Vers une définition de la Romance… ou pas

Je suis tombé sur un bout d’interview où un éditeur expliquait que tel roman qu’il avait publié n’était pas de la romantasy
non pas parce que cette étiquette n’a pas vraiment de sens en soi (ce qui est la position que je défends)
mais parce que la romance serait un genre extrêmement codifié où les deux héros finissaient ensemble à la fin.
J’ai tilté parce que, quand je pense Romance, le premier titre classique qui me vient à l’esprit est Roméo et Juliette et on ne peut pas dire que ça colle à sa définition.

J’ai plusieurs fois blogué sur la question des genres parce que c’est une question qui m’intéresse tout court,
je me suis même interrogé sur le large spectre que constituait la Romance selon la définition que je m’en étais faite
et je me retrouve dans une situation où l’étiquette Romance est la première étiquette ici avec 95 billets (sur 379).
Si je me trompe sur la définition, il est urgent que j’en change. Si mon idée colle à peu près à l’usage, ça ne peut pas faire de mal d’en redonner la définition ici.

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Où je parle de #vdrama et de *The Bone in My Bones* | 他的掌心娇宠 (2025)

Au moment où je rédige ce billet, l’outil de stats du blog me dit que, sur cette année 2025, j’ai posté 99 articles.
Je ne suis pas forcément accro aux chiffres ronds (si, bien sûr) et nous ne sommes que le 18 décembre, j’aurais peut-être l’occasion de vous raconter des trucs d’ici le 31… mais, avec cette idée de ne pas louper le 100e, j’y ai trouvé la motivation de parler d’un sujet que je n’ai pas encore traité : les dramas verticaux aka vdramas.

Wikipédia m’apprend que ce format, né en Chine, a un nom spécifique : duanju 短剧.
Ce sont des séries qui se caractérisent par des épisodes très courts (d’1 ou 2/3 minutes) et un format correspondant aux écrans de smartphones / TikTok / réels Instagram.
L’enjeu est de capter rapidement ton attention puisque le 1er épisode peut n’être que de 60 secondes, du coup.
Pour moi qui aime étudier les différents formats de narration et particulièrement les formes courtes, vous vous doutez que c’est obligé de m’intéresser.

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Dark Romance ou mode d’emploi de l’hétérosexualité ?

Ami m’a un jour expliqué qu’il pensait que les gens avaient une opinion sur tous les sujets. Comme il y a forcément plus de sujets qu’on ne connaît pas qu’on connaît, il pense que ces avis sont donc des a priori et qu’ils sont nombreux.
Je ne pense pas que ce soit vrai car je ne pense pas que ce soit mon cas1.
Il y a des tas de sujets sur lesquels je n’ai aucune pensée. Comme les sports ou les activités de plage, mais pas que.
Qu’est-ce qu’un bon vin ? Aucun n’est bon à mes yeux, mais je ne pense pas pour autant que ce soit mauvais, je me dis juste que ce n’est pas pour moi. C’est une pensée très neutre, pas négative du tout. Je veux dire : quand je vois des personnages boire du vin dans un film, par exemple, je ne me dis pas « beurk, c’est dégueu », je puise dans ma connaissance de la fiction ce que c’est supposé traduire (moment de détente, dîner romantique…) et j’accepte que ce code narratif est pertinent et que je le comprends.
Comme je peux me définir comme aromantique et/ou asexuel et agenré : pas par dépit ou déception, non, juste un « je ne comprends pas quel est le sujet ».

Du coup, je n’ai aucune idée d’à quoi servent les histoires.
J’ai forcément lu des explications et théories sur le sujet, mais je n’en ai retenues aucune car aucune ne m’a semblé évidente et/ou s’appliquer à moi.
Depuis que je suis tout petit, quand mon esprit n’est pas occupé à la résolution d’un problème / souci / tâche à accomplir, je me raconte des histoires. Je m’en racontais avant de m’endormir le soir et je n’ai pas cessé. Soit le sommeil vient vite et je plonge dans des rêves fournis, soit j’imagine des scènes, des dialogues…
Certaines de ces histoires deviennent des textes, certaines ne sont que des fanfictions que je n’écrirais jamais.

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Est-ce qu’on pourrait perdre « Historique » ?

Quand tu commences une histoire, tu peux choisir entre 3 décors type : Contemporain, Ancien et Futuriste
puis, ensuite, bien sûr, tu peux mixer : un décor futuriste avec des dirigeables, un décor ancien avec des téléphones, etc.
Cette « simplicité » à choisir est lié tout simplement à notre rapport linéaire au temps : passé, présent, futur. Dans quelle direction regardes-tu à partir de ton point d’écriture / observation ?
Une fois ton décor choisi, tu restes libre de ton monde et, si tu ne peux pas prédire le futur, tu es libre de fantasmer le passé.

Dans le milieu de l’imaginaire français, ces distinctions entrainent tout un tas de débats qui amènent à des étiquettes qui ne tiennent pas forcément la route si on les regarde attentivement.
La Science-Fiction va être collée sur les décors futuristes, avec une image de sérieux, pour les vrais mecs qui sont des scientifiques… La Fantasy, ce sera pour les filles car il y a des licornes et de beaux gars en armure.
Vous pensez que je me moque de vous ?
Mais tellement pas. Vous seriez effrayé de certaines discussions que j’ai pu voir passer. Y’a même des festivals qui ne veulent pas de l’étiquette SF et/ou Fantasy parce que c’est « pour les autres ».
Bref, plus le temps passe, plus je suis tenté d’adopter une grande étiquette globale Fantastique, mais, dans un contexte international, il semble que ce soit le mot Fantasy qui désigne le Fantastique au sens francophone (français ?) et, du coup… tout n’est sans doute que de la Fantasy au final.

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Est-ce les mécanismes de la romance qui sont foireux ou toi qui es misogyne ?

Au moment où je rédige ce billet, A Dream Within a Dream est en cours de diffusion et, hormis celleux qui ont bossé dessus, personne n’en connaît donc la fin. Pour l’instant, c’est du très très bon et je croise tous mes petits doigts pour que le récit reste à hauteur tout du long jusqu’à sa conclusion, mais là n’est pas le sujet.
J’en détaillerai l’histoire plus tard, lorsque j’aurais fini de le voir, mais, très grossièrement : Elle (Li Yi Tong) est une actrice qui bascule dans le scénario du film dans lequel elle tourne. Dans ce scénario original, Lui (Liu Yu Ning) est le méchant : il la trompe avec sa propre sœur, la torture, etc. Elle a donc toutes les raisons du monde de s’en méfier dans le monde-imaginaire sauf que, toi, spectateurice, tu découvres très vite que Lui-imaginaire n’est a priori pas le méchant de l’histoire et qu’il est tombé sincèrement très amoureux d’Elle.
Pour l’instant, c’est très très méta, drôle et terrible à la fois et super addictif. Et les deux acteurices jouent très bien.
A cette étape, je ne peux donc pas vous spoiler par définition puisqu’on ne sait pas tout, mais, perso, je me pose une question : est-ce que Lui-imaginaire a aimé Elle-imaginaire à un moment donné (ce que ne semble pas dire le scénario original qu’on nous a raconté dans le 1er épisode) ou est-ce que le scénario original est différent du monde-imaginaire parce que, dans ce monde, c’est Elle-actrice qui existe ?
Le Lui-imaginaire que nous suivons est amoureux d’Elle-actrice, avec ses pensées et valeurs de notre époque moderne.

Mais ce n’est pas le sujet de ce billet.
— Hein ??? Pourquoi tu nous racontes tout ça alors ?

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Romance vs Romance et où je parle notamment des comédies romantiques de Noël

En ce moment, dans la liste des séries que je regarde, il y a Wonderland of Love et Rainkissed Fate1.
Ne vous fiez pas au titre de la première, qui m’est incompréhensible : perso, Wonderland et Love, je veux des licornes, d’immenses sucettes colorées, des peluches…
C’est l’histoire d’armées qui font la guerre parce qu’un traitre a assassiné l’empereur. Il y a une histoire d’amour entre les deux personnages principaux, oui, mais ce sont deux guerrier·es, avec des armures, des épées…
Quant à la seconde, je l’avais repérée dans les suggestions sur un réseau social. L’acteur principal (Dai Gao Zheng) semble bien habitué des scènes de baisers convaincantes 😉
Et puis, cette aprem, elle est apparue en page d’accueil de la plateforme Viki.

Le truc, c’est que les épisodes de Rainkissed Fate font… 10 minutes.
Même si tu n’étais pas trop curieux, a priori, un dimanche aprem, tu as forcément 10 minutes pour jeter un coup d’œil.
Et, d’ailleurs, moi qui suis un ardent défenseur des formes courtes, je dois dire que j’apprécie ce mode de narration.

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La romantasy existe-t-elle ?

Depuis quelques mois, on voit fleurir le terme de « romantasy », nous expliquant que le genre défonçait les ventes en librairies au détriment de… de quoi, d’ailleurs ? Si ton bouquin ne se vend pas, ça peut être dû à des tas de paramètres, mais certainement pas à un genre littéraire en particulier.

J’ai donc demandé à mon moteur de recherches habituel le sens que pouvait avoir ce mot et j’en ai sorti deux liens :

1/ une page Wikipédia « romantic fantasy » créée en 2006 et qui me dit :
« La romantic fantasy, dit de façon plus commune et plus moderne romantasy, est un sous-genre de la fantasy, qui intègre une dimension romantique à un récit fantastique. Souvent, l’histoire se construit autour d’une histoire d’amour et comporte de nombreux éléments d’actions, du fait de son rattachement à la fantasy. Du fait de sa dimension romantique, la romantasy est un sous-genre où l’on retrouve plus de personnages féminins, où elles trouvent une place plus importante. »

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Aime-moi, aime ma voix | Love Me, Love My Voice | 很想很想你 (2023) ou la découverte de la fluffy romance

33 épisodes de 45+ minutes

Avant toute chose, je dois vous avertir que ce billet va contenir des spoilers quoique, en réalité, je ne vois pas réellement comment spoiler de la fluffy romance… mais, au cas où, je préfère vous avertir.

L’été passé, je vous ai longuement parlé de la série Lost You Forever puisqu’elle a été le sujet de trois de mes billets. A cette occasion, j’ai découvert l’acteur et chanteur Tan Jian Ci et, de vagabondages webesques en vagabondages webesques, je suis tombée sur Aime-moi, aime ma voix, sans autre info donc que l’acteur incarnant le rôle principal a, comme le suggère le titre, une voix magnifique.

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La Fantasy, l’Univers et le reste

Nous avons tous des plaisirs un petit peu pervers. Personnellement, mon côté pervers s’exprime dans le partage d’articles ALC sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas forcément une activité follement enrichissante, mais il n’y a pas de mal à se moquer de textes que leurs auteurs ont délibérément rendu publics.
Or donc, hier, ce petit plaisir s’est joué au détriment d’un blogueur qui, au prétexte de vanter un ouvrage, n’en parlait pas et préférait démontrer sa méconnaissance et son désamour d’un genre littéraire en particulier.
De façon tout à fait directe, ce genre de propos me ramène toujours à la question : et, toi, t’en penses quoi des genres littéraires ?

Je commencerai par une déclaration préliminaire : je n’ai pas les connaissances requises pour définir un genre en exposant des exemples, des références… Mon rapport aux genres est purement théorique.

Et, déjà, la définition de genres a-t-elle un sens ?
Pour moi, clairement, oui. Alors que je pense que tous les ouvrages littéraires ne forment qu’un vaste ensemble nommé « littérature ». Les genres ont autant de sens que lorsqu’une collègue vous déclare :
— Je ne vois pas de qui tu parles…
— Mais, si, tu sais ? La petite brune qui est toujours à la machine à café quand on y va !
Aucun être humain ne peut se définir simplement de cette façon, mais… c’est rudement pratique quand on cause entre humains.

Là, naturellement, je glisse vers les genres que l’on nomme maladroitement « genres de l’imaginaire » ou SFFF, puisque ce sont les genres dans lesquels j’ai tendance à nager.
Cela dit, même si je comprends qu’on puisse ne pas aimer un genre littéraire en particulier, je ne partage pas ce(t) (dés)intérêt. Potentiellement, j’aime tout et chaque histoire, chaque roman… doit me séduire individuellement. Mais, pour des raisons diverses et variées, je lis plus de SFFF et, jusqu’alors, je n’ai écrit que dans cette bulle.
Bref, je pense qu’un genre se définit par certains éléments du récit : tout n’est que littérature, mais, s’il y a une machine à vapeur, c’est peut-être du steampunk. Et j’ai tendance à croire que la Fantasy regroupe toute histoire qui n’aurait pas pu se produire, soit qu’elle se déroule dans un monde qui n’existe pas, soit qu’elle incorpore des éléments que la science actuelle considère comme improbables.
Sauf que ma définition de la Fantasy englobe allègrement la Science-Fiction et le Fantastique et que le côté « pratique quand on cause » s’y fracasse pesamment.
Du coup, je m’imagine le Fantastique comme une Fantasy light, où les éléments introduits par rapport à notre réalité sont relativement peu nombreux… mais ça ne marche pas toujours : si Buffy est clairement de la fantasy urbaine, avec le côté mythique de son monde, je ne sais pas bien où situer Supernatural et ses Apocalypses.
Quant à la Science-Fiction, j’y vais au feeling, en fonction de mon interlocuteur : s’il aime la SF et déteste la Fantasy, suivant si je veux qu’il ouvre un livre ou le fuit… Bon, ce n’est pas satisfaisant sur le plan intellectuel, mais, comme je l’ai écrit en préambule, j’imagine une théorie où je puisse m’y retrouver, je ne suis pas une experte.

Tout ça pour conclure que, lorsqu’on n’a pas fait d’études littéraires, mais qu’on aime bloguer, le plus sage est sans nul doute de ne parler que du livre qu’on a lu sans essayer de le resituer dans un contexte genré qu’on ne maîtrise pas du tout.
Car, pour répondre au billet qui m’a fait rire hier, mais dont les propos se retrouvent parfois sous diverses plumes, la Fantasy est peut-être « ce qui est imaginaire et n’est pas la SF ou le Fantastique », ou bien complètement autre chose, mais on peut quand même affirmer sans se tromper que :
– elle ne se définit pas par la longueur du texte : comme dans toute la littérature, on trouve des sagas de 50 tomes et des nouvelles de 10.000 signes ;
– elle ne nécessite pas forcément un univers complet avec background détaillé ;
– elle n’est liée qu’indirectement à la magie puisqu’il ne peut y avoir magie hors des genres de l’imaginaire ;
– elle peut être le terrain de chefs-d’œuvre ou de daubes (évidemment)…
Et, surtout, on peut ne pas aimer l’imaginaire et préférer « avoir les pieds sur Terre », mais on ne peut pas annoncer péremptoirement qu’une bonne œuvre de Fantasy serait une sorte de miracle peu probable.

Genres, mes amis, ou la découverte de l’arcanepunk

L’exercice de classification en genres est un exercice difficile, souvent périlleux, mais tout de même assez pratique.
Pratique parce que, par exemple, quand j’explique à mes amis que j’aimerais changer la déco de mon salon en steampunk, je n’ai pas besoin de plus que ce mot, pas besoin de me lancer dans des tonnes d’explications.
Périlleux parce que chacun va le revoir à sa sauce, en fonction de ses goûts, de ses objectifs…
Il y a quelques mois, je rédigeais un petit billet d’humeur pour dire que Buffy n’était pas de la bit-lit. En effet, si la bit-lit est de la chick-lit avec des bouts de créatures fantastiques dedans, Buffy n’a rien de la célibataire trentenaire qui se regarde le nombril en faisant du shopping. Buffy peut être apparentée aux super-héros, aux héros mythologiques (en avançant dans les saisons et en suivant Angel, on voit bien cet aspect de guerriers élus des dieux se développer), à la fantasy urbaine pour son monde proche du nôtre où la magie existe… Pourtant, suivant les chroniqueurs, Buffy est placée allègrement en bit-lit. Si cela ne correspond pas à ma propre qualification, cela convient forcément à ceux qui la font.
Toute classification est donc à prendre avec précaution et bonne humeur, en se disant que chacun agrémentera le tout à sa sauce et c’est bien le moins qu’on puisse attendre d’amateurs d’imaginaire 😉

Dans ce besoin de nommer le genre, je restais perplexe devant World of Warcraft : si c’est un univers où l’on retrouve certains éléments de l’heroic fantasy, la présence de vaisseaux spatiaux, de tramway, de dirigeables, de motos… ne laissait aucun doute sur le fait que ça n’en était pas.
Le genre le plus proche me semblait bien celui du steampunk où des machines à vapeur sophistiquées côtoient des ambiances un peu vieillottes. Mais quelque chose ne collait pas tout à fait…
Puis, il y a quelques jours, ma soeur m’a apporté le mot manquant : arcanepunk, un mot pour désigner ces mondes si proches du steampunk, mais où la magie prend une place importante.

Sur ce, et sans aucun lien logique, le moment semble adéquat pour vous souhaiter à tous un bon réveillon, si vous fêtez la Saint-Sylvestre, ou juste une bonne dernière journée en 2010 pour les autres 😉

A l’année prochaine.

Pourquoi Buffy n’est pas de la bit-lit…

… ou comment Cenlivane se lança dans un billet à 23h passées pour répondre à une copine sur une question inutile donc indispensable.

Parfois, d’un simple échange de deux lignes, on en vient à se poser de drôles de questions…
Bref… hier soir, France 2 diffuse Castle. Objectivement, ce n’est pas une « bonne » série, mais elle a le mérite d’être gentille (comme on l’entend ici, dans le midi ?). Gentille, on va dire, au sens de reposante, pleine de bons sentiments.
Et, ce qui ne gâche rien pour les yeux, le personnage principal est interprété par Nathan Fillion. Bien sûr que vous voyez qui c’est, il joue le méchant dans la dernière saison de Buffy contre les vampires et le héros de Firefly/Serenity !

Où en étais-je ?
Oui, hier soir, donc, je vais m’affaler devant Castle et, dans les secondes qui précèdent, sur FaceBook, je conseille à une copine d’en faire autant, pour se changer les idées, se détendre, toussa. Jusque là tout va bien.
Sauf qu’elle me répond qu’elle préfère se mater True Blood.
Bon, en fait, c’est son droit le plus strict, je ne le conteste pas, sauf que, perso, les couvertures des livres de cette série ont un peu un effet répulsif sur moi. Je lui réponds donc que la bit-lit ne me tente pas (ce qui résume en fait assez bien l’idée que je m’en suis forgée au fil du temps) et que, quand même Castle, Fillion, beau mâle… (Oui, je sais, l’argumentaire est pauvre, mais vaut ce qu’il faut !)
Elle, forcément, elle tilte : Fillion = Firefly !
Un peu monomaniaque, je la reprends : Fillion est avant tout le méchant dans le final de Buffy…
Sauf que, à la mention de Buffy, ma copine me répond qu’elle n’a jamais vu/lu de bit-lit, hormis True Blood.
Sa réponse me laisse sans voix : Buffy, de la bit-lit ? Comment a-t-elle pu se méprendre ? C’est de la fantasy urbaine, voyons !

Ben, justement, voyons…
Hier encore, cette copine ignorait l’existence du terme « bit-lit » et a donc googlisé. Et a appris que Buffy était de la bit-lit…
Du coup, ce soir, tout en regardant des rediffusions de Bones (ouaips, décidément, je suis bien beaucoup télé en ce moment), j’ai tourné la question dans ma tête.
L’idée derrière la bit-lit, grosso modo, c’est de vendre de la chick-lit avec des vrais morceaux de vampires dedans. Donc les aventures pseudo sentimentales, plus ou moins fortement teintées sexe, d’une trentenaire célibataire ou un truc du genre. Avec des aventures pour que l’eau de rose passe mieux ou que le sexe fasse moins « je lis un livre parce qu’il y a des scènes de cul dedans ». (Oui, je sais, je caricature, y’a forcément des trucs de qualité, comme de partout, mais je me fais l’avocat de la partie adverse ce soir.)
Ce qui n’a rien à voir avec Buffy, série qui démarre sur la base des séries avec des vrais morceaux de lycéens dedans pour dériver sur de la fantasy urbaine de qualité, avec une belle construction mythologique et tout. C’est encore plus flagrant dans le spin-off Angel où la romance est quasi absente.

Du coup, suis retournée voir mon ami Google pour voir si d’autres personnes avaient billeté sur le sujet.
Suis tombée sur Pourquoi Twilight n’est pas de la bit-lit ?1
Même si je n’apprécie pas Twilight et n’aurais donc pas choisi ce titre pour attaquer le sujet, suis assez d’accord dans l’ensemble. Pas plus que Buffy, Twilight n’appartient à la bit-lit.

Alors, à la question « pourquoi avoir voulu fourguer de la bonne fantasy urbaine (i.e. Buffy) dans un genre très marketé comme la bit-lit ? », j’imagine que la réponse est tout simplement pour donner des « lettres de noblesse ». Je suppose que c’est de bonne guerre, au sens où ça fait de la pub et tout… au risque de décevoir quand même. Comme le souligne l’article linké un peu plus haut, la bit-lit a une forte composante sexuelle qui n’en fait pas particulièrement un genre pour ados (même si, comme entendu hier dans Castle – on a les références qu’on peut – l’ado de 15 ans d’aujourd’hui a l’éducation sexuelle de l’adulte de 25 ans d’il n’y a pas si longtemps).

Ce qui m’ennuie dans tout ça et la raison, au fond, de ce billet, c’est que ma copine a la malchance de me connaître. Elle a donc une chieuse à disposition, toute prête à lui expliquer pourquoi Buffy est de la fantasy urbaine et même pas du fantastique, pourquoi la bit-lit est plus de la romance que de la fantasy, pourquoi…
Mais, pour tous les autres pas-ma-copine, Google les conduira tout droit vers cette idée. Et si, comme moi, ils n’apprécient pas trop le genre bit-lit, ils risquent de ne jamais découvrir Buffy s’ils ont oublié de la regarder quand elle passait à la télé, il y a si longtemps…

  1. Le lien est cassé (au 31/10/24), mais je vous le remets dès qu’il revient 😉 ↩︎