Alors… c’est le genre de séries dont je ne me vois pas faire un billet parce qu’il n’y a pas grand chose à en dire, mais qui se voit avec plaisir. Lui (incarné par le très séduisant Ji Chang-wook) est procureur quand Elle (Nam Ji-hyun), sa stagiaire, est accusée à tort du meurtre de son ex-petit ami. Je ne vais pas me lancer dans un résumé car, au final, l’histoire s’étend sur quelques années, de leur rencontre au dénouement final, et alterne dans de bonnes proportions entre leur histoire d’amour et la résolution de l’affaire policière. Côté romance, la dynamique repose sur les caractères opposés des deux héros : pas de triangle amoureux, pas de parents en opposition… juste leurs caractères et leur propension à se faire des secrets. Côté polar, j’aime bien : le fil tient bien le long de la narration et la résolution a son petit facteur de surprise. Les deux bémols : – le premier ne l’est peut-être que pour moi : j’ai pris la mauvaise habitude de trouver dans la plupart des dramas un thème / problématique / focus sociétal et, là… bon… Même la façon de parler des dilemmes moraux quand on est avocat ou procureur reste assez en surface ; – les personnages secondaires sont quand même plus des faire-valoir que des personnages à eux tous seuls et c’est dommage car il y avait de quoi faire. Donc, sans que ce soit un gros coup de cœur, je me suis fait plaisir à la revisionnant car elle offre un bon moment, entre sourires et suspens 🙂
Alors j’étais dans un trip « je me fais un deuxième visionnage de One Spring Night et Something in the rain » et je les chronique dans la foulée. Parce que ce sont deux œuvres que j’aime/dont j’ai envie de vous parler et qu’il parait étrange d’aborder l’une sans l’autre. Leurs liens ? Le même réalisateur : An Pan-seok Un casting très très proche, notamment pour le héros : Jung Hae-in Si Something est de 2018, One Spring est de 2019. Même format (16 épisodes de plus d’une heure chacun), même réalisation impeccable, même partis pris esthétiques, même narration lente… et, si vous n’aimez pas cette forme de narration, les deux vous déplairont. Et même thème : la difficulté d’être une femme dans une société oppressante.
Alors il y a les romances, avec des triangles amoureux qui sont des prétextes à ce qu’on rit de la jalousie des un·es ou des autres, dont on ressort boostée de feel good… et puis il y a One Spring Night. Autrement dit, si vous avez envie de vous remonter le moral en cette période assez… morose, on va dire poliment, ce n’est pas la bonne pioche. Préférez par exemple Qu’est-ce qui cloche chez la secrétaire Kim ? 😉
Il y a bien deux amoureux, il y a bien un « triangle », mais ça n’est pas drôle du tout. Pourtant, j’ai beaucoup aimé puisque ce billet vient à la suite d’un deuxième visionnage.
On ne réussit pas forcément une recette avec tous les bons ingrédients, mais, quand on réussit, on ne peut que dévorer le résultat. Je viens donc de dévorer les 16+ heures de While You Were Sleeping. Les ingrédients ? Du fantastique (des rêves qui permettent de voir le futur entre des gens dont le destin est lié), le temps (les rêves sont un reflet exact du futur), de la romance (en bonne dose), du suspens et du polar (en bonne dose), des vrais bons sentiments avec le questionnement sur les choix, le pardon, la mémoire…
Dans les qualités que je trouve (en général) aux dramas coréens, il y a l’utilisation/exploitation du fantastique et le traitement de soucis ordinaires. Familiar Wife réunit ces deux qualités.
Lui (Ji Seong) est un connard ordinaire. Il était amoureux d’Elle1 (Han Ji-min), l’a épousée, mais, maintenant qu’ils ont deux enfants en bas âge et chacun un boulot, il lui laisse sans ciller toute la charge mentale. Pendant qu’elle s’épuise alors que l’état de santé de sa mère se dégrade, Lui regrette qu’elle ne lui fasse pas à manger ou qu’elle prenne mal qu’il passe du temps sur la console de jeux. Fatiguée, elle crie. Et quand il croise Elle2, un béguin rencontrée à la fac, fraiche car aucun mari ne l’épuise, il souhaite échanger de femme.
Ici, la magie (matérialisée par un péage sur une route peu fréquentée) permet de revivre un moment-clé du passé. Le voilà le jour de leur rencontre, il l’ignore et conclut avec Elle2. Changement d’épouse.
Diffusée depuis dimanche sur Netflix, j’ai fini cette série hier soir, à croire qu’ils avaient guetté ma reprise au taf pour que je ne puisse pas la regarder d’un seul coup pendant les congés ! Réalisateur : Park Shin-woo (vu et aimé : Jealousy Incarnate et Hyde Jekyll, Me) Pour les rôles principaux : Elle1 incarnée par Seo Ye-ji et Lui1 sous les traits de Kim Soo-hyun (Mon amour venu des étoiles).
Sur la réalisation, je n’ai tout simplement rien à dire de pertinent : c’est bien fait. Tout est impeccable, les acteurices jouent bien, le rythme est bon.
Alors que, quelques semaines plus tôt, j’avais fait une pause en regardant Mystic Pop-up Bar, que j’ai beaucoup aimé, mais qui a une petite faiblesse, là, j’aurais pu facilement tout regarder d’un trait si je n’avais pas dû partir au travail. On devine qui est la Méchante bien à l’avance, mais ça ne pose pas de souci particulier car le mystère n’est pas l’élément principal.
A moins que j’ai grave loupé quelque chose, la vie n’est pas un long chemin paisible parsemé de pétales de fleurs odorants.
Du coup, y’a des fois où on est mal, en colère, déprimé·e, révolté·e… et, parfois, on l’est tellement que ça déborde de partout. Et on aimerait que l’Autre, à défaut de nous comprendre, nous dise qu’iel ne sait pas ce qu’on ressent, mais qu’iel se sent solidaire.
Parfois, c’est un énervement perso, lié à notre histoire propre, et, parfois, c’est lié à des choses plus globales, comme la nième remarque sexiste, raciste, homophobe, transphobe…
Quand t’es bien énervé·e, t’as envie de sentir du soutien, de l’empathie… pas d’entendre Duduche t’expliquer que tu dessers ta cause car tu es trop extrême.
Duduche, c’est pas un mauvais bougre, mais il en tient une bonne, quand même. Parfois, il t’explique que, lui, il ne s’est jamais disputé avec sa femme. Il est pour la paix, toussa. A chaque fois, tu t’es mordu les lèvres pour ne pas lui rétorquer qu’il ne s’est jamais disputé avec sa femme parce que… il ne l’a jamais écoutée !
Si vos émotions sont plates sur l’encéphalogramme, c’est que vous êtes… mort·e !
Une vie sans dispute, sans s’énerver, sans passion, sans agitation… elle a un coût : celui de la fuite et du déni.
– Cenli, t’es trop extrême, y’a des gens, tu sais, ils sont super calmes et, pourtant, ils ressentent des émotions et ils se révoltent face aux injustices et…
– Je sais. Moi, j’ai une Ferrari dans mon garage, mais je ne la sors pas pour ne pas rendre les voisins jaloux.
J’aime beaucoup l’idée que le combat féministe devrait être « modéré ».
Parce que, en fait, si t’es une nana, même quand tu combats, tu devrais te la boucler.
Spoiler alert : un combat n’est pas modéré. Il est rendu nécessaire quand les victimes décident de ne plus l’être.
Un combat est dur, violent. Et la responsabilité morale est sur la conscience de l’agresseur/oppresseur.
(Marche avec toutes les luttes.)
L’art n’est pas sacré. Il est vivant. Biologique. Il y a quatre ans, j’écrivais un billet sur ce blog : Avez-vous peur des quotas ? Je le relis aujourd’hui et mon opinion n’a pas changé. Le plus simple, au moins pour se lancer, ce sont les quotas. Depuis ce billet/l’été 2016, je n’ai quasi plus écrit et, au moment même où je rédige ce mot, je n’en mène pas large, en attente d’une injection de fer… Ces quatre années écoulées ont été difficiles, pour plein de raisons, et je n’ai donc plus écrit. J’ai aussi peu lu, peu joué… Je pourrais me lamenter en mode « ma Muse a fui, je ne suis plus une écrivaine », mais je n’ai pas de penchant pour l’auto-flagellation. La vérité, c’est que l’inspiration, c’est comme le désir sexuel : il y a des périodes fastes et des périodes creuses. Quand vous ne bandez plus pour un amoureux parce que vous êtes accablée de souci, vous ne vous dites pas « je ne l’aime plus ». Vous attendez que ça passe / de meilleurs moments. Alors, même si je n’ai quasi plus écrit, j’ai continué à penser/cogiter… à ce que je voulais raconter, comment… Si mettre plus de femmes ou plus de personnes queer dans mes textes me semble un exercice facile (pour moi, mais, si si, je t’assure, tu peux le faire aussi !), je continuais à m’interroger sur la diversité ethnique. Et je suis encore partagée. Je décris peu physiquement mes personnages et cela me convient : c’est à la fois « ce qui me vient », mais c’est ce qui permet également à chaque lecteurice de s’identifier sans se poser de questions. En même temps, si le personnage est soi, il n’est pas un Autre… Bref, à ce stade de ma réflexion (i.e. expérience personnelle ni statistique ni représentative), j’ai décidé de faire varier les prénoms, de regarder à travers le monde ceux qui me plaisent et d’y piocher allègrement. – Ouais, mais, tu vois, quand j’écris mon texte, l’héroïne s’appelle Claire et je la visualise parce que, quand j’étais petit, j’étais très épris d’une Claire et, si je change son prénom, ce ne sera pas elle et je ne pourrais pas mener à bien mon Œuvre. – Alors, mon chéri, tu sais, c’est tout simple : tu écris ton texte, en rêvant à la Claire de ton enfance, et, quand tu as fini, que tu as utilisé toute ta nostalgie dans tes dialogues, ben… Claire et toi, vous devenez Giulio et Medhi. Ils se sont rencontrés sur les bancs de l’école, perdus de vue et… – Ah, ben, non, c’est carrément pas la même histoire !!! – En quoi ? J’ai écrit la Princesse et le Roturier pour les 30 ans d’un gars dont j’étais amoureuse. Il était né en novembre et la nouvelle se déroulait un jour où la nuit tombe rapidement. Pour le projet de recueil Nice Parallèles où je souhaitais placer dans mon texte un chapeau qui s’envole, je me suis relue et j’ai systématiquement changé l’hiver en été. Ça peut être des soirées qui s’étirent, une héroïne en short plutôt qu’emmitouflée dans une douce écharpe… L’art n’est pas sacré. C’est le résultat du travail d’un humain qui, suivant les moments de sa vie, peut changer d’idées, d’envies, de discours. Prétendre que l’art est sacré ou immuable, comme si une production humaine pouvait être plus précieuse que des vies, des sentiments… c’est alimenter l’idée qu’on a le droit d’être de vieux cons ou que les traditions sont forcément bonnes. Nous changeons, nous devons changer, nous adapter. Déjà pour survivre. Mais également pour être heureux quand nos certitudes s’effondrent et que nos petits prés carrés doivent être partagés. Alors, dans une période où la muse boit des mojitos sur une plage à l’autre bout du monde pendant qu’on est confiné à se lamenter sur sa faible production, on peut par exemple se dire : tiens, je vais reprendre ce texte et changer un ou deux persos, la saison, le lieu… Ça vous semble dingue ? Quand un·e illustrateurice décline un même personnage en changeant ses habits, son chapeau… vous pensez qu’iel est dingue ou que c’est un processus naturel ? Ça ne vous choque pas d’acheter la version avec le chapeau de sorcier tandis que votre copine prend la version avec une casquette… Bref… et si, ce soir, vous changiez juste quelques personnages, sans toucher à l’intrigue ni rien ?
– Alors, en fait, mon chéri, c’est pas l’écriture inclusive qui est difficile quand tu es dyslexique. C’est l’écriture. Tout court.
– Oui, mais on doit faire en sorte que les dys puissent écrire facilement !
– Tu peux demander à Siri d’envoyer tes textos.
– Oui, mais non, les dyslexiques doivent écrire !
– Le gars en fauteuil roulant qui ne peut pas marcher, il doit marcher ou alors on doit développer de bons fauteuils roulants, des rampes d’accès, etc. ?
– C’est pas pareil ! (Non non, bien sûr, si tu ne peux pas marcher, tu ne peux pas, mais si tu ne peux pas écrire, tu dois quand même…) En cas de panne, ton Siri, il ne marche pas !
– C’est sûr que, en cas de panne d’électricité généralisée, de pandémie ou d’invasion zombie, c’est ultra-important de ne pas faire de fautes d’orthographe.
Ce n’est qu’à 40+ que j’ai découvert mes propres handicaps, mais c’est beaucoup plus tôt, en tant que mère, que j’ai expérimenté le handicap.
Ce que j’en ai retenu, c’est que les humain.es prenaient soin les un.es des autres, créaient des outils pour se faciliter mutuellement la vie, toussa toussa…
Et en cas d’attaque zombie ?
Je vis en prenant du Levothyrox, de l’acide folique, du fer…
En cas d’attaque zombie, sans médocs, je m’éteindrais doucement. Ça ne veut pas dire que je doive arrêter les médocs now, quand ils sont dispos, ça veut dire que je sais que, si les temps devenaient durs, je serais dans les premiers départs.
Mais je n’ai aucune raison d’avancer ce départ.
Il n’y a pas de combats ou de causes qui doivent être abandonnées car moins importantes ou moins fondamentales.
Nous avons les ressources humaines pour lutter contre tous les maux, toutes les discriminations, aider tou.tes les malades, tou.tes les handicapé.es…
A nous tou.tes, nous pouvons tout faire.
– Ouais, mais quand même, ce serait mieux de pouvoir écrire…
– Alors, en fait… SPOILER : on meurt tou·tes à la fin, quelque soit la façon dont on vive. On peut forcer quelqu’un.e qui ne peut pas faire quelque chose à le faire quand même… ou on peut juste produire des outils de plus en plus géniaux pour que chacun·e d’entre nous puissent passer son temps à faire ce qu’iel aime, lire ou manger des glaces, se faire bronzer ou jouer au foot… et si on veut se forcer à faire un truc qu’on ne peut pas car on aime le défi, alors, oui, il faut le faire… pour soi, pas pour les autres.
En fait, on peut tou·tes vivre en paix en se faisant du bien, sans se forcer, si on choisit de le faire…
Quelques petits rappels du soir : le féminisme consiste à vouloir l’égalité entre tou·tes quelque soit le genre (homme, femme, agenré, etc.) ; les TERFs ne sont pas féministes puisqu’elles ne souhaitent pas défendre chacun·e quelque soit son genre et pensent même qu’elles savent mieux son genre que la/le concerné·e ellui-même ; le féminisme est en guerre contre le patriarcat et ses promoteurs/complices, pas contre les hommes qui sont aussi des victimes du patriarcat ; il existe des victimes complices parce que les humain·es sont complexes. Merci. Bisous.
Je vois circuler un texte plein de bonnes intentions pour dire aux femmes de 40+ que, même si elles se sentent moins jolies qu’à 25, elles ont de l’expérience et tout. C’est écrit dans quelle tablette de marbre « moins jolie » ? Une femme de 40 ans est en général belle différemment d’une femme de 25 et les deux sont belles. Comme l’est celle de 60. A l’échelle individuelle, il y a des âges où nous serons moins belles car abruties par les soucis ou le chagrin ou… et d’autres où nous serons épanouies. Perso, à cause de mon hypothyroïdie non soignée jeune adulte + les hasards de la génétique, « on » m’a clairement dit que j’étais plus belle à 45 qu’à 25. Je n’ose pas aborder les mecs plus jeunes non pas que je me sente moins jolie, mais parce que, de toute façon, je n’ose aborder personne. – Ouais, mais tes seins sont un peu moins fermes et… ? – Et quoi ? On vit dans une société nudiste ? Bref, méfiez-vous de vos bonnes intentions. Je ne vois rien de rassurant à tenter de confirmer que les femmes seraient plus ou moins charmantes en fonction d’une date de péremption qu’elles devraient compenser par de l’expérience ou de la maturité. Et… spoiler : la sagesse et la maturité n’existent pas. L’âge adulte n’existe pas. Depuis la naissance, nous sommes juste de petits animaux qui nous débattons avec nos contradictions.
Le héros est le personnage principal d’une oeuvre.
Hier, j’ai fini de regarder Radiant Office, un drama coréen. Par habitude, j’en ai dit quelque mot et puis… ça a commencé à tourner dans ma tête, en mode « tu ne fermeras pas les yeux de la nuit » (ce qui est techniquement faux, Morphée est clairement mon meilleur pote) : tous les personnages principaux sont-ils des héros ? Il me semble qu’on pourrait voir le héros sous deux angles : 1/ un personnage qui, parti dans de mauvaises conditions, s’en sort super bien 2/ un personnage déjà badass au départ, fort, intègre, toussa… 1 ou 2, nous allons vibrer pour lui. Nous identifier ?
Radiant Office C’est une série sympa (mais absolument pas comique malgré ce qu’indique Netflix), avec des choses mignonnes, quelques failles… mais ce qui m’intéresse dans ce billet : Elle, Lui2 et Lui4 sont trois jeunes qui peinent à trouver du travail malgré les diplômes. Un soir où la coupe est pleine (et où Lui2 vient de se faire larguer), ils tentent de se suicider et se rencontrent à l’hôpital d’où ils s’enfuient ensemble car ils n’ont pas les moyens de payer la note. Avant qu’ils ne s’enfuient, ils ont entendu Lui3 aka le Méchant dire que l’un d’eux est atteint d’une maladie incurable. Elle est l’héroïne de l’histoire, sans doute possible. Elle est intègre, pleine de principes, courageuse…
Jusqu’à hier soir, avant de me coucher, j’ai toujours considéré que le héros était le gars dont l’héroïne était amoureuse. Donc, dans ce drama, ce serait Lui1 dont Elle s’éprend. L’une des qualités de cette série est qu’elle comporte plusieurs persos principaux : Elle et Lui1, bien sûr, mais également Lui2 et Lui3… Lui2, qui n’est pas l’amoureux de l’héroïne, prend beaucoup de place, on suit sa propre histoire d’amour… Est-ce le héros ?
Lui1 et Lui2 sont deux bonnes personnes, mais totalement opposées. Lui1 est le gars intègre, mais qui manque d’empathie, qui réussit professionnellement. Lui2 échoue dans le travail, mais est gentil, attentionné. Les deux hommes sont présentés comme de bons partis, pour des raisons très différentes, mais sans qu’aucun ne soit plus valorisé que l’autre. Et, si Lui3 est le Méchant, c’est un personnage principal cependant. Qui est le héros ?
Le héros est-il le gars dont l’héroïne s’éprend ? Si je songe à Cendrillon ou à la Belle et la Bête, le Prince charmant n’est absolument pas un héros. C’est… une récompense !
Je me suis mise à chercher dans ma tête (certes pleine de trous) si je trouvais des héros et… je n’ai trouvé que des héroïnes : Buffy est une héroïne, dans beaucoup d’acceptations de l’idée, mais Angel, qui a pourtant sa propre série, n’est pas un héros. Il chute souvent et on ne l’aime que parce que Buffy l’aime. Lorsque, adolescente, je regardais les Chevaliers du Zodiaque, j’adorais Shiryu parce qu’il avait le visage fin, les cheveux longs et qu’il était le dragon, mais Seiya m’agaçait au plus au point. Enfant, l’un de mes plus chers souvenirs est que Mère Dragon nous faisait la lecture avant qu’on se couche. L’une d’entre elles fut le Seigneur des Anneaux. J’ai adoré. Mais Frodo ne suscitait en moi ni admiration ni identification. Ulysse, le héros si cher au cœur de ma génitrice ? Le gars laisse sa femme en plan pendant des années et batifole avec des nymphes, des sirènes et des magiciennes !
J’ai été amoureuse de Sherlock Holmes, mais c’est un drogué maniaque. Arsène Lupin ? Hercule Poirot ? Non, les seuls noms qui me viennent sont ceux des super-héros : Superman, Captain America… et, dans super-héros, il y a un mot en plus.
Dans la plupart des dramas coréens, Elle est intelligente, travailleuse et courageuse. Lui est… beau ? Il est souvent arrogant, a parfois de gros handicaps affectifs et il ne nous intéresse que parce qu’Elle est prête à lui montrer que l’Amour c’est cool. A part quelques pièces comme, par exemple, Something in the rain ou Romance is the bonus book. Et Dean Winchester, de Supernatural, car tout le monde est amoureux de Dean Winchester. Et Indiana Jones et Han Solo. Les rares héros que j’invoque sont très loin des héroïnes courageuses prêtes à changer le monde. Ce sont des aventuriers, ils sont fun… mais largement moins méritants que la simple héroïne de drama qui défend la veuve et l’orphelin ou que Cendrillon qui part bien perdante dans l’échelle sociale.
Voilà, je vous livre cette réflexion aussi brute qu’elle m’est venue. Est-ce simplement parce que l’homme riche blanc hétérosexuel cisgenre n’a pas de mérite particulier a bien vivre ? Je me suis endormie hier soir et je n’avais pas de héros, aucun homme fictionnel que j’admire ou auquel m’identifier… ‘fin, sauf peut-être… voir ce que j’écrivais il y a deux mois 😉