Où je parle notamment d’Oh My Ghostess 오 나의 귀신님 (2015)

L’amitié homme-femme n’existe pas.
J’ai réentendu cette phrase hier, au détour d’une comédie romantique. Ça n’avait rien de surprenant, ça allait dans l’histoire, le héros est jaloux du meilleur ami de l’héroïne.
Ça allait dans cette histoire, mais c’est tellement bête…
L’amitié homme-femme n’existe pas ?
Alors… déjà, cela présuppose un cadre hétéronormé et ça doit se décliner ? Les bisexuels n’ont aucun ami ? Et, pour les asexuels, c’est la fête ?
En fait, cette bêtise est lourde de sens parce qu’elle pose bien en définition que l’amour est l’amitié-avec-du-sexe. Amour et amitié ne seraient donc pas des concepts qui représenteraient une intensité de relation, mais qui seraient définis par la présence ou l’absence de sexe.
Beaucoup de couples qui “fonctionnent” disent qu’ils sont “meilleurs amis”. S’ils emploient ce terme de “meilleur ami”, c’est bien qu’il signifie quelque chose de particulier à leurs yeux qu’ils ne peuvent pas rendre par “nous sommes amoureux”.
Et, sinon, on en reste là : ce serait de l’amour si on trouve une personne juste sympa et qu’on veut coucher avec elle, mais de l’amitié si on a un lien très fort avec quelqu’un, mais qu’on n’a jamais songé à le sauter ? Et on a inventé « amour platonique » pour se filer des maux de tête ?
Les mots nous servent à communiquer, à échanger. Pour qu’ils soient utiles, nous devons être d’accord sur leur définition. “Table” ou “chaise” font normalement consensus.
“Amour” et “amitié” n’ont juste aucun sens. Ils ne servent à rien. Ou, plutôt, ils ne servent qu’en fiction, quand on utilise des clichés.
– Et, du coup, on fait quoi ?
– Aucune idée…

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Il n’y a pas de petit profit

Cadette commence à me demander « et comment on accorde… ? » pour corriger le mail qu’un de ses camarades doit renvoyer à un prof. Du coup, je me lève carrément et relis le tout.
Quand j’ai fini, je l’entends :
– Voilà, tu viens de bénéficier d’une correction professionnelle. Je t’envoie la facture.

Extraordinary You | 어쩌다 발견한 하루 (2019)

Fin novembre, j’ai avalé d’une traite W: Two World Apart que j’ai adoré.
J’avais repéré Extraordinary You dans le même genre de thématique (les personnages sont ceux d’un univers fictif/d’une bande dessinée), mais je viens seulement de l’attaquer… et de la finir.
Elle (Kim Hye-yoon), lycéenne riche, belle, intelligente, adorée de son père, mais atteinte d’une grave maladie, découvre… qu’elle n’est qu’un personnage secondaire dans une (mauvaise) bande dessinée, bourrée de clichés, de répliques réutilisées à l’infini… et, puisqu’elle doit probablement bientôt mourir d’une maladie cardiaque, elle décide que le temps qui lui reste ne peut pas être gâché à poursuivre un amour à sens unique qu’elle n’éprouve même pas.
Lui (Rowoon) n’est même pas un personnage secondaire, c’est à peine un figurant sans nom et, parce qu’il est peu important, il échappe à l’attention de l’auteur et peut changer les évènements.
Seul le thème général est proche de W. Ici, il n’y a pas d’action (pas de meurtres, pas de courses-poursuites), on est dans la romance. Mais une drôle de romance puisque l’auteur force les personnages dans des relations qu’ils n’ont pas choisies. Pas non plus de passage entre monde fictif et monde réel : les héros affrontent un auteur qui leur veut du mal et qu’on ne voit pas, dont on sait seulement qu’il est assez médiocre, réutilisant clichés, répliques et personnages pour un tout sans intérêt. Donc pas vraiment de Grand Méchant ou alors le Grand Méchant ultime puisque c’est le dieu de ce monde…
L’ambiance est vraiment réussie : les décors sont « juste ce qu’il faut » de factice, avec un petit côté « scène de théâtre ».
Même si ma lecture en est loin (et donc très floue dans ma mémoire), j’ai beaucoup penser à Jasper Fforde/Thursday Next. Les personnages alternent vie sur scène où ils sont contraints dans leurs gestes et paroles, mais pas dans leurs pensées, et vie dans l’ombre/en coulisses où seuls les « conscients » se souviennent de ce qu’ils vivent.
Bref… à consommer de toute urgence si ce n’est pas déjà fait 🙂

Le confinement, c’est un peu comme les chagrins d’amour…

Tu te retrouves avec relativement plus de temps libre (même si tu as d’autres tâches, confiné·e, t’as les transports en moins, les barbecues chez les potes qui sautent… et, largué·e, tu récupères tout le temps que tu gaspillais avec un·e chéri·e) et des injonctions à le remplir « utilement » alors que, toi, tu sais qu’il n’y a qu’une chose à faire : attendre que le temps passe en bouffant de la glace au chocolat.

Sbriciolata

  • 400 g de farine
  • 150 g de sucre
  • 150 g beurre froid coupé en petits cubes
  • 2 œufs
  • 1 sachet de levure
  • 1 pincée de sel
  • confiture/pâte à tartiner

Mélanger la farine, le sucre, le beurre, les œufs, la levure et le sel pour obtenir un mélange type crumble.
Mettre la moitié de la pâte dans un moule, étaler de la confiture puis recouvrir de la deuxième moitié de la pâte.
Mettre au four 25 minutes à 180°.

The Tea Dragon Society

Autrice : Katie O’Neill
Le lien du webcomic

Pas de quête épique, pas de poursuites infernales. L’histoire est « juste » celle d’une jeune forgeronne qui découvre l’existence des dragons-thé et apprend à s’en occuper.
C’est doux. Tendre. Apaisé comme l’heure du thé.
Ca montre le plaisir d’apprendre, de se faire de nouveaux amis.
Le décor est assez intemporel, mais pas ultra-moderne.
Les personnages sont genderfluid de façon très réussie.
Et c’est bourré d’idées pour les créateurs d’univers, les rôlistes 😉

Pandemics’Tales

Parce qu’il était casanier et que sa femme voulait qu’ils sortent un peu, il demanda au Génie :
– Je fais le souhait de pouvoir passer tout mon temps à la maison avec des séries en streaming et des jeux vidéo à gogo !
Ce soir-là, quand il la rejoignit au lit, il remarqua qu’elle faisait une drôle de tête :
– Tu sais, tu pouvais juste me dire que tu n’avais pas envie, t’étais pas obligé de gâcher aussi la vie des voisins.

The Tale of Nokdu | 조선로코 – 녹두전 (2019)

Il vit sur une île isolée, avec son père et son frère, quand un groupe d’assassines tente de les zigouiller. Son enquête le conduit dans un village de veuves, qui abrite le groupe d’assassines, et il se déguise donc en veuve pour en apprendre plus. Il fait la rencontre d’Elle dont la famille a été tuée et qui a été recueillie par la maison des courtisanes qui travaille en symbiose avec le village des veuves.
Pour qu’Elle ne devienne pas courtisane, Il paie et l’adopte en tant que mère. Ils se disputent et s’aiment.
Puis ils quittent le village pour mener chacun leur quête (lui son enquête, elle sa vengeance), il devient garde royal, elle devient servante…
Le rythme est assez curieux : on est toujours sur du 16 grosses heures, mais par épisodes de 30 minutes.
L’histoire évolue beaucoup : la vie au village des veuves, lui cachée en tant que femme, la vie à la capitale, etc.
J’ai aimé la simplicité avec laquelle Lui devient une femme, sans se prendre la tête, sans se sentir menacé dans sa virilité et en restant le grand guerrier.
Le truc « en plus » de cette histoire, c’est le lien entre les personnages : au fil des épisodes, une famille disparate se compose, adoptant sur son passage tous ceux qui sont seuls et qui vont aider.
Et des méchants rongés par leurs folies et faiblesses.
Ici, les gentils ne sont pas les gentils parce qu’ils sont too much, mais juste parce qu’ils sont sains et ont compris le vrai sens de la vie.

Mâle, mon héros

Je suis née dans les années 1970. J’ai été amoureuse d’Indiana Jones et d’Han Solo. (De Raistlin, également, et de Sherlock Holmes, mais c’est une autre histoire 😉 ) Je n’ai pas été horrifiée que Jones capture une petite poulette de son fouet. Je voudrais bien vous raconter que, très tôt, j’ai remis en cause le modèle du couple monogame hétérocentré, mais ça n’est pas du tout le cas. C’était le Modèle et même si, confusément, je sentais bien qu’il ne me correspondait pas, à moi, personnellement, ça venait forcément de moi. J’ai aimé les bad boys. En fiction, parce que, irl, faut pas déconner non plus.
Ma première grosse claque narrative, je pense que c’est Buffy contre les vampires. Il y a eu un avant et un après.
Et puis un jour, après des années à se farcir la télévision classique et ses programmations déplorables (épisodes dans le désordre, diffusion tardive…), la bonne qualité des connexions internet a changé tout ça.
Et puis il y a eu Netflix : on peut pester contre les grandes compagnies, mais il y a eu là aussi un avant et un après. J’ai probablement souscrit à l’abonnement pour The Good Place à l’été 2018. Tout de suite, je suis tombée sur Love in the Moonlight et A Korean Odyssey.
Si j’ai trouvé le premier charmant (je n’ai jamais caché mon attrait pour les comédies romantiques), le deuxième a été une nouvelle claque : j’ai pris davantage conscience de mon inculture (non, je ne savais rien de la Pérégrination vers l’Ouest et, oui, j’ignorais que le petit garçon avec une queue de singe dans Dragon Ball était le roi-singe), mais j’ai aussi été littéralement séduite par cette fantasy mythologique et le questionnement sur l’amour. Lui est un dieu qui veut la manger, Elle, mais en est empêché seulement par un objet magique qui l’oblige à tomber amoureux. Que vaut cet amour forcé ?

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Pourquoi publies-tu des livres ?

Commençons, comme il se doit, par un petit résumé des épisodes précédents :
Dans les milieux du livre (bande dessinée incluse), on apprend que le marché est en surproduction et que les auteurices sont les grand·es perdant·es.
Récemment, quelqu’un·e me faisait remarquer que, plus jeune, il y avait peu de livres de fantasy et qu’elle pouvait suivre plus ou moins la production, mais que, désormais, quand il flânait dans une librairie, elle ne savait que choisir entre les centaines de versions d’une même quête, du même assassin sombre qui…, du…
Je pose toute suite un bémol : liberté, choix, c’est cool. Si l’on a vraiment le choix, i.e. accès de la même façon à tout. Et on sait bien que ça n’est pas le cas : nos choix vont être contraints par les campagnes de com’ et le placement en librairies.

Je suis écrivaine. C’est une donnée comme ma taille, mon poids, la couleur de mes cheveux.
J’ai mis longtemps à réaliser pourquoi ça me définissait, mais ça me modèle énormément : que j’écrive un billet de blog ou un statut sur un réseau social, je me relis mille fois en me demandant si ce sont les bons mots. Que je raconte la moindre histoire à un pote croisé dans la rue et je me demande s’il peut comprendre, si j’ai situé les personnages, si l’anecdote est assez intéressante. Je décortique les films, les séries, les gens dans la rue (hein ? what ???).
Bref, j’aime écrire, j’aime la narration. Je dévore les histoires car c’est ce que je préfère (hormis le chocolat, disons).

Nous voici au cœur de la question. J’ai bien conscience que je suis candide, que je dois avoir oublié des milliers de paramètres, mais… pourquoi mes ami·es, mes collègues écrivain·es continuent-il/elles ?
Je ne parle pas d’écrire, hein, mais de proposer leurs écrits aux éditeurs.
Il me semble que se faire éditer a du sens si, tout à la fois (ou au moins l’un des deux), on en retire un revenu et on se fait connaître (on écrit pour raconter une histoire aux autres).
Je mets volontairement de côté les faux écrivains, vrais enfoirés, qui sont publiés alors qu’ils n’intéressent personne parce qu’ils font partie d’un milieu qui s’auto-entretient.
La/le vrai·e écrivain·e. Pas non plus celle qui est si connue qu’elle se retrouve dans les meilleures ventes.
Non, celui qui a une bonne histoire, un style assuré, mais dont le roman restera seulement quelques jours en rayon parce que la surproduction presse derrière.

Parce que, sur un coup de chance, le livre pourrait se dégager du lot ?
Qui mise sur la chance ?
Parce qu’il n’y a pas d’autres solutions ?

Je suis très embarrassée parce que je ne comprends pas.
Sans les auteurices, graphistes… il n’y a pas de livres, non ?
Sans artiste, au mieux, l’éditeur ne peut qu’embaucher des pigistes pour une commande. Soit ce produit satisfait le lectorat et, tant pis, c’est la loi du marché. Soit le lectorat n’est pas dupe et il retournera vers les artistes, où qu’ils se trouvent… non ?

Alors, oui, cela demande beaucoup de courage, de solidarité.
Parce que, pour que ça fonctionne, il faudra de la patience (en années, pas en mois), il faudra des visionnaires (parce qu’il n’est pas toujours aisé d’inventer de nouvelles solutions), il faudra de l’entraide, des écrivain·es un peu connu·es qui s’affichent aux côtés des talents émergents.
Mais n’est-ce pas plus réconfortant de tenter une aventure qui peut avoir une issue favorable plutôt que de suivre un chemin tout tracé qui ne conduit qu’à l’échec ?

— Ouais, mais, là, en gros, tu condamnes des tonnes de métiers, quoi : imprimeurs, libraires, éditeurs… ?
— Alors pas forcément et, si oui, quelle importance ?
Tous les métiers évoluent, c’est comme ça. Maintenir des emplois, c’est veiller à construire une société où chacun·e puisse évoluer professionnellement, pas entretenir des métiers qui ne servent à rien.
Et où est-il écrit que les artistes devraient se sacrifier pour entretenir une chaîne du livre qui ne fonctionne pas ? Parce que je n’ai lu nulle part qu’elle fonctionnait.
J’ai lu des articles sur des auteurices qui ne s’en sortaient pas, mais également sur des éditeurs et des libraires.

En 2000, j’avais une petite maison d’édition, Oxalis éditions. Parce que j’adore fabriquer des livres. Sérieux, c’est vraiment agréable. J’ai découvert la chaîne du livre, les retours des libraires…
Je me suis posée et je me suis dit : « Putain, Cenli, ce n’est juste pas viable du tout, ça n’a pas de sens ! »
C’était il y a 20 ans. Depuis, je n’ai rien vu qui laisse penser que cette économie soit devenue sensée, hormis pour quelques grosses boîtes élues. Je vois surtout des éditeurs qui ferment.
Quand on a lancé les Vagabonds du Rêve, on a volontairement choisi la forme associative : aucun employé, aucun local, aucune charge fixe. Les artistes sont rémunéré·es en droit d’auteur, donc sur les ventes. Et la littérature n’est vendue que sur la boutique en ligne. Le jeu de rôle est distribué en magasins spécialisés parce que, dans le jeu de rôle, ce sont des ventes fermes.
— OK, ça, c’est en tant qu’éditrice, mais en tant qu’écrivaine ?
— Ben, déjà, la nature m’a fait partir avec un gros handicap : je suis nouvelliste.
Forcément (on doit être nombreux dans ce cas), je suis passée par plein d’étapes, genre « et si j’écrivais un roman ? » ou « quelqu’un va bien finir par remarquer mes nouvelles ! »
Écrire un roman ? Pas forcément une œuvre à laquelle je tienne, non, un produit simple, formaté, un exercice relativement facile quand on peut aligner plus de 5.000 signes/heure. En quatre mois, tu as un premier jet. Mettons que tu t’accordes le même temps de relecture. En moins d’un an… et puis ? Tu ajoutes un titre de plus dans une surproduction qui te noie toi-même en tant que lectrice ? Ça te fait vraiment vibrer ?
En tant qu’écrivaine, pour l’instant, je pense qu’il n’y a rien d’attirant dans la chaîne du livre. Je vais continuer à poser des questions candides, continuer à suivre l’actualité, continuer à observer.
— Mais tu n’écris plus ? Tu ne vas plus proposer d’histoires aux gens ?
— Ben, si, il y a ce blog.
— Personne ne le lit !
— Et ? Quelle différence avec un livre posé quelques jours en librairie et que personne ne verra ?

PS : Je ne lis l’article qu’aujourd’hui, mais il date du 6. Samantha Bailly répond à ActuaLitté.
L’idée est de faire évoluer le milieu. Je pose ça là car c’est intéressant et je soutiens clairement la démarche en lui souhaitant le meilleur. Juste que, entre l’intervention de l’État pour remettre toute la chaîne du livre d’aplomb et la recherche de voies alternatives, perso, je me reconnais plus dans la voie d’à côté. Mais c’est sans doute que je suis accro au changement 😉

My Holo Love | 너와 나 혼자 야 (2020)

Une fois n’est pas coutume, je peux m’imaginer que je suis l’actualité puisque My Holo Love est sortie vendredi dernier sur Netflix, Netflix qui la présente comme une « mini-série ».
Alors je ne veux pas être trop psychorigide (si, si, je le suis et j’assume !), mais en quoi 12 épisodes au lieu des 16 en moyenne peut justifier le qualificatif de « mini » ?

Lui est un informaticien de génie, hacker, qui souffre d’un handicap qui l’empêche de se lier aux autres (enfant, il ne parlait pas — il est persuadé que sa mère s’est suicidée car il était un fardeau). Son meilleur ami est donc Holo, une IA-hologramme qu’il développe et qu’il va bientôt commercialiser.
Elle souffre de prosopagnosie. Pour ne pas être moquée, elle cache sa maladie, mais, du coup, elle passe pour une égoïste pimbêche.
« Par hasard », elle se retrouve bêta-testeuse d’Holo, implantée dans des lunettes, et cela lui change littéralement la vie (puisque l’IA lui indique qui est qui). Puis elle finit par s’en éprendre car Holo est attentionnée et se comporte comme un véritable ami.
Le Grand Méchant, forcément, veut voler cette technologie.

Et on obtient une sympathique série de SF parce que le tout est agréablement équilibré :
la SF, le rapport à la technologie : comment elle peut nous épauler, mais également comment elle peut nous accaparer (Holo, lancée sur le marché, se révèle très addictive pour les utilisateurs) ;
l’amitié et l’amour, IA et humains : Elle est-elle amoureuse d’Holo ou de son créateur qui l’a conçue à son image ? Les sentiments de l’IA sont-ils réels ?
le mystère : pourquoi la mère de Lui est-elle morte ? qui veut voler l’IA ?

Bref, rien à dire de plus sinon : faites vous plaisir, regardez 😉

Tempted | 위대한 유혹자 (2018)

Je vais commencer par un préambule : je veux des happy ends. OK, il y a tout un tas de bons arguments pour démontrer qu’une happy end n’est pas indispensable, mais, perso, je n’ai pas envie de me farcir seize heures (longueur moyenne d’un drama) avec des persos pour que, à la fin, ils meurent écrasés par un tractopelle. Notez qu’en plus je ne suis pas difficile : je prends les fins ouvertes (difficile, vu mes propres histoires, de les renier) et mourir en sauvant la galaxie est une happy end. Juste, voilà, ne me faites pas vivre des heures auprès de gens pour les massacrer à la fin.
Tout ça pour dire que, même si Tempted est librement inspiré des Liaisons dangereuses, aucun personnage ne meurt de MST à la fin 😉

Au départ, je n’avais pas prévu de parler de cette série car elle m’a laissée une impression mitigée et puis, au final, en y repensant, l’impression qui me reste, qui domine, est une sorte de tendresse à partager.
Si-hyeon, Su-ji et Se-ju (oui, la similitude des deux noms est visiblement voulue, mais c’est une vraie galère à suivre 😛 ) sont trois amis, trois jeunes adultes fusionnels, cruels et tristes. Leur trio est leur force, face à la vie, aux difficultés, mais les enferme aussi, forcément.

Lorsque Gi-yeong (le seul vrai salopard de l’histoire) éconduit cruellement Su-ji, celle-ci demande à Si-hyeon, pour se venger, de séduire Tae-hee, le grand amour du méchant, pour ensuite la larguer.
Si-hyeon s’exécute, par affection pour son amie, et… forcément, s’éprend de Tae-hee.
Su-ji, qui était en réalité amoureuse de Si-hyeon, va en souffrir ; Se-ju, qui était amoureux de Su-ji…
Bref, rien de trop original a priori.
Le charme prend par la juxtaposition des générations : si les vingt-ans souffrent et sont mal, c’est également parce que la génération de leurs parents souffre et va mal. Les histoires s’entremêlent donc dans une sorte de malaise mélancolique dont personne ne trouve la sortie.

Tae-hee (et son père) représente la sage au milieu des fous. Intelligente, sure d’elle, elle est presque un peu too much au milieu des losers. (A noter que les deux persos sont ceux qui ont vécu « ailleurs » — en Allemagne — comme si cela les avait insensibilisés aux soucis locaux de bien marier son enfant, par exemple.)
Si-hyeon (je dirais que lui est le héros alors que Tae-hee endosse plus le rôle de la quête) est extrêmement touchant, rongé par la culpabilité : que vaut sa relation puisqu’il a abordé celle qu’il aime de mauvaise façon (il a enquêté sur elle pour l’arnaquer) pour de mauvaises raisons ?

Au final, je crois que j’ai été touchée par la façon dont les gens se perdent dans leurs propres nœuds. A un moment, Tae-hee dit quelque chose comme “les secrets n’ont d’importance que pour les gens qui veulent les préserver”, genre tout le monde s’en fout de ce que vous voulez dissimuler.

Une série ni drôle ni gaie, touchante, pas addictive, mais bien jouée/réalisée.

Changement d’année ?

Quand j’étais enfante, nous (ma famille) avons été victimes d’une grand-mère… folle ? méchante ? désaxée ? Pour poser un diagnostic précis, il faudrait qu’elle soit encore en vie et vue par un médecin qualifié. End of story. Résumons cela à : personne n’en aurait voulu comme parente, mais on ne choisit pas ses parents.
Pour nous, si Noël était un moment chaleureux, il était immanquablement suivi du Jour de l’An où une décision de justice (rendue dans des conditions douteuses) imposait à deux enfants de passer ce temps avec une grand-mère dont ils mesuraient tout à fait consciemment l’extrême méchanceté. Je ne souhaite à personne de laisser un tel souvenir de soi à son départ de la Terre.
Un jour, nous prîmes la décision de remettre en cause la décision de justice (du haut de mes dix ans, j’ai ouvert la porte et j’ai dit « casse-toi, tu pues, tu fais pleurer mes parents » — sans doute pas tout à fait, j’ai dû trembler et avoir très peur, mais je suis très fière de ce moment), mais nous n’avions pas eu l’occasion d’apprendre à fêter le nouvel an. Et je crois que ça n’est jamais venu.
Quand j’étais une jeune femme, en couple, je me suis forcée quelques années à vivre un réveillon comme il semblerait qu’il doit être vécu, avec des potes, trop de nourriture, un marqueur social qui valide que, oui, on appartient à un groupe.
Le 31 décembre dont je me souviens le plus facilement, c’est celui que j’ai passé seule à la maternité 😉
(Et de celui où j’avais 17 ans et où les suites des aventures de Raistlin — dont j’étais amoureuse, forcément — étant sorties, j’étais plus impatiente de savoir ce qui lui arrivait que de dîner avec mes parents 😛 )

Bref…
Je ne fête pas le nouvel an. Je ne le fuis pas non plus. J’ai pour principe de ne pas refuser de boire un verre ou de partager un morceau avec un·e pote car, quand on commence à fuir les autres, on se désociabilise très vite. Mais il y a un fossé entre ne pas refuser une invitation et en lancer ou aller en chercher.

Pourtant… alors que c’est complètement artificiel, je vois un intérêt particulier à passer au 1er janvier.
Au fil du temps, les petits soucis et les grosses galères s’accumulent et, parfois même pour les joies, on ne prend pas le temps de se poser et de les assimiler.
Il y a toujours des moments où… l’on se pose devant sa penderie et on décide de jeter tous les vieux vêtements qu’on ne remettra jamais… l’on se pose devant sa bibliothèque et on se dit qu’on peut donner ces livres qu’on n’a jamais ouverts ou qu’on ne rouvrira plus… l’on vire les mille mails non traités qu’on ne pourra pas traiter, de toute façon, la demande est trop ancienne…
Le 1er janvier est l’un de ces moments : les galères deviennent les évènements déplaisants d’une année archivée en N-1, on peut prétexter les vœux pour prendre des nouvelles de celles/ceux qu’on a délaissé·es, on peut croire que tout ira mieux comme les jours de rentrée, enfant, quand on prenait des cahiers neufs et qu’on se promettait que, oui, cette année, on les tiendrait bien.

Si je ne suis pas familière des fêtes, je ne suis pas indifférente aux rites qui nettoient.
Je souhaite donc à toustes celles/ceux pour qui la Saint-Sylvestre est un marqueur social fort d’être ce soir avec vos meilleur·es ami·es et, à nous toustes, je donne rendez-vous demain, avec des ennuis archivés, des cahiers neufs et de bonnes résolutions pour celles/ceux qui doivent chasser regrets ou fantômes.
Bref, je nous souhaite à toustes un bon rituel d’apaisement 🙂

Guardian: The Lonely and Great God | 쓸쓸하고 찬란하神-도깨비 (2016)

En commençant à m’intéresser aux séries coréennes, j’ai très rapidement entendu parler de Goblin (l’autre titre de la série — c’est assez fascinant le nombre de titres qu’on trouve pour une même oeuvre) qui raconte l’histoire d’un dokkaebi (et pas du tout d’un gobelin — à quelle époque reculée quelqu’un a-t-il cru bon de traduire l’un par l’autre ???) et j’étais forcément curieuse d’une histoire portant le nom d’une créature mythique. Mais je suis paresseuse et la série n’est pas diffusée sur Netflix. Puis, récemment, j’ai pris un abonnement à Viki et j’ai donc enfin satisfait ma curiosité.

Alors… même si ce n’est pas l’histoire d’un gobelin, on est bien dans de la fantasy :
Il y a environ 900 ans, un Général était si puissant qu’il a fini par devenir un dieu (littéralement) de la guerre pour le peuple, mais le Roi, mariée à sa Sœur et conseillé par le très vilain Méchant, jaloux qu’un simple général puisse passer pour l’équivalent d’un dieu, le tue (et sa sœur aussi, il fait un lot groupé).
A sa mort, le Général est transformé en dokkaebi et la vie ne pourra lui être ôtée que par sa fiancée (i.e. s’il rencontre l’amour).
C’est simple, classique et ça fonctionne.
A notre époque, le Général sauve la vie d’une femme enceinte et de l’enfant qu’elle portait. Ledit enfant, par cette magie, devient sa Fiancée, fiancée qui n’est même pas inscrite dans les registres de la Mort puisqu’elle n’aurait pas dû venir au monde/n’avait même pas de nom.
La Fiancée échappe aux faucheurs, atteint le bel âge de 19 ans, rencontre le Dokkaebi qui vit désormais en coloc avec un faucheur…

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Qu’est-ce qui cloche chez la secrétaire Kim ? | 김 비서가 왜 그럴까 (2018)

Alors… avant toute chose, que ce soit clair : je fais partie de ces gens qui regardent les comédies romantiques de Noël. Parce que, oui, c’est bébête, oui, c’est téléphoné… mais ça fait du bien de regarder de temps en temps des trucs 100 % gentils, 100 % innocents… et, clairement, cette série allie le feel good des comédies sentimentales de Noël avec la qualité pro (acteurs, lumières…) de pas mal de dramas coréens.
L’histoire et les persos sont totalement irréalistes, il n’y a pas l’ombre d’un soupçon du moindre méchant ou antagoniste… mais j’ai souvent ri et j’ai vraiment adoré.
Lui (Park Seo-joon), 33 ans, est juste… parfait ? Beau, riche, précoce… il est en fait totalement narcissique. Il admire son reflet dans le miroir, ne sort avec des filles que comme faire-valoir aux réceptions.
Elle (Park Min-young), 29 ans, est sa secrétaire. Elle a commencé à travailler dès sa sortie du lycée pour payer les études de ses sœurs et rembourser les dettes de son père. Si Lui est parfait, Elle est réellement parfaite puisqu’elle n’est même pas narcissique.
Et donc, à 29 ans, en travaillant comme une malade sans jamais prendre de jours de repos, elle a remboursé toutes les dettes familiales et elle décide donc de démissionner pour découvrir ce qu’elle aime réellement faire et avoir le temps d’aller à des rendez-vous galants si elle ne veut pas rester éternellement célibataire.
Sa démission est forcément le déclencheur : jusqu’à présent, Elle lui appartenait totalement puisqu’il l’appelait le soir et le week-end. Si elle démissionne, elle en épousera un autre.
Lui, dont on comprend qu’il a toujours été amoureux d’elle, la demande immédiatement en mariage, mais ça ne passe pas, forcément…
Le héros est affreusement narcissique, mais n’a pas une once de méchanceté ou de perversité (le côté irréaliste des persos qui font de l’ensemble un conte rigolo).
J’ai ri bêtement aux mésaventures de son meilleur ami qui doit subir ses confidences et une secrétaire si maladroite qu’on est à la limite de la tarte à la crème.
Tous les persos sont ridicules et touchants.
Bref, étrangement, je trouve l’ensemble particulièrement réussi.