Touch your heart | 진심이 닿다 (2019)

16 épisodes de 60+ minutes

Nous sommes en décembre, c’est donc la saison des comédies romantiques… Bon, OK, ce n’est pas une romance de Noël, mais, bon, c’est une romance.
Yoo In-na et Lee Dong-wook incarnaient le couple du faucheur / de la sœur réincarnée dans Guardian: The Lonely and Great God trois ans plus tôt. Toujours aussi glamour, Elle est ici une actrice louée pour sa beauté, mais qui joue très mal et qui est tombée en disgrâce après qu’un vilain méchant l’ait harcelée et fait accuser à tort. Lui est un avocat, forcément génial sur le plan du droit, mais totalement novice en matière de relations amoureuses.
Aussi sincères et innocents l’un que l’autre, ils vont donc naturellement tomber amoureux.
Autour d’eux, d’autres couples vont se faire ou non et une bonne partie de l’élément comique est portée par les deux chefs (le directeur du cabinet d’avocats où Lui travaille – Oh Jung-se – et le directeur de l’agence à laquelle Elle appartient – Lee Jun-hyeok), cousins qui s’entraident et se chamaillent.
Côté intrigues / polar, c’est le très gros point faible : ou tu n’en mets pas (ce qui est tout à fait possible) ou il faut que ça remue un peu. Là, on ne sait pas bien pourquoi des éléments policiers sont venus se perdre dans la narration et le vilain méchant ne fait qu’une courte apparition aussitôt oubliée.
Donc c’est un gentil drama si vous avez envie de feel good, de gens super gentils, de plein de douceurs.
Si vous cherchez quelque chose qui vous remue, passez votre chemin.

Healer | 힐러 (2014)

20 épisodes de 60 minutes

Le 16, je vous parlais de Suspicious Partner où le héros est incarné par Ji Chang-wook et en concluant que c’était mignon, mais sans non plus être follement original.
Du coup, vous allez avoir l’impression que je me répète : même acteur principal, même format (la romance est servie par une intrigue policière ou inversement), même plaisir. C’est du feel good, ça fait du bien, surtout en ce triste novembre confiné, ça n’est pas une œuvre majeure, mais c’est bon comme le chocolat chaud du goûter 😉
Et, clairement, cela repose pas mal sur la mignonitude du couple principal, l’héroïne étant jouée par la charmante Park Min-young (que j’ai beaucoup aimée dans Qu’est-ce qui cloche chez la secrétaire Kim ?, mais aussi dans Her Private Life).
Lui est un mercenaire qui exécute toutes sortes de missions sauf le meurtre. Il est embauché pour recueillir l’ADN puis des informations sur Elle, qui est journaliste, parce que sa maman l’a perdue quand elle était petite et…
20 ans plus tôt, des journalistes, qui animaient une radio clandestine, ont découvert de sombres complots et ont été assassinés. Nos jeunes réouvrent l’enquête à leurs risques et périls.
Pourquoi ce n’est pas tout à fait sérieux ? Parce que Lui est trop badass. Sa partenaire, hacker, fait des miracles, il se bat comme un dieu. Mais, au fond, si tu ne sors pas du lot, tu n’es pas un héros.
Donc si vous avez envie de rêver que les bons l’emportent forcément à la fin, que la vie est douce avec un.e amoureux.se, que le destin remet les gens en contact… laissez-vous tenter 😉
(Et, en illustration, je vous mets l’image que j’avais prise pour faire un fond d’écran… parce que, bon, Ji Chang-wook quoi… 😛 )

Suspicious Partner | 수상한 파트너 (2017)

20 épisodes de 60 minutes

Alors… c’est le genre de séries dont je ne me vois pas faire un billet parce qu’il n’y a pas grand chose à en dire, mais qui se voit avec plaisir.
Lui (incarné par le très séduisant Ji Chang-wook) est procureur quand Elle (Nam Ji-hyun), sa stagiaire, est accusée à tort du meurtre de son ex-petit ami.
Je ne vais pas me lancer dans un résumé car, au final, l’histoire s’étend sur quelques années, de leur rencontre au dénouement final, et alterne dans de bonnes proportions entre leur histoire d’amour et la résolution de l’affaire policière.
Côté romance, la dynamique repose sur les caractères opposés des deux héros : pas de triangle amoureux, pas de parents en opposition… juste leurs caractères et leur propension à se faire des secrets.
Côté polar, j’aime bien : le fil tient bien le long de la narration et la résolution a son petit facteur de surprise.
Les deux bémols :
– le premier ne l’est peut-être que pour moi : j’ai pris la mauvaise habitude de trouver dans la plupart des dramas un thème / problématique / focus sociétal et, là… bon… Même la façon de parler des dilemmes moraux quand on est avocat ou procureur reste assez en surface ;
– les personnages secondaires sont quand même plus des faire-valoir que des personnages à eux tous seuls et c’est dommage car il y avait de quoi faire.
Donc, sans que ce soit un gros coup de cœur, je me suis fait plaisir à la revisionnant car elle offre un bon moment, entre sourires et suspens 🙂

Something in the rain | 밥 잘 사주는 예쁜 누나 (2018)

Alors j’étais dans un trip « je me fais un deuxième visionnage de One Spring Night et Something in the rain » et je les chronique dans la foulée. Parce que ce sont deux œuvres que j’aime/dont j’ai envie de vous parler et qu’il parait étrange d’aborder l’une sans l’autre.
Leurs liens ?
Le même réalisateur : An Pan-seok
Un casting très très proche, notamment pour le héros : Jung Hae-in
Si Something est de 2018, One Spring est de 2019.
Même format (16 épisodes de plus d’une heure chacun), même réalisation impeccable, même partis pris esthétiques, même narration lente… et, si vous n’aimez pas cette forme de narration, les deux vous déplairont.
Et même thème : la difficulté d’être une femme dans une société oppressante.

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One Spring Night | 봄밤 (2019)

Alors il y a les romances, avec des triangles amoureux qui sont des prétextes à ce qu’on rit de la jalousie des un·es ou des autres, dont on ressort boostée de feel good… et puis il y a One Spring Night.
Autrement dit, si vous avez envie de vous remonter le moral en cette période assez… morose, on va dire poliment, ce n’est pas la bonne pioche. Préférez par exemple Qu’est-ce qui cloche chez la secrétaire Kim ? 😉

Il y a bien deux amoureux, il y a bien un « triangle », mais ça n’est pas drôle du tout. Pourtant, j’ai beaucoup aimé puisque ce billet vient à la suite d’un deuxième visionnage.

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While You Were Sleeping | 당신이 잠든 사이에 (2017)

Réalisateur : Oh Choong-hwan

On ne réussit pas forcément une recette avec tous les bons ingrédients, mais, quand on réussit, on ne peut que dévorer le résultat. Je viens donc de dévorer les 16+ heures de While You Were Sleeping.
Les ingrédients ?
Du fantastique (des rêves qui permettent de voir le futur entre des gens dont le destin est lié), le temps (les rêves sont un reflet exact du futur), de la romance (en bonne dose), du suspens et du polar (en bonne dose), des vrais bons sentiments avec le questionnement sur les choix, le pardon, la mémoire…

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Familiar Wife | 아는 와이프 (2018)

Dans les qualités que je trouve (en général) aux dramas coréens, il y a l’utilisation/exploitation du fantastique et le traitement de soucis ordinaires.
Familiar Wife réunit ces deux qualités.

Lui (Ji Seong) est un connard ordinaire. Il était amoureux d’Elle1 (Han Ji-min), l’a épousée, mais, maintenant qu’ils ont deux enfants en bas âge et chacun un boulot, il lui laisse sans ciller toute la charge mentale.
Pendant qu’elle s’épuise alors que l’état de santé de sa mère se dégrade, Lui regrette qu’elle ne lui fasse pas à manger ou qu’elle prenne mal qu’il passe du temps sur la console de jeux.
Fatiguée, elle crie.
Et quand il croise Elle2, un béguin rencontrée à la fac, fraiche car aucun mari ne l’épuise, il souhaite échanger de femme.

Ici, la magie (matérialisée par un péage sur une route peu fréquentée) permet de revivre un moment-clé du passé. Le voilà le jour de leur rencontre, il l’ignore et conclut avec Elle2.
Changement d’épouse.

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It’s Okay to Not Be Okay | 사이코지만 괜찮아 (2020)

16 épisodes de 70/80 minutes chacun

Diffusée depuis dimanche sur Netflix, j’ai fini cette série hier soir, à croire qu’ils avaient guetté ma reprise au taf pour que je ne puisse pas la regarder d’un seul coup pendant les congés !
Réalisateur : Park Shin-woo (vu et aimé : Jealousy Incarnate et Hyde Jekyll, Me)
Pour les rôles principaux : Elle1 incarnée par Seo Ye-ji et Lui1 sous les traits de Kim Soo-hyun (Mon amour venu des étoiles).

Sur la réalisation, je n’ai tout simplement rien à dire de pertinent : c’est bien fait. Tout est impeccable, les acteurices jouent bien, le rythme est bon.

Alors que, quelques semaines plus tôt, j’avais fait une pause en regardant Mystic Pop-up Bar, que j’ai beaucoup aimé, mais qui a une petite faiblesse, là, j’aurais pu facilement tout regarder d’un trait si je n’avais pas dû partir au travail.
On devine qui est la Méchante bien à l’avance, mais ça ne pose pas de souci particulier car le mystère n’est pas l’élément principal.

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Je n’ai pas de héros

Le héros est le personnage principal d’une oeuvre.

Hier, j’ai fini de regarder Radiant Office, un drama coréen. Par habitude, j’en ai dit quelque mot et puis… ça a commencé à tourner dans ma tête, en mode « tu ne fermeras pas les yeux de la nuit » (ce qui est techniquement faux, Morphée est clairement mon meilleur pote) : tous les personnages principaux sont-ils des héros ?
Il me semble qu’on pourrait voir le héros sous deux angles :
1/ un personnage qui, parti dans de mauvaises conditions, s’en sort super bien
2/ un personnage déjà badass au départ, fort, intègre, toussa…
1 ou 2, nous allons vibrer pour lui. Nous identifier ?

Radiant Office
C’est une série sympa (mais absolument pas comique malgré ce qu’indique Netflix), avec des choses mignonnes, quelques failles… mais ce qui m’intéresse dans ce billet :
Elle, Lui2 et Lui4 sont trois jeunes qui peinent à trouver du travail malgré les diplômes. Un soir où la coupe est pleine (et où Lui2 vient de se faire larguer), ils tentent de se suicider et se rencontrent à l’hôpital d’où ils s’enfuient ensemble car ils n’ont pas les moyens de payer la note.
Avant qu’ils ne s’enfuient, ils ont entendu Lui3 aka le Méchant dire que l’un d’eux est atteint d’une maladie incurable.
Elle est l’héroïne de l’histoire, sans doute possible. Elle est intègre, pleine de principes, courageuse…

Jusqu’à hier soir, avant de me coucher, j’ai toujours considéré que le héros était le gars dont l’héroïne était amoureuse.
Donc, dans ce drama, ce serait Lui1 dont Elle s’éprend.
L’une des qualités de cette série est qu’elle comporte plusieurs persos principaux : Elle et Lui1, bien sûr, mais également Lui2 et Lui3…
Lui2, qui n’est pas l’amoureux de l’héroïne, prend beaucoup de place, on suit sa propre histoire d’amour…
Est-ce le héros ?

Lui1 et Lui2 sont deux bonnes personnes, mais totalement opposées.
Lui1 est le gars intègre, mais qui manque d’empathie, qui réussit professionnellement.
Lui2 échoue dans le travail, mais est gentil, attentionné.
Les deux hommes sont présentés comme de bons partis, pour des raisons très différentes, mais sans qu’aucun ne soit plus valorisé que l’autre.
Et, si Lui3 est le Méchant, c’est un personnage principal cependant.
Qui est le héros ?

Le héros est-il le gars dont l’héroïne s’éprend ?
Si je songe à Cendrillon ou à la Belle et la Bête, le Prince charmant n’est absolument pas un héros. C’est… une récompense !

Je me suis mise à chercher dans ma tête (certes pleine de trous) si je trouvais des héros et… je n’ai trouvé que des héroïnes :
Buffy est une héroïne, dans beaucoup d’acceptations de l’idée, mais Angel, qui a pourtant sa propre série, n’est pas un héros. Il chute souvent et on ne l’aime que parce que Buffy l’aime.
Lorsque, adolescente, je regardais les Chevaliers du Zodiaque, j’adorais Shiryu parce qu’il avait le visage fin, les cheveux longs et qu’il était le dragon, mais Seiya m’agaçait au plus au point.
Enfant, l’un de mes plus chers souvenirs est que Mère Dragon nous faisait la lecture avant qu’on se couche. L’une d’entre elles fut le Seigneur des Anneaux. J’ai adoré. Mais Frodo ne suscitait en moi ni admiration ni identification.
Ulysse, le héros si cher au cœur de ma génitrice ? Le gars laisse sa femme en plan pendant des années et batifole avec des nymphes, des sirènes et des magiciennes !

J’ai été amoureuse de Sherlock Holmes, mais c’est un drogué maniaque. Arsène Lupin ? Hercule Poirot ?
Non, les seuls noms qui me viennent sont ceux des super-héros : Superman, Captain America… et, dans super-héros, il y a un mot en plus.

Dans la plupart des dramas coréens, Elle est intelligente, travailleuse et courageuse. Lui est… beau ? Il est souvent arrogant, a parfois de gros handicaps affectifs et il ne nous intéresse que parce qu’Elle est prête à lui montrer que l’Amour c’est cool.
A part quelques pièces comme, par exemple, Something in the rain ou Romance is the bonus book.
Et Dean Winchester, de Supernatural, car tout le monde est amoureux de Dean Winchester. Et Indiana Jones et Han Solo.
Les rares héros que j’invoque sont très loin des héroïnes courageuses prêtes à changer le monde. Ce sont des aventuriers, ils sont fun… mais largement moins méritants que la simple héroïne de drama qui défend la veuve et l’orphelin ou que Cendrillon qui part bien perdante dans l’échelle sociale.

Voilà, je vous livre cette réflexion aussi brute qu’elle m’est venue.
Est-ce simplement parce que l’homme riche blanc hétérosexuel cisgenre n’a pas de mérite particulier a bien vivre ?
Je me suis endormie hier soir et je n’avais pas de héros, aucun homme fictionnel que j’admire ou auquel m’identifier…
‘fin, sauf peut-être… voir ce que j’écrivais il y a deux mois 😉

Another Oh Hae Young | 또 오해영 (2016)

Alors… avant toute chose… je vais SPOILER, largement SPOILER… Je suis obligée étant donné mon propos, donc, si vous ne voulez pas de spoilers, ben… passez votre chemin…

Je suis autrice de fantastique.
J’adore les boucles temporelles, les fantômes, le Destin… et, en découvrant les dramas coréens, ben… j’ai l’impression d’être redevenue une petite fille qui a tout à découvrir. J’écris peu depuis quelques temps, mes idées me semblent désormais fades…

Bref, Another Oh Hae Young est encore une bonne surprise.

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Où je parle notamment d’*Oh My Ghostess | 오 나의 귀신님 (2015)*…

L’amitié homme-femme n’existe pas.
J’ai réentendu cette phrase hier, au détour d’une comédie romantique. Ça n’avait rien de surprenant, ça allait dans l’histoire, le héros est jaloux du meilleur ami de l’héroïne.
Ça allait dans cette histoire, mais c’est tellement bête…
L’amitié homme-femme n’existe pas ?
Alors… déjà, cela présuppose un cadre hétéronormé et ça doit se décliner ? Les bisexuels n’ont aucun ami ? Et, pour les asexuels, c’est la fête ?
En fait, cette bêtise est lourde de sens parce qu’elle pose bien en définition que l’amour est l’amitié-avec-du-sexe. Amour et amitié ne seraient donc pas des concepts qui représenteraient une intensité de relation, mais qui seraient définis par la présence ou l’absence de sexe.
Beaucoup de couples qui “fonctionnent” disent qu’ils sont “meilleurs amis”. S’ils emploient ce terme de “meilleur ami”, c’est bien qu’il signifie quelque chose de particulier à leurs yeux qu’ils ne peuvent pas rendre par “nous sommes amoureux”.
Et, sinon, on en reste là : ce serait de l’amour si on trouve une personne juste sympa et qu’on veut coucher avec elle, mais de l’amitié si on a un lien très fort avec quelqu’un, mais qu’on n’a jamais songé à le sauter ? Et on a inventé « amour platonique » pour se filer des maux de tête ?
Les mots nous servent à communiquer, à échanger. Pour qu’ils soient utiles, nous devons être d’accord sur leur définition. “Table” ou “chaise” font normalement consensus.
“Amour” et “amitié” n’ont juste aucun sens. Ils ne servent à rien. Ou, plutôt, ils ne servent qu’en fiction, quand on utilise des clichés.
– Et, du coup, on fait quoi ?
– Aucune idée…

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Extraordinary You | 어쩌다 발견한 하루 (2019)

Fin novembre, j’ai avalé d’une traite W: Two World Apart que j’ai adoré.
J’avais repéré Extraordinary You dans le même genre de thématique (les personnages sont ceux d’un univers fictif/d’une bande dessinée), mais je viens seulement de l’attaquer… et de la finir.
Elle (Kim Hye-yoon), lycéenne riche, belle, intelligente, adorée de son père, mais atteinte d’une grave maladie, découvre… qu’elle n’est qu’un personnage secondaire dans une (mauvaise) bande dessinée, bourrée de clichés, de répliques réutilisées à l’infini… et, puisqu’elle doit probablement bientôt mourir d’une maladie cardiaque, elle décide que le temps qui lui reste ne peut pas être gâché à poursuivre un amour à sens unique qu’elle n’éprouve même pas.
Lui (Rowoon) n’est même pas un personnage secondaire, c’est à peine un figurant sans nom et, parce qu’il est peu important, il échappe à l’attention de l’auteur et peut changer les évènements.
Seul le thème général est proche de W. Ici, il n’y a pas d’action (pas de meurtres, pas de courses-poursuites), on est dans la romance. Mais une drôle de romance puisque l’auteur force les personnages dans des relations qu’ils n’ont pas choisies. Pas non plus de passage entre monde fictif et monde réel : les héros affrontent un auteur qui leur veut du mal et qu’on ne voit pas, dont on sait seulement qu’il est assez médiocre, réutilisant clichés, répliques et personnages pour un tout sans intérêt. Donc pas vraiment de Grand Méchant ou alors le Grand Méchant ultime puisque c’est le dieu de ce monde…
L’ambiance est vraiment réussie : les décors sont « juste ce qu’il faut » de factice, avec un petit côté « scène de théâtre ».
Même si ma lecture en est loin (et donc très floue dans ma mémoire), j’ai beaucoup penser à Jasper Fforde/Thursday Next. Les personnages alternent vie sur scène où ils sont contraints dans leurs gestes et paroles, mais pas dans leurs pensées, et vie dans l’ombre/en coulisses où seuls les « conscients » se souviennent de ce qu’ils vivent.
Bref… à consommer de toute urgence si ce n’est pas déjà fait 🙂

The Tale of Nokdu | 조선로코 – 녹두전 (2019)

Il vit sur une île isolée, avec son père et son frère, quand un groupe d’assassines tente de les zigouiller. Son enquête le conduit dans un village de veuves, qui abrite le groupe d’assassines, et il se déguise donc en veuve pour en apprendre plus. Il fait la rencontre d’Elle dont la famille a été tuée et qui a été recueillie par la maison des courtisanes qui travaille en symbiose avec le village des veuves.
Pour qu’Elle ne devienne pas courtisane, Il paie et l’adopte en tant que mère. Ils se disputent et s’aiment.
Puis ils quittent le village pour mener chacun leur quête (lui son enquête, elle sa vengeance), il devient garde royal, elle devient servante…
Le rythme est assez curieux : on est toujours sur du 16 grosses heures, mais par épisodes de 30 minutes.
L’histoire évolue beaucoup : la vie au village des veuves, lui cachée en tant que femme, la vie à la capitale, etc.
J’ai aimé la simplicité avec laquelle Lui devient une femme, sans se prendre la tête, sans se sentir menacé dans sa virilité et en restant le grand guerrier.
Le truc « en plus » de cette histoire, c’est le lien entre les personnages : au fil des épisodes, une famille disparate se compose, adoptant sur son passage tous ceux qui sont seuls et qui vont aider.
Et des méchants rongés par leurs folies et faiblesses.
Ici, les gentils ne sont pas les gentils parce qu’ils sont too much, mais juste parce qu’ils sont sains et ont compris le vrai sens de la vie.

Mâle, mon héros

Je suis née dans les années 1970. J’ai été amoureuse d’Indiana Jones et d’Han Solo. (De Raistlin, également, et de Sherlock Holmes, mais c’est une autre histoire 😉 ) Je n’ai pas été horrifiée que Jones capture une petite poulette de son fouet. Je voudrais bien vous raconter que, très tôt, j’ai remis en cause le modèle du couple monogame hétérocentré, mais ça n’est pas du tout le cas. C’était le Modèle et même si, confusément, je sentais bien qu’il ne me correspondait pas, à moi, personnellement, ça venait forcément de moi. J’ai aimé les bad boys. En fiction, parce que, irl, faut pas déconner non plus.
Ma première grosse claque narrative, je pense que c’est Buffy contre les vampires. Il y a eu un avant et un après.
Et puis un jour, après des années à se farcir la télévision classique et ses programmations déplorables (épisodes dans le désordre, diffusion tardive…), la bonne qualité des connexions internet a changé tout ça.
Et puis il y a eu Netflix : on peut pester contre les grandes compagnies, mais il y a eu là aussi un avant et un après. J’ai probablement souscrit à l’abonnement pour The Good Place à l’été 2018. Tout de suite, je suis tombée sur Love in the Moonlight et A Korean Odyssey.
Si j’ai trouvé le premier charmant (je n’ai jamais caché mon attrait pour les comédies romantiques), le deuxième a été une nouvelle claque : j’ai pris davantage conscience de mon inculture (non, je ne savais rien de la Pérégrination vers l’Ouest et, oui, j’ignorais que le petit garçon avec une queue de singe dans Dragon Ball était le roi-singe), mais j’ai aussi été littéralement séduite par cette fantasy mythologique et le questionnement sur l’amour. Lui est un dieu qui veut la manger, Elle, mais en est empêché seulement par un objet magique qui l’oblige à tomber amoureux. Que vaut cet amour forcé ?

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My Holo Love | 너와 나 혼자 야 (2020)

Une fois n’est pas coutume, je peux m’imaginer que je suis l’actualité puisque My Holo Love est sortie vendredi dernier sur Netflix, Netflix qui la présente comme une « mini-série ».
Alors je ne veux pas être trop psychorigide (si, si, je le suis et j’assume !), mais en quoi 12 épisodes au lieu des 16 en moyenne peut justifier le qualificatif de « mini » ?

Lui est un informaticien de génie, hacker, qui souffre d’un handicap qui l’empêche de se lier aux autres (enfant, il ne parlait pas — il est persuadé que sa mère s’est suicidée car il était un fardeau). Son meilleur ami est donc Holo, une IA-hologramme qu’il développe et qu’il va bientôt commercialiser.
Elle souffre de prosopagnosie. Pour ne pas être moquée, elle cache sa maladie, mais, du coup, elle passe pour une égoïste pimbêche.
« Par hasard », elle se retrouve bêta-testeuse d’Holo, implantée dans des lunettes, et cela lui change littéralement la vie (puisque l’IA lui indique qui est qui). Puis elle finit par s’en éprendre car Holo est attentionnée et se comporte comme un véritable ami.
Le Grand Méchant, forcément, veut voler cette technologie.

Et on obtient une sympathique série de SF parce que le tout est agréablement équilibré :
la SF, le rapport à la technologie : comment elle peut nous épauler, mais également comment elle peut nous accaparer (Holo, lancée sur le marché, se révèle très addictive pour les utilisateurs) ;
l’amitié et l’amour, IA et humains : Elle est-elle amoureuse d’Holo ou de son créateur qui l’a conçue à son image ? Les sentiments de l’IA sont-ils réels ?
le mystère : pourquoi la mère de Lui est-elle morte ? qui veut voler l’IA ?

Bref, rien à dire de plus sinon : faites vous plaisir, regardez 😉