On mange quoi ce soir ?

– Il faut vraiment qu’on parle, on ne peut pas continuer comme ça…
– OK. Mais, sinon, on mange quoi ce soir ?
– C’est vraiment ce qui te préoccupe ? On n’arrive plus à communiquer, je ne te satisfais pas et je me sens oppressé. On ne s’en sort pas, j’ai vraiment essayé.
– OK. Tu veux qu’on fasse quoi ?
– Je ne sais pas, je ne vois plus d’issue.
– OK.
– Tu réalises ce qui se passe ? Tu n’as rien à me dire ?
– Ben, si on n’arrive pas à communiquer, probablement que non.
– Que va-t-on devenir ?
– Chais pas, tu veux qu’on fasse quoi ?
– Je ne sais pas…
– OK. Mais, sinon, on mange quoi ce soir ?

Coming-out

– T’as appris pour Lucile ?
– Rien de récent, non.
– Elle se désolait que sa lignée s’arrête avec elle car la vie ne lui a donné que deux garçons.
– Oui ?
– Ben, son aîné lui a annoncé… qu’il se savait femme. Du coup, elle l’accompagne dans son parcours médical et elle n’arrête pas de se vanter partout qu’elle a une fille de vingt ans, qu’elle a une héritière…
– C’est plutôt chouette pour elle, non ? Même si ça doit faire grincer des dents. T’as pas mal de jeunettes qui rêvaient de sa succession.
– Ouais, c’est vrai que c’est chouette. Reste juste à gérer le coming-out…
– Quel coming-out puisque sa fille lui a dit ?
– Ben, son coming-out. Quand t’élèves ta môme depuis la naissance en lui expliquant qu’elle est une sorcière, ça passe crème. Mais comment tu annonces ça à une jeune adulte ?

C’est quoi ce sort ?

Coup d’un soir. Le titre me semble assez explicite, non ?
– Oui, OK, vu comme ça, mais il n’y a pas de description, c’est bizarre, non ? Ça va faire quoi ? Faire apparaître un mec magnifique ? Deux ? Un démon lubrique bardé de tentacules ?
– Tu m’agaces ! Tu vois bien que ce n’est pas documenté ! On prendra des notes après avoir testé.
– T’as pas peur du démon à tentacules, genre qui te dévore après t’avoir baisée ?
– Si la nana qui a noté ce sort avait été dévorée juste après, je pense que la suivante aurait décrit la manière dont elle a trouvé le grimoire.
– Arrête de rire ! Parfois, je me dis que t’es un peu inconsciente et que tu vas mal finir !
– Bah, je finirai tôt ou tard, tu sais, aucune de nous n’a vécu éternellement !
– A la place de coup d’un soir, t’as pas plutôt amour ? Ça serait plus pérenne, non ?
– Tu oublies toujours les bases ! La magie ne fonctionne pas avec les concepts, ça ne marche que sur le pratique. Si tu veux être riche, tu n’auras pas de formule pour « devenir riche », tu ne peux que faire apparaître de l’or ou tuer quelqu’un dont tu dois hériter…
– Tu parles de magie qui ne fait même pas apparaître l’amour
– Ben, justement, c’est de la magie. Pour les miracles, t’as les religions !

Imaginaire ? Vous avez dit Imaginaire ?

Je n’ai pas fait d’études supérieures et je sais très bien que, globalement, je ne suis pas très cultivée. C’est un demi-regret : bien sûr, j’aimerais être savante, mais, au fond, je dois admettre que je n’ai aucune capacité d’attention et que rester assise un long moment, concentrée sur une seule tâche, est hors de ma portée.
Du coup, si cela ne me gêne pas de partager mes pensées à la pause café, armée d’un smartphone relié à la Toile qui permettra de vérifier si un fait est un peu vrai ou totalement farfelu, j’ai plus de mal à me poser par écrit car je me doute que je vais rapidement me faire allumer par des savants qui démontreront que des tas d’articles largement documentés disent le contraire.
Mais, au fond, pour une écrivaine, ne pas coucher par écrit des pensées récurrentes, c’est assez triste…

Chacun de nous a des croyances. En fonction de notre éducation, de notre famille, de notre pays, ethnie, culture, groupe de meilleurs potes, âge…
J’ai tendance à penser que, tant qu’une croyance ne véhicule pas de haine ou de mesquinerie, pourquoi pas ? Bon, j’ai du mal avec l’homéopathie, mais c’est parce qu’un groupe industriel vend du sucre au prix du caviar et voudrait que la Sécu continue de payer.
Pourtant, nous hiérarchisons les croyances : si quelqu’un nous dit qu’il croit en Dieu, nous ne réagissons pas, mais si le même nous dit qu’il croit aux fées (mettons), on fait une pause, on le regarde avec un air mi-inquiet mi-navré, genre « ce n’était pas que de la bière, hier soir ? »

Parallèlement, les genres de l’imaginaire regroupent les fictions où un ou des éléments de la narration ne sont pas réels. Une fiction, par définition, n’est jamais réelle : elle est une invention de son auteur, mais nous avons une acceptation commune : si je raconte l’histoire d’amour entre la boulangère et l’épicier, c’est réel, tandis que, si je raconte la même histoire entre un chasseur de démons et un sorcier, c’est du fantastique.
Personne ne se dit que, aussi bien, l’amour n’existant pas, les deux sont du fantastique…

Je crois que ça a commencé à s’imposer à moi au début de Supernatural : si tu crois que Dieu existe, les démons, les anges… ça n’est pas du fantastique.
Nous pouvons croire tant de choses : dieux, mais aussi créatures bienveillantes ou malveillantes, ancêtres qui continuent de nous protéger, médecines alternatives, règles morales, promesses…
Là, ça m’a fait tilt que les genres de l’imaginaire ne pouvaient se définir que par rapport au public. On peut faire ça à la louche en se disant qu’un groupe de personnes qui habitent au même endroit, baignées dans la même culture, vont plus ou moins croire aux mêmes choses, mais c’est à la louche et, dès qu’on se déplace dans l’espace ou dans le temps, les croyances peuvent vraiment pas mal évoluer.

Si je n’ai aucune honte à parler de mes croyances en cercle restreint, ce n’est pas un sujet que je livrerai par écrit en public.
Alors disons que, hypothétiquement, deux meilleurs amis avaient récemment une conversation. L’un est athée et croit au libre arbitre. L’autre est croyant et pense qu’il n’y a pas de libre arbitre.
Ils débattaient et ont été obligés de s’arrêter sur le fait que les deux hypothèses fonctionnent.
Nous n’avons jamais véritablement de choix : en général, quand la vie nous laisse face à des alternatives, nous choisissons celle qui s’impose à nous à cause de notre vécu, de nos expériences, de notre savoir.
Ça peut être le destin ou cela peut être la résultante logique de ce que nous sommes : nous sommes le produit d’émotions, savoirs… qui nous amènent à un choix donné qui correspond à ce que nous sommes (devenus).

Une narration tient par le fait que les personnages principaux font des choix à certains moments, mais également sont confrontés à des choses extraordinaires : s’il ne se passait rien de « différent », il n’y aurait pas d’histoire.
Raison pour laquelle cela m’agace toujours quand une œuvre est critiquée au motif que « c’est une sacrée coïncidence quand même que l’auteur a utilisé ». En réalité, nous racontons les histoires de coïncidences extraordinaires : le reste n’a aucune raison d’être mis par écrit.

Mon abonnement à Netflix m’a amenée à découvrir beaucoup de séries coréennes et… ça me plait. La façon de raconter les histoires, les histoires elles-mêmes…
Je regarde Beating Again.
C’est assez simple : un homme cruel reçoit la greffe du cœur d’un gentil et devient gentil en tombant amoureux de la fiancée du donneur. C’est mignon, c’est romantique…
Ben, surtout, c’est fantastique : le receveur fait des cauchemars où il revoit l’assassinat de son donneur, ce qui lui permet de trouver le coupable.
La fiche Wikipedia anglaise précise bien d’ailleurs : « a touch of fantasy ».
Ce qui m’a interpellée, c’est ma propre réaction : au début, quand je comprends que l’histoire va raconter comment le cœur du donneur change le receveur, je pense « c’est n’importe quoi, c’est juste une pompe qu’on remplace, on n’aime pas avec son cœur, mais avec son cerveau » et puis, un peu plus tard, je réalise que j’adore le fantastique et que, là, j’ai pris la posture que je déteste chez les détracteurs de l’imaginaire, mode « de toute façon, ça raconte des choses qui ne sont même pas vraies »… alors j’abandonne ma méfiance.

Dans les séries coréennes, les morts sont très présents dans la pensée et la vie des vivants et ça devient parfois compliqué de retrouver notre limite occidentale réel/imaginaire dans certaines œuvres.

Pourquoi je vous raconte tout ça ?
Parce que, comme vous, je vieillis et qu’on change beaucoup en vieillissant, que les certitudes s’effritent, que les frontières deviennent floues… et je commence à me demander si l’expression « genres de l’imaginaire » me convient.
Je le pensais déjà un peu, mais je suis de plus en plus persuadée qu’il n’y a pas deux groupes distincts : imaginaire et non.
Il y a juste « assez bon pour qu’on accepte d’y croire » ou « trop mauvais pour garder notre attention ».
N’y a-t-il pas plus imaginaire qu’une belle histoire d’amour ? Dans la réalité, les hommes romantiques et attentionnés sont légèrement flippants alors qu’on y croit sans souci quand c’est une belle réalisation avec un bon acteur.
Et si la chute nécessite le Père Noël, c’est grave ?
Quelle est la limite entre un vrai souhait et une pensée positive ?
Qui peut savoir si une religion a raison, toutes ou aucune ?

Si tu devais faire un vœu, ce serait quoi ?

– On ne peut pas répondre à une question pareille !
– Pourquoi ?
– Imagine que ton destin, ce soit de te retrouver à un moment de ta vie où tu dois faire un choix et, de ce choix, à 50/50, dépend le reste : soit tu rencontres le Grand Amour, soit tu deviens une écrivaine ultra-célèbre ?
– Et ?
– Si tu fais ton vœu, genre « Je veux rencontrer le Grand Amour », tu annihiles la probabilité à 50 % de devenir une écrivaine…
– C’est idiot ce que tu dis : si ton destin est de te retrouver à un moment où tu as un choix à faire et tu es à 50/50, ben, c’est ce moment-là, du coup, le moment où tu dois faire un vœu ! T’as deux options et t’en choisis une…
– Tu parles ! On est programmées à attendre le Prince Charmant, tu ne vas jamais demander la célébrité !
– Alors tu crois que tu pourrais, genre, faire le vœu d’être une écrivaine « pas trop célèbre » ? Comme ça, tu rencontres quand même un chéri.
– C’est idiot ! Être une écrivaine « pas trop célèbre », c’est déjà cool. Mais quel intérêt de trouver un mec qui n’est pas vraiment le bon ? L’amour, c’est pas le genre de truc où t’as une option « presque ça, mais en fait pas du tout » !
– Du coup, si tu devais faire un vœu, ce serait quoi ?

Tiramisu

Est-ce parce que ce dessert a probablement la même origine que moi 😉 ou parce qu’il est tout simplement délicieux et facile à faire ? mais j’adore le tiramisu.

Il y a la base avec

  • 1 pot de 250 g de mascarpone
  • 3 œufs (très frais puisqu’ils seront consommés crus)
  • 3 cuillères à soupe de sucre
  • des biscuits à la cuillère ou des boudoirs (mais vous pouvez choisir d’autres biscuits comme des spéculoos)
  • du café

La crème
Mélangez au fouet (après avoir monté les blancs en neige dans un petit saladier) dans un grand saladier le mascarpone, les jaunes d’œuf et le sucre. Puis incorporez les blancs.
(Vous pouvez ajouter un parfum (vanille, poudre de chocolat…), une cuillère à café d’alcool, des morceaux de fruits… avant d’incorporer les blancs.)

Le montage
Dans un plat ou des coupelles individuelles, alternez biscuits trempés1 dans le café et crème.

Le tiramisu doit être préparé plusieurs heures à l’avance donc, idéalement, pour un déjeuner, faites le la veille au soir.
Pour recevoir ou amener chez des ami·es, la présentation en plat est pas mal : couches de biscuits et couches de crème. Vous pouvez saupoudrer le tout de cacao sucré ou de copeaux de chocolat par exemple, pour la présentation. (Ou de fruits si vous en avez mis dans la crème, genre framboises.)
Pour chez soi, la présentation en coupelles permet de faire plaisir à chacun·e : pour cellui qui n’aime pas le café, trempez les biscuits dans du jus de fruit (j’ai testé avec l’orange, c’est délicieux), du lait au chocolat…

Perso, je garde quelques pots vides de 370 g de confiture (marque Bonne Maman) et je les utilise pour ce genre d’occasions : chaque pot fait une part, qu’on peut poser au frigo en piles en les refermant avec leur couvercle. (4 pots / parts avec les proportions données)

Bref, faites-vous plaisir, c’est une base qui permet beaucoup de variantes 😉

  1. Pour les spéculoos, perso, je ne les trempe pas… ↩︎

Le vers était dans le fruit

Professeuse en vacances à son neveu : Franchement, dans mon collège, les élèves de Sixième… Je leur ai demandé de chercher un poème qu’ils liraient en classe, un seul poème, n’importe lequel ! Il n’y en a pas un qui a rempli la quête… (soupir)
Neveu-pragmatique : Ben, franchement, c’est dur ! Les champs de poémiers, ça ne court pas les rues !

Dilatation du temps

Elle : Cela va faire cinq ans qu’on se fréquente maintenant.
(En réalité, ils ont deux compteurs car cela va faire vingt-deux ans ou cinq, mais ils sont un peu bizarres, les deux, là…)
Elle, toujours : Tu es prêt pour cinq ans de plus ? Et on réinterrogera notre relation au bout ?
Lui : On réinterroge notre relation tous les quinze jours !

Et si on parlait d’amour ?

On dirait que les vacances d’été commencent à faire leur effet et que je suis un peu moins fatiguée… et du coup un peu plus bavarde.. Alors, en verve et la soirée avançant, je vais papoter un peu longuement d’un truc qui me trotte dans la tête 😉
J’aime l’Amour.
Oui, oui, celui avec un grand A car plusieurs de mes textes ont eu de très bons retours à cause de cet ingrédient. Ingrédient narratif, littéraire, déclinable de tant de façons…
Je ne pourrais pas dater les choses, mais je sais que, bien avant ma vie de « femme amoureuse », il m’était évident qu’il y avait l’Amour, cet ingrédient artistique tout à fait cool, et l’amour. L’amour irl que personne ne peut te définir et sur lequel tout le monde a une opinion. Et sur lequel, du coup, ben, je n’avais rien à dire : moi, je raconte des histoires pour t’émouvoir.
Le temps a passé, j’ai continué de raconter l’Amour, mais, en parallèle, ben… après la vision enfantine de « un monsieur et une dame s’aiment donc ils baisent ensemble d’une manière exclusive », il y a eu… la vraie vie : c’est pas forcément un monsieur et une dame, ils peuvent s’aimer sans baiser, baiser sans s’aimer, ils peuvent se tromper ou être dans une relation libre, ils peuvent se marier dix fois et ne jamais aimer, etc.
Alors, comme j’aime aussi les histoires irl, j’écoute, j’écoute, j’écoute… et, plus j’écoute, plus l’ingrédient narratif semble finalement pauvre par rapport à la réalité car les humains se font des nœuds dans la tête et c’est tellement plus… riche ? dingue ? étrange ? effrayant ?
Lors d’une conversation, quelqu’un m’a dit : « Je ne me sens pas légitime à m’exprimer car je suis asexuel. »
Ça m’a alors semblé une évidence et je lui ai répondu : « En quoi es-tu moins légitime que les autres ? Il y a quelqu’un qui a eu des relations avec cent individus bien répartis statistiquement et qui a des réponses absolues ? »
Il y a CeluiA qui t’aime très fort, qui te le montre autant qu’il peut, mais qui ne peut pas te le dire parce que le mot est galvaudé et on ne l’a pas défini et…
Il y a CeluiB qui t’aime, qui te le dit, mais, finalement, quand tu termines la relation, il est déjà dans les bras d’un autre.
Il y a Celui qui pense que CeluiA est le vraiment aimant et Celui qui pense que l’amour n’existe pas s’il n’est pas dit donc que CeluiB est plus amoureux…
Il y a Celui qui est amoureux de son conjoint, mais qui ne sait absolument rien de lui, de ses peines ou de ses humeurs et tu cherches en vain de qui il est vraiment amoureux…
Il y a… autant de Celui que d’humains sur Terre.
Comme j’aime raconter les histoires avec un début, des rebondissements et tout, en privé, il m’arrive parfois de me confier sur la vraie vie (si elle existe, un écrivain a-t-il une vraie vie ?). Même s’ils n’ont aucune valeur statistique, la majorité des retours que j’ai eus, sur des histoires qui ne me semblaient pas bien grandioses, était que c’était « beau » ou « plus vrai » ou tout autre qualificatif émouvant et positif.
Alors je me suis dit que c’est juste que je devais mieux raconter l’histoire.
Et j’ai bouclé : la réalité est bien plus dingue que la fiction, mais, en général, elle est beaucoup moins bien racontée 😀
Voilà, voilà…
Je viens de m’étendre parce que j’ai pas mal réfléchi au bouzin ces derniers temps : je suis arrivée à ce moment où tu as trop de données, trop d’émotions, trop de pistes et où tu te dis que, du coup, tu n’écriras plus jamais sur le sujet car tu n’arriveras jamais à rendre tout ce qu’il y aurait à en dire. Et, en même temps, raconter une histoire, ça n’a rien d’exhaustif : le but, c’est d’émouvoir même si tu embellis ou mens ou biaises ou…
Puis, en même temps, on s’en fout un peu de tout ça, le lecteur attend des histoires, pas mes considérations sur les histoires 😉

Cookies

Pour environ 25/30 cookies :

  • 300 g de farine
  • 300 g de sucre (idéalement 150 de cassonade et 150 de sucre blanc)
  • 150 g de beurre
  • 1 œuf
  • 1 sachet de levure chimique
  • 1 pincée de sel
  • 100 g de pépites de chocolat (ou de raisins secs ou de noix coupées en petits morceaux ou…)

Sortez le beurre un peu en avance, qu’il ramollisse sans avoir besoin de le passer au micro-ondes.
Mélangez rapidement la farine, le sucre, la levure, le sel, puis ajoutez l’œuf et beurre. Puis les pépites de chocolat.
Laissez passer de 5 à 10 minutes, puis mélangez bien à la main (la pâte va trouver sa consistance). Faites ensuite des boulettes de pâte.
Préchauffez le four à 150°.
Sur une plaque huilée (pour la première fournée, inutile de ré-huiler entre deux), disposez-les en les espaçant bien (j’en mets 8 par plaques) car elles vont s’étaler à la cuisson.
Faites cuire 14 min.

En les sortant du four, les cookies sont encore mous : attendez quelques minutes, puis prenez-les délicatement avec une spatule et mettez-les à sécher sur une grille.

Cake au poulet et à l’estragon

  • 3 œufs
  • 150 g de farine
  • 1 sachet de levure chimique
  • 10 cl d’huile
  • 13 cl de lait
  • 100 g d’emmental
  • 200 g de blanc de poulet (ou de dinde)
  • estragon
  • échalote

Faire revenir dans une poêle un morceau de beurre et une cuillère à soupe d’huile. Puis ajouter de l’échalote et faire cuire le poulet coupé en morceaux quelques minutes.
Saler, poivrer, ajouter généreusement de l’estragon.
Dans un saladier, mélanger la farine, la levure et les œufs. Ajouter le lait, l’huile et l’emmental et, enfin, le poulet.
Mettre dans un moule à cake (inutile de le graisser au préalable) au four à 180° pendant 45 minutes.

Puis un jour tu te réveilles

et tu t’aperçois que tu aimes
Parce que c’est lui
comme une évidence
parce que ça a toujours été lui
Vous n’avez pas choisi
et tu l’agaces
et il t’énerve
et la moindre étincelle
met le feu :
tu l’engueules,
il te vexe.
Puis il sourit
et c’est juste lui.
On choisit ses amis,
on ne choisit pas sa famille :
frère ou amant,
quelle importance ?
Tu ne peux pas faire sans lui…

Oh, Temps, mon amour !

En 1999, au début d’Un Rêve étrange…, j’ai écrit :
« Elle […] attrapait son petit sac à dos noir, dans lequel un volumineux portefeuille écrasait un vieux carnet de photos qu’elle n’osait plus regarder ».
Aujourd’hui, elle saisirait juste son smartphone, blindé de toutes les photos de…
De temps en temps, quand je relis un de mes textes, j’aime bien trouver ces références à des habitudes qui sont devenues obsolètes, en si peu de temps au fond… car je me souviens très bien que, cette année-là, je rêvais d’un bel organisateur en cuir, avec ses lourds anneaux de métal, que j’aurais rempli de cartes de fidélité, de rendez-vous notés au crayon et de photomatons.
Désormais, si je peux rester de longues minutes devant les beaux agendas vendus aux rayons Carterie, cela ne me viendrait pas à l’idée de trimballer autre chose que l’iPhone qui me sert d’agenda, d’album, de baladeur et d’appareil photo.
J’aime ces détails qui ancrent nos fictions, nous rappellent ce que nous aimions/rêvions à ces moments-là, calés devant nos claviers…
J’aime noter que Buffy se sert d’un téléphone fixe à Sunnydale quand Angel, quelques kilomètres plus loin, dans Los Angeles, se sert d’un portable,
me rappeler qu’il était mal vu que la sonnerie d’un portable trouble le bruit ambiant du bureau alors que, aujourd’hui, nous sommes tous greffés d’une oreillette,
songer que l’époque où il était autorisé de fumer dans les espaces clos ne me manque pas,
m’amuser devant un vieux téléphone filaire, mais ne pas craquer sur cet achat en songeant qu’il me serait désormais insupportable de ne pas avoir toutes les fonctions de filtrage sur un appareil (nom qui s’affiche, possibilité de se mettre en « ne pas déranger » ou de bloquer certains numéros)…

Nous sommes nos souvenirs, évidemment, recomposés, réécrits… perpétuellement,
mais nous sommes aussi nos habitudes, nos façons d’aborder un moment, un évènement.
Quand je relis Un Rêve étrange…, je sais que, aujourd’hui, les phrases seraient différentes, mais je suis attachée à cette temporalité de l’art. Une œuvre est un propos, mais c’est aussi une année, un moment…
Je crois 😉