Imaginales et Geekopolis : deux festivals, un seul week-end

Ce week-end (ou, plus exactement, de jeudi à dimanche), se tenait la 12e édition des Imaginales, à Epinal (dans les Vosges, pas loin de la Sibérie 😛 ). Aux mêmes dates (samedi et dimanche), Geekopolis se lançait pour la première fois, à Paris (‘fin, à Montreuil, mais sur une ligne de métro).
Si les Imaginales sont surtout un festival littéraire (quoiqu’il y ait des jeux et des films), Geekopolis avait une ambition plus large (jeux, costumes, séries…) et moins littéraire (malgré la présence de quelques auteurs). Pour l’amateur d’imaginaire, le télescopage voulu par les Geekopolis n’en reste pas moins surprenant. Surprenant également de placer l’évènement à un mois de la Japan Expo alors qu’il semblerait que ce soit une Japan Expo en plus petit (à ce qu’on m’a dit, j’ai prévu d’aller vérifier de mes propres yeux).
Bref, l’agenda était chargé et, une fois n’est pas coutume, j’étais bien décidée à en être : deux jours aux Imaginales, un jour à Geekopolis.

Si les domaines parcourus étaient différents, les conditions également :
– les Imaginales se déroulent au bord de la Moselle, sous des chapiteaux : l’entrée est libre, le cadre propice aux piques-niques de mai (quand il ne pleut pas) ; entre tables rondes, dédicaces et flânerie, l’ambiance est celle d’un dimanche à la campagne ;
– Geekopolis se tenait dans un Palais des Congrès, idéal finalement avec ce temps gris, mais le billet d’entrée était affreusement cher : en prévente, 19 € une journée, 35 pour les deux jours et 20 pour la nuit du samedi dont le programme était alléchant.

N’ayant pas la vocation du reporter, mon billet sera loin d’être exhaustif, j’avoue que je m’attarde surtout sur les avantages/inconvénients comparés.

La vraie qualité des Imaginales, c’est d’être le rendez-vous annuel de la littérature de l’imaginaire : auteurs, éditeurs… Professionnellement, j’ai dû retrouver trois-quarts de mon carnet d’adresses et, même si les moyens modernes de communication ont changé la donne, la rencontre physique est toujours agréable et fructueuse.
Le lecteur a donc de bonnes chances de parler aux auteurs qu’il apprécie et de repartir avec une belle pile de dédicaces.
Le vrai inconvénient, c’est le lieu : Epinal n’est pas l’endroit le plus accessible depuis toutes les autres villes de la métropole. Si l’entrée est donc libre, contrairement au prix assez décourageant de Geekopolis, objectivement, si l’on compte les frais de transports, la balade n’en reste pas moins un peu chère.

Côté Geekopolis maintenant, il y avait beaucoup de choses à voir et à faire : jeux à tester, stands de costumes, de dédicaces, décors…
L’endroit était découpé par thèmes, le guide était épais avec nombre de rencontres et activités.
Pour ma part, je me suis beaucoup intéressée à la table ronde sur les webséries et j’ai même pris des notes maladroites dans la salle plongée dans le noir.

Au final, si j’avais commencé mon périple en me demandant laquelle de ces deux manifestations me convaincraient de revenir à une édition suivante, j’en suis surtout ressortie avec cette impression qu’elles ne sont tout simplement pas comparables.
Pour les Geekopolis, mon avis final va surtout dépendre de la Japan Expo : l’évènement était très bien en lui-même, mais s’il y a plus grand pour moins cher dans la même ville, à un mois d’écart…
Pour les Imaginales, cela ressemble quand même bien à la manifestation littéraire annuelle de nos genres favoris et j’avoue que, à ce titre, je regrette pour ma part le choix des invités, qui n’est pas toujours très judicieux : certains auteurs manquent à l’appel d’une manifestation avec cette ambition.

Le Droit du Serf dépose un Recours pour Excès de Pouvoir

Le Droit du Serf dépose un Recours pour Excès de Pouvoir contre le décret d’application de la loi relative à l’exploitation numérique des livres indisponibles du 20e siècle.

Paris le 6 mai 2013 · Le collectif du Droit du Serf, fondé en 2000 avec pour vocation de défendre les droits des auteurs, annonce que deux de ses représentants, Sara Doke et Ayerdhal ont déposé une requête le 2 mai dernier auprès du Conseil d’État.

Me Stéphanie Delfour, mandatée par les deux représentants du collectif, a déposé un Recours pour Excès de Pouvoir contre le décret publié au JO le 1er mars 2013 portant application de la loi du 1er mars 2012 sur la numérisation des œuvres indisponibles du XXe siècle.

Considérant, depuis la présentation du projet de loi, que cette législation porte atteinte au droit d’auteur, le collectif du Droit du Serf a choisi de saisir le Conseil d’État pour tenter d’obtenir l’annulation du décret d’application, estimant qu’il est fondé sur la violation des principes généraux du droit.

La requête pointe les multiples violations de la loi présentes dans le décret. Ainsi, le Droit du Serf montre que plusieurs textes internationaux sont bafoués par le décret d’application, tels que la Convention de Berne, le traité d’organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) mais également le droit de l’Union européenne et la Convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.

En outre, le recours démontre que le décret lui-même n’est pas conforme à la loi du 1er mars 2012.

Le Droit du Serf s’étonne par ailleurs qu’aucun autre recours n’ait été déposé par les différentes organisations représentatives des auteurs, quand bien même certaines d’entre elles avaient émis de vives critiques contre la loi.

« Le décret d’application définit les modalités dans lesquelles doit s’appliquer la loi qui autorise à numériser et exploiter commercialement des œuvres indisponibles du XXe siècle. Au travers de l’établissement d’une liste arbitrairement conçue, la loi impose aux auteurs de justifier de leur identité pour réclamer que leurs œuvres
soient retirées de la base de données. Le Droit du Serf a toujours considéré cette pratique comme une atteinte au droit d’auteur », explique Ayerdhal.

À présent que la requête a été déposée, il reviendra au Conseil d’État de la communiquer au gouvernement,
celui-ci disposant alors d’un délai d’un à deux mois pour répondre aux arguments développés. Il sera alors possible de présenter des observations complémentaires et de déposer une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

« Toute personne qui le désire sera, dans les jours prochains, en mesure de se joindre à la requête pour
lui apporter plus de poids. Les auteurs, les éditeurs, les ayants droit considérant que leurs droits sont lésés pourront faire valoir leurs arguments. Plus on est de serfs, moins nous sommes taillables et corvéables à merci », conclut Ayerdhal.

Un document plus détaillé figure sur le blog du Droit du Serf.

Contact presse : droitduserf[at]gmail.com

Brownies new-yorkais

  • Une tablette de 200 g de chocolat pâtissier
  • 120 g de beurre
  • 3 œufs
  • 160 g de sucre
  • 70 g de farine
  • Une pincée de sel

Dans une casserole, faire fondre le chocolat et le beurre à feu doux.
Dans un saladier, mélanger les œufs et le sucre, puis la farine et une pincée de sel. Ajouter ensuite le chocolat et le beurre fondus.
Faire cuire 25 minutes à 150° dans un moule huilé. (J’ai utilisé mon plus grand moule à cake pour obtenir un résultat rectangulaire et pas trop épais.)

L’intérieur reste fondant et je conseillerais peut-être de le mettre un peu au frigo, histoire de le durcir, avant de le découper en carrés et de le servir (passé 20 secondes au micro-ondes pour ceux qui l’aiment chaud ; les deux dégustations — froide ou chaude — trouveront leurs fans).
Sinon, si c’est pour la maison et que vous ne vous souciez pas de la présentation, c’est pas mal du tout encore bien chaud !

Variante :
Remplacer les 70 g de farine par 60 g de farine + 50 g de noix de coco en poudre et faire cuire 30 minutes au lieu de 25.

Où l’on parle du FIJ 2013 et autres considérations rôlistes

Voilà, ce week-end s’est tenu le Festival International des Jeux (FIJ) à Cannes.
Même ceux qui ne connaissent pas situent le Palais des Festivals sur la croisette. Dans ce célèbre lieu, pratique, le Festival se tient chaque année depuis 1988. L’entrée est libre, les horaires larges (10:00 – 20:00) et le palais ne désemplit pas.
Difficile donc de rater cet évènement quand on aime les jeux : les jeux de plateau, de cartes, de dés, les jeux de rôles, les jeux vidéo, le grandeur-nature…
Le lieu est vaste et offre une palette incroyable d’activités, pour tous les âges, et les fanas de shopping peuvent se laisser tenter par des armes en latex, des goodies, des dés de toutes les formes et couleurs…
Pour ma part, je n’ai découvert le FIJ qu’en 1998. J’avais un vide à combler : la dernière édition du France Sud Open s’était tenue en 1995. (Le FSO, c’était 600 rôlistes venus jouer en plein mois de juillet, au soleil de la Côte d’Azur.)
‘fin, bref, je n’ai pas connu le FIJ à sa création et, cette année, je me suis inscrite au tournoi de jeu de rôle pour la première fois (aux rondes du vendredi soir et du dimanche aprem).
Côté pratique, le tournoi a commencé à l’heure, le temps d’appel était très bref et, tout le temps de jeu, des bénévoles souriants sont passés avec bouteilles d’eau, café, thé, sodas, biscuits… dans une vaste salle, suffisamment aérée pour que le bruit de plusieurs tables ne soit pas infernal.
Côté moi-je, j’ai essayé les Chroniques des Féals et les Ombres d’Esteren, avec des MJs et joueurs fort sympathiques.
Quelques chiffres quand même, puisque c’était un tournoi (même si, je l’avoue sans honte, j’étais venue pour le plaisir de nouveaux jeux et joueurs en oubliant l’aspect tournoi) : environ 120 joueurs pour 16 tables le vendredi, 19 le samedi et 12 le dimanche.
Côté vainqueurs, le classement des trois premiers :
– en maîtres de jeu : Christophe Barbe, Eric Berthebaud et Raphaël Hamimi ;
– en joueurs : Rémi Scatena, Yannick Comoglio et Philippe Lopez.

Étonnement, ce même week-end, à Monaco, se tenait le Monaco Anime Game Show 2013 au forum Grimaldi.
Étonnement, disais-je, car le « game » du titre laissait bien entendre qu’une partie du public était le même que celui du FIJ : les geeks n’ont pas 50.000 évènements qui leur sont dédiés sur la Côte d’Azur.
Poussée par la curiosité, j’y suis donc allée le samedi.
Dans un espace pas si grand, des tas de stands assez cools de goodies et des invités plutôt sympas comme le Joueur du Grenier, mais… une entrée à 12 €.
Clairement, un week-end d’ennui, ça aurait pu le faire. Le même week-end que le FIJ, ben… c’est quand même un sacré fumble. Parce que je ne sais pas pour vous, mais, perso, entre une entrée gratuite et plein de jeux à tester et une entrée payante pour rester passif en attendant des autographes…
Bref, une queue monstrueuse attendait pour un autographe du Joueur du Grenier, qui doit être complètement vidé en fin de journée, tandis que trois acteurs américains s’ennuyaient (et, à 20 € la dédicace, ça n’est pas forcément une surprise).

Voilà, je voulais faire ce petit billet dès lundi, mais des soucis d’yeux m’ont retardée et, du coup, je rédige donc cette chronique après la parution du nouveau numéro de Casus Belli que les abonnés ont reçu ce matin dans leur boîte mail.

Et, en lisant l’édito, j’ai un peu une réaction WTF ?
Stéphane Gallot et Didier Guisérix, tout en annonçant que le FIJ vient de se tenir, se désolent de l’absence d’un grand rassemblement rôliste. Heu ?
Non seulement il y a pas mal de conventions en France, mais le FIJ, par son ancienneté et son infrastructure, offre tout à fait ce lieu de grand rassemblement. D’autant que Casus y avait un stand prévu.
Au prix du billet d’avion Nice-Paris, je ne vais pas prétendre que les Alpes-Maritimes se sont désenclavées en quelques années, mais ça s’est pas mal amélioré.

Bref, je vais vous donner rendez-vous l’année prochaine, les dates sont déjà fixées du 28 février au 2 mars 2014. Les Vagabonds du Rêve et Terres Suspendues y seront 😉

Panna cotta

Pour 4 à 5 personnes :

  • 5 dl de crème fraîche fluide
  • 80 g de cassonade
  • 4 feuilles de gélatine
  • vanille, en gousse ou en poudre

Sauce :

  • 1 tasse de myrtilles ou framboises ou cerises (fraîches ou surgelées)
  • 1 tasse d’eau
  • 1/4 de tasse de sucre en poudre ou cassonade
  • 2 c. à s. de Maïzena
  • 1 c. à s. de beurre

Mettre à tremper les feuilles de gélatine dans une assiettée d’eau froide. Faire chauffer en tournant
bien la crème avec le sucre et la vanille. Quand cela frémit, y incorporer une à une les feuilles de gélatine en continuant à tourner jusqu’à complète dissolution. Verser dans des ramequins ou des verrines et mettre au frais pendant trois heures (on peut préparer la veille).
Un peu avant de servir (juste avant le repas), préparer la sauce en mélangeant eau, Maïzena, sucre et fruits dans une casserole. Mettre à chauffer doucement en remuant jusqu’à ce que le mélange épaississe (au premier bouillon) puis ajouter le beurre et ôter du feu. Verser la sauce à peine tiède sur la crème au moment de servir.

Cette sauce est également parfaite pour des crêpes ou des pancakes.

Galette des rois

  • 150 g de beurre
  • 180 g d’amandes en poudre
  • 150 g de sucre
  • 3 œufs + 1 jaune
  • 60 g de farine
  • 2 disques de pâte feuilletée de 230 g

Préchauffez le four à 200°.
Mélangez le beurre fondu, les amandes, le sucre, les œufs, la farine et une pincée de sel. Vous pouvez ajouter un peu de rhum.
Étalez le premier disque de pâte et piquez-le à la fourchette.
Étalez votre préparation au centre en laissant 2 cm au bord, puis mettez la deuxième pâte et collez le bord des pâtes en appuyant légèrement.
Dorez la surface au jaune d’œuf et faites des rayures avec une fourchette puis enfournez (30 minutes).

J’utilise pour cette galette mon moule à pizza rond qui a exactement la taille d’une pâte feuilletée.
La pâte feuilletée est difficile à réaliser et les disques vendus dans le commerce sont très satisfaisants.
Mettez la fève le plus au bord possible de la galette, dans la préparation de poudre d’amande.
Servez avec du cidre 😉

Gâteau de riz (ou de semoule)

Pour 6 personnes
Préparation + cuisson : 1 heure

  • 150 g de riz rond
  • 1 verre d’eau
  • 75 cl de lait
  • 1/2 gousse de vanille
  • 100 g de sucre
  • 1 pincée de sel

Lavez le riz et le mettre à cuire avec l’eau et le sel. Feu vif, laissez bouillir 2-3 min.
Faites chauffer le lait avec le sucre et la vanille. Versez-y le riz légèrement cuit, faites bouillir puis laissez cuire sur feu doux sans remuer.
Le riz est à point lorsqu’il a absorbé tout le lait. Retirez du feu et laissez refroidir.

Riz au four :
Ajoutez 3 oeufs et faites dorer au four (j’ai essayé 20-25 min. à 180°).

On peut ajouter des raisins secs trempés dans du rhum.
Nous avons aussi essayé avec des bananes passées à la poêle avec du beurre et un peu de sucre.

Nappage : chocolat fondu avec crème fraîche ou mascarpone.

Je fais le gâteau de semoule avec cette même recette.

Pâte brisée

… sucrée…

  • 200 g de farine
  • 100 g de beurre
  • 30 g de sucre
  • 1 pincée de sel
  • 1 jaune d’oeuf
  • 75 ml d’eau

Couper le beurre en petits morceaux dans la farine. Ajouter le sel et le sucre et faire une fontaine. Y mettre le jaune d’oeuf et l’eau. Former rapidement une boule, la couvrir d’un film plastique et faire reposer 15 minutes au réfrigérateur.

… ou salée…

  • 250 g de farine
  • 125 g de beurre
  • 5 cl d’eau
  • sel

Angel

Fille visionne l’intégrale d’Angel après avoir fini Buffy contre les vampires.

Moi : « C’est pas mal, hein, mais c’est très différent de Buffy même si c’est dans le même univers ? »
Fille : « Ouais, c’est pas du polar, c’est du search and destroy. »

Crêpes

Proportion à multiplier autant que de besoin :

  • 250 g de farine
  • 3 œufs
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
  • 5 dl de lait demi-écrémé
  • 1 pincée de sel

Au fouet électrique, mélangez la farine, les œufs, l’huile et le sel, puis ajouter le lait petit à petit.
Quand la pâte est bien liquide, laissez reposer au moins 30 minutes avant de faire cuire.

Cette préparation n’est pas sucrée et elle convient aussi bien pour une crêpe salée au jambon-fromage que pour une crêpe sucrée garnie de Nutella, confiture, chantilly…
Vous pouvez également saupoudrer la crêpe de sucre quand elle est encore chaude.
Vous pouvez préparer la pâte la veille et la laisser au frigo, de sorte qu’elle soit prête pour un bon petit déjeuner.

Écrivain est un métier, sans doute possible…

Une discussion lors d’un repas, sur un forum, au détour d’un réseau social… et voilà que j’ai envie de mettre par écrit, soigneusement posée, ma réponse. Sans doute parce que je suis bavarde, mais la définition reste vague.
Le statut d’écrivain pose problème.
Tout simplement parce que leurs droits sont mis à mal et, quand il faut se défendre, il devient souvent nécessaire de poser des définitions.
A priori et avant tout, l’écrivain est un artiste qui crée.
Sauf que…
Sous le prétexte que l’écrivain se fait plaisir, certaines personnes peu scrupuleuses trouvent normal de ne pas les rémunérer… ou, sous prétexte qu’il a créé de l’art, des gens bien intentionnés estiment que les droits d’auteur devraient tomber dans le domaine public… alors que personne n’exige que les riches milliardaires remettent leurs villas dans le domaine public, comme si le bien de l’artiste n’était pas un bien qui mérite d’être défendu.
L’écrivain crée et, même s’il se fait plaisir à cette occasion, son travail n’est pas moins méritoire que celui de l’avocat plaidant une affaire, d’une caissière au supermarché…
L’écrivain est un artisan et, petit à petit, il se constitue un patrimoine qui lui rapportera des droits d’exploitation au fil des années.
Le souci, donc, c’est que, croyant bien faire, certains auteurs éprouvent le besoin d’en exclure d’autres au prétexte qu’écrivain est un métier.
Et, en réalité, la vraie question est bien plutôt : qu’est-ce qu’un métier ?
Assez sobrement, on pourrait dire que c’est ce qui paie les factures, mais « rentier » ou « gagnant du loto » rentrent difficilement dans la case…
Une femme au foyer qui élève trois enfants est-elle plus compétente qu’une mère au boulot prenant qui rentre tard le soir ? Un mauvais boulanger peut-il me faire un meilleur pain que ma mère si elle est motivée ? Est-ce que l’électricité dans mon appartement a été refaite par quelqu’un de compétent ou quelqu’un du métier ? Est-ce qu’un rentier qui écrit huit heures par jour est un meilleur écrivain qu’un prof de maths ?
Le monde des humains n’aime pas les valeurs absolues : tout est possible.
Par hasard, je suis rentrée dans une grosse administration et c’est là ce qui me nourrit.
Comme pour tout le monde, il y a eu des années difficiles, des doutes, mais… avec le recul, l’un des aspects que j’apprécie est la diversité des métiers, la possibilité de les exercer tour à tour.
Qu’est-ce qui paie mes factures ? Ben, ça dépend des années, de mes choix au moment des vœux de mutation… Suis-je juriste quand je travaille avec du droit ? Oui et non, non et oui. Suis-je comptable quand je manipule des chiffres ?
Alors, non, je ne pense pas que chacun de nous peut tout faire. Parce que je pense que nous sommes tous merveilleusement différents et, pour ma part, je ne connaîtrai aucun métier du bâtiment car je suis terriblement maladroite dans toutes les activités manuelles.
Je pense juste que, si l’on se forme, si l’on est prêt à apprendre dans les domaines pour lesquels nous avons des dispositions, tous les métiers nous sont accessibles.
A mes yeux, donc, toute personne qui écrit n’est donc pas un écrivain, non… mais toute personne qui écrit avec le sérieux qu’elle met dans n’importe quel autre métier est un écrivain, sans doute possible.
Et elle est donc bien la seule à savoir si, oui ou non, elle s’investit dans la tâche 😉
Et donc la seule à pouvoir décider si c’est légitime de l’indiquer dans la case qui va bien sur son profil de réseau social…

Quand je serai grande, je serai Rick Castle

J’aime les séries télé1.
Je ne sais pas si cela tient au format ou… mais c’est plus que probable : une histoire courte, mais les personnages vont évoluer dans le temps et il va y avoir plein d’histoires, au final.
Probablement pour les mêmes raisons que je n’écris que des nouvelles, j’apprécie plus les 40 minutes de la série, finalement, presque, qu’un film.
Evidemment, il y aurait des tonnes de nuances à apporter, mais ce n’est pas vraiment mon propos ce soir…

Si vous avez lu la petite NdBdP juste avant, vous avez vu que, dans les séries que je suis actuellement, se trouve Castle.
Il parait que, quand on regarde/lit une histoire, l’identification au héros ou à l’un des personnages est un truc important. Je ne sais pas bien si c’est vrai. En écrivaine ou en rôliste (allez savoir !), j’aime me glisser dans la peau et les intentions de plein de persos, pas juste d’un seul parce que, mettons, ce serait une fille qui me ressemble vaguement. Sauf que, malgré mon amour pour la diversité, parfois, l’un des persos est plus attractif que les autres.
C’est le cas de Rick Castle. Même si c’est un mec de2… même si c’est un mec, disais-je, il incarne forcément le personnage dans lequel j’aimerais m’identifier sans doute possible :
– c’est un écrivain connu, mais pas un qui tire à la ligne pour faire du pognon : il écrit ses histoires avec son coeur, en faisant de longues recherches, en essayant d’être vrai…
– il est pété de thunes et uniquement comme écrivain ;
– il a une relation merveilleuse avec son parent et son enfant3 ;
– il habite un bel appart ;
– il a une vie palpitante, mais il a pourtant le temps d’enquêter et d’écrire en même temps4 tout en vivant pleinement sa relation avec ses proches, ses amis…
Ce que je trouve amusant dans tout cela5, c’est que je ne crois pas au perso : il est too much, beaucoup trop de l’ordre du fantasme6 sans que je puisse croire un seul instant qu’une telle vie, aussi merveilleuse, puisse être possible… et, pourtant, je l’aime bien. Je m’attache à lui, j’ai envie de savoir ce qui lui arrive. Alors que, souvent, quand c’est too much, je m’agace et rejette.
J’imagine que cela tient au fait que la série ne se prend pas au sérieux. L’une de ses caractéristiques est que l’on sait, finalement, qu’on est dans le rêve, qu’on est là pour s’amuser, que les personnages n’existent pas vraiment… et cette absence de « réalité »7 fait qu’on accepte donc les extravagances qui ne passeraient pas dans d’autres histoires.

Comme quoi, quand on dit que, pour faire une bonne histoire, il n’y a aucune règle…

  1. Là, je suis censée énumérer quelques exemples de celles que j’aime, histoire que le lecteur cerne un peu mieux ce qui se cache derrière cette déclaration. Du coup, je me fends d’une petite liste ici, loin d’être exhaustive, mais pour compléter un peu ma phrase qui s’est ‘achement allongée du coup : Buffy contre les vampires (et Angel, forcément, je suis une grande fan), Dr House et Dr Who (oui, ça m’amuse de les mettre ensemble), Supernatural, Bones, Castle… ↩︎
  2. OMG, nous n’avons que deux ans de différence alors que je le voyais BEAUCOUP plus vieux que moi o_O C’est le début de la fin, la débandade, tous aux abris !!! ↩︎
  3. Parfaite, d’ailleurs : mature, responsable, gentille… ↩︎
  4. Du coup, quand Beckett lui reproche de ne pas rédiger de rapports, ben… déjà qu’il enquête bénévolement… ↩︎
  5. Ben, oui, je ne me fends pas d’un billet juste pour m’écouter parler… quoique… ↩︎
  6. Pour moi. J’ignore s’il fait fantasmer des non-écrivains ou même d’autres écrivains… ↩︎
  7. Désolée, je ne trouve pas d’autres mots. ↩︎

Jennifer Strange, dresseuse de quarkons (2011)

Auteur : Jasper Fforde
Traducteur : Michel Pagel

Après le premier tome où Jennifer Strange rencontre les derniers dragons, la jeune narratrice, gérante provisoire de l’agence de magie Kazam, nous raconte ses nouvelles aventures.
Je ne reviendrai pas sur les défauts que je trouve propres à Fforde et dont j’ai déjà parlé dans mes diverses chroniques. Toujours présents, ils ne m’empêchent pas d’apprécier pleinement son imagination vraiment particulière.
Cette fois-ci, les soucis viennent de Blix, un magicien antipathique et ambitieux qui a décidé de s’approprier toute la magie du royaume pour la commercialiser au mieux de son portefeuille. On y ajoute la découverte d’un anneau maudit, l’arrivée en ville du quarkon jumeau de celui que Jennifer a perdu au tome 1, des accumulateurs d’énergie magique protégés par un mot de passe et qui pétrifient les malheureux qui tentent d’en craquer le code…
Tandis que Jennifer garde la tête froide et s’efforce de rester fidèle aux idées de Zambini, le gérant qu’elle remplace tant qu’il est « perdu » dans une série d’apparitions-disparitions, les évènements prennent des tours bien inattendus… pour former un tout fort sympathique quand le livre se termine.
Très subjectivement (parce que j’ai lu le précédent il y a un an !), j’ai l’impression que ce deuxième tome est meilleur que le premier (ou j’étais d’avantage d’humeur à me laisser embarquer).
À lire, sans doute possible, pour découvrir ce monde où les téléphones portables ne seront remis en route que quand les micro-ondes marcheront enfin grâce au retour de l’énergie magique, pour le plaisir de tous ces petites billes posées sur le chemin et qui forment un tout si amusant.

Fleuve Noir – Territoires
ISBN : 978-2-265-09307-2
308 pages – 16,50 €

Ce billet est également paru dans la #TribuneVdR.

Les Faucheurs sont les anges

Auteur : Alden Bell
Traducteur : Tristan Lathière

Dans un monde envahi par les zombies, Temple, adolescente solitaire, parcourt les USA. Trouvant refuge dans une petite communauté cachée au cœur de grands immeubles, elle doit rapidement s’enfuir après avoir tué Abraham, sale individu qui tente d’abuser d’elle. Poursuivie par Moïse, le frère d’Abraham qui veut venger sa mort, elle croise Maury, un idiot qui vient de perdre sa grand-mère et qu’elle prend sous son aile. Direction : l’adresse de parents que Maury trimbale sur un papier dans sa poche.
Ainsi résumée, cette histoire pourrait être un roman d’action, bourré de courses-poursuites.
Écrit au présent, sans un seul tiret de dialogue ou guillemet, les Faucheurs sont les anges est en réalité une sorte de long poème mélancolique sur les beautés de la nature, les humains, la vie et la mort.
Temple fuit les autres, persuadée qu’elle est mauvaise alors qu’elle est juste une adolescente qui tente de survivre, terriblement forte quoique menue (une Buffy like ?), et on chemine avec elle, au fil de ses rencontres. Moïse, quant à lui, semble suivre une sorte de code de l’honneur qui l’oblige à tuer celle qui a tué son frère sans que cela le réjouisse particulièrement.
La lecture est plaisante et on est curieux de ce monde post-apo, même si certaines choses laissent dubitatif, comme les centrales électriques qui marchent toujours, le carburant qui reste disponible… Le personnage de Temple, adolescente attachante, peine à convaincre : a priori livrée à elle-même très jeune, ne sachant pas lire, elle semble néanmoins connaître beaucoup trop de choses et aucune révélation finale ne viendra véritablement expliquer tout cela. Le déroulé des évènements aussi (les 25 ans depuis le début de la catastrophe — qui ne sera pas expliqué, mais ce point n’est pas gênant) : je n’imagine pas que des biscuits au fromage restent intacts si longtemps (ou le vernis à ongle, comme je l’ai lu dans certaines critiques)…
Si l’immersion est facile, si l’on tourne les pages sans voir le temps passer, au final, on reste avec un « tout ça pour ça ? » L’auteur s’est fait plaisir en mettant en scène des survivants, désespérés ou, au contraire, pleins de vie, en parlant de Dieu et de la beauté du monde… mais ça fait beaucoup de pages pour une simple contemplation.
Je ne saurais donc conclure en vous conseillant de le lire ou pas, car je ne sais pas bien si les amateurs d’histoires de zombies et de mondes post-apo aiment les longs poèmes mélancoliques. Personnellement, j’ai satisfait une curiosité car ce n’est clairement pas le genre d’ouvrages auxquels je suis habituée, mais je ne suis pas certaine de retenter l’expérience.

Bragelonne
ISBN : 978-2-35294-559-8
18 € – 283 pages

Ce billet est paru dans la #TribuneVdR.