6 minutes #fantastique #fées
Michelle se concentre pour adopter le ton le plus dramatique possible, mais, s’il faut avouer qu’elle est une bien piètre actrice, Méjane est bon public.
– Je ne suis qu’un panda !
– Je suis une marmotte, répond sa fiancée, pas bien certaine d’avoir compris la règle du jeu.
– Mais non !
Effectivement, elle n’a pas compris.
– Que suis-je censée répondre ? se plaint-elle.
– Je suis un gros panda tout mou, c’est un fait, ça n’attend pas de réponse !
Méjane tapote sa cuisse et tente :
– Viens sur mes genoux, mon gros panda tout mou.
Tout en le prononçant à voix haute, elle se rend compte qu’elle ne sait pas quel peut être le féminin de panda. Y a-t-il un féminin, d’ailleurs ? Probablement, les nounours noir et blanc doivent bien se reproduire… quoiqu’il lui semble qu’elle ait lu quelque part que les grosses bêtes avaient des soucis à ce niveau.
Ses rêveries sont déjà loin du salon, quelque part en Asie peut-être, et Michelle a saisi l’absence dans le regard qui s’est fait brusquement lointain.
– Méjane !
La voix est stridente et ramène la rêveuse à la réalité. Le petit salon est meublé d’une affreuse façon depuis qu’elles ont emménagé ensemble il y a trois mois, entassant leurs affaires respectives dans le plus parfait désordre. Il faudrait qu’elle…
– Méjane !!!
La voix est plus impérieuse. Que lui veut le gros panda tout mou ?

