Des réseaux sociaux

Un outil n’est par essence ni bon ni mauvais, c’est simplement un outil.
Evidence que l’on oublie parfois, le regard rivé sur le support…

Vous souvenez-vous de cette époque où nous ne disposions que de la lettre postale et du téléphone (sans répondeur, sans le nom de l’appelant qui s’affiche, sans…) ?
Nous ne souhaitons jamais perdre le contact avec les gens auxquels nous tenons, mais ça se fait tout seul :
Tiens, cela fait n semaines que je n’ai pas eu de nouvelles d’Untel. Un coup d’œil à l’horloge : il est 22:00, beaucoup trop tard pour l’appeler. Demain ? Mais, demain, la pensée reviendra à la même heure…
Le mail : facile, gratuit, pour prendre des nouvelles à une heure indue.
Et désormais les réseaux sociaux pour s’assurer que ceux qui n’ont pas eu le temps de se manifester sont bien au courant que et que…

Mais c’est une illusion : toutes les news se mélangent et, non, Untel n’aura pas vu que et Machin ne saura pas que.
Parce que nous ne sommes pas des machines, parce que nous n’arrivons pas à traiter autant d’infos, que nous avons déjà parfois du mal à nous souvenir de ce qui nous a été dit à nous, en particulier.

Si, professionnellement, la nécessité du réseau social ne laisse aucun doute et se traduit dans les stats des sites web, dans les commandes reçues par les uns et les autres, les prises de contact,
au niveau personnel, le bilan devient mitigé, voire amer.

Infos qui défilent et humeurs qui nous submergent,
empathie pour ceux qui sont tristes,
jalousie pour ceux qui semblent tellement plus heureux,
photos qui se percutent et, au milieu,
les exploits d’un enfant qui nous parait bien laid (mais peut-on avouer ce genre de choses ?)
ou le selfie d’un couple tout sourire, visiblement in love, alors que nous savons qu’il n’y a plus d’amour entre les deux êtres qui se collent, retenus l’un à l’autre par l’habitude, la peur du changement ou de la solitude,
chagrins qui nous paraissent futiles,
colères qui nous laissent de marbre…

Nous glissons dans l’intimité de l’autre, en percevons des fragments déformés, nous montrons…
Nous entendons-nous encore ?

Un outil n’est ni bon ni mauvais, mais qu’en faisons-nous ?
Il est si doux, certains soirs, de ne pas être seuls, de partager avec ceux qui sont loin comme si nous nous étions retrouvés au café d’en bas, mais passerions-nous toutes nos soirées au café d’en bas ?

Persuadée de l’utilité des réseaux sociaux sur lesquels j’assure une veille professionnelle nécessaire, leur brouhaha me laisse un sentiment étrange
et je n’arrive plus à y partager les bêtises avec lesquelles j’espérais faire sourire et que j’ai vu prises au sérieux,
je n’arrive plus à y parler puisque je ne sais qui m’entend,
je n’arrive plus à y voir les visages de ceux qui m’auraient rejoint au café d’en bas.

Panier de news en vrac

A mon grand regret, je ne suis pas une blogueuse très active.
Pourquoi ce regret ? Dans le monde parallèle où je suis une écrivaine célèbre et riche, je suis également une blogueuse tout à fait active : je partage moult billets sur les derniers films que j’ai vus, les derniers restos où j’ai déjeuné, mes dernières trouvailles technophiles ou très mode (oui, dans ce monde, n’ayons peur de rien, je suis coquette, habillée avec élégance et ma garde-robe déborde de trouvailles plus géniales les unes que les autres). Cela va sans dire, chacun de mes billets est accompagné de photos tout à fait sublimes, éclairées comme il faut, en plein dans le sujet, pleines de poésie. En parlant de poésie, d’ailleurs, chaque mois, je poste également mon dernier poème, inspiré et tendre, romantique ou érotique, triste et gai.
Bref.
Je vis dans cette réalité.
Où les jours défilent à toute allure, où je suis en retard sur tout, où ma boîte de réception prétend contenir 2.000 méls, où…
Puis, brusquement, tu te dis : hé, pose-toi cinq minutes et mets quelques news au propre, ça ne peut pas faire de mal à ce pauvre blog qui se sent délaissé !

Alors…
Tout d’abord, je serai présente samedi et dimanche à Octogônes. Cette convention lyonnaise est probablement, avec le Festival International des Jeux (à Cannes, où je serai aussi du 26 au 28 février), le gros évènement annuel du jeu de rôle. J’y porterai ma casquette d’éditrice des Vagabonds du Rêve (Julien Guibert et Aldo Pappacoda y maîtriseront chacun leur jeu), de directrice de Nice Fictions (si vous souhaitez en savoir plus sur le festival, proposer des partenariats et animations…) et de présidente de la FFJdR (dont l’AG annuelle se tient en ce moment, sur le forum, jusqu’au 24 octobre).

Côté Vagabonds du Rêve, nous sortirons donc deux jeux début 2016 : Terres Suspendues « édition spéciale 10 ans » de Julien Guibert et Chiaroscuro d’Aldo Pappacoda.
Chacun va faire l’objet d’un financement participatif via Ulule : ce sera du 26 octobre au 11 décembre pour Terres Suspendues et du 9 novembre au 25 décembre pour Chiaroscuro.

C’est Yvan Villeneuve qui a réalisé l’illustration de l’affiche de Nice Fictions 2016

Pour Nice Fictions, dont la 2e édition se tiendra du 22 au 24 avril, les choses avancent et nous comptons déjà des partenariats avec la BU de Saint-Jean-d’Angély, le CROUS, la bibliothèque municipale de Nice…
Du coup, la BU m’a demandé d’animer un atelier d’écriture mensuel, ouvert aux étudiants et aux personnels de l’université.
L’une des réalisations de cet atelier sera la participation au concours annuel de nouvelles du CROUS, dont Nice Fictions est partenaire et dont le premier prix national est tout de même doté de… 2.000 €.
Ça me motiverait presque à recommencer un recensement des appels à textes et concours sur ce blog, mais je ne me promets rien.

Dernier chantier, mon anthologie Cités italiennes pour Rivière Blanche.
Je suis hélas terriblement en retard car je m’y suis lancée à un moment peu favorable (je préparais alors la première édition de Nice Fictions) et d’urgence en urgence…
Je travaille donc encore actuellement à la sélection des textes et j’espère que les auteurs qui attendent mes réponses ne m’en voudront pas trop.

Voilà, il me semble avoir fait le tour des actualités et, pour le reste (comme ce roman bien avancé, mais pas fini), ce sera l’occasion d’une autre histoire.

Bonne soirée à tous !

Etre une bombe… ou pas

Dans la Grande Gare Avant la Vie :
— Et, pour le corps, tu veux quoi, ma petite ?
— Ben, je veux bien être une bombasse !
Le Lutin m’a regardé par dessus ses lunettes de bigleux et il m’a dit :
— OK, ça marche.
Je crois qu’il n’était pas que bigleux, il était sourd aussi. Du coup, il m’a donné un corps… de bombe à retardement.
Avec moi, les médecins ne connaîtront pas la crise du travail.

Fermeture du service Acquisitions

Après une longue enquête de plusieurs mois, notre comité scientifique est parvenu à quelques conclusions : pour pécho, une femme ne doit pas seulement porter des jupes courtes et avoir de la conversation (non, non, esprits chagrins que vous êtes, la conversation n’est pas toujours un malus), mais elle doit avoir acquis une sorte de codex un peu étrange qui permet au mâle pataud de comprendre qu’il lui plait.
Notre équipe n’a pas pu établir avec précision la nature de cet étonnant codex, mais il a la conviction que cette acquisition demande des efforts.
Le service Investissements-Acquisitions s’est donc à son tour saisi du dossier pour établir la rentabilité de ce modèle et vient de rendre son rapport définitif : si notre sujet d’étude souhaitait « pécho », il lui faudrait déployer des ressources (mieux employées à « glandage » et « farniente »), tout ça pour « tirer quelques coups », avant la conclusion inévitable « les histoires d’amour finissent toujours mal ».
(Oui, bon, OK, toi, lecteur qui suit et a lu jusqu’à là, y’a un biais sémantique puisque l’amour n’existe pas… mais, bon, qui lit vraiment mes billets ALC sur ce blog ???)
Bref, le PDG a pris sa décision : la branche Séduction-Vie sentimentale vient d’être définitivement fermée en ce beau jour de mai 2015, après 42 ans de pertes annuelles répétées.
On murmure dans les couloirs que cette décision de la direction en soulage plus d’un.
Moi, je dirai juste : « Je l’avais bien dit ! »

Peut-on prendre congé

de sa propre vie ?
Se réveiller un matin d’été
et s’avouer ce qui ne se dit :
je ne suis pas au bon endroit,
je ne suis pas au bon moment.
Je me suis perdu et je te mens,
ma place n’est pas avec toi.

Peut-on prendre congé
quand on a promis de s’aimer ?

C’est un matin qui s’est levé de bonne heure.
Un matin de boulot, aux rues bruyantes et agitées.
Un de ces matins où j’ai peur,
où tu me regardes, où tu as pleuré.

Je suis sorti sans fermer à clé,
en m’excusant de t’avoir aimée.
C’est un de ces matins où j’ai peur,
où je sais que je dois te quitter.
Une page s’est éteinte dans mon cœur,
je dois prendre congé.

Je m’éloigne silencieux,
probablement un peu honteux.
Quelque part, dans le quartier,
il est parti juste bosser.
Il te retrouvera à ton bureau,
il s’arrêtera pour que tu pleures.
Il saura trouver les bons mots.
Il saura relancer ton cœur.

Il ne prend pas la suite de mon congé,
il t’aime sans jamais planifier.
Je n’étais pas au bon endroit,
ma place n’était pas avec toi.

Retour au néant…

J’ai un pouvoir magique : je fais disparaître des choses.
Là, vous vous dites : oh, trop cool, elle élimine les soucis, les calories… un truc badass comme ça… mais pas du tout 🙁
Je fais juste disparaître des choses au hasard, bonnes ou mauvaises. Par exemple, je prends un nouveau poste et des spécificités liées à ce poste, bonnes ou mauvaises… pouf ! repartent dans le néant o_O

Parallèlement, comme toute bonne rêveuse procrastineuse, je prends régulièrement des bonnes résolutions avec la ferme intention de ne jamais les tenir.
Lire plus, écrire plus, etc.
L’une de ces résolutions, gourmande que je suis, est de réaliser des chroniques culinaires, par exemple sur les adresses que je découvre à travers la ville.
Un jour de bonne motivation, alors que j’étais sortie déjeuner avec deux amis, je me suis attelée à la tâche : j’ai pris des photos de nos plats et, le soir venu, je me suis créé un compte sur Tripadvisor et ai rédigé une petite chro en bonne et due forme.
Le resto a fermé.
Bon, il va être remplacé par un Big Fernand que j’irai tester, mais…

Parmi les quêtes qui me tiennent à cœur, il y a la recherche du kébab délicieux. Et, récemment, sur les conseils d’un pote de Cadette, il semblerait que la Réponse ait été trouvée.
En dégustant l’excellent kébab dans son naan au fromage, je songe : ne devrais-je pas aller poster le résultat de mes recherches sur Tripadvisor ?
Mais un étrange pressentiment me retient… *petite musique angoissante*

Ta bouche, source de poésie et de baisers

d’où pointent les piques taquines
qui m’assassinent.
Ta bouche, ta langue pimentée
que cherche ma langue énamourée.
Tes yeux rieurs
frondeurs
douce insolence
qui m’élance.
Je devrais fuir
me protéger
ne pas subir
ne pas t’aimer.
Mais ton fouet me caresse
et aiguillonne ma tendresse.
Le regard de mes amis
posé sur ma folie
picote mon esprit.
Leur dirais-je que tu m’enchaînes
que tu m’affrontes, que tu me peines ?
Leur dirais-je que je t’entraîne
que je te prends, que je t’emmène ?
Voudraient-ils me comprendre ?
Accepterais-je de les entendre ?
Sous tes piques assassines
où se redresse mon épine
ton corps m’entraîne et me domine.
Détournez le regard
pour moi, il est trop tard,
sous le flot, je me soumets,
le prix de te baiser.

En Quête du PC…

C’est en général le samedi soir, quand on est coincée seule devant son PC, qu’on se rappelle qu’on n’a toujours pas trouvé de PC (suivez un peu !).
Pas le vendredi, parce que, le vendredi, c’est soirée JdR ou teuf avec les copines qui s’arrachent, pour quelques heures trop brèves, au mari et aux enfants.
Bref, pas de PC le samedi soir, c’est pas de cavalier donc pas de diner chez les couples qui n’invitent que d’autres couples, ni de diner romantique au resto avec les chandelles et tout le bordel.
Pas de baise non plus, du coup, forcément, mais, ça, c’est pas forcément pire que chez les copines mariées.
Pas de PC, pas de ciné. Et y’a rien à la télé.
Cela dit, ce samedi soir est un peu différent puisque Soeur Jumelle a mis la main sur un élixir d’amour.
Mais une nouvelle question se pose donc : à quoi sert un élixir d’amour ?
Transforme-t-il Vilain-Crapaud-de-la-Compta en PC ou détourne-t-il le PC des autres femmes vers soi ?
La question reste ouverte car le PC est-il bien le PC dans de telles conditions d’acquisition ? Et que peut-on lire sur les petites lignes de la notice ?
Devant tant de mystères, il convient de se poser et de réfléchir.

Saut…

Nous ne faisons jamais de réel choix.
Quand nous nous retrouvons à un carrefour décisionnel, le contexte, une personne de notre entourage, notre état de santé, les conseils d’un ami… nous poussent dans une direction. Que nous suivons.
Notre seul choix, car il nous en reste un, est celui d’apprendre à sauter.
Au prochain carrefour, quand le petit sentier de terre porte la pancarte « rêve de toute ta vie », nous pouvons décider de quitter une route plus large pour l’emprunter.
Comme nous pouvons choisir de faire une pause pour manger un cornet de frites chaudes avant de repartir.
Il faut juste sauter. Sur l’occasion qui se présente. Sur le rêve qui s’esquisse. Sur le sourire qui s’entraperçoit.
Et tant que tu sautes, tu ne vieillis pas. Oh, évidemment, ton corps craque un peu, deci delà, mais ton esprit rêve, rêve et rêve encore.
Tant que tu sautes.

Avoir à nouveau vingt ans

Aimer comme une enfant
Être jalouse et possessive
Être naturellement excessive
Te couver, te garder, t’insulter
Te haïr et te baiser

Nous sommes assis sur ce banc
Nous n’avons plus vingt ans
Pas de scènes, pas de larmes
et ton sourire qui me désarme

Qu’as-tu fait de nos passions,
de nos folies, de nos ambitions ?
Tu me regardes, tu me souris,
tu désamorces ma furie

La bête est en cage,
on accusera son grand âge,
mais pris au piège sous les barreaux
tourne et s’emboucle mon cerveau

Coincée sur la bordure
entre « tu dois » et « c’est ainsi »
tant que survit ta triste armure
qui te maintient dans cette vie

Se plier ou refuser,
se soumettre et accepter ?
De quel côté dois-je sauter ?
Aurais-je le courage demandé ?

Avoir à nouveau vingt ans,
ne pas savoir comme une enfant

L’univers chante

mais tu ne l’entends pas
Un souvenir qui te hante
et qui couvre mes pas
Je suis à tes côtés
ombre fragile et solitaire
Je marche avec l’été
mais ton chagrin me fait taire
Qu’avait-elle que je ne t’offre pas ?
Qu’attends-tu que je n’ai pas ?

On dit que les chagrins d’amour
durent au moins tout le jour
La nuit nous a emportés
mais tu ne l’as pas laissée

Je t’aime, je suis là
L’univers chante
et accompagne mes pas
Ce souvenir qui te hante
m’emporte loin de toi

Adieu, mon triste roi

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants (2014)

Ce n’est qu’une fois arrivé à l’âge adulte que l’on comprend (enfin !) que cette phrase, concluant les histoires d’amour, est une licence poétique : elle est fausse, mais c’est ainsi qu’il convient de terminer. Parce que personne n’a envie d’expliquer à ses enfants que, yep, les histoires d’amour finissent toujours mal, que la vie n’est que larmes et sanglots et que les seuls qui ont vraiment tout compris, ce sont les fabricants de mouchoirs en papier.
Personne n’a envie d’expliquer à ses enfants que, yep, il n’aime plus maman, mais c’est parce que les années ont trop passé et que maman n’était pas la princesse charmante. Et que ça pourrait être… tiens, elle, pourquoi pas ? Ou elle ? Ou bien encore elle ? Ou lui ?
Personne n’a envie de savoir ce qui s’est passé ensuite, quand la flamme s’est éteinte, quand la passion est partie. Personne n’a envie d’écrire sur ce monde devenu gris et terne où la solitude de l’isolé se confond avec la solitude de l’accompagné.
Personne.
Il y a carrément des histoires d’amour qu’on n’a même pas envie d’écrire, même en la finissant par une phrase convenue, parce qu’il ne s’est rien passé : ce n’était pas le bon moment, ils n’étaient pas en phase, ils sont restés sur un malentendu, il n’a pas su qu’elle voulait qu’il l’embrasse, elle ne l’a pas rappelé…
Pourtant, c’est à cause d’une de ces histoires, fades, ennuyeuses, tellement bourrées d’incompréhensions qu’on a envie de prendre les deux amants et de leur cogner la face à coup de pelle, pour leur bêtise, leur maladresse, leur existence même qui insulte Cupidon… qu’elle est devenue ce qu’elle est aujourd’hui.
Grise et terne ? Non. Elle rayonne. Elle est sure d’elle. Parce qu’elle n’attend plus rien. Elle n’espère plus. Elle sait qu’elle est seule comme une évidence, si claire, si tranchante, que ceux qui l’approchent se coupent dessus. Elle a forcément des soupirants, mais elle ne les voit pas.
Elle avance.
Nous nous sommes d’abord croisés à la machine à café. Un « bonjour » poli, souriant, parce qu’elle sourit souvent. Comme elle pleure, le soir, parfois, quand elle est seule chez elle. Et plus elle pleure, plus elle sourit.
Puis je l’ai dépannée. Parce qu’elle avait précisément idée de l’outil dont elle avait besoin dans son travail et que personne n’était assez disponible ou, simplement, ne l’entendait. Elle m’a remercié, je l’ai invitée à prendre un café.
Nous sommes devenus amis.
Et puis j’ai commencé à l’aimer.

J’aime un fantôme qui s’en est allé

Ne reste qu’une frêle image du passé
Cet homme calme et froid
qui a sa voix
son regard lumineux
et dont l’écho trompeur
me rappelle que nous étions deux
Triste ardeur…
Le passé s’est confondu au présent
trainant de faux sentiments
Quel mauvais tour me joue la vie
m’enchaînant le cœur et l’esprit
à une histoire vécue
qui s’est perdue
dont la plus petite étincelle
s’est fait la belle
L’amour ne revient jamais
On croit qu’il a été
et sous le pas lourd
du poids des années
reste ce bruit sourd
de tendres étés
— Tu ne lui dois rien
Apaise ton chagrin
Le spectre sourit
Ça ne signifie pas qu’il vit

Peut-on croire que l’on a aimé un jour

si l’on n’a connu de chagrin d’amour ?

Ton beau visage froid sourit
Pas une ombre ne glisse
sur sa surface lisse
Pas un bruit, pas un cri
pas le moindre souci
Le silence et la paix
maîtres des lieux
La quiétude est la clé
de tes cieux.

Je pleure, je ris
je souffre et je vis
La douleur tord mes boyaux
la terreur brise mon cerveau

Quand elle sera trop forte
il me faudra la taire
Ce n’est que morte
que je pourrais m’en défaire

Pourquoi ce mal
s’il n’est que disputes et larmes ?
Est-ce vital
de prendre les armes ?

Qui peut aimer
s’il ne combat pas ?
Qui peut respirer
s’il ne lutte pas ?

Mes yeux pleurent,
mais ce n’est pas un leurre :
au travers de leur voile
je vois les étoiles.
Si tu ne souffres pas,
tu ne hurles pas,
tu n’entends pas,
tu ne vis pas.

Comment pourrais-je t’en vouloir ?
Ta froideur construit mon espoir :
mon cœur bat, mon cœur crie
ma douleur est ma vie.

Quand on pose de mauvaises questions…

… on ne peut avoir que de mauvaises réponses, dit le Sage.
Bien évidemment, s’il fit cette réponse, c’est uniquement parce que son épouse, l’ayant surpris le dard planté dans une autre (si elle vient de le surprendre, elle ne peut être au coeur de l’action, suivez un peu !), lui demanda : « Mais, enfin, mon ami, que faites-vous ? »