Story of Kunning Palace | 宁安如梦 (2023)

Une bonne histoire de vengeance au milieu des intrigues de famille et de cour avec une héroïne qui reboucle sa 1ère vie
38 épisodes de 40+ minutes et un bonus de 6 minutes

Jiang Xuening (Bai Lu) est devenue impératrice comme elle le souhaitait, après avoir utilisé les uns et trahi les autres, mais tout finit en bain de sang : Xie Wei (Zhang Linghe) et l’armée des Yan entrent dans la capitale et mettent fin à son règne. Avant de mourir, elle ne demande qu’une seule chose à Xie Wei : qu’il épargne le très honnête fonctionnaire Zhang Zhe qu’elle a pu manipuler car il était très épris d’elle.
Xie Wei a une dette envers Xuening : lorsqu’elle avait 14 ans (et qu’il était jeune adulte), ils ont voyagé ensemble et elle lui a sauvé la vie pendant ce périple.

L’Écrivaine en train de rédiger ça n’est pas satisfaite. Au téléphone avec son éditeur, elle lui explique que les choix qu’il lui a imposés, d’ajouter de la cruauté pour satisfaire le marché, ont dénaturé ce qu’elle voulait faire, d’autant qu’elle s’identifie à son personnage principal qui devait porter ses propres valeurs.

Xuening se réveille donc à 18 ans, avec les souvenirs de sa vie passée, avant que tout n’ait commencé et que la famille Yan, la famille de son meilleur ami, Yan Lin, n’ait été accusée à tort et condamnée à l’exil.

Le royaume est gouvernée par la dynastie Shen. La mère de l’empereur appartient à la famille Xue qui sont les très grands méchants de l’histoire.
Il y a 20 ans, le Prince rebelle (le 2e méchant) a massacré des innocents dans la capitale, mais aurait été repoussé par les Xue.
C’est juste après qu’un divorce et une mésentente irréconciliable ont rendu ennemis les Xue et les Yan, qui, eux, dirigent les armées.

Dans sa première vie, Xuening avait tourné le dos aux Yan et, cette fois, elle est bien décidée à empêcher qu’ils soient condamnés à tort et qu’ils ne soient acculés à se rebeller.
Elle est aussi bien décidée à ne pas devenir la dame de compagnie de la princesse, sœur de l’empereur, car, dans sa 1ère vie, c’est ainsi qu’elle avait croisé le frère de l’empereur (qui avait pris sa succession après sa mort) et était devenue impératrice.
Évidemment (sinon, il n’y aurait pas d’histoire), malgré elle, elle se retrouve quand même dame de compagnie de la sœur de l’empereur et élève de Xie Wei, qu’elle craint car elle sait qu’il a dirigé la rébellion lors de sa 1ère vie.

On est sur un récit d’intrigues / complots / vengeance avec batailles et morts.
Xuening est l’héroïne, avec un caractère fort et attachant. Xie Wei est le pilier de l’histoire : allié des Yan, ennemi des Xue, il est le gros fil rouge de l’intrigue.
On a un petit peu de romance imbriquée dans tout ça : Yan Lin est amoureux de Xuening depuis très longtemps et était persuadé qu’ils se marieraient à sa majorité ; Xuening est éprise de Zhang Zhe qu’elle considère comme la personne la plus pure du monde (disons) ; et on réalise très vite que Xie Wei est très amoureux de Xuening.

Xie Wei est le personnage vengeur et sombre et il est atteint d’une étrange maladie : il devient un fou sanguinaire quand la neige tombe.
Les éléments posés devaient à mon sens déboucher sur une relation plus épicée entre Xuening, qui a déjà tout son passé d’impératrice, et Xie Wei qui peut sembler perturbé (disons) et, en vrai, leur relation est plutôt soft.

L’histoire est assez longue et il y a beaucoup de personnages.
De mon point de vue, il y a un moment où je me suis dit que c’était trop long, mais ça a accéléré vers la fin et tous les fils sont résolus.
J’aurais aimé qu’il y ait plus de moments consacrés à la première vie. Les éléments principaux sont réunis dans les premières minutes, au moment où tu ne connais ni les personnages ni rien.
Par exemple, dans la 1ère vie, Yan Lin, à cause des différents évènements, est passé d’amoureux sincère à abuseur et ça me semble un point plutôt important que tu n’as que quelques secondes pour capter.

Enfin, je ne comprends ABSOLUMENT pas pourquoi l’Écrivaine est là : sa seule fonction consiste à expliquer qui / pourquoi Xuening peut reboucler, mais ça fonctionne pareil avec un sort, une volonté divine (c’est un peu ce que c’est, l’écrivaine est probablement une déesse du point de vue des personnages).
Tout le long du récit, il n’y a aucun passage réalité-roman et, après la fin du roman, on retrouve l’écrivaine à son bureau : son éditeur l’appelle pour lui dire que son roman en ligne va connaître une édition papier et qu’il lui envoie un responsable pour ça. Quand elle ouvre la porte audit responsable, elle se trouve en face d’un charmant jeune homme qui a les traits qu’elle a imaginés pour Xie Wei.
Hormis nous/se faire plaisir en se disant que des persos qu’on imagine pourrait être réel, ça sert à quoi ?
Je n’aime pas les éléments sans raison et ça casse un peu la magie car ça nous dit que, au fond, nos personnages n’étaient pas vrais. Ce qui est le cas de la fiction, hein, mais, là, ça nous traîne hors du récit de façon forcée. On devrait finir sur eux, qu’on a suivi tout ce temps, pas sur elle qui appartient à notre monde.

Hormis ce point, on a un bon récit de complot / vengeance dans un monde ancien. Un poil tiré par les cheveux, sans doute, car les plans de Xie Wei sont complexes et fonctionnent, mais je pense que ça fait partie du package héros vengeur.

Auteur/autrice : Cenlivane

Ecrivain·e, Poète·sse, Blogueur·se