Moonlight 月光变奏曲 (2021)

Une comédie romantique pas extraordinaire, mais dont les motifs me parlent trop
36 épisodes de 40+ minutes
Réalisateur : Elson Chang
Scénaristes : Zhu Qi et Qiu Ting

Cela fait 3 ans qu’ils ont une relation en ligne, mais ils ne se sont jamais rencontrés irl. Après avoir fini ses études (de finances, suivant le souhait de ses parents, mais pas les siens), Elle (Esther Yu) débarque à Shanghai, bien décidée à devenir éditrice dans une maison qu’elle admire beaucoup.
Lui (Ding Yu Xi) est un auteur de Fantasy, qui a eu beaucoup de succès avec son premier roman, mais qui est en froid avec son père, écrivain célèbre aussi, parce que ce dernier estime qu’il n’écrit pas des choses sérieuses / historiques / à visée pédagogique.
Ils se rencontrent quand Elle veut lui faire signer un contrat : parce qu’elle se confie à Lui-en ligne, le considérant comme son meilleur ami, il la reconnaît et, comme il tenait déjà beaucoup à elle, il en est immédiatement amoureux.
Il va bien sûr lui cacher qu’il est le gars en ligne et, quand elle se retrouve sans logement, il lui propose d’emménager chez lui puisqu’il a une chambre libre.

Lui2 (Yang Shi Ze), le meilleur ami de Lui, également jeune écrivain à succès et libraire, va crusher sur Elle et la courtiser un peu avant de revenir vers Elle2, éditrice dans une autre maison et son ex, avec qui il a une relation compliquée.
Le Méchant est l’un des collègues-éditeurs d’Elle. Il considère les écrivains comme de simples machines à rapporter du pognon, qu’il peut malmener et jeter.

Alors… ça n’est pas très bon, mais j’ai bien aimé.

Le plus gros point noir, à mon avis, est la caractérisation de Lui.
Elle, n’ayant pas le soutien de ses parents dans son choix de carrière, est très juste financièrement1 et cela justifie qu’elle accepte d’emménager chez lui.
Lui n’a pas le soutien non plus de ses parents. Comment habite-t-il cette immense maison ?
L’histoire fonctionnerait très bien s’il vivait en appartement avec deux chambres.
Il n’a publié qu’un seul roman, on ne nous dit pas qu’il a eu des héritages ou qu’il a acheté des actions ou qu’il travaille dans le jeu vidéo, donne des cours, n’importe quoi : je suis bon public !
L’histoire s’étale sur 2 ans. Il n’écrit pas tant que ça, achète des tonnes de livres, joue aux jeux vidéo… et, quand il arrive un souci (moment de tension de l’histoire), il ne s’inquiète jamais pour l’argent. D’ailleurs, quand il en gagne, il décide d’investir dans une fondation (c’est très cool, mais tu vis de quoi ?).

La 1ère partie est une comédie autour la relation amoureuse d’Elle et Lui, sachant que Lui cache qu’il est aussi son ami en ligne.
La 2e partie est plus mouvementée avec le Méchant qui passe à l’action, disons.
Je n’ai pas aimé le Lui2 du début et sa relation avec Elle2.
Parce que leur relation est inutilement compliquée alors qu’on est dans le registre de la comédie. Et parce que je n’ai pas trouvé cohérent comment Lui2 passe d’Elle2 à Elle puis à Elle2… Il y a un côté artificiel, genre prétexte pour que Lui ait un rival.

Néanmoins…

J’ai regardé et aimé à cause des motifs :
le principal est que le héros, auteur de Fantasy, est dénigré par son père parce qu’il écrirait une sous-littérature et il va finir par être reconnu ;
mais on a aussi le fait qu’un éditeur est là pour aider l’auteur, corriger les manuscrits… et le Méchant est celui qui ne les considère pas, veut par exemple faire écrire à une autrice dans des genres qu’elle ne maîtrise pas.
A un moment, Elle doit recruter de nouvelles plumes et elle lance une autrice qui écrit dans un genre inspiré des codes modernes des animes et jeux. Elle défend donc auprès de son chef, monsieur sympathique, mais âgé, la diversité de la littérature.

Si la réalisation n’est pas géniale, j’aime bien les acteurices : on retrouve le cast des 3 personnages principaux de Love Game in Eastern Fantasy
et les scénaristes seront plus tard aux commandes de The Rise of Ning.

  1. Quelque soit la pauvreté du personnage qu’elle incarne, Esther Yu ne porte jamais deux fois la même toilette, mais se trimballe juste une seule grosse valise… ↩︎

Auteur/autrice : Songe au bord du fleuve

Ecrivain·e, Poète·sse, Blogueur·se