Sauce bolognaise

Pour 100 g de viande de bœuf hachée

  • 1 livre de tomates (débitées en dés) ou, mieux, 2 petites boîtes de pulpe de
  • tomate
  • un oignon
  • une gousse d’ail
  • sel
  • poivre
  • thym
  • persil
  • 1/2 feuille de laurier
  • une cuillère à café d’huile d’olive
  • une carotte coupée en petits dés ou un peu de sucre

Faire blondir l’oignon émincé dans l’huile puis le retirer. Faire dorer la viande, y rajouter l’oignon, puis les tomates, sel, poivre, etc… Baisser le feu et laisser mijoter jusqu’à épaississement (de une à quatre heures selon le temps disponible).

En variante, on peut ajouter un peu de viande de veau, des lardons fumés, un filet de vin blanc, une carotte coupée en dés et/ou des champignons.

Crème pâtissière

  • 4 dl de lait
  • 1/3 de gousse de vanille (ou autre parfum)
  • 3 jaunes d’oeufs
  • 80 g de sucre
  • 40 g de farine

Mettre le lait à bouillir avec la vanille.
Casser les œufs en séparant le blanc des jaunes.
Travailler les jaunes avec le sucre jusqu’à ce que la pâte fasse ruban, ajouter la farine.
Verser le lait bouillant sur le mélange en tournant bien.
Remettre dans la casserole, faire cuire en tournant très soigneusement, retirer dès ébullition.
Selon la consistance souhaitée, augmenter ou diminuer la quantité de farine.

Si l’on parfume avec du rhum, l’ajouter à la fin de la cuisson.
Pour la crème Saint-Honoré, augmenter jusqu’à 120 g de sucre. Fouetter les blancs en neige ferme et y incorporer la crème bouillante.
Pour la crème style frangipane, augmenter jusqu’à 75 g de farine et y incorporer 50 g d’amandes en poudre.

Sans Forme – Le protectorat de l’ombrelle II

Autrice : Gail Carriger
Traductrice : Sylvie Denis

Avant de chroniquer un tome 2, j’ai toujours une petite hésitation : déjà, le billet ne peut intéresser que ceux qui se sont laissés convaincre de lire le premier (voir ma chronique de Sans Âme) ; de plus, la tentation est grande de dire « relisez ce que j’ai écrit précédemment ». Car, sauf virage à 180°, un deuxième tome n’est qu’une suite, à lire si on a aimé le précédent.
Alexia, plantureuse italienne décalée dans la bonne société britannique, est devenue Lady Maccon en épousant l’Alpha d’une meute de loups-garous.
Elle doit désormais faire face à de nouvelles responsabilités domestiques quand une étrange « maladie » s’abat sur le pays : les créatures surnaturelles sont humanisées sans que l’on sache pourquoi.
Pour les besoins de son enquête, notre lady va donc partir en Écosse et, bien malgré elle, elle s’y rendra en compagnie de sa meilleure amie, ravissante idiote, et de sa peste de sœur.
Le début de ce tome s’attarde sur la relation entre Lady et Lord Maccon (oui, oui, on a compris qu’ils étaient amoureux et que l’expression de cet amour était principalement sexuelle) et les personnages secondaires, d’abord bien présents, disparaissent ensuite de la scène au profit d’une résolution d’intrigue toute simple.
Si je devais retenir un sentiment de cette lecture, c’est avant tout une impression de déséquilibre, de mauvais dosage… Les toilettes extravagantes, les personnages caricaturaux (les lesbiennes sont forcément françaises), les tasses de thé… s’effacent brusquement et on ne suit plus que le seul fil d’Alexia comme si l’autrice, brusquement, s’était dit qu’elle allait écrire un polar du point de vue du détective. Un polar très ordinaire qui n’est certainement pas la raison pour laquelle les lecteurices ont ouvert ces pages.
Cela dit, la lecture de l’ensemble n’est pas rédhibitoire : des mystères sont posés pour les tomes suivants, celui-ci étant clairement un à suivre contrairement au précédent. Mais je ne sais pas bien l’objectif poursuivi par Carriger et mon impression dépendra probablement de la façon dont la suite des évènements est traitée. Car, en l’état, je n’ai pas retrouvé le charme romanesque du premier et pas encore assez d’aventures et de suspens pour m’éclater.

Orbit
ISBN : 978-2-3605-1039-9
320 pages – 16,50 €

Ce billet est paru dans la #TribuneVdR.

Que devient le temps après 21 heures ?

Ne me dites pas que vous ne vous êtes jamais posé la question !
Il est 21:00. Vous avez dîné avalé quelques restes planqués dans le frigo et même chargé le lave-vaisselle ; vous êtes en pyjama ; vous avez fini les deux urgences que vous vous étiez imposé pour la journée ; vous avez même répondu à Marie que, non, vous n’étiez pas libre à déjeuner demain et à Raoul que, oui, la partie de jeu de rôle était toujours prévu ce samedi.
Vous êtes libre ! Et il vous reste le temps de regarder deux épisodes de votre série préférée avant de vous coucher merveilleusement raisonnablement tôt !
Là, évidemment, vous auriez dû fermer votre lecteur de méls, FaceBook… mais une idée perverse vous traverse l’esprit : vous n’avez pas vérifié sur Wikipédia le nombre de variétés de cornichons qui existent dans le monde et c’est vrai que Vincent en a parlé à la cantine ce midi. Vous NE POUVEZ PAS aller vous coucher sans savoir, sans être sûr que…
Une petite recherche, ça prend quoi ? Deux minutes ?
FB est resté ouvert, tiens ? C’est quoi cette notification ?
Bah, vous avez bien le temps de regarder cette petite vidéo sur Youtube… Ça va vous prendre quoi ? Cinq minutes ?
La vidéo ne se charge pas, saleté d’ordi ! Vous cliquez sur celle d’à-côté : le petit chaton vraiment cro cro mignon. Non, vous ne la connaissez pas.
Thunderbird est resté ouvert aussi, tiens, et Marie vient de vous répondre. Lisez son mél, y’en a pour quoi ? Deux secondes ?
Un bref coup d’œil à l’horloge, en bas de l’écran : il est 21:45 !!! Oui, vous doutez quelques secondes de vos yeux, ces traîtres, mais, non, il n’est pas 21:10 comme il DEVRAIT, il est 21:45.
Désespéré par votre capacité à laisser le temps vous filer entre les doigts (où ? comment ? à quel moment vous êtes vous endormi ?), vous lancez un seul malheureux épisode de 40 minutes.
Vous avez été raisonnable, vous vous êtes couché tôt, vous êtes un héros ! Oh, évidemment, juste un héros du quotidien, mais, demain, quand vous serez en forme au boulot, c’est vos collègues qui pourront apprécier. La couette sous le nez, le crâne calé dans l’oreiller, vous jetez un dernier coup d’œil au radio-réveil… Il est 23:00 !
Mais il ne devrait être que 22:30, maxi…
Oui, quelqu’un pique le temps après 21:00. Mais vous ne savez pas qui.

Pourquoi les Vagabonds du Rêve ?

Ces jours-ci, je songeais à revenir un peu sur le chemin parcouru pour en arriver aux actuels Vagabonds du Rêve, ne serait-ce que pour répondre un peu aux questions implicites de mon entourage qui pense que je travaille pour Parchemins & Traverses ou CitronMeringue.
Alors, décidée à un peu d’égocentrisme et de nostalgie, je me lance.

1990 – J’ai 17 ans et je crée mon premier fanzine, Des Lyres et des Poètes, consacré aux poèmes et aux nouvelles, mais mon réseau est inexistant et les poètes ne viennent pas frapper à ma porte. Je lance également La Tribune des Vagabonds du Rêve et, là, grâce à Casus Belli et à sa chronique de fanzines, le réseau naît.
Donc, voilà, mystère levé : les Vagabonds du Rêve, ça me semblait cool comme idée, vagabonder dans les rêves…

2000 – La Tribune a vécu 14 numéros, j’ai participé au France Sud Open (une belle convention de jeu de rôle qui se passait à Toulon), on a lancé la Fédération Française de Jeu de Rôle, j’ai trouvé un travail, déménagé plusieurs fois… j’ai mis au monde Grande et Petit… et il est temps que je lance Oxalis éditions qui publiera un roman et trois numéros des Vagabonds du Rêve (la Tribune a disparu au passage), une revue-anthologie à thème.
Mais ça coûte trop cher et je préfère arrêter avant de ruiner ma famille…

2000 aussi – Lancement d’Onire.com, un site web qui se consacrera à l’actualité de nos genres favoris avec des chroniques de livres et la publication de nouvelles et d’anthologies numériques.
La sauce ne prend pas, l’équipe ne se trouve pas… et l’aventure s’arrête en 2004.

2004 – Lancement de Parchemins & Traverses qui va mélanger édition numérique et papier.
Une revue au format PDF avec des nouvelles, sans thème particulier, et des anthologies-papier à thème.
Et des chroniques, toujours.
Juin 2004, c’est la parution du n°1 de la revue qui comptera 4 numéros (le dernier étant de juillet 2007).
La formule ne me satisfait pas complètement et, en septembre 2007, elle devient donc Un mois, une nouvelle : les nouvelles athématiques ne sont donc plus regroupées, mais paraissent individuellement, toujours illustrées et au format PDF.

2008 – Je ne me retrouve pas dans les anthologies à thème et Parchemins & Traverses tel qu’il existe.
Une équipe reprend donc, en gardant le nom de P&T, les anthos-papier et je garde les chroniques et Un mois, une nouvelle sous le label de l’Axiome imaginaire (qui fut, longtemps auparavant, une association destinée à l’édition de jeu de rôle, avant Oxalis).
Mais l’Axiome imaginaire devient très vite CitronMeringue, nom de mon ancien site perso et de l’ancien forum qui a existé avant celui de P&T.

Et je continue de chercher la formule qui me convient, la bonne plate-forme pour le site…
Les chroniques deviennent les Chroniqueurs vagabonds, Un mois, une nouvelle devient les Vagabonds du Rêve.

Et puis le nom CitronMeringue disparaît et les Vagabonds prennent leur forme actuelle : un site avec des chroniques, des nouvelles…

Pourquoi je vous raconte tout ça ?
Pour le plaisir, voyons 😉

Non, plus sérieusement, je vous raconte tout ça pour que vous ne vous demandiez pas pourquoi nos premières Publications portent le logo de P&T.

Ce billet a été également publié dans la #TribuneVdR.

Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de Dragons (2010)

Auteur : Jasper Fforde
Traducteur : Michel Pagel

Fforde, c’est l’auteur des aventures de Thursday Next, une imagination décalée et bluffante. Du coup, en apprenant qu’un nouveau roman de sa plume était paru, j’étais curieuse, forcément, d’autant que le titre lui-même me plaisait.
Naïvement, j’ai cherché Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de Dragons au rayon SF/fantasy, avant qu’un tilt ne me fasse songer à le chercher en Jeunesse.
Jennifer est donc paru dans une collection non-destinée aux adultes, pour l’un de ces mystères éditoriaux qui me sont inaccessibles. Peut-être parce que l’ensemble est court. Peut-être parce que le personnage principal a 16 ans. Peut-être parce qu’il n’y a aucune évocation sexuelle. Je ne sais pas.
Toujours est-il que ce roman est simplement tout public.
Dans un 21ème siècle décalé, où la magie se meurt doucement (des mages, autrefois brillants, en sont réduits à vendre leurs services pour réparer l’électricité dans les maisons particulières), où les Royaumes Désunis s’entredéchirent, Jennifer Strange est une jeune fille de bientôt 16 ans, enfant trouvée donnée en servitude à l’agence de magie Kazam, qu’elle gère comme elle peut, remplissant de la paperasse pour la moindre incantation.
Mais voilà qu’une prophétie annonce que le dernier dragon vivant sera tué dimanche midi et, alors que notre jeune héroïne est persuadée que cela a un rapport avec la diminution de la magie, elle apprend qu’elle est la dernière tueuse de dragons.
Tout d’abord, le point négatif : comme je l’écrivais pour Thursday Next, Fforde ne sait pas « situer » ses personnages. Jennifer a 16 ans et son acolyte en a 11. Mais notre auteur n’a visiblement aucune idée de ce que peut être une adolescente ou un enfant. Les deux personnages se comportent comme des adultes asexués. Du coup, ce détail, un peu agaçant, aurait pu être facilement évité en faisant de Jennifer une jeune adulte…
Mais, sinon, l’ensemble est fort plaisant. Le monde et les situations sont décalés, l’imagination est flambante et le tout se lit facilement, le rythme est bon. On s’inquiète du devenir de Jennifer, du dernier dragon… et la surprise est bien au rendez-vous sur la fin. Les mages, repliés dans leur vieil hôtel délabré, inspirent la sympathie, le roi est méchant ce qu’il faut…
Fforde a un talent indéniable, même si je regrette toujours qu’il ne trouve pas un co-auteur ou une équipe pour bâtir ses personnages.

Fleuve Noir – Territoires
ISBN : 978-2-265-09306-5
295 pages – 15,90 €

Ce billet a également été publié dans la #TribuneVdR.

Traquée – Rebecca Kean I (2011)

Autrice : Cassandra O’Donnell

En voyant l’épaisseur du bouquin dans la pile de services de presse, j’ai eu un gros moment d’hésitation : je ne suis pas fan de bit-lit et le volume est bien épais. Mais, en le feuilletant, il n’abrite que 474 pages. Du coup, par curiosité, je l’emporte.

C’est un roman inédit et les crédits m’indiquent qu’une Nathalie Gendre a dû souhaiter signer du nom de plume de Cassandra O’Donnell, sans doute plus « glamour » (ou pour ne pas se commettre en littérature de genre ?). Donc de la littérature francophone, d’une autrice débutante ? Google ne m’aide pas beaucoup…

Alors…
Rebecca Kean (Pourquoi ce nom de Kean alors qu’elle est française ? Un nom d’emprunt ? La suite du roman ne me l’apprendra pas, mais je le suppose puisqu’elle se cache…) est une sorcière de guerre surpuissante qui a fuit son clan et la France parce qu’elle avait eu une liaison avec un vampire, ennemi mortel des siens (et accessoirement un enfant, une fille prénommée Leonora).
Elle arrive dans une petite ville des USA où vit une concentration impressionnante de créatures surnaturelles : vampires, démons, loups-garous, muteurs (pourquoi y’a-t-il un clan de muteurs pour toutes les créatures garous différent du clan des loups ?), chamans (les grands absents de l’intrigue) et potionneuses (alors Rebecca est une super-sorcière, mais, dans ce trou paumé, on ne trouve que des sorcières à potions).
Puis des créatures sont enlevées et on demande son aide à Rebecca parce que, sinon, il n’y aurait pas de roman.
Le super-vampire du coin tombe amoureux d’elle, mais un démon veut se la faire aussi, ainsi qu’un loup-garou et… un muteur ? On dirait bien, yep.
L’intrigue, même si elle n’est pas follement originale, pourrait néanmoins se défendre pour un honnête roman de détente sans prise de tête. L’autrice arrive même à trouver une explication à l’attrait de Super-Vampire pour l’héroïne.

Sauf que…
L’autrice devait être pressée par un délai imaginaire car elle n’a pas jugé utile de se relire. Et personne, dans l’équipe de son éditeur, ne l’a jugé utile non plus. Du coup, l’action laisse souvent la place à un agacement justifié.
Les loups-garous se transforment ? Ben, sans se déshabiller, c’est évident, ils ont les moyens de perdre toute leur garde-robe régulièrement, même une petite robe de créateur.
Le temps ? C’est pour les mauviettes : pourquoi l’action devrait-elle se plier à un enchaînement normal des heures ? Rebecca a un vrai boulot, mais, visiblement, elle n’a pas besoin d’y justifier ses absences de plus en plus fréquentes.
Un exemple de nimportenawak flagrant : notre sorcière bien-aimée est allergique aux félins. Couverte de poils, éternuant, elle pense qu’elle doit absolument rentrer chez elle se doucher et prendre des médocs. Mais, la seconde suivante, elle part faire autre chose et n’éternue plus du tout. L’autrice aurait pu nous glisser un « une heure plus tard », mais c’était sans doute trop simple ?
Bien sûr, on a aussi le droit à la même phrase à une page d’intervalle, aux effets de style douteux et répétitifs… et, au milieu du roman, brusquement, Rebecca aime les séries télé… et, là, cerise sur le gâteau : dans ce déroulé de bit-lit très moyen, Buffy est qualifiée de kitsch (hôpital ? charité ?).

En conclusion, et à mon propre étonnement, je suis allée jusqu’au bout parce que je voulais trouver les justifications à toutes les pistes posées, mais la fin annonce une suite…
Si l’autrice ou l’éditeur ont une prise de conscience et s’aperçoivent que publier un roman, c’est un vrai travail, je crois presque que c’est jouable et qu’on pourrait avoir une petite série sans prétention avec sa dose d’action. Mais, en l’état, c’est médiocre. (Et, comme le tome 2 parait incessamment sous peu, je pense que c’est cuit…)

J’ai lu
ISBN : 978-2-290-03206-0
474 pages – 12 €

Ce billet est paru dans la #TribuneVdR.

Sans Âme – Le protectorat de l’ombrelle I

Autrice : Gail Carriger
Traductrice : Sylvie Denis

Dans une Angleterre alternative du 19e siècle, Mlle Tarabotti est une belle latine complexée par son physique pas assez britannique, au caractère bien trempé et persuadée qu’elle est condamnée au célibat. Mais sa caractéristique principale, dans ce monde où les loups-garous et les vampires vivent au grand jour (si je puis dire), est son absence d’âme qui fait que, lorsqu’elle touche une créature surnaturelle, celle-ci devient, le temps du contact, simplement humaine.
La première impression, c’est celle de plonger dans du Jane Austen : notre héroïne, auto-proclamée vieille fille, tombe sous le charme de Lord Maccon, Alpha de sa meute de loups-garous, noble à la fois riche, mais délicieusement brute. Elle le dispute et le boude alors que le bon parti ne rêve que de l’épouser.
A cette romance qui sent bon la dentelle et les tasses de porcelaine, on ajoutera un peu de fantasy urbaine (mais le surnaturel joue plus du décor que du propos), une enquête policière avec son lot de savants fous et de société secrète et une bonne dose de chick lit, Alexia Tarabotti découvrant l’érotisme en même temps qu’elle se fait courtiser d’une manière fort « directe » qui ressemble plus aux canons actuels qu’à ceux qu’on peut trouver dans Orgueil et Préjugés.
En réalité, Sans Âme forme un mélange au premier abord surprenant, avec un ridicule plein de charme, un manque de sérieux assumé, de longues descriptions de toilettes excentriques et de plats divers… Au final, on se laisse prendre au jeu et on s’amuse de la petite touche steampunk.
Alors, clairement, si vous n’aimez pas lire une histoire d’amour en dégustant une tasse de thé et des pâtisseries, ce roman n’est pas fait pour vous car la romance en est le cœur central. Mais si, comme moi, vous assumez de temps en temps votre côté midinette, vous devriez aimer le côté décalé et gentiment absurde de cette fantasy urbaine à l’eau de rose.

Orbit
ISBN : 978-2-36051-026-9
314 pages – 16,50 €

Ce billet est également paru dans la #TribuneVdR.

Genres, mes amis, ou la découverte de l’arcanepunk

L’exercice de classification en genres est un exercice difficile, souvent périlleux, mais tout de même assez pratique.
Pratique parce que, par exemple, quand j’explique à mes amis que j’aimerais changer la déco de mon salon en steampunk, je n’ai pas besoin de plus que ce mot, pas besoin de me lancer dans des tonnes d’explications.
Périlleux parce que chacun va le revoir à sa sauce, en fonction de ses goûts, de ses objectifs…
Il y a quelques mois, je rédigeais un petit billet d’humeur pour dire que Buffy n’était pas de la bit-lit. En effet, si la bit-lit est de la chick-lit avec des bouts de créatures fantastiques dedans, Buffy n’a rien de la célibataire trentenaire qui se regarde le nombril en faisant du shopping. Buffy peut être apparentée aux super-héros, aux héros mythologiques (en avançant dans les saisons et en suivant Angel, on voit bien cet aspect de guerriers élus des dieux se développer), à la fantasy urbaine pour son monde proche du nôtre où la magie existe… Pourtant, suivant les chroniqueurs, Buffy est placée allègrement en bit-lit. Si cela ne correspond pas à ma propre qualification, cela convient forcément à ceux qui la font.
Toute classification est donc à prendre avec précaution et bonne humeur, en se disant que chacun agrémentera le tout à sa sauce et c’est bien le moins qu’on puisse attendre d’amateurs d’imaginaire 😉

Dans ce besoin de nommer le genre, je restais perplexe devant World of Warcraft : si c’est un univers où l’on retrouve certains éléments de l’heroic fantasy, la présence de vaisseaux spatiaux, de tramway, de dirigeables, de motos… ne laissait aucun doute sur le fait que ça n’en était pas.
Le genre le plus proche me semblait bien celui du steampunk où des machines à vapeur sophistiquées côtoient des ambiances un peu vieillottes. Mais quelque chose ne collait pas tout à fait…
Puis, il y a quelques jours, ma soeur m’a apporté le mot manquant : arcanepunk, un mot pour désigner ces mondes si proches du steampunk, mais où la magie prend une place importante.

Sur ce, et sans aucun lien logique, le moment semble adéquat pour vous souhaiter à tous un bon réveillon, si vous fêtez la Saint-Sylvestre, ou juste une bonne dernière journée en 2010 pour les autres 😉

A l’année prochaine.

World of Warcraft vs FarmVille ?

De sa période juillettiste loin du net, ma Grande a ramené de vrais magazines, avec du papier et des pages qu’on doit tourner. Du coup, je me suis installée pour feuilleter le numéro du 20 juillet de Canard PC, une revue consacrée aux jeux vidéo PC.
Comme vous le savez peut-être (ou pas), je suis ce qu’on qualifie de joueuse casual (i.e. joueuse à petite consommation).
Pourquoi ? Tout simplement parce que je suis rarement fan de quelque chose : si j’ai des amis qui dévorent des tonnes de livres ou d’autres qui jouent de longues heures ou… pour ma part, j’aime jouer un peu, lire un peu, regarder la télé un peu… Puis, tout simplement, je n’ai plus 20 ans, âge auquel, je l’avoue, je m’éclatais sur un vieil Amiga 500.
Bref, je joue un peu dans une maison contenant sa bonne dose de titres pour une Grande qui, elle, est une vraie gameuse 😉
Hormis World of Warcraft, dont j’apprécie l’univers arcanepunk et dans lequel j’ai trouvé une guilde qui ne me regarde pas de travers malgré mes faibles performances, je peux aussi m’amuser de jeux comme les Sims 3 ou… Le seul genre auquel je sois hermétique, je crois, c’est quand il faut tirer sur des bonshommes à coup de mitraillette. Transpercer l’ennemi de mon épée pour sauver une relique, ça me va. Mais faire la guerre, non.
Mais, à côté de ces jeux vidéo traditionnels, je joue aussi à… FarmVille, Treasure Isle…
Tout ça pour en revenir au numéro de Canard PC que je parcourais tantôt. Un article y est consacré aux jeux sociaux via FaceBook qui, d’une certaine façon, nuisent aux vrais jeux. D’une manière toute bête : si un jeu social, torché en quelques mois, rapporte plus qu’un jeu complexe, quel est l’avenir des jeux complexes et, surtout, les sociétés commerciales continueront-elles à investir dedans ?
Perso, je pense surtout que le problème est mal posé…
Quand on regarde le monde du livre ou du film, il y a bien, cohabitant sur le marché, des oeuvres perfectionnées destinées aux connaisseurs et des oeuvres grand public, souvent plus « accessibles » (on va dire).
Petit retour dans le passé…
Quand j’étais enfant, c’était l’époque des albums Panini. Pour des raisons que j’ai oubliées (je n’avais peut-être pas demandé ou c’était trop cher pour ce que c’était), je n’en avais pas et cela me manquait car, dans la cour de récré, je n’avais rien à échanger avec mes petits camarades.
Aujourd’hui, au boulot (dans la cour de récré ?)… je ne peux pas raconter que, hier soir, dans WoW, j’ai eu une nouvelle hache magnifique. Par contre, je peux dire que j’ai trouvé un nouveau cochon rose dans FarmVille. Parce que le « social » de « jeu social » n’est pas seulement à prendre dans le sens que nos voisins de ferme sont aussi nos amis réels. C’est un jeu qui passe bien dans la société, auprès des… non-joueurs.
S’il n’y a pas de stratégie ni rien qui donne un peu de peps, on y fait des collections (comme avec les albums). Un nouvel animal apparaît et tout le monde se précipite pour l’avoir.
Tout ça pour dire que les jeux vidéo complexes ne sont pas comparables aux jeux sociaux, parce que ce n’est ni le même public ni les mêmes besoins. Quand je rentre du travail, crevée, non, je n’ai pas la force d’aller mener à bien une quête ou quoique ce soit de complexe. Mais je peux me détendre en faisant mes récoltes et en envoyant des cadeaux.
Même si vendre des pommes rapporte plus que de vendre des kiwis, on continue à pouvoir acheter des kiwis. De la même manière, si les bénéfices générés par FarmVille peuvent faire pleurer d’autres sociétés conceptrices de jeux, il y a toujours le marché des vrais gamers.
Au fond, cet article (de Canard PC, oui oui, c’est le fil conducteur de ce billet) me fait un peu penser à un nouvelliste de SF qui se plaindrait que Musso ou Levy génèrent plus de profits. FarmVille s’adresse à plus de gens. Point. C’est un fait. Pas parce que c’est plus moche ou moins complexe, mais parce que tout le monde n’est pas gamer (bon, yep, je pourrais écrire « joueur », mais joueur est trop générique).
Alors… il en faut pour tous les goûts. Si les concepteurs de jeux sont trop accros au fric et que ça les démoralise, attendons une nouvelle génération qui retrouvera le plaisir de créer des jeux complexes et passionnants.

Pourquoi Buffy n’est pas de la bit-lit…

… ou comment Cenlivane se lança dans un billet à 23h passées pour répondre à une copine sur une question inutile donc indispensable.

Parfois, d’un simple échange de deux lignes, on en vient à se poser de drôles de questions…
Bref… hier soir, France 2 diffuse Castle. Objectivement, ce n’est pas une « bonne » série, mais elle a le mérite d’être gentille (comme on l’entend ici, dans le midi ?). Gentille, on va dire, au sens de reposante, pleine de bons sentiments.
Et, ce qui ne gâche rien pour les yeux, le personnage principal est interprété par Nathan Fillion. Bien sûr que vous voyez qui c’est, il joue le méchant dans la dernière saison de Buffy contre les vampires et le héros de Firefly/Serenity !

Où en étais-je ?
Oui, hier soir, donc, je vais m’affaler devant Castle et, dans les secondes qui précèdent, sur FaceBook, je conseille à une copine d’en faire autant, pour se changer les idées, se détendre, toussa. Jusque là tout va bien.
Sauf qu’elle me répond qu’elle préfère se mater True Blood.
Bon, en fait, c’est son droit le plus strict, je ne le conteste pas, sauf que, perso, les couvertures des livres de cette série ont un peu un effet répulsif sur moi. Je lui réponds donc que la bit-lit ne me tente pas (ce qui résume en fait assez bien l’idée que je m’en suis forgée au fil du temps) et que, quand même Castle, Fillion, beau mâle… (Oui, je sais, l’argumentaire est pauvre, mais vaut ce qu’il faut !)
Elle, forcément, elle tilte : Fillion = Firefly !
Un peu monomaniaque, je la reprends : Fillion est avant tout le méchant dans le final de Buffy…
Sauf que, à la mention de Buffy, ma copine me répond qu’elle n’a jamais vu/lu de bit-lit, hormis True Blood.
Sa réponse me laisse sans voix : Buffy, de la bit-lit ? Comment a-t-elle pu se méprendre ? C’est de la fantasy urbaine, voyons !

Ben, justement, voyons…
Hier encore, cette copine ignorait l’existence du terme « bit-lit » et a donc googlisé. Et a appris que Buffy était de la bit-lit…
Du coup, ce soir, tout en regardant des rediffusions de Bones (ouaips, décidément, je suis bien beaucoup télé en ce moment), j’ai tourné la question dans ma tête.
L’idée derrière la bit-lit, grosso modo, c’est de vendre de la chick-lit avec des vrais morceaux de vampires dedans. Donc les aventures pseudo sentimentales, plus ou moins fortement teintées sexe, d’une trentenaire célibataire ou un truc du genre. Avec des aventures pour que l’eau de rose passe mieux ou que le sexe fasse moins « je lis un livre parce qu’il y a des scènes de cul dedans ». (Oui, je sais, je caricature, y’a forcément des trucs de qualité, comme de partout, mais je me fais l’avocat de la partie adverse ce soir.)
Ce qui n’a rien à voir avec Buffy, série qui démarre sur la base des séries avec des vrais morceaux de lycéens dedans pour dériver sur de la fantasy urbaine de qualité, avec une belle construction mythologique et tout. C’est encore plus flagrant dans le spin-off Angel où la romance est quasi absente.

Du coup, suis retournée voir mon ami Google pour voir si d’autres personnes avaient billeté sur le sujet.
Suis tombée sur Pourquoi Twilight n’est pas de la bit-lit ?1
Même si je n’apprécie pas Twilight et n’aurais donc pas choisi ce titre pour attaquer le sujet, suis assez d’accord dans l’ensemble. Pas plus que Buffy, Twilight n’appartient à la bit-lit.

Alors, à la question « pourquoi avoir voulu fourguer de la bonne fantasy urbaine (i.e. Buffy) dans un genre très marketé comme la bit-lit ? », j’imagine que la réponse est tout simplement pour donner des « lettres de noblesse ». Je suppose que c’est de bonne guerre, au sens où ça fait de la pub et tout… au risque de décevoir quand même. Comme le souligne l’article linké un peu plus haut, la bit-lit a une forte composante sexuelle qui n’en fait pas particulièrement un genre pour ados (même si, comme entendu hier dans Castle – on a les références qu’on peut – l’ado de 15 ans d’aujourd’hui a l’éducation sexuelle de l’adulte de 25 ans d’il n’y a pas si longtemps).

Ce qui m’ennuie dans tout ça et la raison, au fond, de ce billet, c’est que ma copine a la malchance de me connaître. Elle a donc une chieuse à disposition, toute prête à lui expliquer pourquoi Buffy est de la fantasy urbaine et même pas du fantastique, pourquoi la bit-lit est plus de la romance que de la fantasy, pourquoi…
Mais, pour tous les autres pas-ma-copine, Google les conduira tout droit vers cette idée. Et si, comme moi, ils n’apprécient pas trop le genre bit-lit, ils risquent de ne jamais découvrir Buffy s’ils ont oublié de la regarder quand elle passait à la télé, il y a si longtemps…

  1. Le lien est cassé (au 31/10/24), mais je vous le remets dès qu’il revient 😉 ↩︎

Le Début de la fin (2009)

Auteur : Jasper Fforde
Traducteur : Jean-François Merle

Pour ceux qui ne connaitraient pas (?) et pour resituer un peu dans le contexte, le Début de la fin est le cinquième tome des aventures de Thursday Next. J’ai chroniqué le tome 3, Le Puits des histoires perdues, et le tome 4, Sauvez Hamlet !, ici même.
Ce qui m’ennuie, c’est que je ne peux pas en faire la chronique cette fois : l’exercice demande en effet d’avoir eu une lecture relativement rapide pour avoir bien en tête les différents éléments du livre, de l’intrigue… sauf que cela fait des mois que je suis sur cette lecture (vu que je l’ai acheté à sa sortie en juin, je crois bien).

Fforde est génial, au sens où les aventures de son héroïne sont bourrées d’imagination, de choses surprenantes, dingues… mais, définitivement, ses personnages ne sont pas attachants. J’ai vu la différence récemment : j’ai lu en quelques jours la Nuit de la lune bleue alors que l’intrigue est très simple, mais je voulais savoir ce qui arrivait aux personnages.
Avec Thursday Next, je m’émerveille devant le monde, l’inventivité déployée, je jubile de détails de fou… mais je me contrefiche des persos, même de l’héroïne..
Bref, il faut lire Fforde parce que les idées sont géniales, mais c’est tout. Perso, j’ai tendance à considérer que c’est un peu du gâchis car la place de cet auteur serait d’avantage au sein d’une équipe où d’autres pourraient pallier ses défauts, menfin, c’est comme ça…

Puis je dois dire que c’est un auteur qui m’émerveille techniquement, dans le sens où il démontre qu’on peut rendre un livre en 4D, mais je ne sais pas si je suis bien compréhensible, là.

Ce billet est également paru sur la Tribune des Vagabonds du Rêve.

Darkwood 1 : La Nuit de la lune bleue (2009)

Auteur : Simon R. Green
Traducteur : Cédric Perdereau

Le livre est là, posé sur une grosse pile de services de presse, et, sans trop savoir pourquoi, je le prends, parcours son quatrième de couverture : « Un fils cadet, un dragon fatigué, une licorne susceptible et une princesse avec un méchant crochet du gauche »… Bon, c’est aussi écrit « tome 1 » pour un roman de plus de 600 pages, mais gardons l’esprit ouvert : ce ne sera pas forcément du délayage…

Je commence ma lecture et me voilà séduite dès les premières pages (ce qui est rare) : Rupert est le fils cadet du roi. Comprendre : un fils encombrant qui ne peut hériter et, tout au mieux, finira assassiné dans des querelles de pouvoir. Pour devenir un héros (i.e. disparaitre avec honneur), il part chasser le dragon, chevauchant une licorne (et montrant donc publiquement qu’il est encore puceau !). Première rencontre du récit, avec le dragon donc, pour le moins surprenante car le dragon n’entend pas se faire tuer, mais a envie de se débarrasser d’une princesse au caractère trop bien trempé qu’on lui a livré pour qu’il la mange (une fille encombrante, donc). Le ton est posé.

L’histoire n’est pas follement originale : les démons envahissent le monde, il y a un traitre au château (un château dont les couloirs changent au fil des saisons)… mais il y a une alchimie qui prend bien : le héros est héroïque, mais ne tire pas la couverture à lui, la princesse est sympathique, les personnages secondaires sont bien campés, le dragon collectionne les papillons… et les 600 pages et quelques se lisent vite, plaisamment.

Une vraie bonne surprise, une évasion comme je les aime, avec des épées, des héros, du sang, des traitres…
Et, quoique ce soit affiché « tome 1 », il s’agit d’un roman entier (une petite recherche Google m’a confirmé que le tome 2 n’avait pas les mêmes personnages).
Un auteur que je ne connaissais pas, mais dans la production duquel je vais aller faire un petit tour !

Milady
ISBN : 978-2-8112-0210-1

Ce billet est également paru sur la Tribune des Vagabonds du Rêve.

Sauvez Hamlet ! (2008)

Auteur : Jasper Fforde
Traductrice : Roxane Azimi

Il y a quelques semaines, je vous parlais du Puits des histoires perdues, le troisième tome des aventures de Thursday Next. Cette détective littéraire (agent de police chargée de veiller sur la littérature, trésor s’il en est) passait sa grossesse à l’intérieur d’un livre tout en travaillant pour la Jurifiction (les forces de l’ordre du Monde des livres).
Au début de Sauvez Hamlet !, Thursday, maintenant maman du petit Friday, est lasse du monde des livres et souhaite revenir dans la réalité… et tout faire pour retrouver son mari disparu avant de l’avoir rencontrée.
Accompagnée d’Hamlet, curieux de découvrir comment les humains le perçoivent et comment les différents acteurs interprètent son rôle, Thursday va donc lutter contre un futur dictateur échappé d’un mauvais roman, empêcher qu’Hamlet (l’œuvre) ne disparaisse pendant l’absence de son personnage-titre, explorer le monde des semi-morts, tenter d’échapper à un tueur-à-gages…

En fait, rien ne peut résumer la folie débridée d’un tel roman. Et c’est ce qui fait tout son charme. Dans ce monde parallèle au nôtre, qui frôle parfois doucement la folie, tout peut arriver avec une logique désarmante. Ce savant mélange d’une réalité parallèle, de voyage dans le temps et de voyage dans les livres est… bluffant !
Bien sûr, le défaut que je relevais dans le tome 3 est toujours là : Thursday, un peu trop « je peux tout réussir sauf le tricot », n’est pas un personnage profond. L’auteur a choisi de la marier puis, dans ce livre, d’en faire une mère sans que cela ait un quelconque intérêt. Friday semble transparent et une méchante petite voix me souffle que l’auteur ne doit avoir aucune idée de ce que l’on ressent à être parent.
Mais on ne suit pas Thursday Next pour trouver une quelconque profondeur de sentiment. On la suit parce qu’elle est la seule à vivre de pareilles aventures.
A lire donc, sans hésitation possible.
Perso, j’attends avec impatience le 5e tome qui doit paraître en juin en édition de poche.

10/18
ISBN : 978-2-264-04862-2

Ce billet est également paru sur la Tribune des Vagabonds du Rêve.