Des raisons pour lesquelles je ne discuterai pas avec toi et de la fonction Commentaires

Il y a deux sondages qui ont pas mal buzzé :
1/ des hommes déclaraient qu’ils pensaient pouvoir faire atterrir un avion de ligne (genre si le pilote faisait un malaise) ;
2/ des hommes déclaraient qu’ils pensaient pouvoir battre une championne de tennis.
Je n’ai pas retenu le pourcentage, mais ça n’a pas d’importance : même 1 %, c’est trop.
Non, Jean-Mi, si tu n’es pas pilote, tu ne peux pas faire atterrir un gros navion hyper complexe.
Et, si tu n’es pas un pro / champion de tennis, tu ne peux pas battre une championne.
On en parle beaucoup, mais il y a un vrai souci de « confiance en soi » (dans le mauvais sens) chez pas mal d’hommes, souci qui semble s’expliquer par des facteurs sociaux, mais qui peut devenir problématique en fonction des situations.
Parce que ça n’est pas grave que Jean-Mi1 pense battre une championne : 1/ il ne la croisera jamais et 2/ s’il la croise, elle le battra à plate couture et il n’y aura aucun blessé (hormis son amour propre).
Mais, dans certaines situations, ça peut entraîner des catastrophes plus ou moins graves.
Connaître ses compétences, évaluer ses limites… peut devenir une question de survie et, dans tous les cas, c’est indispensable pour des relations sociales de qualité.

Si tu es invité à un congrès de chirurgiens cardiaques2 et que tu n’es pas médecin, tu te renseigneras avant d’y aller et, sur place, tu ne diras pas un mot.
Tu ne prendras pas la parole en pleine conférence pour donner ton avis de non-professionnel.
Ça te semble une évidence ?
Cette évidence devrait être la base dans TOUS les domaines3.

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Elder Craft et Marsan, la suite… et une seule question au final : veux-tu consommer éthique ou non ?

Jeudi, je vous parlais d’une news qui avait brusquement buzzé autour de l’éditeur Elder Craft.
Samedi soir, celui-ci a partagé un nouveau communiqué de presse sur les réseaux sociaux.

En toute transparence, sa lecture m’a mis en colère. Parce qu’il n’y a rien qui va.
Je pouvais juste éditer mon précédent billet, en mentionnant cette mise à jour, et passer mon chemin, tant ils ne méritent pas qu’on leur consacre la moindre seconde… mais ça ne me semble pas la démarche idéale.
Ne rien dire du tout, ça laisse un flou, genre un espace de « pourquoi pas ? »

Je vais passer sur le timing : si personne d’autre que Marsan ne voulait investir au départ, 48h pour changer la donne… disons que ça interroge.

Une bonne part du communiqué est un chantage à l’emploi, en résumé grossier : on est les gentils car on crée des emplois et on publie des livres.
C’est Pigeon Gratuit, sur BS, qui, me semble-t-il, a bien résumé les choses :

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Elder Craft et Marsan : tout ce qu’on ne veut pas dans l’imaginaire

La nouvelle s’est répandue ce matin, notamment via Elbakin.
Elder Craft, l’éditeur de jeu de rôle, qui ne semble déjà pas avoir une bonne réputation dans le milieu rôliste, en particulier autour de son rapport à l’IA, publie également de la littérature depuis quelques mois et on apprend que l’un des associés de cette boîte est Stéphane Marsan.

Si je regarde dans mes archives, je n’avais pas fait de billets au moment de l’affaire Marsan, en 2021, car tout simplement je ne bloguais pas autant et je m’exprimais surtout sur les réseaux, mais je l’évoque dans un billet de 2022 et Elbakin a mis des liens vers deux articles de presse.
A été également redonné un lien vers un article d’avril 2021 sur Madmoizelle : Pourquoi une telle indifférence face au #MeToo de l’édition française ?

Après #MeToo, il est inconvenant de découvrir qu’un éditeur s’associe à une personne mise en cause par un très grand nombre d’autrices et le paysage de l’imaginaire français n’a pas besoin de ça.

As usual, chacun·e fait comme bon lui semble, mais, pour ma part, je pense que blacklister ce genre de boîtes est la chose la plus évidente.

Edit en fin d’aprem : A 16h48, Elder Craft a publié un communiqué en réponse au billet d’Elbakin sur BS.
Y’a tellement rien qui va…
En résumé pour les plus flemmard·es : Ils expliquent sans sourciller qu’ils ont pris l’argent de Marsan sans qu’il est rien à voir avec la boîte et que, en sus, ça ne lui rapporterait rien.

Ce billet a également été publié dans la #TribuneVdR et a une suite.

« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités »

Le 19 septembre, les Utopiales ont annoncé, notamment sur FB, que, lors de l’édition qui arrive, des rencontres auteurices débutant·es avec un éditeur seraient proposées.
L’éditeur est GD, directeur chez AMI1.

Les Utopiales
Le festival est présenté dans le milieu de l’imaginaire2 comme le plus gros évènement du genre.
C’est un festival où je suis allé à plusieurs reprises et où je pense retourner à l’occasion.
Je ne sais juste pas quoi faire de cette idée de « plus gros » (si ça a un sens ?), sachant que, sur le site de la Cité des Congrès de Nantes, on peut lire : « le palais des congrès vous propose des espaces permettant d’accueillir tous vos événements de 200 à 4.000 participants ».
— Pour toi, ce serait quoi le plus gros évènement du genre en France ?
— La Japan Expo de Paris ?

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Les gens, il faut qu’on parle…

Si vous aimez une série / livre / film / chanson… c’est super sympa de le dire
mais il est peu probable, statistiquement, que ce soit la meilleure de tous les temps
Et vous savez quoi ?
On n’a pas besoin d’être « le meilleur » pour être « bien »

Et c’est pareil pour les festivals / conventions / expositions / conférences… si vous avez passé un bon moment, si vous vous êtes bien amusé ou avez beaucoup appris ou, juste, vous vous sentiez bien… c’est OK et ça n’a pas besoin d’être le plus mieux, que l’orga était la meilleure, que…

Avoir des « préférés », c’est bien pour faire de la préconisation : je veux conseiller une série à quelqu’un qui a peu de temps, je ne peux aller qu’à un festival par an et, du coup, ça aide à choisir…
Tant que c’est pour aider à faire des choix, ça a du sens : si tu hésites entre ça et ça, alors, le premier, tu vois, y’a plus de ceci et le second…

Mais les « formidable », « époustouflant », « génial »… quel sens ça prend si on les utilise à toutes les sauces ?
A-t-on besoin de classer des évènements ? Y’a un podium ?

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D’Étrange Grande et de Harry Potter

Mon billet sera sans doute un peu long et ça ne m’arrange pas du tout.
Poster en réaction sur un réseau social, ça prend quand même du temps, mais ça peut se faire pendant une pause ou…
Rédiger un article / billet, ben… si on ne veut pas faire à l’arrache, il faut poser le contexte, donner quelques liens… et, du coup, forcément, ça veut dire qu’il y a un investissement en temps… qui va se répercuter sur mon lecteurice : plus je prends du temps, plus vous en avez à lire… mais le sujet est important (au sens que c’est bien de se poser).

Le festival Étrange Grande
En voulant le décrire un peu, je découvre qu’il a une page Wikipédia (depuis le mois de juillet). Ça me semble un peu étrange (Nice Fictions n’en a pas, par exemple), mais, du coup, je vous mets le lien pour plus d’infos.
L’édition de cette année est ce week-end.

Ce n’est pas un secret :
en tant qu’auteurice et amateurice d’imaginaire et en tant que président·e des Vagabonds du Rêve x Nice Fictions, je soutiens forcément l’existence des festivals du genre.
Ils apportent une réelle plus-value à notre milieu, notamment à sa branche littéraire, et je pense que nous n’en avons hélas pas assez en France.
J’ai moi-même dirigé les 10 éditions de Nice Fictions : je pose cette info ici dans le sens que
non seulement j’ai un a priori favorable envers toute équipe de bénévoles qui se lance dans l’aventure,
mais j’ai tout à fait idée des contraintes et du boulot que ça représente.

Le 8 septembre, l’auteurice CM Deiana annonçait sur sa page Facebook pourquoi iel annulait sa venue à Étrange Grande : le festival a choisi de programmer une exposition Harry Potter.
Pour vraiment les plus distraits d’entre vous — je le mentionnais déjà ici –, quel est le souci avec Harry Potter ?
Cette œuvre a clairement marqué une génération (on ne peut pas nier son influence), mais son autrice, Rowling, a montré ses dernières années une haine féroce contre les personnes trans, utilisant son argent et son influence pour nuire à des gens innocents, déjà souvent minorisés.

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L’intersectionnalité expliquée à un·e ami·e

Hier, quelqu’une me dit :
— Pour moi, ce qui est le plus grave, c’est l’écologie, que la planète brûle. C’est ce qui m’angoisse et c’est l’urgence à mes yeux.
Y’a pas de bonnes ou de mauvaises priorités, on fait chacun·e comme on peut pour gérer ce monde qui s’effondre.
— Je comprends, je lui réponds. Mais la pauvreté a explosé en France et c’est important aussi.
— Et la mortalité infantile, ajoute-t-elle. Tu as vu ça ? Le truc, c’est que, si j’ajoute ça (à mon éco-anxiété), je ne vais plus me lever le matin !

— Le truc, tu vois, c’est qu’on est dans un système. Fermé.
On est dans une bulle (la planète Terre) où tout est relié.
Si une personne est oppressée, lutte pour sa survie ou… est simplement (!) pauvre… elle n’a pas les ressources, l’énergie, le temps… de se soucier d’autre chose.
Basiquement, si tu as peu de ressources financières, tu ne peux pas choisir ce que tu consommes, tu prends ce que tu peux trouver.

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Est-ce les mécanismes de la romance qui sont foireux ou toi qui es misogyne ?

Au moment où je rédige ce billet, A Dream Within a Dream est en cours de diffusion et, hormis celleux qui ont bossé dessus, personne n’en connaît donc la fin. Pour l’instant, c’est du très très bon et je croise tous mes petits doigts pour que le récit reste à hauteur tout du long jusqu’à sa conclusion, mais là n’est pas le sujet.
J’en détaillerai l’histoire plus tard, lorsque j’aurais fini de le voir, mais, très grossièrement : Elle (Li Yi Tong) est une actrice qui bascule dans le scénario du film dans lequel elle tourne. Dans ce scénario original, Lui (Liu Yu Ning) est le méchant : il la trompe avec sa propre sœur, la torture, etc. Elle a donc toutes les raisons du monde de s’en méfier dans le monde-imaginaire sauf que, toi, spectateurice, tu découvres très vite que Lui-imaginaire n’est a priori pas le méchant de l’histoire et qu’il est tombé sincèrement très amoureux d’Elle.
Pour l’instant, c’est très très méta, drôle et terrible à la fois et super addictif. Et les deux acteurices jouent très bien.
A cette étape, je ne peux donc pas vous spoiler par définition puisqu’on ne sait pas tout, mais, perso, je me pose une question : est-ce que Lui-imaginaire a aimé Elle-imaginaire à un moment donné (ce que ne semble pas dire le scénario original qu’on nous a raconté dans le 1er épisode) ou est-ce que le scénario original est différent du monde-imaginaire parce que, dans ce monde, c’est Elle-actrice qui existe ?
Le Lui-imaginaire que nous suivons est amoureux d’Elle-actrice, avec ses pensées et valeurs de notre époque moderne.

Mais ce n’est pas le sujet de ce billet.
— Hein ??? Pourquoi tu nous racontes tout ça alors ?

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