Où je parle notamment d’“Oh my ghostess”…

L’amitié homme-femme n’existe pas.
J’ai réentendu cette phrase hier, au détour d’une comédie romantique. Ça n’avait rien de surprenant, ça allait dans l’histoire, le héros est jaloux du meilleur ami de l’héroïne.
Ça allait dans cette histoire, mais c’est tellement bête…
L’amitié homme-femme n’existe pas ?
Alors… déjà, cela présuppose un cadre hétéronormé et ça doit se décliner ? Les bisexuels n’ont aucun ami ? Et, pour les asexuels, c’est la fête ?
En fait, cette bêtise est lourde de sens parce qu’elle pose bien en définition que l’amour est l’amitié-avec-du-sexe. Amour et amitié ne seraient donc pas des concepts qui représenteraient une intensité de relation, mais qui seraient définis par la présence ou l’absence de sexe.
Beaucoup de couples qui “fonctionnent” disent qu’ils sont “meilleurs amis”. S’ils emploient ce terme de “meilleur ami”, c’est bien qu’il signifie quelque chose de particulier à leurs yeux qu’ils ne peuvent pas rendre par “nous sommes amoureux”.
Et, sinon, on en reste là : ce serait de l’amour si on trouve une personne juste sympa et qu’on veut coucher avec elle, mais de l’amitié si on a un lien très fort avec quelqu’un, mais qu’on n’a jamais songé à le sauter ? Et on a inventé « amour platonique » pour se filer des maux de tête ?
Les mots nous servent à communiquer, à échanger. Pour qu’ils soient utiles, nous devons être d’accord sur leur définition. “Table” ou “chaise” font normalement consensus.
“Amour” et “amitié” n’ont juste aucun sens. Ils ne servent à rien. Ou, plutôt, ils ne servent qu’en fiction, quand on utilise des clichés.
– Et, du coup, on fait quoi ?
– Aucune idée…

J’ai récemment regardé le drama Oh my ghostess et je vais largement spoiler dans ce qui va suivre. Du coup, je préviens même si je ne vois pas trop la notion de spoiler dans une histoire romantique, on sait très bien que le méchant sera attrapé et les amoureux ensemble à la fin, mais bref…

Oh my ghostess
Lui est chef cuisinier, arrogant, solitaire.
Elle1, introvertie parce qu’elle voit les fantômes, travaille pour Lui et en est secrètement amoureuse.
Elle2 est morte brutalement et erre en fantôme, persuadée que le gros regret qui la retient sur Terre est qu’elle était vierge. Du coup, maintenant qu’elle est morte, elle n’a plus aucune timidité face aux hommes.
Elle1 et Elle2 ont des énergies (essences ?) très en phase, négatives. Lui possède une énergie positive dont elles ont besoin.
Comme Elle1 ne se sent pas d’aborder Lui, elle laisse Elle2 la posséder.
Je suis allée voir quelques critiques de la série et l’une d’elles m’a frappée parce que j’ai ressenti (instinctivement) la même chose : Elle2 possède Elle1 trop longtemps, les deux personnages n’alternent pas assez, si bien que ce qu’on ressent, c’est que Lui est amoureux d’Elle2 et pas d’Elle1 (ce qui est contraire au but de l’histoire — et l’argument-tristesse même d’Elle1 a un moment).
Sauf qu’il y a une autre lecture. Et que, au choix, elle est tirée par les cheveux (si on s’en tient à la définition de l’amour telle qu’on nous l’impose) ou elle marche parce que ça fait sens.
Lui est attiré par Elle1 parce qu’elle est petite et fragile (il pense à elle comme “un petit chiot’ — no comment) et par Elle2 parce qu’elle est sexuellement entreprenante. (Et les trois partagent une passion commune pour la cuisine.) C’est d’ailleurs résumé quand une journaliste lui demande sa femme idéale : “timide le jour et chaude la nuit”.
Plusieurs fois, on nous explique que les deux jeunes femmes se ressemblent beaucoup : Elle2 est devenue entreprenante après sa mort, parce qu’elle a compris qu’on ne vivait qu’une fois, toussa toussa. Elles ne sont pas différentes l’une de l’autre, elles ne sont juste pas au même moment de leur évolution (petit chiot, pokémon…) et Lui ne couchera pas avec Elle1 tant qu’elle n’aura pas évolué, en fait. Avant cela, il l’aime en lui tenant la main et en la surprotégeant.
– Du coup, où veux-tu en venir ?
– Si le marqueur de l’amour est le désir sexuel, alors, effectivement, Oh my ghostess a une énorme faille scénaristique parce que Lui est tombé amoureux d’Elle2 et rater l’aspect amoureux d’une comédie romantique, ben, c’est le plus gros fail.
Si le désir sexuel n’est que le piment de l’amour, alors Lui est amoureux d’Elle1 qui réveille ses instincts protecteurs (c’est pas mon truc, mais chacun a ses raisons d’aimer) et il ne fait que désirer Elle2. Et il désirera Elle1 quand sa libido à elle se réveillera.
Quand j’étais petite (enfante ? ado ?) et que je lisais, je détestais la description du désir sexuel qu’on faisait chez l’homme. On me disait d’un côté que l’homme devait désirer la femme qu’il aimait, mais que c’était un animal qui sautait sur tout ce qui bouge, qui désirait toutes les femmes belles, etc.
J’avais la tête farcie de clichés qui n’avaient aucune logique et auxquels j’essayais de trouver un sens. La notion d’amour me rendait malade car elle était farcie de sexe.
(Ça me mettait même mal à l’aise avec la notion de « femme belle », comme si les femmes étaient classées en fonction de l’intérêt sexuel que les hommes leur portaient — ce qui est bien ce que la société voudrait, en fait.)
(Spoiler : Toutes les femmes sont belles. Pour elles-mêmes, pour leurs copines, leurs sœurs, leurs mères… et les hommes n’ont juste rien à voir dans l’histoire.)
Jeune adulte, j’ai longtemps considéré qu’un homme devait être beau/désirable, que l’attachement se mesurait au désir sexuel…
Ces derniers temps, j’ai regardé beaucoup de séries coréennes et les deux marqueurs (fictionnels, je ne sais pas la réalité sur place) de l’amour très très fort sont “se tenir la main” et “se prendre dans les bras pour se consoler”.
– Et du coup ?
– Je suis incapable de dire si Oh my ghostess me plaît ou me déplaît. J’aime bien les histoires de fantômes, il y a le meurtre d’Elle2 à résoudre, Jo Jeong-seok (qui joue le héros) a un charme très particulier… mais je n’ai aucune idée de si l’histoire d’amour a été mal pensée et bugue ou si, au contraire, c’est une bonne réflexion sur la nature de l’amour… d’autant qu’Elle1 a une histoire d’amitié avec l’un de ses collègues (incarné par Kwak Si-yang qui est un sacré beau gosse) et dont ils n’ont pas fait un triangle amoureux, ce qui laisse penser que tout a été voulu délibérément.

Il n’y a pas de petit profit

Cadette commence à me demander « et comment on accorde… ? » pour corriger le mail qu’un de ses camarades doit renvoyer à un prof. Du coup, je me lève carrément et relis le tout.
Quand j’ai fini, je l’entends :
– Voilà, tu viens de bénéficier d’une correction professionnelle. Je t’envoie la facture.

Extraordinary You (2019)

Fin novembre, j’ai avalé d’une traite W: Two World Apart que j’ai adoré.
J’avais repéré Extraordinary You dans le même genre de thématique (les personnages sont ceux d’un univers fictif/d’une bande dessinée), mais je viens seulement de l’attaquer… et de la finir.
Elle, lycéenne riche, belle, intelligente, adorée de son père, mais atteinte d’une grave maladie, découvre… qu’elle n’est qu’un personnage secondaire dans une (mauvaise) bande dessinée, bourrée de clichés, de répliques réutilisées à l’infini… et, puisqu’elle doit probablement bientôt mourir d’une maladie cardiaque, elle décide que le temps qui lui reste ne peut pas être gâché à poursuivre un amour à sens unique qu’elle n’éprouve même pas.
Lui n’est même pas un personnage secondaire, c’est à peine un figurant sans nom et, parce qu’il est peu important, il échappe à l’attention de l’auteur et peut changer les évènements.
Seul le thème général est proche de W. Ici, il n’y a pas d’action (pas de meurtres, pas de courses-poursuites), on est dans la romance. Mais une drôle de romance puisque l’auteur force les personnages dans des relations qu’ils n’ont pas choisies. Pas non plus de passage entre monde fictif et monde réel : les héros affrontent un auteur qui leur veut du mal et qu’on ne voit pas, dont on sait seulement qu’il est assez médiocre, réutilisant clichés, répliques et personnages pour un tout sans intérêt. Donc pas vraiment de Grand Méchant ou alors le Grand Méchant ultime puisque c’est le dieu de ce monde…
L’ambiance est vraiment réussie : les décors sont « juste ce qu’il faut » de factice, avec un petit côté « scène de théâtre ».
Même si ma lecture en est loin (et donc très floue dans ma mémoire), j’ai beaucoup penser à Jasper Fforde/Thursday Next. Les personnages alternent vie sur scène où ils sont contraints dans leurs gestes et paroles, mais pas dans leurs pensées, et vie dans l’ombre/en coulisses où seuls les « conscients » se souviennent de ce qu’ils vivent.
Bref… à consommer de toute urgence si ce n’est pas déjà fait 🙂

Ce billet est également paru dans la Tribune des Vagabonds du Rêve.

Le confinement, c’est un peu comme les chagrins d’amour…

Tu te retrouves avec relativement plus de temps libre (même si tu as d’autres tâches, confiné·e, t’as les transports en moins, les barbecues chez les potes qui sautent… et, largué·e, tu récupères tout le temps que tu gaspillais avec un·e chéri·e) et des injonctions à le remplir « utilement » alors que, toi, tu sais qu’il n’y a qu’une chose à faire : attendre que le temps passe en bouffant de la glace au chocolat.

Sbriciolata

  • 400 g de farine
  • 150 g de sucre
  • 150 g beurre froid coupé en petits cubes
  • 2 œufs
  • 1 sachet de levure
  • 1 pincée de sel
  • confiture/pâte à tartiner

Mélanger la farine, le sucre, le beurre, les œufs, la levure et le sel pour obtenir un mélange type crumble.
Mettre la moitié de la pâte dans un moule, étaler de la confiture puis recouvrir de la deuxième moitié de la pâte.
Mettre au four 25 minutes à 180°.