidemment pas le cas de la SEMEC qui organise le FIJ.

Je n’aime pas les concours.
Je ne parle bien évidemment pas d’un tirage au sort pour gagner quelque chose.
Je déteste les concours qui mettent en compétition des artistes.
Je peux comprendre l’idée pour des scolaires : tu motives les enfants, l’un·e d’elleux sera récompensé. Parce que tu n’en récompenses qu’un ou deux, ça peut être pris comme un jeu et ça ne dit pas aux autres qu’ils sont dans l’échec.

Qu’est-ce qu’une affiche pour un festival ?
Sur les 10 éditions de Nice Fictions, nous avons repéré un·e artiste dont le travail nous plaisait, nous l’avons contactée pour nous assurer que ses tarifs calent avec notre budget, nous lui avons proposé une exposition…
C’est un choix éditorial / artistique : on choisit quelqu’un pour parler de son art / travail.

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Étrange Grande 2026 : et donc ?

Ce billet fait suite au précédent qui récapitule factuellement / chronologiquement ce qui s’est passé.

Maintenant, avant d’aller plus loin, qu’est-ce que je comprends ?
Le festival a invité CD sans faire le travail de se renseigner sur son éditeur, ce qui constitue une faute.
Dire que c’est une faute, ça ne signifie pas qu’il faut fouetter ses auteurs sur la place publique ou les harceler ou… C’est juste poser ce qu’on voit.
Des auteurices contactent le festival et annoncent un boycott si un éditeur d’extrême-droite est invité / mis en avant. Il s’agit là d’un cordon sanitaire républicain « normal » — que l’on pense pouvoir en débattre pose clairement souci.
Le festival annonce que l’auteur peut venir, mais sans ses livres de la maison d’édition en question.
Puis il annonce que le festival est annulé, mais avec deux points différents :
1/ l’équipe d’orga se met en retrait. Est-ce une démission ? Un constat qu’elle ne se sent pas les épaules assez solides ?
2/ il y a un souci de sécurité qui n’est pas précisé. Étant donné les commentaires vus sur les réseaux, on peut penser à des menaces d’extrême-droite, mais ça n’est pas expliqué aussi clairement.

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Étrange Grande 2026 : que s’est-il passé ?

En septembre 2025, j’avais parlé de ce festival dans un long billet vers lequel je vous renvoie. Je vous fais un résumé ultra-rapide, mais j’abordais plusieurs angles.
Le festival (son édition 2025 donc) avait prévu une expo sur Harry Potter, le héros de la célèbre autrice transphobe, et, lorsqu’il avait été interpellé, il avait répondu globalement : « Vu et s’en tape ».
En toute transparence, j’ai été déçu·e par l’attitude du festival, mais également par l’attitude générale des auteurices du milieu de l’imaginaire. Pas toutes et tous, évidemment, mais pas mal. Et, comme ça me mâchait, j’en ai reparlé lorsque j’ai fait un billet sur la question du boycott (en général).

Hier, Étrange Grande a annoncé l’annulation de son édition de cette année (initialement prévue les 19 et 20 septembre) et je vais donc à la fois vous proposer un résumé des faits et, forcément, ma propre analyse.
Comme ce sera forcément long, je découpe mon propos en deux articles distincts. Ici, je vous livre un déroulé factuel / chronologique, puis je vais rédiger un second billet en reprenant un peu tout ça.

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Quelques mots sur l’Ouest Hurlant 2026

Les 25 et 26 avril, j’étais au festival l’Ouest Hurlant, à Rennes. A cette occasion, à titre de test, les Vagabonds du Rêve avaient pris un stand.
J’avais prévu de faire un long article, probablement découpé en deux parties : l’une pour parler du festival en lui-même et l’autre pour réfléchir plus largement sur les festivals, les livres… et nous (les Vagabonds).

J’ouvre une parenthèse :
Jusqu’à présent, je ne crois pas avoir souvent parlé de handicaps ou de maladies sur ce blog, probablement pour tout un tas de raisons, mais, avec le temps, je réalise que ne pas parler, c’est contribuer à l’invisibilisation. Donc je vais essayer de mentionner ces aspects dès que ça me semble pertinent.
Donc, après avoir tenu un stand pendant deux jours, j’aurais aimé faire mon article dès le retour, tant que tout était bien frais dans ma mémoire, mais je n’ai pas pu : mes batteries étaient complètement à plat, mener une discussion devenant impossible. Et écrire un article, en réalité, c’est mener une discussion, juste qu’on ne sait pas ce que l’interlocuteurice nous répondrait.

— T’as pas ouvert de parenthèse, t’as juste écrit en italique.
— Oui, ben… voilà !

Depuis mon retour (quasi deux semaines aujourd’hui), j’ai été trop fatigué pour mener cette tâche à bien. Paradoxalement, j’ai posté 4 articles depuis, tandis que celui-ci restait en brouillon, mais parce que mon propos y était plus « simple ».
Cette fatigue peut venir de plusieurs causes (maladies), mais réfléchir sur les festivals est important dans ma démarche / sur ce blog.
Si je repousse encore l’écriture de ce billet, à un moment où j’irai mieux, le risque est élevé que je sois passé à toute autre chose et n’en reparle jamais.
Accepter la maladie / fatigue, c’est donc me fixer un objectif raisonnable : poser quelques mots, sur lesquels je pourrais revenir à l’occasion si besoin, sans me lancer dans quelque chose d’aussi long que je le voulais initialement.

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Le girlcott, ça ne sert à rien !

Souvent, j’ai entendu dire que le boycott, ça ne servait à rien, voire que c’était contre-productif.
Ça m’a toujours étonné, voire mis mal à l’aise. Comment un boycott pourrait être inutile ? Si lae consommateurice ne veut pas de ton produit, s’iel te boude, bien sûr qu’il va se passer quelque chose.
Protester n’est pas quelque chose d’aisé. Une personne riche et puissante qui n’est pas contente d’une décision (de justice par exemple) peut écrire un livre et passer sur les plateaux télé. Elle jouait déjà la partie en mode /facile et, quand elle a été contrariée, elle a pu enclencher les cheat codes pour que rien de désagréable ne lui arrive jamais.
Pour les autres / les nous, ben…
Boycotter est la solution la plus facile et la plus safe :
1/ c’est facile parce que tu ne dois juste PAS FAIRE / acheter / consommer ;
2/ tu n’as pas le risque (non nul) qu’il peut y avoir lors d’une manifestation.

La première fois que cette expression du doute concernant le boycott m’a vraiment dérangé / marqué, c’est lors de l’affaire Marsan.
Puisque Marsan était le propriétaire et directeur de son entreprise, hormis ne plus lui acheter de livres, que pouvions-nous faire concrètement ?
— Si tu n’achètes plus de livres chez Bragelonne, les employé·es et les auteurices vont en souffrir.
— Bon, ben, OK, on ne s’offusque plus de rien alors…

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Peut-on divorcer sans se faire du mal ? | FIJ et JdR, partie 2

Lorsque j’ai rédigé mon billet samedi pour poser que le jeu de rôle (JdR) n’était désormais plus présent au Festival International des Jeux (FIJ) de Cannes, je ne me suis pas spécialement étendu sur le sujet.
Je voulais énoncer quelques éléments de contexte pour celles et ceux qui tomberaient dessus sans trop savoir, mais, après tout, charbonnier est maître chez lui. Si le festival n’est plus intéressé par le JdR, c’est comme ça.
Mon objectif était surtout d’informer les rôlistes qui ne sont pas de la région de ne pas faire le déplacement pour rien.

Je n’ai pas développé pourquoi je dis que le FIJ ne veut plus. Et, en réalité, si on ne connaît pas l’écosystème, on peut se dire que c’est le hasard, que les éditeurs vont et viennent, etc.

Dans le monde du jeu, il y a des secteurs qui représentent de gros marchés (comme le jeu vidéo, par exemple) et, de l’autre côté du spectre, il y a le JdR.
C’est une très faible économie.
Ce point est important car il entraîne que c’est un milieu qui n’a pas de leviers dans pas mal de situations. Alors, évidemment, je ne dis pas qu’il y a 0 argent, mais, si tu additionnes l’ensemble des chiffes d’affaires de tous les éditeurs de JdR, t’arrives pas à un chiffre très impressionnant (d’un point de vue capitaliste, s’entend).

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JdR et FIJ, c’est fini ?

Est-ce de bon goût d’annoncer la fin d’une idylle un jour de Saint-Valentin ?

Ça fait plusieurs semaines (années ?) que je savais que j’allais écrire ce billet et j’ai déjà teasé quand j’ai livré mon retour d’Octogônes. Donc, en octobre, j’écrivais que le Festival International des Jeux (FIJ) de Cannes n’était hélas plus un des évènements importants du jeu de rôle (JdR) en France et je savais que je reviendrai sur ce point à l’occasion de son édition 2026.

Quelques éléments :

Le FIJ 2026 se tiendra dans deux semaines (du 27 février au 1er mars).
On savait déjà que plusieurs éditeurs de JdR ne viendraient pas, mais ils ne souhaitaient pas communiquer dessus et il fallait donc attendre que les plans soient connus pour constater l’ampleur de la désertion.

Le FIJ est organisé par une structure liée à la mairie / qui a une délégation de service public.
Et on peut dire que la mairie de Cannes a les moyens de faire de gros festivals, dans un palais dédié au bord de la mer, à quelques minutes de la gare.

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Cher·es orgas de Trolls & Légendes

Suite au débat qu’a suscité votre choix d’illustration pour votre affiche 2026, j’ai écrit un précédent billet, mais, en parallèle, j’ai relayé pas mal d’infos sur mon mur FB, notamment les prises de parole d’artistes ou le fait que, dans un premier temps1, sur votre Insta, vous avez choisi de supprimer les commentaires qui vous étaient défavorables.

Note :
Je supprime aussi des commentaires sous mes publis. Je supprime les provocs qui n’ont pour but que de mener à la bagarre, pas les interpellations et questions.

Des trolls sont venus me harceler sur FB.
Je ne parle pas d’une discussion un peu énervée, mais bien de pur harcèlement : par exemple, mettre une réaction « en colère » sur TOUTES mes publis (même celles qui n’ont aucun rapport avec le sujet de leur fureur), puis, quand je bloque (parce qu’il n’y a rien d’autre à faire), revenir avec un autre compte et recommencer.

J’ai souvent pris la parole sur plusieurs affaires, certaines plus « graves », et je n’ai jamais eu à faire à ce type de comportements auparavant.
Forcément, ça pose des questions.

Je ne pense pas qu’une orga bénévole soit responsable de ses soutiens / fans, surtout ceux qui ont un tel comportement.
Par contre, je pense que vous êtes responsables de votre com (forcément).
La façon dont vous avez annoncé ne pas accepter le harcèlement, couplée à votre suppression des commentaires qui vous étaient défavorables, a laissé entendre que vous considériez que celleux qui n’étaient pas d’accord avec vous étaient les harceleurs.

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Trolls & Légendes : qui te soutient ?

Allez, si ce n’est pas votre première visite sur ce blog, vous savez que je m’intéresse à l’écosystème des festivals d’imaginaire.

Contexte :
Trolls & Légendes est un festival d’imaginaire très connu, belge, qui a plus de 20 ans. On va dire que, dans le milieu, c’est un « gros morceau ».
L’une de ses particularités est qu’il est plus large que pas mal de salons littéraires : il y a un marché médiéval, des spectacles et concerts…

Olivier Ledroit est un dessinateur né en 1969. Il est vraiment très connu en Fantasy et on va dire que… il est le produit de son époque : il met en scène, entre autres, des femmes dénudées. Parce que le monde de la fantasy (et de l’imaginaire en général et la société tout entière, c’est pas un scoop) a longtemps considéré la femme comme un objet sexualisé.
De plus, on sait que ses idées tirent bien à droite, donc clairement pas un élément de la team progressiste.

Sauf qu’on est en 2026.
Le festival a confié l’illustration de son affiche à un vieux gars et le vieux gars a fait ce qu’il savait faire : une femme à poil.
Bon, en vrai, c’est une succube peu vêtue, incarnant le male gaze d’une époque, et qui serait un hommage à feu-Froideval, histoire de jouer sur des cordes sensibles (l’hommage à un ami en double combo avec « si tu ne saisis pas la réf, c’est que t’es pas cultivé »).

Bref, en faisant le choix de s’adresser à Ledroit sans un minimum de réflexion en amont sur ce qui peut être cool ou non sur l’affiche d’un festival grand public, qu’est-ce qui pouvait mal se passer ?

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De retour d’Octogônes 15 et quelques pensées sur les conventions de jeu de rôle

Il existe au moins 3 façons de nommer un évènement : festival, convention, salon…
On pourrait se dire que ces termes désignent chacun une réalité différente, mais ça n’est pas tout à fait le cas : disons que cela peut désigner des concepts différents en fonction du milieu concerné. Et de l’envie « esthétique » des organisateurices dudit évènement.
Le week-end dernier se tenait donc la convention Octogônes, mais, dans le milieu du jeu de rôle (JdR), convention est le terme le plus générique et cela ne préjuge pas du tout de la taille / contenu.

Photo prise pendant la convention : beaucoup de tables de jeux, remplies, avec des stands au fond
Octogônes 15 by SylDrax
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« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités »

Le 19 septembre, les Utopiales ont annoncé, notamment sur FB, que, lors de l’édition qui arrive, des rencontres auteurices débutant·es avec un éditeur seraient proposées.
L’éditeur est GD, directeur chez AMI1.

Les Utopiales
Le festival est présenté dans le milieu de l’imaginaire2 comme le plus gros évènement du genre.
C’est un festival où je suis allé à plusieurs reprises et où je pense retourner à l’occasion.
Je ne sais juste pas quoi faire de cette idée de « plus gros » (si ça a un sens ?), sachant que, sur le site de la Cité des Congrès de Nantes, on peut lire : « le palais des congrès vous propose des espaces permettant d’accueillir tous vos événements de 200 à 4.000 participants ».
— Pour toi, ce serait quoi le plus gros évènement du genre en France ?
— La Japan Expo de Paris ?

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Les gens, il faut qu’on parle…

Si vous aimez une série / livre / film / chanson… c’est super sympa de le dire
mais il est peu probable, statistiquement, que ce soit la meilleure de tous les temps
Et vous savez quoi ?
On n’a pas besoin d’être « le meilleur » pour être « bien »

Et c’est pareil pour les festivals / conventions / expositions / conférences… si vous avez passé un bon moment, si vous vous êtes bien amusé ou avez beaucoup appris ou, juste, vous vous sentiez bien… c’est OK et ça n’a pas besoin d’être le plus mieux, que l’orga était la meilleure, que…

Avoir des « préférés », c’est bien pour faire de la préconisation : je veux conseiller une série à quelqu’un qui a peu de temps, je ne peux aller qu’à un festival par an et, du coup, ça aide à choisir…
Tant que c’est pour aider à faire des choix, ça a du sens : si tu hésites entre ça et ça, alors, le premier, tu vois, y’a plus de ceci et le second…

Mais les « formidable », « époustouflant », « génial »… quel sens ça prend si on les utilise à toutes les sauces ?
A-t-on besoin de classer des évènements ? Y’a un podium ?

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D’Étrange Grande et de Harry Potter

Mon billet sera sans doute un peu long et ça ne m’arrange pas du tout.
Poster en réaction sur un réseau social, ça prend quand même du temps, mais ça peut se faire pendant une pause ou…
Rédiger un article / billet, ben… si on ne veut pas faire à l’arrache, il faut poser le contexte, donner quelques liens… et, du coup, forcément, ça veut dire qu’il y a un investissement en temps… qui va se répercuter sur mon lecteurice : plus je prends du temps, plus vous en avez à lire… mais le sujet est important (au sens que c’est bien de se poser).

Le festival Étrange Grande
En voulant le décrire un peu, je découvre qu’il a une page Wikipédia (depuis le mois de juillet). Ça me semble un peu étrange (Nice Fictions n’en a pas, par exemple), mais, du coup, je vous mets le lien pour plus d’infos.
L’édition de cette année est ce week-end.

Ce n’est pas un secret :
en tant qu’auteurice et amateurice d’imaginaire et en tant que président·e des Vagabonds du Rêve x Nice Fictions, je soutiens forcément l’existence des festivals du genre.
Ils apportent une réelle plus-value à notre milieu, notamment à sa branche littéraire, et je pense que nous n’en avons hélas pas assez en France.
J’ai moi-même dirigé les 10 éditions de Nice Fictions : je pose cette info ici dans le sens que
non seulement j’ai un a priori favorable envers toute équipe de bénévoles qui se lance dans l’aventure,
mais j’ai tout à fait idée des contraintes et du boulot que ça représente.

Le 8 septembre, l’auteurice CM Deiana annonçait sur sa page Facebook pourquoi iel annulait sa venue à Étrange Grande : le festival a choisi de programmer une exposition Harry Potter.
Pour vraiment les plus distraits d’entre vous — je le mentionnais déjà ici –, quel est le souci avec Harry Potter ?
Cette œuvre a clairement marqué une génération (on ne peut pas nier son influence), mais son autrice, Rowling, a montré ses dernières années une haine féroce contre les personnes trans, utilisant son argent et son influence pour nuire à des gens innocents, déjà souvent minorisés.

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On s’en fout qu’un festival disparaisse… non ?

Il n’existe pas de Grande Famille de l’Imaginaire.
Il existe un ensemble de personnes qui oeuvrent dans ce domaine (auteurices, traducteurises, éditeurices, illustrateurices, etc.) et qui le font vivre et un ensemble de personnes qui l’aiment et qui veulent qu’il soit plus présent et prospère.
Mais cet intérêt commun ne crée pas forcément de liens.
L’idée qu’une passion commune lie les gens est finalement un fantasme que l’on retrouve pas mal dans la branche réac de la sphère rôliste : il aurait existé un âge mythique où, rassemblés par la passion du JdR, tout le monde aurait joué ensemble.
Quand on y regarde de plus près, c’est tout le monde sauf… les femmes, les queer, les racisés, les…
En réalité, en général, quand quelqu’un parle d’une grande famille, c’est un peu dans le sens qu’il faut entendre quand on veut te silencier car ce ne serait que « des histoires de famille ».

Le mythe de la Grande Famille, c’est une injonction pour faire taire celles et ceux qui sont différents, qui dénoncent les agressions ou le harcèlement ou les brimades…
Si tu veux en faire partie, tu dois accepter les règles édictées par les dominants.

C’est « amusant » parce que ce choix du terme « famille » n’est pas anodin du tout.
Quand arrivent les fêtes de fin d’année, sur les réseaux, tu vois tout un tas de gens se lamenter qu’ils vont devoir supporter des « repas de famille » et, dans ce qu’ils décrivent, il n’y a rien de réjouissant : ils vont entendre des propos haineux, par exemple, ils vont subir des remarques ou des reproches…
Cet imaginaire est très loin de me faire rêver.

Bref, il n’y a pas de grande famille et c’est tant mieux.
Il y a des clans, des groupes liés par des intérêts ou des affects, des accords ponctuels ou durables…
Néanmoins, dans la récente affaire des Imaginales, dont j’ai déjà pas mal parlé, il y a eu une réaction collective et unifiée.
Comme plusieurs personnes l’ont dit, que l’on soit ami ou non de Stéphanie Nicot, que l’on ait aimé aller aux Imaginales ou non, quand un objet (festival, média…) disparait, surtout de cette taille, cela nous impacte tou·tes collectivement.

Si donc cette affaire crée une unanimité inquiétante (quand on est unanime, c’est que ça craint vraiment !), il y a toujours un ou deux trolls dissonants.
Je ne parle pas des quelques rares personnes restées silencieuses par intérêt : ils pensent qu’ils vont récupérer quelque chose de ces Imaginales mourantes, peut-être en faire un festival à leur image ou intérêt. Ou juste profiter quelques années de la somme que la mairie est prête à verser.
Non, je parle de deux trolls bien connus de nos services. L’un est écrivain, l’autre est rôliste. Si le deuxième ne comprend pas pourquoi les gens parlent de l’affaire/se sentent concernés, le premier a écrit sur les réseaux que l’objectif d’un festival n’était pas de créer, mais seulement de passer un bon moment et qu’il n’y avait donc aucune raison de s’indigner.

Alors j’ignore si le gars pense sincèrement ce qu’il dit. C’est un peu l’inconvénient des trolls : ils créent un perso public dans la provoc et il est difficile de distinguer s’ils sont de mauvaise foi pour alimenter leur image ou s’ils sont de bonne foi et sont simplement ignares.

Mais, en fait, le sujet mérite qu’on en parle.
Bon, OK, je pourrais prendre une approche plus glamour, faire péter une belle intro au lieu de rebondir sur un commentaire un peu bébête, mais, bah…

Le sujet des festivals/conventions m’intéresse particulièrement et j’en parle quelque fois sur ce blog. C’est le gros de mon activité associative.

— Mais, au fait, c’est quoi la différence entre « festival » et « convention » ?
— Ca m’amuse parce que, il y a pas mal d’années, je m’étais faite prendre de haut car j’avais dit qu’il n’y avait pas de différence fondamentale. J’avais été pointée du doigt comme ignare ou trop novice ou… alors que cela faisait déjà plusieurs années que j’étais dans le milieu, mais, fidèle à mon syndrome de l’imposture (dont j’estime la disparition vers mes 45 ans), je m’étais répétée que j’avais mal dû comprendre et…
Il n’y a pas de différences fondamentales, c’est plus un choix esthétique en fonction des milieux.
Dans la littérature, on va parler de « festival » quand on veut faire venir du monde et de « convention » quand c’est sur inscription/à destination des fans. Mais il y a des festivals payants et les gens qui paient l’entrée sont bien des fans 😉
Dans le JdR, on va parler de « convention » même pour les gros events (comme Octogônes).
— Donc je résume : festival si littérature et convention si jeux ?
— Yep, plus ou moins. Du coup, quand je parle à des écrivain·es, je vais dire que #NiceFictions est un festival et, à des rôlistes, que c’est une convention 😉
(Pour vrai, je privilégie souvent « event » qui compacte « évènement » sans qu’il y ait débat sur le sens des accents — poke Timothée Rey.)

Bref, si l’on n’y prête pas attention, un event pourrait effectivement être juste le moyen de passer un bon moment (et, si ce n’était que ça, en fait, ça serait quand même dommage que l’un d’eux disparaisse pour de mauvaises raisons, comme les Imaginales aujourd’hui).

Récemment, j’ai abordé le sujet sous l’angle : si les events ne sont pas des lieux safes pour les femmes, elles sont entravées dans leur carrière.
Je l’ai d’abord dit un peu à l’arrache lors de la remise des Graal d’or au #FIJ2022, mais, à l’occasion de #NiceFictions22, j’ai proposé une table ronde sur le sujet.

En fait, c’est Ayerdhal qui m’a ouvert les yeux le premier sur le sujet. C’était lors d’Imaginales (décidemment).
Je n’avais aucun doute qu’il était un grand écrivain et je n’avais pas besoin de le voir pour m’en souvenir.
Il m’a expliqué qu’il avait été « absent de la scène » quelques temps et que, dès que tu t’absentais, les gens t’oubliaient.
Ouah ! Un écrivain comme lui pouvait être oublié, en fait…
Je n’ai pas eu l’occasion de participer à beaucoup d’events. Sur mes moyens financiers persos, je suis bloquée financièrement (la vie d’une maman solo) et je n’ai jamais été invitée car, même si mes écrits sont appréciés, je n’ai jamais eu d’œuvres à vendre/promouvoir, mes parutions étant plutôt en revues/antho.

Je ne regrette rien car je n’avais pas les moyens de me déplacer donc me soucier de quelque chose que je ne pouvais de toute façon pas faire m’aurait fait du mal pour rien.
Mais, pour le peu de déplacements que j’ai faits et des témoignages de… tout le monde ? c’est lors de ces rencontres que la création avance.
Non seulement cela peut te donner des idées d’œuvres lors des échanges avec les collègues, mais cela te met en contact avec d’autres acteurices pour des projets communs, de la basique rencontre avec ta/ton futur·e éditeurice à des projets plus complexes.
Lionel Davoust en parle dans son billet hier au sujet des Imaginales. C’est lors d’une room party aux Utopiales que les Imaginales sont apparues.
— Oui, mais Stéphanie aurait pu motiver les gens en leur envoyant des mails…
— J’ai rejoint l’orga de ma première convention en 1991, y’a plus de 30 ans.
La rencontre irl est fondamentale et les années n’ont fait que me le confirmer.
A titre personnel, je n’imagine pas aujourd’hui travailler sur Nice Fictions sans mon codirecteur, mais, en réalité, je lui ai demandé de me rejoindre parce que je l’ai croisé par hasard au FIJ2014.
— Ouais, il aurait fini par entendre parler du projet et vous aurait rejoint…
— Peut-être. Mais nous fonctionnons collectivement de cette façon.
— Et dans le JdR, tout ça, ça n’est pas pareil parce que tu nous parles de la carrière d’écrivain·es, là…
— En fait, ça joue un peu moins car la scène est plus limitée et un auteur n’est pas oublié dès qu’il ne se montre plus, mais, néanmoins, la rencontre avec de nouvelles joueuses, les tests, les échanges… sont importants et nourrissent la créativité.

Notre temps est limité.
En permanence, nous faisons des choix : quel livre va-t-on lire ? Avec qui va-t-on travailler sur tels projets ?
Par exemple, je n’ai jamais été sollicitée pour une antho à appel fermé (i.e. quand l’appel à textes n’est pas rendu public, mais l’anthologiste contacte des auteurices qu’il a sélectionnées en amont).
— Ben, c’est que personne n’aime ton travail.
— Sérieux, ça n’est pas la réponse.
Devant un projet, on va réfléchir aux noms qu’on y associerait et notre mémoire va remonter dans ses dernières rencontres/échanges. Il aurait suffi de partager un diner, un soir de festival, avec l’une ou l’autre pour qu’iel se dire : « Ah, tiens, oui, y’a elle aussi qui est nouvelliste ! »

— Ouais, mais, là, finalement, tu nous parles des carrières et de la réussite de projets. En quoi, moi, amateur d’imaginaire, ça me concerne ? Si je ne lis pas telle écrivaine, je lirais tel auteur. Si un event ne se fait pas, j’irais à un autre !
— Personnellement, je pense que rien ne s’enrichit et n’évolue sans la pluralité. Je pense que cantonner l’art (par exemple) à la production des seuls hommes blancs valides aisés est une erreur. Je pense qu’il n’y a pas tant d’events que ça et que, moins il y en a, plus les gens modestes n’y ont pas accès car ils ne peuvent aller facilement qu’à ce qui se passe près de chez eux. Je pense qu’il n’y a, de la même façon, pas tant de médias que ça.
Si la pluralité et/ou la diversité vous dérange ou vous indifférent, nous ne sommes juste pas compatibles et, comme je l’écrivais en intro, nous ne faisons pas partie de la même famille.

Autour des Imaginales, quelques paroles d’auteurices et acteurices de l’imaginaire

Il y a un peu moins d’un an, j’expliquais que j’étais plus dans l’éphémère et que j’avais peu de traces des choses qui s’étaient passées.
Du coup, les réseaux sociaux, par exemple, me conviennent plutôt bien : j’écris une longue humeur, mais, quelques jours plus tard, par l’enfouissement naturel sur ce genre de plateformes, le texte s’est envolé comme un message écrit à la craie qui n’a pas survécu à la première pluie.
(Bon, en réalité, je vous mens un peu pour jouer les poétesses : quand je songe « éphémère », je songe à… de la pâtisserie…)
Bref, depuis cette prise de conscience, parfois, avant de supprimer un post de Facebook, mettons, je le copie/colle dans un billet de blog.

Avant-hier, je vous parlais de l’affaire concernant les Imaginales et je vous donnais notamment le lien vers l’interview de Stéphanie Nicot (à lire vraiment).
En parallèle, sur la page Facebook de Nice Fictions, nous avons pris le temps de relayer plusieurs paroles de soutien.
Et je me dis que, d’ici quelques jours, ces messages seront balayés par le temps si je ne les archive pas.

Donc voici un billet « Archives » que j’éditerai si nécessaire et, bien évidemment, n’hésitez pas à me contacter à ce sujet pour le corriger ou l’enrichir.

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La lettre ouverte des auteurices « coups de coeur » des Imaginales n’a été rendue publique sur le site d’ActuSF qu’aujourd’hui, mais elle est datée du 3/6.

Ainsi, en dépit de nos vives inquiétudes, sur lesquelles nous nous devions d’attirer votre attention, nous tenons à vous dire tout l’attachement que nous avons pour ce formidable festival qui a amplement contribué à la dynamique de l’imaginaire français, et qui, nous en sommes persuadés, peut encore s’épanouir davantage à l’avenir, en s’appuyant toujours davantage sur les valeurs qui l’ont fondé. Avec Stéphanie Nicot et l’équipe talentueuse qu’elle a rassemblée !

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Yuyine, qui était coordinatrice du prix Imaginales de la bande dessinée des bibliothécaires ainsi que membre du jury de sélection du prix Imaginales des bibliothécaires, poste sur son blog le 11/7.

Je suis triste mais surtout en colère. En colère face aux décisions rétrogrades d’une administration, de politique et d’un directeur de festival qui n’ont pas compris nos inquiétudes ou les discours de l’édition 2021 et qui décident finalement de nous envoyer nous faire foutre par leur décision. En colère parce que ce sont les idées nauséabondes et les copinages honteux qui l’emportent cette fois encore sur les belles valeurs.

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Charlotte Bousquet sur Facebook

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Fabien Fernandez sur Facebook le 12/7.

Je suis de ces chanceux : blanc, hétéro, mec ! Je n’ai pas eu à subir les personnes comme Marsan (ou autres). Tout ce que j’ai pu faire, comme me l’a rappelé une amie il n’y a p as si longtemps, c’est prévenir de garder ses distances avec ce genre de prédateurs laches. J’ai rongé mon frein, et l’année dernière, des voix courageuses se sont élevées pour dénoncer publiquement le harcèlement qu’elles avaient subi.

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Ellen Kushner et Delia Sherman s’associent aux propos de Robin Hobb sur Twitter le 15/7.

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Bernard Visse sur Facebook le 15/7.

Il faut qu’un festival évolue, évidemment. Mais cela doit se faire sans qu’il perde son âme, dans le respect de celles et ceux qui l’ont patiemment bâti. Et l’âme des Imaginales est forte.
La Ville d’Épinal cultive l’art de se tirer une balle dans le pied. Alors qu’il aurait été plus simple – et tellement plus élégant – de travailler avec Stéphanie à sa succession et à l’avenir de cette manifestation. Je ne sais pas pourquoi je me mêle de ça. Épinal, la belle image ?

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Silène Edgar sur Twitter le 17/7.

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Francis Berthelot sur Twitter le 17/7.

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Adrien Tomas sur Facebook le 19/7.

Je ne voulais rien dire avant que Stéphanie Nicot décide de s’exprimer sur ce sujet. C’est chose faite. Maintenant, ouvrons les vannes.

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Dominique Lémuri sur son blog le 19/7.

Et je ne retournerai plus à Epinal. Les Imaginales sans Stéphanie Nicot, son énergie et sa vision, je ne vois pas trop ce que cela peut devenir. D’ailleurs, voici une interview édifiante de l’intéressée, parue sur le site d’ActuSf, qui vous donnera une idée de la manière dont la directrice artistique d’un des plus gros salons littéraires de France a été débarquée après 20 années de service, et dans quelles conditions elle a travaillé depuis tout ce temps.

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Lionel Davoust sur Twitter le 20/7

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Plusieurs acteurices du monde de l’imaginaire (dont ma pomme), mais également des festivalier·es, ont signé un mot de soutien pour Stephanie Nicot et il a été publié hier sur le site d’Actualitté.
Je trouve très fâcheux le NB ajouté sous les signatures :
NB : Stéphanie Nicot a accordé une interview à Actusf, faisant part de multiples récriminations et apportant nombre de précisions. « Dans un article de Télérama qui évoquait, le 24 mai 2022, la rumeur de mon éviction, le Directeur de la Culture et du Patrimoine d’Épinal, Stéphane Wieser, affirmait au journaliste : je “jure qu’il n’en est rien”. Quelques semaines plus tard, dans Actualitté, le même lançait un appel d’offres destiné à me remplacer. »
Non seulement l’interview de Stéphanie n’est pas vraiment relayée, juste jetée au bas de l’article, mais l’emploi du terme « récriminations » montre clairement à qui vont les sympathies de ce site.
Du coup, je regrette pas mal le choix de cette plateforme pour la diffusion…

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Edit au 25/7 : Télérama en parle aujourd’hui.

Le 24 mai dernier, dans nos colonnes, Stéphane Wieser, le directeur des affaires culturelles d’Épinal, assurait qu’il n’était pas question d’évincer Stéphanie Nicot, directrice artistique et cheville ouvrière des Imaginales depuis le début, en 2002. Un mois plus tard, la Ville publiait un appel d’offres pour la remplacer, le nom le plus fréquemment cité en coulisses étant celui du journaliste Lloyd Chéry. La désormais ex-directrice réagit à cette annonce.

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Edit au 1/8 : Lionel Davoust revient sur la suite prévisible de l’évènement dans un billet de blog.

Le nom des Imaginales est irrémédiablement souillé et sa réputation ne cesse de sombrer de jour en jour – une tendance qui n’ira qu’en s’aggravant, à mesure que personne ne voudra risquer de se trouver associé à l’image désastreuse que le festival vient de prendre, surtout aux USA.

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Edit au 4/9 : Au tour de Locusmag.com de parler de cette affaire.