Lovely Runner | 선재 업고 튀어 (2024)

16 épisodes (60+ minutes)

Queen of Tears n’était pas fini que, déjà, sur les réseaux, on parlait de Lovely Runner en les comparant. Les deux histoires n’ont aucun lien entre elles, mais ces deux dramas sont les gros succès de ce premier semestre 2024 et il y a eu quelques blagues autour du fait que, si le premier a été diffusé par Netflix, la plateforme n’a pas eu le second, pour le plus grand plaisir de la plateforme « concurrente »1 Viki.

Si j’avais donc suivi la première au fur et à mesure de sa diffusion, pour la seconde, j’ai volontairement attendu qu’elle soit disponible en entier, sous-titrée en entier… et que la 10e et dernière2 édition de Nice Fictions soit passée. Et je l’ai binge-watchée cette semaine, probablement aussi je l’avoue pour m’échapper un peu de la réalité de ce début d’année : des séries de qualité sont clairement une bouffée d’air dans le climat actuel.

Elle (Kim Hye-yoon3) est hospitalisée : suite à un accident, elle a perdu l’usage de ses jambes et, désespérée, elle veut mourir quand Lui (Byeon Woo-seok), un chanteur célèbre, l’appelle au téléphone dans le cadre d’une émission de radio. Elle s’énerve, disant que la vie ne vaut pas la peine, mais il lui demande de continuer à vivre. Elle est touchée et va reprendre sa vie, en fauteuil roulant, tout en lui étant reconnaissante, fan de l’ombre qui le suit dans sa carrière.

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Eye Love You | アイラブユー (2024)

Bloguer est un drôle d’exercice (pour moi en tout cas, mais je doute être le seul) puisqu’il s’agit tout à la fois de s’adresser à l’Autre, cellui qui nous lit
donc de s’interroger sur ce qu’on a envie de lui dire, est-ce que c’est intéressant ?
mais aussi à son moi du futur, pour garder trace de pensées, d’expériences, de ressentis à un instant précis…
donc je ne parle pas que d’œuvres incontournables, marquantes et indispensables, mais de ce qui entraine ma pensée sur des chemins plus ou moins longs…

Je ne me souviens pas avoir vu de série télé japonaise donc je ne suis pas sûr que je n’en ai jamais vue, mais disons que celle-ci est la première dans ma mémoire actuelle.
J’ai regardé (vraiment beaucoup) de séries coréennes et chinoises et, forcément, au fil du temps, j’ai noté tout un tas de détails, parfois super inutiles : par exemple, dans une série chinoise, les amoureux sont susceptibles d’emménager très vite ensemble, alors que, dans une série coréenne, ils ne vont même pas s’attarder le soir l’un chez l’autre, l’emménagement étant plus lié au mariage et à la vie avec l’une des deux familles (sujet qui apparait pas mal dans Queen of Tears, notamment quand le père d’Elle demande à ce que ses petits enfants portent le nom de leur mère « par modernité » et se fait répondre par son fils que, pour lui, il a voulu que son enfant ait le nom du père
— mais qui m’évoque aussi Emma de Jane Austen où Elle ne veut pas se marier pour ne pas quitter son père).

Bref, tout ça pour vous dire que, dans Eye Love You, je n’ai aucune idée de ce qui relève des codes du pays, de ce qui est original, etc.
J’ai regardé parce que Netflix me l’affichait avec une énorme probabilité que ça me plaise et que je me suis laissé convaincre par le sujet (romance + fantastique) et par le petit plus (un rôle principal tenu par un Coréen donc l’annonce d’un croisement des cultures).

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Queen of Tears | 눈물의 여왕 (2024)

16 épisodes (77 – 109 minutes)

Scénario : Park Ji-eun, autrice notamment de Mon amour venu des étoiles et Crash Landing on You
Réalisateurs : Jang Young-woo et Kim Hee-won (Vincenzo)

Si vous êtes fan de kdramas, il est peu probable que vous n’ayez pas entendu parler de Queen of Tears donc le 16e et dernier épisode a été diffusé hier.

Hong Hae-in (Kim Ji-won1) est l’héritière douée de la très riche famille qui possède l’empire Queens. Baek Hyun-woo (Kim Soo-hyun) est l’héritier doué d’une famille moins riche, mais clairement aisée d’agriculteurs. Ils sont mariés depuis quelques années, mais leur mariage est un échec cuisant et, désormais, il ne peut que la détester profondément.
Décidé à divorcer, mais terrorisé par la puissance de sa belle-famille qui ne manquera pas de lui faire payer le prix fort pour cette trahison, c’est quand qu’il se décide de lui annoncer qu’il reprend sa liberté qu’elle lui coupe l’herbe sous les pieds avec une nouvelle bien plus terrible : elle est atteinte d’une maladie incurable et n’a plus que trois mois à vivre.
La joie rapide qu’elle disparaitra bientôt est, sans surprise, assez éphémère et d’autres sentiments vont se réveiller.
Pendant ce temps-là, les Méchants-vraiment-très-méchants complotent (méchamment et gratuitement) à déposséder les Hong de tous leurs biens.

Il y a énormément de choses à dire sur cette série (et ne pas spoiler m’est toujours difficile) donc je vais probablement faire une liste sans ordre précis, en commençant par les intrigues :
il n’y a pas une ou deux intrigues (une romance sur fond de complots),
mais des tas d’intrigues.
Rien qu’au niveau romance : il y en a plusieurs, toutes touchantes… mais, entre Hae-in et Hyun-woo, nous n’allons pas suivre des amoureux qui se découvrent. C’est un couple qui a échoué et qui s’est fait du mal. S’ils vont devoir affronter la maladie et les complots, ils doivent également faire face à leur échec : ils ne peuvent pas se jurer de s’aimer éternellement, ils n’ont pas réussi la première fois…
Côté complots, si les Méchants ne font pas corps, les Gentils ont eux-mêmes leurs propres conflits, pas tendres du tout…

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Wedding Impossible | 웨딩 임파서블 (2024)

A binge watcher sans remord puisque ce n’est pas la saison des comédies de Noël 😉

12 épisodes de 60+ minutes
Disponible sur Viki sous-titré en français

Elle1 et Lui2 sont meilleurs amis depuis le lycée, depuis qu’elle a joué le rôle de sa petite amie pour qu’on ne découvre pas qu’il est gay.
Lui1 est le petit frère de Lui2, tous deux fils illégitimes au sein d’une riche famille.
Elle1, actrice, galère pour trouver des rôles autres que figurante et, lasse, accepte quand Lui2 lui propose un rôle « utile » et bien payé : celui de sa fiancée.
Sachant qu’ils sont meilleurs amis, tout ne devrait que bien se passer, mais Lui1, ambitieux et bosseur, rêve de voir son frère à la tête de l’entreprise familiale et refuse qu’il épouse une femme ordinaire comme Elle1.
Sans surprise, en voulant saboter leur mariage, il va surtout tomber amoureux.

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Aux grands maux… | Doctor Slump | 닥터슬럼프 (2024)

16 épisodes de 60/70 minutes
Disponible sur Netflix sous-titré en français

(romance, un peu de polar, série médicale)

Lycéens, ils étaient la et le meilleur·e élève du pays et en rivalité.
Devenus adultes, Elle, anesthésiste, craque sous le harcèlement au travail tandis que Lui, chirurgien plastique, est accusé à tort d’une erreur médicale.
Ils se retrouvent et…

Si le début est assez triste/dur, petit à petit, le ciel s’éclaircit pour nos deux héros et leur adorable entourage.
C’est mignon, ça fait du bien, on pleure aussi.
Si la première partie joue avec le Polar, la fin est plus douce/mignonne.

Très agréable.

My Demon | 마이 데몬 (2023)

J’avais un doute en abordant cette série. Elle était présentée comme la rencontre entre Elle1, riche héritière arrogante, et Lui1, démon trop beau pour être vrai, genre un peu romance tirée par les cheveux.

Elle2, femme âgée à la tête d’un conglomérat, est entourée de ses deux enfants, Lui2 et Elle3, de son neveu, Lui3, et a recueilli Elle1 dont les parents ont été tués dans un accident de la route quand elle avait 10 ans.
Si Lui3 est tranquillement adorable et probablement épris d’Elle1, Lui2 et Elle3 sont a priori aussi antipathiques l’un que l’autre.
Alors que la vie d’Elle1 est menacée, Lui1 vient à son secours, mais son tatouage, marqueur de ses pouvoirs, est transféré mystérieusement à Elle1.
Puis Elle2 meurt… assassinée ? et ayant désigné Elle1 comme son héritière à condition qu’elle se marie dans l’année.

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Aime-moi, aime ma voix | Love Me, Love My Voice | 很想很想你 (2023) ou la découverte de la fluffy romance

33 épisodes de 45+ minutes

Avant toute chose, je dois vous avertir que ce billet va contenir des spoilers quoique, en réalité, je ne vois pas réellement comment spoiler de la fluffy romance… mais, au cas où, je préfère vous avertir.

L’été passé, je vous ai longuement parlé de la série Lost You Forever puisqu’elle a été le sujet de trois de mes billets. A cette occasion, j’ai découvert l’acteur et chanteur Tan Jian Ci et, de vagabondages webesques en vagabondages webesques, je suis tombée sur Aime-moi, aime ma voix, sans autre info donc que l’acteur incarnant le rôle principal a, comme le suggère le titre, une voix magnifique.

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Le génie n’existe pas

A chaque moment, il y a une personne, parce qu’elle est là au bon moment, qu’elle a du talent et de la chance, qu’elle travaille dur, qui va être remarquée. Ce qu’elle fait est vraiment bien, mais elle n’est pas unique.
Ou il y a une autre personne, parce qu’elle est riche, puissante ou qu’elle a les bons contacts, qui va percer.
La réalité est qu’il y a beaucoup d’artistes, des écrivain·es, des plasticien·nes, des acteurices, des… et beaucoup sont très chouettes.
Et vous n’avez pas le temps, matériel, même en étant très oisif·ve de tout lire, écouter, voir…
Ce qui signifie, statistiquement, que tout artiste, aussi bon·ne soit-iel, est remplaçable.
Alors, quand vous décidez de lire / voir / écouter… une personne raciste, sexiste, transphobe, validiste… bref, haineuse sous une forme ou une autre, vous faites un choix politique.
Parce que l’œuvre dont vous affirmez que vous ne pouvez pas vous passer, elle existe ailleurs, sous une forme un peu différente, mais tout aussi agréable. Et, bonus, il est probable qu’une personne haineuse ne soit pas tout à fait safe dans toute son œuvre alors qu’une personne ouverte et bienveillante ne vous laissera aucun malaise au détour d’une phrase.
L’art est merveilleux, indispensable, nécessaire… mais pas unique.
Si vous pouvez tenter de consommer éthique dans les domaines de l’alimentation, du transport… vous pouvez le faire aussi quand vous vous cultivez, détendez, réjouissez…

Mr. Queen 철인왕후 (2020)

20 épisodes de 66/81 minutes
2 mini-épisodes bonus (30 minutes et 3 chapitres chaque) sous le titre
Mr. Queen: The Bamboo Forest

Suite à un accident, Lui1 (Kim Jung-hyun), homme de notre époque, se réveille dans le corps d’Elle1 (Shin Hye-sun), reine il y a 200 ans. Chef cuisinier à la Maison-Bleue, dragueur invétéré et hétéro, il essaie d’abord de trouver un moyen de « s’échapper » (ce qui, bien sûr, lui est impossible : comment contrôler pareille chose ?) avant d’accepter sa condition (i.e. survivre dans un palais bourré d’ennemi·es, aux côtés d’un roi qui ne l’aime pas).

Lorsque j’ai énoncé le pitch devant Cadette, elle a remarqué : « On dirait le début d’un anime ! » et je trouve que cela correspond assez bien. Cela débute de façon assez drôle/décalé : Lui1, obsédé par les femmes et par son propre pénis, fuit le roi et rêve de charmantes concubines ; pour conquérir le coeur d’Elle2, la méchante douairière régente, il utilise ses talents de cuisinier ; Lui2, le roi, fait semblant de lire du porno en journée au lieu de travailler pour dissimuler ses plans… et les musiques viennent ponctuer les actions.

Et puis, forcément, petit à petit, l’histoire devient plus sérieuse : les méchants complotent et Lui1-Elle1 doit échapper à la mort, les relations prennent de la profondeur…

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Portrait de sac

Le Rose & le Noir fait partie des blogs que je suis depuis plusieurs années et, il y a plusieurs années donc, elle avait partagé quelques portraits de sacs, initiative qu’elle a reprise ce matin. Je m’étais donc prêté au jeu à l’époque, mais, comme j’ai fait disparaitre tout un tas de mes précédents billets au fil de la suppression/recréation de mes blogs, impossible de retrouver l’archive, forcément.

Néanmoins, l’exercice m’amuse toujours autant car, s’il raconte les quotidiens, il raconte aussi (surtout ?) comment chacun·e optimise ou se sécurise. De quoi as-tu absolument besoin à n’importe quel moment ? De quoi risques-tu de manquer (hormis, of course, la carte bleue et les clés) ?

Bref, à mon tour :
le sac à main est de la marque Anekke que j’aime beaucoup car j’ai le sentiment d’être face à des saynètes qui me racontent quelque chose ;
le portefeuille (cartes et monnaie) est un Fossil en cuir que j’ai depuis plusieurs années maintenant. Quand je l’ai acheté, la vendeuse m’a fait une histoire car il était « pour homme » et donc « pas pour moi » (true story) ;
la coque avec un ours en peluche Nasa, c’est mon iPhone 7+ (2017) qui me sert pour tout (photo, baladeur, carnet de notes…) ;
la trousse Renard est ma trousse « périodique » : tampons et serviettes (donc je ne l’ai pas toujours sur moi) ;
la trousse Camouflage, ce sont les médocs (Doliprane, Spasfon…), pansements, gouttes pour les yeux…
la pochette Greece pour les papiers qui ne logent pas dans le portefeuille (carte d’identité, carte de mutuelle…) ;
un sachet de courses réutilisable ;
mes écouteurs d’iPhone ;
des mouchoirs en papier
et un anti-moustiques : je l’ai avec moi plusieurs mois par an sauf vraiment les mois « froids » (quels mois « froids » ici ???).

En me relisant, je réalise qu’on ne voit pas le porte-clé Père Noël Lego accroché au sac ! (Ledit sac a un anneau pour les babioles et j’ai perdu le beau pompon rouge qu’il avait à l’origine…)

Pour la photo, j’ai mis le petit parapluie Anekke, mais, en réalité, je ne le prends quasi jamais : je fais partie de la team regarde la météo avant de sortir donc, s’ils annoncent de la pluie, je prends un parapluie transparent non-pliable (la pluie est rare, mais sévère) et, l’été, j’ai une ombrelle en permanence qui peut faire parapluie au besoin.

A tout ça, il manque une gourde… J’ai une Panda de chez Pylones et j’avoue que j’en ai achetées plusieurs (pour offrir) : en conventions, par exemple, j’aime bien l’idée de la gourde reconnaissable que les potes te ramènent si tu l’oublies quelque part.

Je suis plutôt contente de mon idée (par forcément originale) de la trousse périodique : quand tu es au travail, en soirées chez des ami·es… plutôt que de traverser les pièces/couloirs avec ton tampon serré dans ta main (qui ne sera pas de la bonne taille une fois que tu es sur les toilettes) ou de transporter tout ton sac à main, la trousse est idéale.
Par contre, comme elle est discrète, je peux avoir tendance à l’oublier dans les toilettes d’un resto (et c’est comme ça que j’ai perdu la précédente)…

Missing: The Other Side | 미씽: 그들이 있었다 (2020)

12 épisodes de 59/76 minutes

Les fantômes des morts dont le corps n’a pas été retrouvé vivent dans un petit village perdu en montagne. Lui1 (Soo Go) est… un mec génial. Juste. Pas un génie ni rien, je veux dire, un mec bien qui ne supporte pas l’injustice, vole au secours des autres, n’a peur de rien quand il s’agit d’aider. L’histoire débute par deux évènements : il est témoin de l’enlèvement d’Elle1, la fiancée du Lui2, et il découvre le village / qu’il peut voir les fantômes.

Lui1 va être poursuivi par les ravisseurs d’Elle1, puisqu’il a été le témoin de leur crime, va croiser la route de Lui2, qui est policier.

Pour ce qui est de l’intrigue, puisque c’est un polar, nul besoin d’en dire plus. Il y a deux affaires principales et Lui1, aidé de Lui3, autre personne pouvant voir le village et ses fantômes, peut directement interroger les victimes.

Sur le papier, le sujet est vraiment parfait et j’ai adoré les premiers épisodes. Du polar fantastique, l’idée du village et de ses fantômes est vraiment sympa… mais il y a un petit quelque chose qui cloche. Le début part très fort car Lui1 est poursuivi par les Méchants et manque de mourir plusieurs fois. On se dit qu’il y a quelque chose de magique chez lui… et puis non. Alors que la série n’est pas super longue (seulement 12 épisodes), j’ai eu le sentiment d’un petit essoufflement. Ou, plutôt, moi qui ai l’habitude de dévorer les séries d’un trait, j’ai laissé passer plusieurs jours avant de regarder les deux derniers épisodes.

Parce que la magie, l’originalité… semblent cantonnées au début. Ensuite, les choses se déroulent seulement sans vraiment nous surprendre.

Ne vous méprenez pas : rien que par son cadre, je trouve que cette série vaut la peine. Elle s’essouffle, mais elle ne devient pas nulle. Juste, je me dis, il y avait de quoi faire mieux/plus… mais ça en reste un polar fantastique bien sympa.

Edit au 26/11/25 : Je découvre très en retard qu’il y a une 2e saison…

Matrimonial Chaos | 최고의 이혼 (2018)

Une petite comédie autour du mariage, du divorce, des notions de couples et de familles…

32 épisodes de 30 minutes
Disponible sur Viki sous-titré en français

Et, si les deux couples principaux sont hétérosexuels, on notera — suffisamment rares dans les dramas coréens pour être signalé — un mignon couple lesbien.
Bon, OK, un couple très soft sans bisou ni rien, mais un couple qui est présent… et plusieurs femmes qui emménagent ensemble dont une pour fuir un mari infidèle (et bête et moche).

Mention spéciale à la scène où l’une des jeunes femmes explique à son ex-petit ami qu’il l’a violée et où on voit tout le déni, le « mais les femmes disent non, mais ».

Daily Dose of Sunshine | 정신병동에도 아침이 와요 (2023)

12 épisodes de 50/70 minutes
TW suicide, automutilation

Série toute récente puisque sortie vendredi dernier sur Netflix.
Elle1 (Park Bo-young) est infirmière en hôpital psychiatrique.
C’est tout ?
C’est tout.

Elle1 mute en Psychiatrie à la demande de sa cheffe précédente, qui la trouve « trop gentille », comprendre que, comme elle prend le temps de faire attention à chaque patient·e en situation de sous-effectif, elle est « trop lente ».
Nous voilà donc à suivre le quotidien d’Elle1, of course, mais également de son meilleur ami, Lui1, qui a démissionné de son précédent travail où il gagnait bien sa vie, d’Elle2, sa collègue infirmière, qui semble si froide, de Lui2, chirurgien colorectal qui s’éprend d’Elle1, de Lui3, docteur en psychiatrie épris d’Elle2…
Si des couples se forment, nous ne sommes clairement pas dans la Romance, juste dans le quotidien qui va nous attacher à plusieurs patients en lutte contre la maladie mentale.

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Obsolescence programmée ou quelle voix pour ta SF ?

Lorsque la revue Bifrost (publiée par le Bélial) est née, y’a beaucoup d’années, j’étais ravie : oh, une revue SF en librairie ! On était en 1996, Internet démarrait à peine, on ne pensait pas encore à des sites d’actu en ligne ou à des blogs…
Je vais même ajouter que, à cette époque, j’étais une jeune femme. Optimiste1. Je pensais que les salaires des femmes et des hommes étaient équivalents et des tas de trucs du même genre.

Et puis il a bien fallu ouvrir les yeux. Si Bifrost était une des rares revues de SF, c’était aussi un boys’ club qui s’imaginait les rois de la montagne. Ce tournant, je le place en 2011.
Pourquoi 2011 ? Parce que c’est cette année-là qu’ils ont publié un torchon sous prétexte de décerner leurs Razzies annuels.
— Ah ah, c’est de l’humour, tu comprends rien !
Je ne me souviens pas de ce que j’en ai dit à l’époque car j’ai perdu pas mal de billets au cours de mes déménagements (webesques) successifs, mais Lucie Chenu a écrit sur le sujet et me mentionne : Razzies 2011 : quand la mauvaise foi se confond avec la diffamation. (Oui, le titre est un bon résumé.)

Au fil du temps, j’ai donc fait plus attention à leurs agressions, qui visaient sans surprise principalement les autrices.
Il y a un an, à l’occasion de son numéro sur Octavia E. Butler, la revue se parait d’une couverture… raciste.
— Pourquoi tu dis que c’est raciste ?
Franchement, je ne suis ni ta mère ni ta prof. Si tu ne vois pas le racisme de l’illustration, je ne peux rien pour toi.

Un an plus tard, same player, same game : couverture sexiste pour Anne Rice.
Luce Basseterre en a parlé sur Facebook et plusieurs autrices se sont jointes à ses remarques.
Prise de conscience de la rédaction ?
Malgré leurs grandes déclarations d’intention qu’ils ont changé, qu’ils sont plus ouverts, que… c’était peu probable qu’ils soient sortis du 20e siècle s’ils étaient OK avec leur racisme en 2022.
Bref, on a eu droit à tous les ouin ouin habituels des mascus dans ce genre de cas.
Et, comme une couverture sexiste ne serait pas complète sans son édito qui craint, le challenge a été relevé.
— Hein ? Quoi ?

ActuSF a annoncé sa liquidation en septembre et j’en ai notamment parlé dans un billet.
On peut très bien penser qu’ils n’ont pas été les meilleurs gestionnaires du monde, ça arrive, ce n’est pas un crime, toujours est-il qu’ils avaient une ouverture que le Bélial n’a pas.
Parce que, bon, le catalogue du Bélial n’est pas super lisible en ligne donc des pépites peuvent se cacher dans les trous de la Toile, mais, majoritairement, leur catalogue, c’est des mecs, des anglosaxons, des noms connus. Je ne dis pas qu’il ne faut pas les publier, mais ce n’est clairement pas l’éditeur qui prend des risques et œuvre pour la SF française2.
Et donc, dans son éditorial, au lieu de se taire, par respect pour le collègue qui a mis la clé sous la porte ou de dire un ou deux mots polis, Olivier Girard, le rédac’chef de Bifrost et éditeur du Bélial, se fout de la gueule de celui qui a osé, de celui qui a ouvert son catalogue.

Alors, en réalité, il a le droit, hein.
Quand tu es toujours debout et que l’autre est à terre, tu peux choisir de te moquer.
D’ailleurs, tu as raison, ça prouve que tes choix sont les bons puisque tu es toujours là.
Ouais… En même temps, quand tu es toujours debout parce que tu ne prends pas de risques, parce que tu restes au siècle précédent, tout en distillant ton venin sur les autres, les femmes et tous ceux qui ne sont pas tes potes, t’es toujours debout, mais ça n’a aucun intérêt pour la majorité qui n’est pas avec toi.

Maintenant, je vais reprendre ce que j’ai dit dans mon billet de septembre : une revue-papier en 2023, ça a du sens ?
Il y a quelques jours, je parlais du prix du livre et autres considérations et Matthias Wiesmann a rebondi avec un billet où il évoque notamment la dinguerie du papier : on produit du papier pour des produits jetables qui encombrent plus qu’ils ne sont lus.

— Ouais, mais Bifrost est une des rares revues de genre et c’est trop cool et ils ont des critiques et…
— Réveille-toi !
Il y a plein de sites consacrés à l’actu SFFF et des blogs.
— Oui, mais les critiques de Bifrost, elles sont meilleures parce que…
— Bien sûr que non. Il y a de bons chroniqueurs chez Bifrost et des mauvais, comme c’est exactement le cas sur tous les autres sites en ligne et chez les blogueur·ses.
Sauf que si tu n’explores pas ces sites, tu n’en parles pas… tu étouffes l’info et la diffusion.

Alors tu as le droit, hein, d’avoir ton aberration écologique à toi, on a tous de mauvaises pratiques à se reprocher, tu as le droit de te reconnaitre dans une ligne éditoriale tenue par des boomers qui ne sont pas capables d’ouvrir les yeux sur leur racisme/sexisme… mais, si l’on veut promouvoir la SF en France, si l’on veut promouvoir nos auteurices, si l’on veut briller un peu… ils ne seront pas dans la danse.
Et le site d’ActuSF est sans doute bien plus utile que Bifrost.

— Mais, du coup, là, ton billet, c’est plus un coup de gueule qu’une info ! J’ai rien appris !
— Ouais… Voilà, c’était samedi soir, moi aussi, je peux avoir des humeurs.

Parce que, tu vois, dans mon précédent billet, j’évoquais le sujet du livre de genre en France et il faut être très réaliste. Il y a peu d’éditeurices SFFF et, pour être pérennes, chacun·e d’elleux ne doit pas publier plus de 25/30 titres par an. Si tu ôtes quelques classiques, des valeurs sures pour faire un peu d’argent, un peu d’auteurices internationales parce que le français ne cause pas super bien anglais, il n’y a quasi aucune place pour de nouvelles plumes et, rapidement, tu vois que les « nouvelles » plumes, ce sont deux/trois personnes qui vont rester « nouvelles » quelques années.
Je ne blâme personne : y’a pas le choix. Dans le système actuel, du livre, capitaliste, on ne peut pas faire mieux.
En parallèle, on a peu de festivals de genre et un public qui ne se renouvelle pas forcément.
— Ouais, t’exagères, on a les Utopiales et…
Vraiment ? UN gros festival à l’échelle d’un pays comme la France, ça suffit ?
Pendant ce temps-là, de grosses conventions geeks représentent l’imaginaire en France : jeux vidéo, mangas, Cosplay…

Alors, on a tous le droit d’être le vieil oncle raciste de Noël, hein…
Le souci, c’est que, pendant qu’on se satisfait de l’obsolescence, on est absent de la réalité.

  1. Tu veux dire naïve… ↩︎
  2. Sérieux, si tu me sors un ou deux titres d’une nana débutante en me disant que, si, ils font le taf, je ne vais pas te suivre ! ↩︎