Le girlcott, ça ne sert à rien !

Souvent, j’ai entendu dire que le boycott, ça ne servait à rien, voire que c’était contre-productif.
Ça m’a toujours étonné, voire mis mal à l’aise. Comment un boycott pourrait être inutile ? Si lae consommateurice ne veut pas de ton produit, s’iel te boude, bien sûr qu’il va se passer quelque chose.
Protester n’est pas quelque chose d’aisé. Une personne riche et puissante qui n’est pas contente d’une décision (de justice par exemple) peut écrire un livre et passer sur les plateaux télé. Elle jouait déjà la partie en mode /facile et, quand elle a été contrariée, elle a pu enclencher les cheat codes pour que rien de désagréable ne lui arrive jamais.
Pour les autres / les nous, ben…
Boycotter est la solution la plus facile et la plus safe :
1/ c’est facile parce que tu ne dois juste PAS FAIRE / acheter / consommer ;
2/ tu n’as pas le risque (non nul) qu’il peut y avoir lors d’une manifestation.

La première fois que cette expression du doute concernant le boycott m’a vraiment dérangé / marqué, c’est lors de l’affaire Marsan.
Puisque Marsan était le propriétaire et directeur de son entreprise, hormis ne plus lui acheter de livres, que pouvions-nous faire concrètement ?
— Si tu n’achètes plus de livres chez Bragelonne, les employé·es et les auteurices vont en souffrir.
— Bon, ben, OK, on ne s’offusque plus de rien alors…

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Le silence n’est pas d’or

Le silence n'est pas d'or
Il protège les dominants, il étouffe le savoir, il contraint et enferme
La parole est précieuse

Cas 1
Un homme cis est accusé de viol par plusieurs femmes qui prennent le risque de s’exposer en le dénonçant.
Elles racontent des faits précis, leur témoignage est documenté.
Les mascus et leurs alliés : « Elles font ça pour la gloire / argent / whaterver, ce sont des menteuses ! »
Parce que c’est bien connu : les femmes rêvent de devenir célèbres en tant que victimes.

Cas 2
Une femme trans est harcelée, on lui prête des agressions imaginaires.
Il n’y a aucune victime connue de personne, aucun fait rapporté, nada.
Les mascus et leurs alliés : « Vous défendez les agresseurs quand ça vous arrange ! Vous niez la parole des victimes ! »

Vous vous dites que c’est trop gros ?
Que c’est évident que, dans le cas 2, la seule victime est la femme harcelée ?

Ils font ça à CHAQUE fois.
Et, comme ils ne connaissent comme interaction avec les femmes que l’agression sexuelle, c’est avec cette accusation qu’ils tentent de salir celles qui, à leurs yeux, ont abandonné le statut glorieux de mâles pour devenir des humains de seconde zone.
Ils espèrent qu’ils vont faire vaciller quelques alliés avec leur discours « mais les victimes ? »

(Si parfois tu vacilles parce que tu doutes — et on a le droit de douter et de vaciller –, demande-toi le statut social de l’agresseur présumé et vérifie s’il y a bien des témoignages de victimes…)