14.800 signes – 14 minutes #insolite #sciencefiction #fantastique
Tout a commencé quand…
J’imagine que c’est ainsi que débute une histoire.
Il y a le quotidien.
Les personnages suivent leur petite vie ordinaire.
Brusquement, un évènement particulier et tout bascule.
Plus rien ne sera jamais comme avant…
Tout commence donc quand Vincent Vasseur tombe en panne sur le chemin qui passe devant la tour. Enfin, à proprement parler, il ne tombe pas en panne, c’est sa voiture, forcément. À ce moment précis, je ne sais pas encore qu’il s’appelle Vincent Vasseur, qu’il est avocat au barreau de Nice, qu’il va avoir trente-deux ans dans une semaine, qu’il est célibataire.
À ce moment précis, je suis en train de ranger les surgelés dans le congélateur qui se trouve dans l’appentis. Le congélateur ne fonctionne pas et je pourrais tout aussi bien mettre les surgelés dans un placard quelconque, mais, je ne sais pourquoi, j’aime assez l’idée que les surgelés soient rangés dans le congélateur.
De l’appentis, j’entends donc un bruit de voiture sur le chemin, ce qui me surprend puisque le facteur vient de repartir en me laissant la livraison de surgelés et d’autres petites choses, comme des revues, du savon…
Le bruit de voiture meurt doucement : une belle automobile, toute brillante et chromée, est tombée en panne près de chez nous.
Je m’avance, curieuse. En plus du courrier, le facteur nous sert de lien avec le reste du monde que mes recherches sur le net m’ont appris à nommer la Terre. Hormis donc le facteur et ses livraisons hebdomadaires, personne ne vient jamais ici.
Personne.
La voiture est arrêtée et un jeune homme en sort. Il a l’air tout embarrassé et, dépité, il contemple ses pieds : ses beaux souliers vont s’écraser dans la boue. Il m’aperçoit, marque un léger temps d’arrêt, comme si quelque chose dans mon apparence le troublait, mais se reprend aussitôt et s’avance :
— Madame, je vous prie de m’excuser, je m’appelle Vasseur, Vincent Vasseur. Ma voiture vient de tomber en panne et mon portable n’a pas de réseau. Si vous permettez, je peux peut-être appeler un garagiste depuis chez vous ?
Je n’ai pas vraiment écouté ce qu’il disait, mais il a une voix posée et douce, quoiqu’un peu trop aiguë.
— Le téléphone est dans l’entrée, allez-y, je réponds sans plus de formalités.

