16.000 signes – 14 minutes #fantasy
Le couloir n’est plus éclairé à cette heure tardive et les soldats avancent à la lueur de leurs bougies. Entravée par de lourdes chaînes, la Générale Alba Encyri les laisse l’emmener. La fatigue commence à avoir raison d’elle, la faim, l’humiliation… et, dans une partie très intime de son esprit, la pensée qu’elle n’est ici que parce que l’homme qu’elle aime – a aimé – l’a trahie. Par conviction politique ou pour quelques pièces d’or ? Elle n’en a aucune idée et elle sait que cela n’a plus d’importance. Au bout de ce couloir, ou d’un autre, il n’y aura que la mort et, avant cela, d’autres privations, d’autres humiliations…
Le petit groupe s’arrête devant une double porte beaucoup trop ouvragée, dans ce style qu’affectionnent les citadins d’Amlis, la capitale. Celui qui semble être le chef de cette escorte cogne à la porte et doit entendre qu’on lui ordonne d’entrer. Elle est poussée (ou traînée) et cille dans la lumière vive de la pièce où elle pénètre.
Dans un large fauteuil d’or et de cuir, un homme est assis et leur fait signe d’approcher. De taille moyenne et plutôt maigre, il a de longs cheveux noirs où sont glissés des fils d’argent et des pierres précieuses. Son visage est durci par un bouc et ses longues robes indiquent son appartenance aux mages pourpres. Alba reconnaît ce roi qu’elle n’a jamais vu et contre qui elle s’est battue six années durant, avant la trahison et la honte.







