Matrimonial Chaos | 최고의 이혼 (2018)

Une petite comédie autour du mariage, du divorce, des notions de couples et de familles…

32 épisodes de 30 minutes
Disponible sur Viki sous-titré en français

Et, si les deux couples principaux sont hétérosexuels, on notera — suffisamment rares dans les dramas coréens pour être signalé — un mignon couple lesbien.
Bon, OK, un couple très soft sans bisou ni rien, mais un couple qui est présent… et plusieurs femmes qui emménagent ensemble dont une pour fuir un mari infidèle (et bête et moche).

Mention spéciale à la scène où l’une des jeunes femmes explique à son ex-petit ami qu’il l’a violée et où on voit tout le déni, le « mais les femmes disent non, mais ».

Daily Dose of Sunshine | 정신병동에도 아침이 와요 (2023)

12 épisodes de 50/70 minutes
TW suicide, automutilation

Série toute récente puisque sortie vendredi dernier sur Netflix.
Elle1 (Park Bo-young) est infirmière en hôpital psychiatrique.
C’est tout ?
C’est tout.

Elle1 mute en Psychiatrie à la demande de sa cheffe précédente, qui la trouve « trop gentille », comprendre que, comme elle prend le temps de faire attention à chaque patient·e en situation de sous-effectif, elle est « trop lente ».
Nous voilà donc à suivre le quotidien d’Elle1, of course, mais également de son meilleur ami, Lui1, qui a démissionné de son précédent travail où il gagnait bien sa vie, d’Elle2, sa collègue infirmière, qui semble si froide, de Lui2, chirurgien colorectal qui s’éprend d’Elle1, de Lui3, docteur en psychiatrie épris d’Elle2…
Si des couples se forment, nous ne sommes clairement pas dans la Romance, juste dans le quotidien qui va nous attacher à plusieurs patients en lutte contre la maladie mentale.

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De la pulsion monogame et de l’étrangeté des fans

Attention, ce billet contient des spoilers sur Lost You Forever.

Dans une romance, A et B s’aiment. C aime A, mais ce n’est pas réciproque. Evidemment, pour la tension narrative, B va le croire (que A aime C), mais ce sera un malentendu.
En bonus, si la romance est voulue particulièrement feel good, C doit trouver l’amour à son tour avant THE END.

J’ai longuement parlé de Lost You Forever dans un premier billet et je suis revenue dessus dans un second.
Tout en ayant vraiment beaucoup aimé et la saison 1 du drama (la saison 2 n’est pas encore dispo) et le roman, je reste sur deux gros reproches.

Mon 1er reproche est la fin inutilement triste et qui qualifie LYF en drame et non en romance.
Même si l’héroïne, XY, finit avec l’un des deux hommes qu’elle aime (TSJ), le second (XL) meurt sans qu’elle sache jamais ce qu’il aura fait pour elle et… il en aura vraiment fait des tonnes : il la ressuscite lorsqu’elle est assassinée la première fois, il lui apprend le tir à l’arc et lui procure un arc supra-génial, il (lister ici plein de choses que j’ai oubliées tellement il y en a)… mais, en plus de tout cela, il sauve la vie de son fiancé !
L’amour nous sécurise parce qu’on éprouve ce que les gens qui nous aiment font pour nous et je trouve ça cruel / inutilement dramatique que XY ignore combien elle a été aimée.
De plus, même si l’amour de XY pour CX n’est pas de « nature romantique », il reste très fort et, franchement, quand, sur 3 hommes que l’héroïne aime, 2 finissent mal, il est difficile de parler d’une happy end.

Si mon 1er reproche est donc personnel, j’en ai un second plus… général.

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Lost You Forever | 长相思 (2023) – LE drama de l’été 2023 ou le drame à très hautes doses

Attention, étant donné ce que j’ai l’intention d’écrire dans ce billet, je vais largement spoiler : vous voilà prévenu·es !

Je suis tombé sur ce drama complètement par hasard. Sur la page qui lui était dédiée, Viki annonçait 24 épisodes, la plupart était sous-titrée en français, j’ai cru naïvement qu’il s’agissait d’un ensemble fini (après tout, 24 épisodes, ça fait de quoi !).
(Edit au 21/8/23 : Il s’avère que c’est LE drama de cet été 2023. Je suis à la page malgré moi !)
J’ai donc commencé à binge-watcher tranquillou, c’était plutôt addictif… avant d’apprendre que :

Lost You Forever est l’adaptation récente du roman (2013) de l’autrice chinoise Tong Hua et la suite de A Life Time Love que je n’ai pas vu et qui raconte a priori l’histoire des parents de l’héroïne, Xiao Yao (XY).
Le drama est découpé en deux saisons pour une raison purement règlementaire : de ce que j’ai compris, afin d’éviter les délayages intempestifs, la Chine interdit de dépasser une certaine longueur par saison, mais tous les épisodes ont déjà été tournés et, dans tous les cas, l’histoire a bien une fin depuis 2013 donc.

Au moment où je rédige cette chronique, je n’ai vu que les 34 épisodes (sur les 39 de la saison 1) sous-titrés en français, mais j’ai été lire plusieurs spoilers et passages du roman (disponible en ligne en anglais).

Tout d’abord, je dois souligner le bonheur de découvrir le cadre (fantasy) de cette histoire.
On a des royaumes en guerre avec tout un tas de familles, liées les unes aux autres par des alliances ou des trahisons, et plusieurs sortes de divinités, de démons, d’animaux incarnés, de magies…
L’échelle de temps peut être un poil déroutante car les personnages principaux sont des divinités qui vivent plusieurs centaines d’années.

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Doom at Your Service | 어느 날 우리 집 현관으로 멸망이 들어왔다 (2021)

16 épisodes de 60+ minutes

Elle1 (Park Bo-young) est atteinte d’une maladie incurable et va mourir. Lui1 (Seo In-guk) est la Mort.
Cela faisait quelques temps que la série me faisait de l’œil, s’invitant dans les suggestions que me faisait Netflix, mais je peinais à la lancer : un personnage principal qui va mourir, c’est un sujet qui n’est pas simple et ça peut donner du très bon comme du très mauvais…

Et puis l’ennui des journées d’été m’a fait franchir le pas. Heureusement.

Elle1 a une vie de galères. Orpheline, responsable de Lui4, son jeune frère, elle travaille comme éditrice, mais le PDG est toxique et incompétent et elle découvre que son petit ami était… marié.
L’annonce de sa maladie (et de sa mort prochaine) ne semble qu’un élément de plus dans cette vie ingrate qui peut bien finir.
Elle attire alors l’attention de la Mort.

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Je te spoile si tu m’embêtes !

— Oh, désolé, je suis en train de te spoiler…
— Non, mais continue, ça m’est égal.

Quand j’étais enfant, je lisais beaucoup de polars (Agatha Christie en tête) et je jetais un oeil, toujours, à la dernière page peu après avoir commencé ma lecture (tiens, j’en parlais déjà dans ce billet).
Ca ne m’apprenait rien du tout, en réalité, car une dernière page sans contexte est rarement éclairante, mais cela ne me décourageait pas de recommencer avec le suivant.

Netflix vient de commencer la diffusion de Doctor Cha.
Elle, après des études de médecine, a laissé tomber sa carrière prometteuse pour celle de mère au foyer. Après un grave incident de santé et alors que ses enfants sont déjà grands, elle décide de reprendre son parcours de doctoresse. Le triangle amoureux autour d’Elle va convoquer Lui1, son mari infidèle, et Lui2, le beau médecin élevé aux USA.

Le début est sympathique et me donne envie de continuer.
Pour cette romance, il y a deux issues possibles : soit elle reste avec Lui1 car il va la redécouvrir et revenir vers elle, soit elle divorce et choisit Lui2.

Le « truc », c’est que les deux issues peuvent sembler des Happy End suivant notre système de valeurs. Pour celles et ceux aux yeux desquelles le mariage est sacré, c’est une bonne chose que Lui1 retourne vers Elle.

Etrangement ou « à cause de », en tant qu’aromantique, j’adore l’Amour et c’est ce que je recherche dans la romance. Peut-être comme d’autres sont avides de Magie et lisent de la Fantasy, je cherche ce qui m’est étranger.
Donc, à mes yeux, la « bonne fin », ça ne peut être que celle où Elle finit dans les bras de Lui2.
Sauver un couple ? Le couple/mariage n’a rien de sauvable à mes yeux, mais ce n’est pas le genre de billet où je vais me lancer dans une tirade sur l’hétéropatriarcat.
Disons juste que voir l’héroïne choisir le mari adultère me fait horreur. Et ce sentiment remonte à ma plus tendre enfance, avant même que j’ai la moindre notion de féminisme et la moindre idée de ce que pouvait être le patriarcat.

— Mais où veux-tu en venir à la fin (c’est le cas de le dire) ?

La diffusion en France de cette série se termine dans quelques semaines, mais, en Corée, même si elle est diffusée plus tôt, le dernier épisode ne sortira que le 4 juin. Je n’ai donc aucun moyen de me spoiler la fin.
Et je n’ai pas du tout envie de regarder plusieurs épisodes avant de réaliser que l’Happy End n’en sera pas du tout une pour moi.

— Mais, enfin, si la série est sympa, tu peux la regarder quand même !

Je n’ai pas envie ! Je déteste passer du temps sur une histoire dont la fin me déplaira.
Me spoiler est en fait la façon dont j’aime consommer la fiction.
Même si je comprends tout à fait que l’on puisse raconter des histoires qui nous parlent du réel, si je veux du réel, je regarde des documentaires, je lis des articles.
Je rencontre rarement des gens qui me ressemblent sur ce point : j’ai tracé une ligne de démarcation quasi infranchissable entre fictions et récits du réel.
Bon, OK, je peux faire des exceptions à cette règle, mais je n’aime pas les surprises.

Mardi soir, dans le cadre de #NiceFictions23, nous avions programmé Bienvenue à Gattaca au cinéma Variétés (Nice). Je ne l’avais jamais vu auparavant et je pense qu’il est assez peu récent pour qu’il y ait prescription sur les spoilers. Bref, à la fin, l’un des deux personnages principaux (Jerome — Vincent s’envole dans l’espace) se suicide. Ce n’est pas super « gai », mais on le sait bien en amont. Il avait déjà fait une première tentative (son accident) et, du coup, cette fin est attendue / prévue… acceptable ?

— Mais, dans la vie de tous les jours, tu aimes les surprises quand même ?

Je ne crois pas.
Si je fouille rapidement ma mémoire, je n’y trouve pas trace de « bonnes surprises » (comme quoi ? Une fête surprise ou un truc du genre ?) et être surpris me semble a priori plutôt négatif…

Bref, je suis très contrarié : je ne sais pas avec qui la Dr Cha va finir…

The Law Cafe | 법대로 사랑하라 (2022)

16 épisodes de 60+ minutes

Elle (Lee Se-young) est avocate. Des causes perdues. Des injustices. Elle décide de quitter la fondation où elle exerce pour ouvrir un café où les gens pourront venir la consulter pour le prix d’une consommation.
Pour s’installer, elle loue le bas de la maison de Lui (Lee Seung-gi) qui, amoureux d’elle depuis qu’ils se sont rencontrés au lycée, la fuit depuis quelques années, rongé par la culpabilité. Car, forcément, Lui est membre de la famille qui a causé du tort à la famille d’Elle.

Au fond, rien de très original : une romance avec de l’action et de la politique, des méchants très méchants, des gentils qui se sentent vite responsables de tout…
Charmant. Et, même si je l’ai dévorébingewatché, au fond, cela ne suffirait pas à en faire un billet.

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Extraordinary Attorney Woo | 이상한 변호사 우영우 (2022)

16 épisodes d’environ 70 minutes
Les 15 et 16 sont disponibles en français depuis mercredi.

Une rapide recherche me dit que la série rencontre un beau succès et qu’elle a été renouvelée pour une 2e saison (pas disponible avant 2024).

Elle est autiste. Abandonnée par sa mère à la naissance, son père l’a élevé seul et elle a réussi brillamment ses études d’avocat, mais elle peine à trouver un travail quand elle est embauchée par un grand cabinet.

L’histoire repose sur trois axes :
– le parcours d’Elle en tant qu’avocate : son autisme l’a rend étrange pour ses collègues, mais, en même temps, ils reconnaissent son « génie ».
J’éprouve un sentiment un peu ambigu par rapport à ce point : dans les fictions mettant en scène des personnages autistes, l’angle « c’est un génie » est souvent pris, très probablement pour « séduire » le public, mais en invisibilisant le parcours des autistes plus « ordinaires ». Néanmoins, dans une fiction, il est normal que les personnages principaux soient brillants/exceptionnels…
– le mystère autour de sa mère et l’intrigue politique qui en découle ;
– la romance avec Lui, le « plus beau collègue ». (Pareillement, si Elle est un génie, il est logique que Lui ait un « plus ».)

Chaque épisode repose sur une affaire juridique et ça fonctionne bien.
La romance n’est pas tout à fait à la hauteur. Leur difficulté principale repose a priori sur le regard que la société porte sur le choix de Lui (il est beau, il peut avoir une fille « valide »), mais il manque un petit je-ne-sais-quoi. ‘fin, ça reste mignon et tout.
L’intrigue en fil rouge, par contre… est assez poussive, en fait. Ou, plutôt, elle est ratée.

Alors… j’ai vraiment été touchée par Elle et je me suis identifiée à certains moments (ou sentie représentée). Et, rien que pour ça, j’ai aimé.
Elle n’est pas isolée : son père, une meilleure amie déjantée, un chef compréhensif, une collègue au top… C’est une série pour se faire du bien, pas se désespérer.
Les histoires de chaque épisode compensent honnêtement le fil rouge global, mais il reste quelques faiblesses et on sent que, au lieu de tout synthétiser sur les 16 épisodes, les scénaristes envisageaient déjà une suite.

Je ne sais pas si ça ressort de ce billet, mais mes sentiments sont mitigés parce que j’ai aimé le personnage principal, qu’elle soit autiste, avocate… Plein de détails m’ont touchée personnellement, mais il y a quand même une faiblesse sur l’ensemble.

A voir de toute façon pour se laisser séduire par Elle 😉

Dali and the cocky prince | 달리와 감자탕 (2021)

Ce ne sera pas un long billet, juste quelques lignes pour vous signaler une romance très très sympa.
Emigrée aux Pays-Bas où Elle travaille et poursuit ses recherches (mode passionnée qui en oublie de manger), elle doit rentrer en Corée quand son père décède brutalement, pour gérer le musée dont il s’occupait et qui est au bord de la faillite.
Comme dans toutes bonnes romances, ils se croisent d’abord par hasard, aux Pays-Bas où Lui est venu signer un gros contrat.
En Corée, ils vont se retrouver car il a prêté une grosse somme d’argent au musée, qui ne peut le rembourser.
Lui est un nouveau riche. Manquant cruellement de culture, il est bosseur et fiable.
Les scénaristes l’assument, ils ont voulu deux héros « parfaits » : Elle est donc la plus jeune chercheuse de… Pour Lui, l’un des persos lui expliquera qu’il est un « mythe », i.e. une personne devenue riche par le travail, sans l’être de naissance ou par les combines.
Bien sûr, les méchants veulent récupérer le terrain du musée pour y faire des immeubles et gagner un tas de pognon.
L’intrigue est sans surprise — l’acteur (je vous tais le nom pour ne pas spoiler) joue toujours les traitres, j’ai l’impression –, mais honnêtement menée.
Probablement pour rester dans l’ambiance romance fun, quoique les enjeux des méchants soient de très gros sous, il n’y a pas de meurtre/mort violente au fil de la résolution (alors que, franchement, vu certains imprudents…) donc vous pouvez regarder en toute confiance si c’est un élément que vous craignez.

Et puis… si cette romance est si sympa, outre que ces persos principaux sont bien mignons, c’est aussi à cause de tous petits détails bienvenus, comme par exemple :
la secrétaire de Lui ne se balade pas en tailleur et talons hauts, mais en costume-pantalon ;
sur l’épisode final, en général, les héros ont été séparés parce que… (j’imagine que c’est un trait de narration pour nous prouver que leur amour est fort malgré le temps ?) et, là, le cliché est retourné…

Bref, je l’ai binge watché ce week-end avec plaisir !

The Sound of Magic | 안나라수마나라 (2022)

6 épisodes de 60/70+ minutes

C’est assez curieux car, ces jours-ci, avec les derniers préparatifs pour #NiceFictions22 qui se tient le week-end prochain, je n’avais certainement pas prévu de bloguer, à quelque sujet que ce soit.

Je n’ai pas la moindre idée de pourquoi j’ai cliqué sur cette série, probablement parce qu’il y avait « Magic » dans le titre… mais impossible de ne pas dire un mot sur cette excellente surprise.

Attention, l’histoire est parfois cruelle (meurtre, agressions sexuelles…).

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Drôle (2022) (mais pas que)

Je commence ce billet en ayant pas mal de choses à vous dire en préambule.

Tout d’abord, je ne suis pas familière de la production audiovisuelle française, non plus que des humoristes de ce pays.
Aussi, ne me demandez pas de citer un·e acteurice qui me plait, j’en serais incapable.
Bref, je ne pourrais pas vraiment contextualiser Drôle dont je vais vous parler un peu après mon introduction à rallonge.

Quand j’étais petite, ma mère me disait qu’il était plus facile de faire pleurer que de faire rire.
C’est vrai.
Pour émouvoir, il y a des ficelles relativement classiques auxquelles vous vous laisserez prendre même en vous prétendant blasé·e.
L’humour est vraiment segmenté, personnel.
Faire rire, c’est savoir que l’on ne s’adresse qu’à un public limité (même si moins limité pour certains grands noms, peut-être) et que des tas d’autres gens vous regarderont avec un petit air surpris, gêné ou désappointé.
Enfante, le soir au diner, je lisais à mes parents des bouts de textes, des essais… pour les faire rire et, en classe de Seconde, j’ai choisi l’humour comme thème d’un devoir (j’en parle ici) et je me suis régalée. J’ai compris que ça me plaisait.

Certaines de mes nouvelles me font rire, mais personne ne m’a jamais mailé que j’étais hilarante.
A une époque où je manquais un peu de temps, j’avais pris l’habitude de poster sur Facebook des petits statuts autofictionnels pour décaler la réalité et, si j’avais parfois des réactions positives, j’en ai reçu aussi de négatives, certains me reprochant d’étaler ma vie privée en public (hein ?).

J’ai perdu la flamme.
Faire rire était compliqué, je manquais de temps, des tas d’autres choses m’absorbaient…

Il y a quelques semaines, quelqu’un m’a dit (sans ironie) : « Mais, en fait, tu es drôle ! »
Les déclics ne sont pas toujours extraordinaires.

J’ai songé au stand-up, cet exercice auto-fictionnel où tu ris de toi-même, j’ai fait des essais (écrire, m’enregistrer…), les premiers retours sont positifs (sur les textes et ma voix, mais ça n’est pas du stand-up du tout).
J’ai commencé à regarder des humoristes français·es, à écouter, décortiquer…

A cette minute où je vous écris, j’en ai tiré deux enseignements pour l’instant :
– je ne crois pas que le stand-up sera le genre qui me convienne car il a ses codes (c’est normal) et ce n’est pas tout à fait ce que je recherche ;
– je ne doute pas que je veux continuer à travailler sur l’humour, sous des formes à définir/en devenir.

Quand tu es focalisé·e sur une idée, l’univers la nourrit : hier, en passant sur Instagram, je vois que Netflix annonce la sortie de Drôle, une série qui parle de l’histoire de quatre stand-upeur·ses.
Donc, forcément, je regarde.

6 épisodes de 40+ minutes
La durée est vraiment bonne, l’histoire est copieuse, sans être délayée.

Lui1 (Younes Boucif), le pivot central, est un gars un peu « idéal » : posé, travailleur, il est intelligent. Musulman, il ne boit pas, vit seul avec son père handicapé. Il est bienveillant, aidant. Mais ça passe crème, il n’est pas « beau gosse » ou trop confiant.
Sa meilleure amie, Elle1 (Mariama Gueye), noire, perce brusquement grâce à un sketch sur le plaisir prostatique, au grand dam de son mari qui se sent « ridiculisé » puisqu’elle parle de leurs ébats.
Elle2 (Elsa Guedj) est étudiante, blanche, issue d’une famille très aisée. Contrainte par sa mère à des études spécifiques, elle rêve de faire rire. Elle croise Lui1, ils se plaisent…
Lui2 (Jean Siuen), d’une famille vietnamienne bosseuse dont il est le vilain petit canard, est sur la pente descendante : après avoir eu du succès, il n’arrive plus à faire rire, enchaine les comportements désastreux, fâche son entourage…

Avec l’arrivée du succès, l’amitié entre Lui1 et Elle1 se tend, le mariage d’Elle1 semble fragile. Elle2 se perd dans les mensonges pour ne pas décevoir sa mère. Lui2 va s’accrocher à Lui1 pour remonter en selle.

Et la sauce prend, le tout est vraiment réussi.
Pas mal de sujets vont être abordés, sans être parachutés, juste parce qu’ils font partie de la vie, comme l’IVG ou la vulnérabilité mentale. Ou même la répartition des tâches au sein du couple hétéro.
On est touché, les personnages sont des « gens ordinaires » et le message est bienveillant : chacun·e est rattrapé·e même s’iel chute, chacun·e a sa chance/place, chacun·e est aimé·e (avec plus ou moins de maladresse).
Il n’y a pas de personnages toxiques, hormis un seul qui sera puni sans cruauté.

Du bon travail, à regarder sans hésiter.

PS : Par contre, je lis qu’une saison 2 est prévue et… je ne l’attends pas forcément. Ce besoin de continuer une œuvre qui se suffit ne me semble pas évident, mais on verra bien…

Encounter | 남자친구 (2018)

16 épisodes de 60+ minutes

… ou comme quoi une bonne recette et de bons ingrédients ne garantissent pas de réussir un plat.

Préambule
A priori, je ne vois pas l’intérêt de prendre du temps pour rédiger un billet sur une œuvre que je n’ai pas l’intention de vous conseiller… mais, parfois, un échec interpelle.
Qu’est-ce qui cloche dans Encounter ?

Elle (Song Hye-kyo) est la très riche PDG d’un hôtel. Lui (Park Bo-gum) est le fils d’un modeste marchand de fruits.
Ils se rencontrent par hasard à Cuba, elle s’est faite voler son sac, il la dépanne et ils passent une merveilleuse soirée. De retour en Corée, il a été retenu à un entretien d’embauche dans l’hôtel qu’elle dirige.

On a de vraies méchantes : Elle2, la mère de Lui2, l’ex-mari d’Elle, qui est très très riche ; Elle3, la mère d’Elle qui est prête à la vendre, littéralement, pour plus de pouvoir…
On a deux triangles amoureux : Lui2 est toujours fou amoureux d’Elle ; Elle4, l’amie d’enfance de Lui, en est forcément amoureuse…
On a des histoires d’amour secondaires…

Les acteurs sont beaux, le générique est illustré par Jamsan (It’s OK to not be OK), la BO me convient (mais je n’y connais rien en musique, alors, bon, ça ne veut rien dire…).
L’histoire est simple, mais devrait fonctionner : la rencontre fortuite qui masque les différences sociales, l’amour rendu difficile par ces mêmes différences…
mais on dirait que… tout le monde s’en fout, en fait.
Les méchantes n’agissent quasi jamais : Elle3 se contente de râler/pleurer et Elle2 est juste en mode « je vais frapper bientôt… un jour… peut-être… demain, si je n’ai pas piscine ».
Les triangles amoureux sont… vides ? Lui2 est décrit comme vraiment super in love, mais il ne va absolument rien faire de touchant : Elle est son ex-femme, ils ont vécu ensemble, il doit bien avoir un souvenir tendre pour la faire vaciller ???
Elle4 est… en fait, rien, son béguin pour le héros n’apporte absolument aucune péripétie, même pas un dialogue troublant.
Les histoires d’amour secondaires n’avancent pas. Y’a une tentative d’humour avec l’une d’elles, mais ça se calme très vite, visiblement, les scénaristes ont peur d’un trop plein d’émotions/rires/quoique ce soit.

Je suis allée jusqu’au bout.
Étonnamment. Et assez lentement.
Je n’ai même pas détesté. Il n’y a rien. Donc rien à détester.

Pourquoi je vous en parle ce soir ?
Parce que ce drama devrait marcher. Il a absolument tout ce qu’il faut.
Sauf de bons scénaristes.

En fait, il n’y a pas de bons ou de mauvais éléments narratifs. Tu as le droit de tout utiliser.
Mais, quand tu décides de prendre un élément, tu dois en faire quelque chose. Ça, c’est obligatoire.
Là, par exemple, Lui2 est suffisamment amoureux pour se confronter au héros et lui dire que son désespoir va le porter, lui assurer la victoire. Une fois que tu as introduit un truc pareil, il faut qu’il se passe quelque chose. Que tu pleures quand il est rejeté tellement il s’est donné à fond. Mais il n’y aura pas une micro-seconde où le cœur d’Elle va vaciller. Même quand elle découvre un truc attendrissant sur lui, ça va rester genre « ah, OK ! »

Ou alors ils se sont foirés sur le parti pris pour le caractère du héros.
Lui est tellement « je suis amoureux, toutes les épreuves me passent au dessus » que, toi, spectateurice, face à sa maîtrise nonchalante, tu en deviens indifférent·e : si le héros n’a pas peur, pourquoi j’aurais peur ?

Même une romance simple doit te secouer un minimum…
Bref, on peut avoir tout pour plaire et aucun charme au final…

Search: WWW | 검색어를 입력하세요: WWW (2019)

16 épisodes de 70+ minutes

Je vais d’abord évacuer la question du titre : quelque soit l’angle sous lequel je le prenne… je le trouve nul / non signifiant.
Ceci étant posé…

Ainsi, il est donc possible de raconter une histoire avec des femmes, et encore des femmes, sans que ça tourne autour des hommes ?

Deux entreprises (des portails web) se disputent le marché et Elle2, à la tête de l’entreprise qui domine, renvoie Elle1 pour de mauvaises raisons. Pas grave : Elle1 est embauchée dans la deuxième entreprise où elle va se lier à Elle3, très amie d’Elle2.

C’est l’histoire de trois femmes, trois cadres.
Elle1 ne souhaite jamais se marier. Pas parce qu’elle refuse les relations, mais parce qu’elle refuse ce formatage. Elle se consacre à sa carrière, mais, parfois, elle perd de vue ses propres valeurs.
Elle2 a été littéralement vendue par sa famille : ses parents, ruinés, l’ont marié à un riche héritier (Lui2) et elle se trouve à obéir malgré elle à sa belle-mère, la Méchante (moins méchante néanmoins que les parents vendeurs de leur propre fille) parce qu’il est possible que la Méchante soit aussi une femme.
Elle3 est l’innocence/la pureté : elle aime sincèrement, réagit avec violence quand c’est nécessaire (peut-être un peu trop), ne trahit jamais…

Côté romance, Elle1 sera confrontée à Lui1 : de dix ans plus jeune, il veut se marier, aimer sans se poser de questions… et ça donne un dialogue assez marquant où elle lui fait remarquer qu’elle doit se justifier de ne pas vouloir se marier alors que lui ne doit se justifier de rien, comme si se marier était un dû.
Lui2 est probablement amoureux d’Elle2, mais, comme ils ont été mariés de force, elle ne peut pas envisager de l’aimer.
Elle3 rencontrera Lui3, pur, mignon, et ce couple est vraiment l’incarnation de la tendresse innocente. (Bon, juste, ils mettent un peu trop de temps à se déclarer et ça frise l’insupportable.)

J’ai eu un peu de mal sur le démarrage car Elle1 n’est pas safe et j’avais quelques appréhensions.
Mais j’ai été emportée car ce choix narratif : des femmes, confrontées à d’autres femmes. Des femmes au sommet, qui ne sont pas là pour récupérer une place prise par les hommes, mais qui s’affrontent entre elles.

L’intrigue est très simple : alors que les deux entreprises s’affrontent, le Gouvernement (les méchants) va menacer les libertés individuelles et les deux entreprises devront s’allier pour le bien commun.
C’est simple, ça fonctionne.

Dans la description des rapports entre ces femmes-personnages-principales, ma lecture me montre des relations plus qu’amicales et, là, j’avoue, il me manque des codes.
A mes yeux, les trois héroïnes sont bisexuelles, mais la narration reste vague pour que tu y vois du lesbianisme si tu veux, mais rien du tout si tu ne veux pas. Il y a un jeu sur les mots, notamment.
Par exemple, souvent, en romance, une scène « codée » met en scène le garçon qui rattrape la fille parce qu’elle est renversée/bousculée et leurs yeux se remplissent d’étoiles. Là, cette scène se passe entre Elle2 et Elle3 qui ne sont pas « juste des amies ».

J’ai donc aimé cette découverte principalement pour ses choix : il y a des hommes, mais ils ne sont pas au cœur des intrigues. Lui2, par exemple, s’oppose à sa mère, la Méchante, mais sans jamais prendre le pas sur Elle2.
C’est un homme qui est le chef d’Elle1 et Elle3, mais il suit leurs avis, c’est elles qui décident des stratégies, des enjeux.
Le lesbianisme est caché (je pense qu’il y a des enjeux qui m’échappent, c’est un drama « tout public » dans un pays qui n’est pas ouvert sur toutes les questions — dans la série Hometown Cha-Cha-Cha qui est diffusée en ce moment sur Netflix (je n’ai pas vu les deux derniers épisodes du coup), la jeune femme lesbienne n’aura pas de fin heureuse/pas d’amoureuse à elle), mais il est clairement présent : les femmes ont des relations entre elles, sans forcément un « besoin des hommes ».
Puis j’ai été sensible à l’amour à sens unique de Lui2 qui n’est pas larmoyant (et tu ne peux pas t’empêcher de lui souhaiter que ça s’arrange).

Donc, sans être une histoire « incroyable », c’est vraiment agréable de tomber sur « une histoire sans hommes » et de dérouler cet exercice avec des jeux de pouvoir, des intrigues. Même la rivalité entre femmes (Elle3 ayant été trompée avant de rencontrer son Lui3 parfait) sonne différemment de ce qu’on voit d’habitude.

Hospital Playlist | 슬기로운 의사생활 (2020-2021)

Saison 1 : 12 épisodes de 70/80+ minutes
Saison 2 : 12 épisodes de 90/110+ minutes

Bon, comme toutes les séries médicales, on voit des opérations et des gens meurent (pas tant que ça, nos héros sauvent la majorité).

Ce drama ne raconte pas grand chose au sens où il n’y a pas vraiment d’intrigues : aucun suspens amoureux ou policier qui doit se résoudre.
Cinq ami·es (1 nana, 4 mecs) sont médecins après s’être lié·es pendant leurs études.
Iels sont doué·es, gentil·les, dans le genre qui change le monde au quotidien par de petites choses.
Autour d’elle/eux gravitent d’autres médecins, leurs familles et, par exemple, les parents ne sont pas figés dans leur rôle, mais ont aussi leur propre vie, distincte.
— Du coup, ça parle de quoi ?
— D’amitié. Tout simplement. De gens qui s’aiment et se soutiennent. Il n’y a (quasi) aucun méchant, c’est juste des vies et c’est très doux/agréable.

« Bref, je vais attendre la saison 2 😉 » écrivais-je en conclusion de mon billet du 16 février 2021 sur la saison 1, billet que j’édite donc avec cette légère mise à jour.
Je viens de finir la saison 2, diffusée sur Netflix depuis le 17 juillet 2021, et il ne devrait pas y avoir de saison 3 (et c’est très bien comme ça, tout a probablement été dit).

Je n’ai en réalité rien de spécial à ajouter par rapport à mon propos d’il y a quelques mois car la 2e saison suit logiquement la première, dans le même esprit et juste avec un poil plus de romance. Si vous avez aimé le début, on continue aux côtés de nos charmant·es médecins 😉

You Are My Spring | 너는 나의 봄 (2021)

16 épisodes de 60+ minutes
Réalisateur : Jung Ji-hyun

Alors… d’habitude, j’ai tendance à écrire mon avis (si j’ai envie d’en parler) tout de suite, en mode « tant que c’est frais dans ma tête ». Je n’écris pas des critiques, mais de simples chroniques, je ne me targue pas d’une analyse profonde, je suis juste là pour te dire « regarde, c’est de la bonne ! »
Et là… j’hésite… je laisse passer les jours…
Je sais que j’ai envie d’en parler parce que ça m’a plu pour plein de bonnes raisons, mais je ne suis pas sure d’arriver à dire ce qu’il y avait de si notable.

On commence avec deux personnages qui ont de gros traumas d’enfance : Elle1 (Seo Hyun-jin) est concierge dans un bel hôtel, Lui1 (Kim Dong-wook à la séduction discrète) est psychiatre. Elle emménage dans l’immeuble tout neuf où il vient d’ouvrir son cabinet.
Elle1 a eu des relations foireuses et est entreprise par Lui2 dont on ne sait pas bien s’il est gentil-illuminé ou malaisant ; Lui1 est divorcé d’Elle2… qui est juste improbable, sans barrière et très attachante.

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