L’Odyssée (2026)

Je n’ai pas détesté car on peut toujours faire pire, mais je ne comprends pas clairement pas la hype autour parce qu’il me semble daté / obsolète
2h53
Réalisateur : Christopher Nolan

Je vais beaucoup moins au cinéma qu’avant, pour deux raisons sans lien :
1/ le prix, forcément, puisqu’une place de ciné, c’est un mois d’abonnement à une plateforme et que je suis juste financièrement ;
2/ mais aussi la compagnie : je n’aime pas aller au ciné tout·e seul·e et je ne trouve pas forcément de potes dispo pour.
Cependant, comme tout le monde parlait de l’Odyssée, la curiosité a commencé à me titiller. Et on m’a proposé d’y aller vendredi soir.

Je dois poser quelques éléments.
Je connais Ulysse et la mythologie grecque comme… tout le monde. Très basiquement, en fait. Je sais qu’Athéna n’est pas apparue pour la première fois dans les Chevaliers du Zodiaque et qu’Ulysse a existé avant Ulysse 31 (que, je crois, je n’aimais pas beaucoup, mais on avait si peu de choix à cette époque).
J’ai toujours détesté, aussi loin que je remonte dans ma mémoire, les deux (Ulysse et la mythologie grecque), si bien d’ailleurs que, pendant longtemps, j’ai cru à tort que c’était l’idée même de mythologies en général qui me dérangeait.

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Le Gardien

6.050 signes


Assoupi à flanc de colline, gorgé de soleil, le temple s’arrondissait en gradins éclatants autour du parvis circulaire pavé de blanc. Les lourdes plaques d’obsidienne dont ils avaient été revêtus s’étaient descellées par endroits, dessinant d’inquiétants sourires ponctués de buissons malingres. Sur les dernières rangées, quelques eucalyptus, d’immenses pins millénaires étendaient leurs doigts arthritiques, indifférents aux criaillements moqueurs de quelques mouettes isolées.

Au loin s’étendait la mer, à peine devinée, dans le gris-bleu tremblant d’une chaleur brumeuse.

J’ai été là. Immobile au bord d’un bassin au fond pierreux oublié des eaux mêmes du ciel. J’ai attendu. Et je suis là encore. Immobile, invisible à quiconque pourrait passer, si quiconque passait un jour. Les renards, les furets, les insectes mêmes l’ont su mais eux aussi l’ont oublié et sont revenus. Ainsi, s’il passait, ce promeneur solitaire, ne verrait-il là qu’une ruine. Une ruine si parfaitement ordinaire qu’il n’y discernerait rien de l’absolue solitude qui y règne et sur laquelle je veille depuis si longtemps qu’aucune légende ne garde trace de moi. Moi, le Gardien, le veilleur de l’éternité.

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