Peut-on divorcer sans se faire du mal ? | FIJ et JdR, partie 2

Lorsque j’ai rédigé mon billet samedi pour poser que le jeu de rôle (JdR) n’était désormais plus présent au Festival International des Jeux (FIJ) de Cannes, je ne me suis pas spécialement étendu sur le sujet.
Je voulais énoncer quelques éléments de contexte pour celles et ceux qui tomberaient dessus sans trop savoir, mais, après tout, charbonnier est maître chez lui. Si le festival n’est plus intéressé par le JdR, c’est comme ça.
Mon objectif était surtout d’informer les rôlistes qui ne sont pas de la région de ne pas faire le déplacement pour rien.

Je n’ai pas développé pourquoi je dis que le FIJ ne veut plus. Et, en réalité, si on ne connaît pas l’écosystème, on peut se dire que c’est le hasard, que les éditeurs vont et viennent, etc.

Dans le monde du jeu, il y a des secteurs qui représentent de gros marchés (comme le jeu vidéo, par exemple) et, de l’autre côté du spectre, il y a le JdR.
C’est une très faible économie.
Ce point est important car il entraîne que c’est un milieu qui n’a pas de leviers dans pas mal de situations. Alors, évidemment, je ne dis pas qu’il y a 0 argent, mais, si tu additionnes l’ensemble des chiffes d’affaires de tous les éditeurs de JdR, t’arrives pas à un chiffre très impressionnant (d’un point de vue capitaliste, s’entend).

Égoïstement, ça m’arrange.
En tant que nano-éditeur (aux Vagabonds du Rêve), plus le milieu est petit, moins nous sommes petits proportionnellement.
— T’es sérieux ?
— Qui sait ?

Quand tu prends un stand, tu as le coût du stand et, plus il est élevé, plus tu dois assurer de ventes pour le rentabiliser donc plus tu dois faire venir de personnel, dont le transport et le logement a un coût.
Si tu réunis plusieurs secteurs non comparables (comme ici le JdR par rapport à d’autres formes de jeux), mais que tu appliques les mêmes conditions d’entrée (prix du stand trop élevé par rapport aux entreprises concernées), de facto, tu décides de les exclure.
Alors, oui, tes motivations sont rationnelles (i.e. ils ne te rapportent pas assez), mais on peut questionner ce choix quand il ne s’agit pas d’une entreprise privée rendant compte à des actionnaires, mais d’une initiative publique et culturelle…

Bref…
Ayant vu ce divorce arriver il y a un bon moment, je me sentais plutôt en mode /blasé.
Et puis, en discutant avec un ami, j’ai repris le plan par curiosité.
Le plan du #FIJ2026 niveau -11

Le rose matérialise un ensemble « Figurines, JdR, Wargames ».
Déjà, il y en a très peu (mais je l’ai déjà dit), mais, dans ce très peu, on a des dés et accessoires. C’est super sympa dans un gros festival plein de JdR, où tu vas acheter des goodies en plus. Là, disons que… bon… bof…

Mais un nom m’interpelle : Oracle Constellation Chamanique & Guérison Ancestrale.
Ça ne sonne pas JdR ou accessoires ou… et le nom ne ment pas.
Je vous laisse vous faire votre idée.
On peut déjà se demander ce que ça vient faire dans un festival des jeux (et pas un salon de l’ésotérisme ou un truc du genre) et, double effet Kiss Cool, comment ça se retrouve sous l’étiquette rose ???
(Oui, les 3 points d’interrogation, c’est pour ne pas vous cacher que ça m’agace un peu. C’est pas comme si le JdR était ultra-connu et grand public…)

En continuant (et je me dis qu’il vaut mieux que je n’aille pas plus loin, pour ne pas me faire monter le tension), je découvre aussi HUBER – THE MANSION PRESS.
Je me suis dit : « Tiens, c’est étrange, un éditeur de jeu de rôle que je ne connais pas ? »
Ben, c’est normal, c’est pas un éditeur de JdR. Ça doit être pour ça.
Ils font de la bande dessinée.

Y’a plein d’autres choses qui m’interpellent, mais je pense que vous avez l’idée d’ensemble.
Tu ne veux pas de JdR, OK, c’est ton choix, mais faire croire qu’il y en a, mais que c’est autre chose, c’est quoi l’idée ?

Ce billet a également été publié sur la #TribuneVdR.

  1. C’est intéressant de regarder aussi les autres niveaux… ↩︎

Auteur/autrice : Cenlivane

Ecrivain·e, Poète·sse, Blogueur·se