Serendipity’s Embrace | 우연일까? (2024)

Tout ça pour ça ?

8 épisodes de 60+ minutes
Disponible sur Viki sous-titré en français

Ca démarrait plutôt bien et je voyais passer une certaine hype sur les réseaux sociaux.

Lui revient en Corée après plusieurs années à l’étranger et retrouve Elle, son premier amour, très déçue d’une précédente relation. Y’a des persos sympas, rien que l’ex d’Elle a une histoire à lui et…

Paf !

Je ne veux pas spoiler, mais… disons qu’on dirait que les scénaristes ont commencé une histoire et, en général, sur une série de 16 épisodes, les héros ont droit à leur premier baiser vers le 8 ou 9e, avant d’affronter ensemble les difficultés et de les résoudre.

Là, au 8e épisode, les scénaristes se sont endormis sur leur brouillon et ils ont conclu parce qu’ils avaient perdu le fil ? Qu’ils s’ennuyaient ?

En tout cas, c’est ce que j’ai ressenti : jusqu’au 7e, ça avançait et, brutalement, voilà, c’est terminé, tout est résolu, rentrez chez vous…

Bref, ce n’est ni bon ni mauvais : ce n’est pas écrit…

Lost You Forever | 长相思, mon mot final sur les 2 saisons du drama ?

J’ai parlé de Lost You Forever dans plusieurs billets et je lui ai mis un tag dédié. Cette oeuvre est donc initialement un roman de Tong Hua adapté en un drama découpé artificiellement en 2 saisons de 39 et 23 épisodes.

Au moment où je rédige ce billet, pour la 2e saison, seulement les 10 premiers épisodes sont sous-titrés en français et, hier, impatient, j’ai craqué et vu les 11 à 23 en anglais, donc je peux avoir perdu des nuances de sens ou des détails de l’histoire.

Pour mon avis global, j’ai relu mon premier billet d’il y a quasi un an et je maintiens mon propos : cette histoire est très chouette, addictive, bien écrite, bien jouée… mais je ne valide pas la fin du roman qui surenchérit dans l’aspect dramatique et je pense que, sur cet point, le drama est mieux équilibré.

Je vais donc juste ajouter quelques petites notes et revenir sur les différences roman/drama.

Entre temps, j’ai appris que l’autrice s’était inspirée du Classique des montagnes et des mers et je n’en apprécie que plus le personnage du démon Xiang Liu (Xiangliu). Le bon usage de la mythologie en fantasy ou fantastique est toujours un gros bonus.

Avant d’aller plus loin et de vous spoiler allègrement, je pose juste ici que, oui, malgré sa fin pas forcément satisfaisante (mais pas nulle non plus), ce drama est clairement dans les « à voir ».

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Marry My Husband | 내 남편과 결혼해줘 (2024)

16 épisodes de 60+ minutes

Depuis quelques temps, je me fais une liste de dramas à regarder en fonction de l’enthousiasme des réseaux sociaux, mais l’exercice peut être un peu frustrant quand la série n’apparait sur aucune plateforme pendant plusieurs mois. Pour Marry My Husband, sorti en début d’année, je la guettais donc sur Netflix ou Viki avant de découvrir récemment qu’Amazon avait quelques titres à son catalogue, dont celui-ci. Je suis décidément une piètre enquêtrice…

Bref, Elle1 (Park Min-young) se meurt d’un cancer à l’hôpital sans que son mari, Lui2, ne vienne lui rendre visite, mais, heureusement, reste à ses côtés sa meilleure amie, Elle2. Quand l’hôpital lui annonce que Lui2 n’a pas payé la facture et qu’elle doit s’en acquitter ou partir, elle rentre chez elle en urgence et… elle trouve Elle2 et Lui2 au lit, ensemble, attendant impatiemment qu’elle meurt pour toucher l’assurance.

Ils s’énervent et la tuent. Elle se réveille 10 ans plus tôt, avant d’être mariée, avant d’avoir un cancer. Elle comprend très (trop ?) vite que tout ce qui est arrivé doit encore arrivé… mais pas forcément à la même personne : elle ne peut donc pas fuir et refaire sa vie ailleurs, elle doit refiler son destin à quelqu’un d’autre et donc, idéalement, faire en sorte que ce soit Elle2 qui épouse son futur mari.

Difficile de commenter une telle histoire sans spoiler donc je vais tenter de faire ça en deux parties.

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Les kdramas et l’absence de rôles genrés

J’en ai parlé dans un billet de mars 2020. J’ai découvert les kdramas (séries coréennes) via Netflix puis, plus tard, les cdramas (séries chinoises) avec Viki, abonnement pris en recherchant des séries vantées sur les réseaux sociaux, mais non présentes sur la 1ère plateforme. (Et je me suis aperçu récemment qu’Amazon avait quelques séries que les deux premières n’ont pas1.)

En tant qu’amateur d’imaginaire, je suis séduit par la fantasy et le fantastique de ces deux pays. Je l’ai évoqué dans différents billets sur ce blog et je pense que je pourrais facilement en parler pendant des heures. En découvrant (en premier) le fantastique coréen, j’ai eu le sentiment de rentrer chez moi, je ne peux pas le décrire autrement. Les fantômes, les réincarnations, les voyages dans le temps… Tout m’a semblé familier et naturel et le fantastique que j’avais consommé jusqu’alors (étasunien ? anglais ? français ?) m’a semblé pauvre et triste. Mais, côté fantasy, il y a une élégance qu’on ne va pas trouver côté occidental. Si une partie de notre fantasy va s’inspirer d’un temps imaginé rude (barbare ?), la Corée et la Chine vont invoquer des époques remplies de soies et de lettré·es. (Je ne sais vraiment pas comment mieux le décrire, sinon que le guerrier chinois, mettons, sait écrire et soigne ses longs cheveux, quoi.)

En bonus, leur mythologie me fait plus rêver que la nôtre. Je ne veux pas nier l’aspect nouveauté, mais, depuis mon enfance, je n’ai jamais eu d’appétence pour la mythologie gréco-romaine. J’ai évoqué que A Korean Odyssey était une réinterprétation de la Pérégrination vers l’Ouest, mais, par exemple, l’un des personnes principaux de Lost You Forever est la réécriture du serpent venimeux Xiangliu issu du Classique des montagnes et des mers.

Ce rapport à l’imaginaire, il peut m’être un peu personnel, mais, plus largement, je pense que ces dramas séduisent un public féminin nombreux à travers le monde car… le male gaze y est absent… ou réduit ?

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The Love You Give Me | 你给我的喜欢 (2023)

Une narration en carton, mais des personnages mignons…

28 épisodes de 40 minutes
Disponible sur Viki sous-titré en français

J’ai un avis très partagé sur cette série…
Je l’aime bien, en vrai, mais la narration / construction est vraiment WTF.
Elle1 (Wang Yu Wen) a découvert qu’elle était enceinte de Lui1 (Wang Zi Qi) après leur séparation, si bien qu’elle a vécu en tant que mère célibataire tandis qu’il ignorait qu’il avait un môme. Quand ils se retrouvent enfin, Lui1 a des a priori négatifs, mais va petit à petit redécouvrir combien c’est l’élue de son cœur.
OK
Sauf qu’il ne faut pas que l’un des deux ait trop de torts (ce sont les gentils après tout), donc leur séparation repose sur une intrigue complètement irréaliste, genre il n’a pas entendu ce qu’elle lui disait et elle n’a pas insisté car il a une grave maladie cardiaque ???
Cerise sur le gâteau, Lui2, le petit ami d’Elle2 (la meilleure amie d’Elle1), se retrouve embarqué dans ladite intrigue complètement tirée par les cheveux.
Fin du premier tableau.

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Miss Night and Day | 낮과 밤이 다른 그녀 (2024)

J’ai abandonné au début du 13e épisode…

16 épisodes de 60+ minutes
Disponible sur Netflix sous-titré en français

Épisode 13, à 20 minutes… J’ai mis l’épisode en pause car j’ai été interrompu et… je pense que je vais en rester là, au moins pour le moment.

Le rythme ne marche pas.

L’Acteur, amoureux de l’Héroïne, a rapidement compris ce qui lui arrivait et apprécie ses deux aspects, mais le Héros, qui est censé être un malin Procureur, et l’Enquêteur ne captent rien et ça tourne en rond…

Le propos de départ était très prometteur, mais ça ne fonctionne pas pour moi et je pense que l’interprétation de l’Héroïne-30-ans laisse à désirer.

Tant pis !

On verra si je m’y replonge un jour…

Le Syndrome de la Fenêtre

5.500 signes – Temps de lecture : 5 minutes


Le syndrome de la fenêtre faisait des ravages dans la fonpub… On ne comptait plus le nombre de fonx qui s’étaient enlisés dans la maladie sans espoir de retour. Par la fenêtre, X regardait travailler les ouvriers. Il était fasciné par le mouvement des deux truelles, l’une posant la colle, l’autre la lissant, l’une posant la colle, l’autre la lissant…

Il était fonx depuis nombre d’années. Il travaillait dans un bureau vaguement gris, assez primitif quoique déjà moderne pour l’époque, mais la fonpub était alors loin de ce qu’elle est devenue, avec ses services hautement fonctionnels si remarquablement équipés.
Les fonx qui y vivaient étaient quasi coupés du reste du monde. Ils étaient d’ailleurs triés sur le volet par le biais de concours où ils devaient faire preuve d’un maximum de connaissances dans l’ensemble des divers domaines où ils n’auraient pas à exercer : Ceci laissant heureusement présager de leur aptitude à conserver une vie normale.
La formule était d’autant plus nécessaire que la presque totalité des citoyens éprouvait une hostilité déraisonnable à l’égard des fonx. Hostilité, il faut bien le dire, soigneusement entretenue par les gouvernants de l’époque.
Le fonx réussissait ainsi le double tour de force d’apaiser la rumeur publique, tel un bouc émissaire, tout en accomplissant son devoir d’état pour une rémunération de principe.

Dans la sphère où il travaillait, X ne voyait pratiquement jamais les grands pontes. Il travaillait sous les ordres d’un chef de service, lui‑même placé sous les ordres d’un dir. Les dirs étaient généralement aussi incompétents que prétentieux et celui de X ne faisait pas exception, un gros homme adipeux et déplaisant.
Les chefs directs, eux, étaient pratiquement répartis en deux groupes : les moshs et les N.U.L.S. auxquels s’ajoutait une poignée d’utops, ceux‑ci faisant l’objet d’un ostracisme marqué tant de la part des dirs que de leurs propres collègues.
Restaient les fonx de base : Indifs, R.A.S. et, là encore, quelques utops cachés, leur découverte entraînant impitoyablement leur élimination.
Ainsi, X était-il un fonx… un fonx doublé d’un utop, du moins un utop en puissance…

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Timeo Danaos et dona ferentes (2008)

12.760 signes #fantastique
Temps de lecture : 11 minutes


Elle se réveilla. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser que c’était une position inconfortable qui l’avait arrachée aux bras de Morphée : elle s’était endormie dans le grand fauteuil du… boulot ? La nuit citadine brillait derrière les persiennes closes et, à l’autre bout de la pièce, Vincent et Damien s’agitaient sur leurs sièges, le regard rivé sur l’écran d’ordinateur. Elle se frotta les yeux et chercha l’horloge : 4h37.
— Vous auriez pu me réveiller ! se plaignit-elle à l’attention des deux garçons, mais ceux-ci la fixèrent de leurs yeux rougis où se mélangeaient fatigue et surprise :
— Ben, pourquoi tu voudrais qu’on réveille les gens qui dorment ? s’exclamèrent-ils en chœur.
Cathy eut un geste de la main, probablement pour dire « laissez tomber, z’êtes trop nuls » et se traîna jusqu’aux toilettes. Se passer de l’eau sur le visage, contempler ses cheveux d’un air navré. Elle s’était endormie sur son travail alors qu’elle aurait dû se trouver dans son lit douillet rien qu’à elle.
Elle revint dans la pièce principale :
— Vous faites quoi ? demanda-t-elle à ses collègues.
— Notre guilde est sur l’instance de Mallien le Maudit ! expliqua brièvement un Damien surexcité et Cathy soupira.
— On fait de la veille technologique, renchérit Vincent.

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Wonderland | 원더랜드 (2024)

Emouvant et sans faute

TW deuil
115 minutes

Wonderland est sorti hier, sur Netflix, et je viens de le finir à l’instant.

Wonderland est une société qui conserve les données des personnes décédées ou dans le coma. La famille / un proche peut souscrire à un abonnement et papote en visio avec la personne, qui a conservé son caractère et ses souvenirs, mais à qui on a effacé de savoir qu’elle était morte.
Avant de mourir, la personne décide de son « paradis ».

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I speak English not very well if I want!

Il y a des gens pour penser que, si on travaille assez, si on fait les efforts nécessaires… on peut forcément tout réussir. Je ne crois pas. Je trouve cette idée validiste et dangereuse.

Validiste car elle pose l’idée que nous sommes tou·tes exactement pareil·les, avec les mêmes « outils » dans notre corps. Dangereuse1 parce qu’elle entraine des parents, de bonne foi, à harceler leurs mômes, persuadés qu’ils « pourraient s’ils voulaient ».

Ce qui est problématique, ce n’est pas d’accepter que nous sommes différent·es et que certain·es d’entre nous ne peuvent pas faire certaines choses, mais d’attribuer de la valeur aux gens en fonction de ce qu’ils sauraient faire.

Depuis tout petit, je suis doué en grammaire et en orthographe. Françaises. Même à l’école primaire, dans mes cahiers, il était dit que j’écrivais « bien ». Bien sûr que le fait que ça me soit facile a entrainé que j’ai continué à beaucoup écrire (même de simples billets de blog ou des statuts bébêtes sur les réseaux), mais j’en avais aussi « besoin » car je suis plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral pour parler de certains sujets, notamment dans l’intimité.

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Les injonctions bébêtes…

… genre “partage si tu es d’accord”, ça fonctionne vraiment ? Y’a vraiment des gens qui vont partager ta diapo parce que tu leur dis de le faire ?

Partage si…
Arf, zut, my bad!

(Sorry, c’est mon humour pourri du dimanche matin…
— Parce que tu es drôle les autres jours ?
— Non, mais je ne prends pas le temps de faire des diapos ALC…)

Une femme forte…

Quand le pouvoir d’une femme s’inscrit dans un système patriarcal et discriminant, en s’élevant socialement, elle devient un homme (social), elle n’abolit pas les discriminations et n’apporte pas de droits supplémentaires aux autres femmes.

C’est une conversation que nous avons eu plusieurs fois avec mon amie Dounia Charaf et je me suis dit que c’était le bon jour pour la poser par écrit.
Le féminisme est un courant politique, collectif, visant à lutter contre un certain nombre d’inégalités, de discriminations.
A ce titre, il peut facilement devenir intersectionnel puisque, si l’on pense que les discriminations liées au genre ne sont pas acceptables, on peut probablement entendre qu’elles ne le sont pas plus si elles sont liées à l’ethnie, l’orientation sexuelle, la couleur de peau, la religion, les handicaps…

— Est-ce que c’est important de rappeler cette distinction dans un monde où, de toute façon, les femmes sont invisibles tout court ?
— Oui.
Quand on liste des romans avec des « femmes fortes », on ne parle pas de féminisme.
Attention, prendre le temps de mettre en avant des personnages féminins peut être une bonne chose pour rappeler que ce n’est pas une « minorité », mais la moitié de la population, donc ça peut être une « action féministe », mais ça ne peut pas constituer un essai ou une réflexion sur le féminisme.
Une œuvre sur le féminisme doit aborder la question sous un angle politique et collectif, pas célébrer le parcours d’une femme qui a réussi (par exemple) selon des critères patriarcaux.