En me réveillant ce matin, j’ai pensé qu’il était temps que je prenne une bonne résolution : celle d’arrêter de regarder / lire plusieurs séries / romans en même temps. Le résultat de commencer trop d’œuvres à la fois mène à un abandon important. Non pas qu’elles soient mauvaises (c’est pas le sujet), mais je me laisse attiré ici et là et, après quelques semaines, il faudrait que je reprenne l’histoire à son début et j’ai souvent la flemme de repartir de zéro.
A noter que cette résolution va forcément de pair avec celle d’attendre que tous les épisodes d’une série soient libérés avant de la regarder.
Bref, mon samedi a commencé fort de cette idée. Et, à 11h, j’ai vu passer la news selon laquelle iQIYI commençait la diffusion de How Dare You? (la série, pas l’anime de 2024) avec Wang Chu Ran1 dans le rôle de la FL. Avec seulement 8 épisodes disponibles aujourd’hui sur les 32.
Alors, forcément, j’ai regardé le 1er épisode avant le déjeuner.
— Et, du coup, c’est quoi la série que tu regardes en ce moment et dont tu ne devais pas te détourner ? — Love’s Ambition. Clairement pas la même ambiance.
dont j’attends le Love Has Fireworks avec Tan Jian Ci depuis si longtemps que j’ai peur d’être déçu quand il sera enfin dispo… ↩︎
… n’est pas une histoire rassurante pour se dire qu’on n’est pas Dory ? Oui oui, le poisson qui n’a pas de mémoire. — Hein ? Mais les deux histoires n’ont rien en commun ! D’où tu sors ça ?
— Je ne pense pas être le seul à avoir ce sentiment d’être dans une boucle. Le réveil sonne, tu te diriges, les yeux encore à moitié clos, vers les toilettes. Un chat tente de te faire trébucher, tu te rattrapes de justesse, tu espères que le reste de la journée sera moins dangereux. Tu remplis les gamelles et tu te fais couler un café. Tu pars au travail, tu reviens, tu te dis que ce serait bien que tu répondes à tes messages, mais, demain, allez, ce sera aussi bien. Tu te cales devant une série. C’est l’heure d’aller dormir. Le réveil sonne, tu te diriges, les yeux encore à moitié clos, vers les toilettes. Un chat tente…
— OK, je te suis, t’es dans Un Jour Sans Fin. Quel rapport avec Dory ? — Et si je n’étais pas dans Un Jour Sans Fin, mais, juste, j’oublie tout ? — Pourquoi tu dis ça ???
Une pote (25 ans) m’a demandé : « Qui est la Rowling française ? » Alors, attention, ne vous méprenez pas : elle et moi n’avons aucune doute qu’une personne aussi transphobe que Rowling doit être boycottée, mais, avant qu’elle ne devienne Voldemort, Harry Potter a été lu par plein de petit·es français·es. Parce que les romans sont arrivés en 2001, avec nos GenZ, et, dans l’enfance et l’adolescence, ça a été probablement un de leurs passages dans le monde Fantasy.
Alors, oui, Harry Potter était plein de trucs problématiques. Perso, je n’accrochais pas trop. En tant que parent, pour bien faire mes devoirs, j’ai emmené mes filles voir les premiers films jusqu’à ce qu’elles me disent qu’on ne verrait pas les suites car ça n’était pas assez bon. (Aucune idée d’où on s’est arrêté.) Bref, d’ailleurs, ça doit bien faire mal de grandir avec un roman-film-doudou et de te réveiller à l’âge adulte, dans un monde qui brûle, et d’apprendre que l’écrivaine de ton doudou voue une haine terrible à plein d’innocents. Mais là n’est pas le sujet…
Il y a quelques temps, j’ai regardé le film Love O2O. J’ai bien aimé… en partie parce que les MMORPG me manquent. — Ben, pourquoi tu n’y joues pas ? — A chaque fois que j’ai rejoint un MMORPG, c’était parce que des copines, de la famille… y jouaient. Ne me jugez pas, je suis dans la team qui a du mal à aller seul au resto ou au ciné. Rejoindre un MMORPG sans y rejoindre quelqu’un, ben… je ne franchis pas le pas. Bref, le film était court et comblait un petit manque, mais, quand j’ai vu qu’il y avait une version série de 30 épisodes, j’ai eu une petite moue circonspecte…
En finissant Fireworks of My Heart sur Viki, j’ai regardé la fiche des deux acteurices principaux pour voir dans quoi ils avaient joué sinon (et qui était dispo sur la plateforme). Côté Wang Chu Ran, j’ai déjà vu l’excellent Are You the One et je me souviens avoir vu également Have a Crush On You (pas chroniqué). Et, là, je vois que Yang Yang joue le personnage principal de la série Love O2O. (Et je ne le reconnaissais pas dans l’image d’entête !)
Alors, après une longue hésitation, j’ai cliqué hier soir et vu le premier épisode. Qui est… hum… terrible1. Les images, les doublages, le manque de réalisme de l’environnement… — Et ensuite ? — J’ai eu une migraine ophtalmique2 au début du 2e épisode donc je n’avais d’autre choix que d’aller me coucher !
Ce matin, j’ai regardé le 2e épisode parce que ça m’agaçait de m’être arrêté au début… et j’ai réalisé que j’aimais bien les voir jouer aux MMORPG. Voilà, je ne sais pas si je vais tout regarder3 et, pour l’instant, c’est vraiment le même scénario que le film, mais j’avoue que c’est agréable de voir des gens juste faire ce qu’on aime bien ! (Oui, c’est pour ça que je craque toujours quand un personnage principal est écrivain-like !)
Version négative de l’adjectif, s’il y a un doute… ↩︎
Je déteste tellement ça : t’as pas mal, mais tu n’y vois plus rien !!! ↩︎
Réponse dans quelques jours, si vous voyez une chronique dédiée apparaitre. ↩︎
Dans les films / séries / fictions, ça m’a toujours interpellé que les portes, en intérieur (maison, appartement…), soient fermées. Pour moi, déjà, au bureau, si une porte est fermée, c’est que la personne est en réunion / visio et qu’on ne doit pas la déranger donc, par défaut, une porte est ouverte, mais, dans une résidence…
Les personnages vont et viennent, ouvrent et ferment les portes… et, du coup, ne voient pas le méchant qui s’est glissé dans une autre pièce…
Chais pas pourquoi, ça ne m’a fait tilt que ce matin : ce sont des gens (les scénaristes ? les réalisateurices ?) qui vivent… sans chat. Aucun chat ne t’autoriserait à fermer des portes en intérieur. Même la porte des toilettes ou de la salle de bain est seulement poussée, mais pas fermée !
Il y a des gens pour penser que, si on travaille assez, si on fait les efforts nécessaires… on peut forcément tout réussir. Je ne crois pas. Je trouve cette idée validiste et dangereuse.
Validiste car elle pose l’idée que nous sommes tou·tes exactement pareil·les, avec les mêmes « outils » dans notre corps. Dangereuse1 parce qu’elle entraine des parents, de bonne foi, à harceler leurs mômes, persuadés qu’ils « pourraient s’ils voulaient ».
Ce qui est problématique, ce n’est pas d’accepter que nous sommes différent·es et que certain·es d’entre nous ne peuvent pas faire certaines choses, mais d’attribuer de la valeur aux gens en fonction de ce qu’ils sauraient faire.
Depuis tout petit, je suis doué en grammaire et en orthographe. Françaises. Même à l’école primaire, dans mes cahiers, il était dit que j’écrivais « bien ». Bien sûr que le fait que ça me soit facile a entrainé que j’ai continué à beaucoup écrire (même de simples billets de blog ou des statuts bébêtes sur les réseaux), mais j’en avais aussi « besoin » car je suis plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral pour parler de certains sujets, notamment dans l’intimité.
Le Rose & le Noir fait partie des blogs que je suis depuis plusieurs années et, il y a plusieurs années donc, elle avait partagé quelques portraits de sacs, initiative qu’elle a reprise ce matin. Je m’étais donc prêté au jeu à l’époque, mais, comme j’ai fait disparaitre tout un tas de mes précédents billets au fil de la suppression/recréation de mes blogs, impossible de retrouver l’archive, forcément.
Néanmoins, l’exercice m’amuse toujours autant car, s’il raconte les quotidiens, il raconte aussi (surtout ?) comment chacun·e optimise ou se sécurise. De quoi as-tu absolument besoin à n’importe quel moment ? De quoi risques-tu de manquer (hormis, of course, la carte bleue et les clés) ?
Bref, à mon tour : le sac à main est de la marque Anekke que j’aime beaucoup car j’ai le sentiment d’être face à des saynètes qui me racontent quelque chose ; le portefeuille (cartes et monnaie) est un Fossil en cuir que j’ai depuis plusieurs années maintenant. Quand je l’ai acheté, la vendeuse m’a fait une histoire car il était « pour homme » et donc « pas pour moi » (true story) ; la coque avec un ours en peluche Nasa, c’est mon iPhone 7+ (2017) qui me sert pour tout (photo, baladeur, carnet de notes…) ; la trousse Renard est ma trousse « périodique » : tampons et serviettes (donc je ne l’ai pas toujours sur moi) ; la trousse Camouflage, ce sont les médocs (Doliprane, Spasfon…), pansements, gouttes pour les yeux… la pochette Greece pour les papiers qui ne logent pas dans le portefeuille (carte d’identité, carte de mutuelle…) ; un sachet de courses réutilisable ; mes écouteurs d’iPhone ; des mouchoirs en papier et un anti-moustiques : je l’ai avec moi plusieurs mois par an sauf vraiment les mois « froids » (quels mois « froids » ici ???).
En me relisant, je réalise qu’on ne voit pas le porte-clé Père Noël Lego accroché au sac ! (Ledit sac a un anneau pour les babioles et j’ai perdu le beau pompon rouge qu’il avait à l’origine…)
Pour la photo, j’ai mis le petit parapluie Anekke, mais, en réalité, je ne le prends quasi jamais : je fais partie de la team regarde la météo avant de sortir donc, s’ils annoncent de la pluie, je prends un parapluie transparent non-pliable (la pluie est rare, mais sévère) et, l’été, j’ai une ombrelle en permanence qui peut faire parapluie au besoin.
A tout ça, il manque une gourde… J’ai une Panda de chez Pylones et j’avoue que j’en ai achetées plusieurs (pour offrir) : en conventions, par exemple, j’aime bien l’idée de la gourde reconnaissable que les potes te ramènent si tu l’oublies quelque part.
Je suis plutôt contente de mon idée (par forcément originale) de la trousse périodique : quand tu es au travail, en soirées chez des ami·es… plutôt que de traverser les pièces/couloirs avec ton tampon serré dans ta main (qui ne sera pas de la bonne taille une fois que tu es sur les toilettes) ou de transporter tout ton sac à main, la trousse est idéale. Par contre, comme elle est discrète, je peux avoir tendance à l’oublier dans les toilettes d’un resto (et c’est comme ça que j’ai perdu la précédente)…
Attention, ce billet contient des spoilers sur Lost You Forever.
Dans une romance, A et B s’aiment. C aime A, mais ce n’est pas réciproque. Evidemment, pour la tension narrative, B va le croire (que A aime C), mais ce sera un malentendu. En bonus, si la romance est voulue particulièrement feel good, C doit trouver l’amour à son tour avant THE END.
J’ai longuement parlé de Lost You Forever dans un premier billet et je suis revenue dessus dans un second. Tout en ayant vraiment beaucoup aimé et la saison 1 du drama (la saison 2 n’est pas encore dispo) et le roman, je reste sur deux gros reproches.
Mon 1er reproche est la fin inutilement triste et qui qualifie LYF en drame et non en romance. Même si l’héroïne, XY, finit avec l’un des deux hommes qu’elle aime (TSJ), le second (XL) meurt sans qu’elle sache jamais ce qu’il aura fait pour elle et… il en aura vraiment fait des tonnes : il la ressuscite lorsqu’elle est assassinée la première fois, il lui apprend le tir à l’arc et lui procure un arc supra-génial, il (lister ici plein de choses que j’ai oubliées tellement il y en a)… mais, en plus de tout cela, il sauve la vie de son fiancé ! L’amour nous sécurise parce qu’on éprouve ce que les gens qui nous aiment font pour nous et je trouve ça cruel / inutilement dramatique que XY ignore combien elle a été aimée. De plus, même si l’amour de XY pour CX n’est pas de « nature romantique », il reste très fort et, franchement, quand, sur 3 hommes que l’héroïne aime, 2 finissent mal, il est difficile de parler d’une happy end.
Si mon 1er reproche est donc personnel, j’en ai un second plus… général.
— Oh, désolé, je suis en train de te spoiler… — Non, mais continue, ça m’est égal.
Quand j’étais enfant, je lisais beaucoup de polars (Agatha Christie en tête) et je jetais un oeil, toujours, à la dernière page peu après avoir commencé ma lecture (tiens, j’en parlais déjà dans ce billet). Ca ne m’apprenait rien du tout, en réalité, car une dernière page sans contexte est rarement éclairante, mais cela ne me décourageait pas de recommencer avec le suivant.
Netflix vient de commencer la diffusion de Doctor Cha. Elle, après des études de médecine, a laissé tomber sa carrière prometteuse pour celle de mère au foyer. Après un grave incident de santé et alors que ses enfants sont déjà grands, elle décide de reprendre son parcours de doctoresse. Le triangle amoureux autour d’Elle va convoquer Lui1, son mari infidèle, et Lui2, le beau médecin élevé aux USA.
Le début est sympathique et me donne envie de continuer. Pour cette romance, il y a deux issues possibles : soit elle reste avec Lui1 car il va la redécouvrir et revenir vers elle, soit elle divorce et choisit Lui2.
Le « truc », c’est que les deux issues peuvent sembler des Happy End suivant notre système de valeurs. Pour celles et ceux aux yeux desquelles le mariage est sacré, c’est une bonne chose que Lui1 retourne vers Elle.
Etrangement ou « à cause de », en tant qu’aromantique, j’adore l’Amour et c’est ce que je recherche dans la romance. Peut-être comme d’autres sont avides de Magie et lisent de la Fantasy, je cherche ce qui m’est étranger. Donc, à mes yeux, la « bonne fin », ça ne peut être que celle où Elle finit dans les bras de Lui2. Sauver un couple ? Le couple/mariage n’a rien de sauvable à mes yeux, mais ce n’est pas le genre de billet où je vais me lancer dans une tirade sur l’hétéropatriarcat. Disons juste que voir l’héroïne choisir le mari adultère me fait horreur. Et ce sentiment remonte à ma plus tendre enfance, avant même que j’ai la moindre notion de féminisme et la moindre idée de ce que pouvait être le patriarcat.
— Mais où veux-tu en venir à la fin (c’est le cas de le dire) ?
La diffusion en France de cette série se termine dans quelques semaines, mais, en Corée, même si elle est diffusée plus tôt, le dernier épisode ne sortira que le 4 juin. Je n’ai donc aucun moyen de me spoiler la fin. Et je n’ai pas du tout envie de regarder plusieurs épisodes avant de réaliser que l’Happy End n’en sera pas du tout une pour moi.
— Mais, enfin, si la série est sympa, tu peux la regarder quand même !
Je n’ai pas envie ! Je déteste passer du temps sur une histoire dont la fin me déplaira. Me spoiler est en fait la façon dont j’aime consommer la fiction. Même si je comprends tout à fait que l’on puisse raconter des histoires qui nous parlent du réel, si je veux du réel, je regarde des documentaires, je lis des articles. Je rencontre rarement des gens qui me ressemblent sur ce point : j’ai tracé une ligne de démarcation quasi infranchissable entre fictions et récits du réel. Bon, OK, je peux faire des exceptions à cette règle, mais je n’aime pas les surprises.
Mardi soir, dans le cadre de #NiceFictions23, nous avions programmé Bienvenue à Gattaca au cinéma Variétés (Nice). Je ne l’avais jamais vu auparavant et je pense qu’il est assez peu récent pour qu’il y ait prescription sur les spoilers. Bref, à la fin, l’un des deux personnages principaux (Jerome — Vincent s’envole dans l’espace) se suicide. Ce n’est pas super « gai », mais on le sait bien en amont. Il avait déjà fait une première tentative (son accident) et, du coup, cette fin est attendue / prévue… acceptable ?
— Mais, dans la vie de tous les jours, tu aimes les surprises quand même ?
Je ne crois pas. Si je fouille rapidement ma mémoire, je n’y trouve pas trace de « bonnes surprises » (comme quoi ? Une fête surprise ou un truc du genre ?) et être surpris me semble a priori plutôt négatif…
Bref, je suis très contrarié : je ne sais pas avec qui la Dr Cha va finir…
– Alors, en fait, mon chéri, c’est pas l’écriture inclusive qui est difficile quand tu es dyslexique. C’est l’écriture. Tout court.
– Oui, mais on doit faire en sorte que les dys puissent écrire facilement !
– Tu peux demander à Siri d’envoyer tes textos.
– Oui, mais non, les dyslexiques doivent écrire !
– Le gars en fauteuil roulant qui ne peut pas marcher, il doit marcher ou alors on doit développer de bons fauteuils roulants, des rampes d’accès, etc. ?
– C’est pas pareil ! (Non non, bien sûr, si tu ne peux pas marcher, tu ne peux pas, mais si tu ne peux pas écrire, tu dois quand même…) En cas de panne, ton Siri, il ne marche pas !
– C’est sûr que, en cas de panne d’électricité généralisée, de pandémie ou d’invasion zombie, c’est ultra-important de ne pas faire de fautes d’orthographe.
Ce n’est qu’à 40+ que j’ai découvert mes propres handicaps, mais c’est beaucoup plus tôt, en tant que mère, que j’ai expérimenté le handicap.
Ce que j’en ai retenu, c’est que les humain.es prenaient soin les un.es des autres, créaient des outils pour se faciliter mutuellement la vie, toussa toussa…
Et en cas d’attaque zombie ?
Je vis en prenant du Levothyrox, de l’acide folique, du fer…
En cas d’attaque zombie, sans médocs, je m’éteindrais doucement. Ça ne veut pas dire que je doive arrêter les médocs now, quand ils sont dispos, ça veut dire que je sais que, si les temps devenaient durs, je serais dans les premiers départs.
Mais je n’ai aucune raison d’avancer ce départ.
Il n’y a pas de combats ou de causes qui doivent être abandonnées car moins importantes ou moins fondamentales.
Nous avons les ressources humaines pour lutter contre tous les maux, toutes les discriminations, aider tou.tes les malades, tou.tes les handicapé.es…
A nous tou.tes, nous pouvons tout faire.
– Ouais, mais quand même, ce serait mieux de pouvoir écrire…
– Alors, en fait… SPOILER : on meurt tou·tes à la fin, quelque soit la façon dont on vive. On peut forcer quelqu’un.e qui ne peut pas faire quelque chose à le faire quand même… ou on peut juste produire des outils de plus en plus géniaux pour que chacun·e d’entre nous puissent passer son temps à faire ce qu’iel aime, lire ou manger des glaces, se faire bronzer ou jouer au foot… et si on veut se forcer à faire un truc qu’on ne peut pas car on aime le défi, alors, oui, il faut le faire… pour soi, pas pour les autres.
En fait, on peut tou·tes vivre en paix en se faisant du bien, sans se forcer, si on choisit de le faire…
Quelques petits rappels du soir : le féminisme consiste à vouloir l’égalité entre tou·tes quelque soit le genre (homme, femme, agenré, etc.) ; les TERFs ne sont pas féministes puisqu’elles ne souhaitent pas défendre chacun·e quelque soit son genre et pensent même qu’elles savent mieux son genre que la/le concerné·e ellui-même ; le féminisme est en guerre contre le patriarcat et ses promoteurs/complices, pas contre les hommes qui sont aussi des victimes du patriarcat ; il existe des victimes complices parce que les humain·es sont complexes. Merci. Bisous.
Le héros est le personnage principal d’une oeuvre.
Hier, j’ai fini de regarder Radiant Office, un drama coréen. Par habitude, j’en ai dit quelque mot et puis… ça a commencé à tourner dans ma tête, en mode « tu ne fermeras pas les yeux de la nuit » (ce qui est techniquement faux, Morphée est clairement mon meilleur pote) : tous les personnages principaux sont-ils des héros ? Il me semble qu’on pourrait voir le héros sous deux angles : 1/ un personnage qui, parti dans de mauvaises conditions, s’en sort super bien 2/ un personnage déjà badass au départ, fort, intègre, toussa… 1 ou 2, nous allons vibrer pour lui. Nous identifier ?
Radiant Office C’est une série sympa (mais absolument pas comique malgré ce qu’indique Netflix), avec des choses mignonnes, quelques failles… mais ce qui m’intéresse dans ce billet : Elle, Lui2 et Lui4 sont trois jeunes qui peinent à trouver du travail malgré les diplômes. Un soir où la coupe est pleine (et où Lui2 vient de se faire larguer), ils tentent de se suicider et se rencontrent à l’hôpital d’où ils s’enfuient ensemble car ils n’ont pas les moyens de payer la note. Avant qu’ils ne s’enfuient, ils ont entendu Lui3 aka le Méchant dire que l’un d’eux est atteint d’une maladie incurable. Elle est l’héroïne de l’histoire, sans doute possible. Elle est intègre, pleine de principes, courageuse…
Jusqu’à hier soir, avant de me coucher, j’ai toujours considéré que le héros était le gars dont l’héroïne était amoureuse. Donc, dans ce drama, ce serait Lui1 dont Elle s’éprend. L’une des qualités de cette série est qu’elle comporte plusieurs persos principaux : Elle et Lui1, bien sûr, mais également Lui2 et Lui3… Lui2, qui n’est pas l’amoureux de l’héroïne, prend beaucoup de place, on suit sa propre histoire d’amour… Est-ce le héros ?
Lui1 et Lui2 sont deux bonnes personnes, mais totalement opposées. Lui1 est le gars intègre, mais qui manque d’empathie, qui réussit professionnellement. Lui2 échoue dans le travail, mais est gentil, attentionné. Les deux hommes sont présentés comme de bons partis, pour des raisons très différentes, mais sans qu’aucun ne soit plus valorisé que l’autre. Et, si Lui3 est le Méchant, c’est un personnage principal cependant. Qui est le héros ?
Le héros est-il le gars dont l’héroïne s’éprend ? Si je songe à Cendrillon ou à la Belle et la Bête, le Prince charmant n’est absolument pas un héros. C’est… une récompense !
Je me suis mise à chercher dans ma tête (certes pleine de trous) si je trouvais des héros et… je n’ai trouvé que des héroïnes : Buffy est une héroïne, dans beaucoup d’acceptations de l’idée, mais Angel, qui a pourtant sa propre série, n’est pas un héros. Il chute souvent et on ne l’aime que parce que Buffy l’aime. Lorsque, adolescente, je regardais les Chevaliers du Zodiaque, j’adorais Shiryu parce qu’il avait le visage fin, les cheveux longs et qu’il était le dragon, mais Seiya m’agaçait au plus au point. Enfant, l’un de mes plus chers souvenirs est que Mère Dragon nous faisait la lecture avant qu’on se couche. L’une d’entre elles fut le Seigneur des Anneaux. J’ai adoré. Mais Frodo ne suscitait en moi ni admiration ni identification. Ulysse, le héros si cher au cœur de ma génitrice ? Le gars laisse sa femme en plan pendant des années et batifole avec des nymphes, des sirènes et des magiciennes !
J’ai été amoureuse de Sherlock Holmes, mais c’est un drogué maniaque. Arsène Lupin ? Hercule Poirot ? Non, les seuls noms qui me viennent sont ceux des super-héros : Superman, Captain America… et, dans super-héros, il y a un mot en plus.
Dans la plupart des dramas coréens, Elle est intelligente, travailleuse et courageuse. Lui est… beau ? Il est souvent arrogant, a parfois de gros handicaps affectifs et il ne nous intéresse que parce qu’Elle est prête à lui montrer que l’Amour c’est cool. A part quelques pièces comme, par exemple, Something in the rain ou Romance is the bonus book. Et Dean Winchester, de Supernatural, car tout le monde est amoureux de Dean Winchester. Et Indiana Jones et Han Solo. Les rares héros que j’invoque sont très loin des héroïnes courageuses prêtes à changer le monde. Ce sont des aventuriers, ils sont fun… mais largement moins méritants que la simple héroïne de drama qui défend la veuve et l’orphelin ou que Cendrillon qui part bien perdante dans l’échelle sociale.
Voilà, je vous livre cette réflexion aussi brute qu’elle m’est venue. Est-ce simplement parce que l’homme riche blanc hétérosexuel cisgenre n’a pas de mérite particulier a bien vivre ? Je me suis endormie hier soir et je n’avais pas de héros, aucun homme fictionnel que j’admire ou auquel m’identifier… ‘fin, sauf peut-être… voir ce que j’écrivais il y a deux mois 😉
On dirait que les vacances d’été commencent à faire leur effet et que je suis un peu moins fatiguée… et du coup un peu plus bavarde.. Alors, en verve et la soirée avançant, je vais papoter un peu longuement d’un truc qui me trotte dans la tête 😉
J’aime l’Amour.
Oui, oui, celui avec un grand A car plusieurs de mes textes ont eu de très bons retours à cause de cet ingrédient. Ingrédient narratif, littéraire, déclinable de tant de façons…
Je ne pourrais pas dater les choses, mais je sais que, bien avant ma vie de « femme amoureuse », il m’était évident qu’il y avait l’Amour, cet ingrédient artistique tout à fait cool, et l’amour. L’amour irl que personne ne peut te définir et sur lequel tout le monde a une opinion. Et sur lequel, du coup, ben, je n’avais rien à dire : moi, je raconte des histoires pour t’émouvoir.
Le temps a passé, j’ai continué de raconter l’Amour, mais, en parallèle, ben… après la vision enfantine de « un monsieur et une dame s’aiment donc ils baisent ensemble d’une manière exclusive », il y a eu… la vraie vie : c’est pas forcément un monsieur et une dame, ils peuvent s’aimer sans baiser, baiser sans s’aimer, ils peuvent se tromper ou être dans une relation libre, ils peuvent se marier dix fois et ne jamais aimer, etc.
Alors, comme j’aime aussi les histoires irl, j’écoute, j’écoute, j’écoute… et, plus j’écoute, plus l’ingrédient narratif semble finalement pauvre par rapport à la réalité car les humains se font des nœuds dans la tête et c’est tellement plus… riche ? dingue ? étrange ? effrayant ?
Lors d’une conversation, quelqu’un m’a dit : « Je ne me sens pas légitime à m’exprimer car je suis asexuel. »
Ça m’a alors semblé une évidence et je lui ai répondu : « En quoi es-tu moins légitime que les autres ? Il y a quelqu’un qui a eu des relations avec cent individus bien répartis statistiquement et qui a des réponses absolues ? »
Il y a CeluiA qui t’aime très fort, qui te le montre autant qu’il peut, mais qui ne peut pas te le dire parce que le mot est galvaudé et on ne l’a pas défini et…
Il y a CeluiB qui t’aime, qui te le dit, mais, finalement, quand tu termines la relation, il est déjà dans les bras d’un autre.
Il y a Celui qui pense que CeluiA est le vraiment aimant et Celui qui pense que l’amour n’existe pas s’il n’est pas dit donc que CeluiB est plus amoureux…
Il y a Celui qui est amoureux de son conjoint, mais qui ne sait absolument rien de lui, de ses peines ou de ses humeurs et tu cherches en vain de qui il est vraiment amoureux…
Il y a… autant de Celui que d’humains sur Terre.
Comme j’aime raconter les histoires avec un début, des rebondissements et tout, en privé, il m’arrive parfois de me confier sur la vraie vie (si elle existe, un écrivain a-t-il une vraie vie ?). Même s’ils n’ont aucune valeur statistique, la majorité des retours que j’ai eus, sur des histoires qui ne me semblaient pas bien grandioses, était que c’était « beau » ou « plus vrai » ou tout autre qualificatif émouvant et positif.
Alors je me suis dit que c’est juste que je devais mieux raconter l’histoire.
Et j’ai bouclé : la réalité est bien plus dingue que la fiction, mais, en général, elle est beaucoup moins bien racontée 😀
Voilà, voilà…
Je viens de m’étendre parce que j’ai pas mal réfléchi au bouzin ces derniers temps : je suis arrivée à ce moment où tu as trop de données, trop d’émotions, trop de pistes et où tu te dis que, du coup, tu n’écriras plus jamais sur le sujet car tu n’arriveras jamais à rendre tout ce qu’il y aurait à en dire. Et, en même temps, raconter une histoire, ça n’a rien d’exhaustif : le but, c’est d’émouvoir même si tu embellis ou mens ou biaises ou…
Puis, en même temps, on s’en fout un peu de tout ça, le lecteur attend des histoires, pas mes considérations sur les histoires 😉
Quand j’étais enfant, je ne comprenais pas pourquoi l’amour était une maladie… Est-ce vraiment une maladie ? Un handicap ? Une malédiction qui menace le plus solide des guerriers ? Et, sans elle, la plupart de mes textes, de mes poèmes… n’existeraient juste pas. Est-ce la façon que la Muse a de me rappeler que tout a un prix ? Est-ce une blessure que je me plais à regarder pour me souvenir que je suis vivante ? Est-ce tout simplement que je n’échangerais ma place contre celle de personne d’autre ? Putain d’Amour, si tu ne nourrissais pas ma Muse, je te déclarerais la guerre sans hésiter une seule seconde. Faut-il que l’Ecriture passe avant beaucoup de choses que je tolère ainsi ton agaçante existence ! Ecriture, ma princesse, mon aimée, je te néglige beaucoup ces derniers temps, mais ce n’est que partie remise, tu verras… Amour, compagnon d’infortune, infidèle amant, je l’avoue, je préfère te connaître et que tu me fuis plutôt que de jamais croire que je te côtoie alors que je serais prisonnière d’une illusion qui aurait à peine ton nom et certainement pas ta nature. Au fond, ne te mens jamais, aucun déni ne vaut d’être vécu et quelques larmes sont un prix bien faible pour être vivant.
Un outil n’est par essence ni bon ni mauvais, c’est simplement un outil. Evidence que l’on oublie parfois, le regard rivé sur le support…
Vous souvenez-vous de cette époque où nous ne disposions que de la lettre postale et du téléphone (sans répondeur, sans le nom de l’appelant qui s’affiche, sans…) ? Nous ne souhaitons jamais perdre le contact avec les gens auxquels nous tenons, mais ça se fait tout seul : Tiens, cela fait n semaines que je n’ai pas eu de nouvelles d’Untel. Un coup d’œil à l’horloge : il est 22:00, beaucoup trop tard pour l’appeler. Demain ? Mais, demain, la pensée reviendra à la même heure… Le mail : facile, gratuit, pour prendre des nouvelles à une heure indue. Et désormais les réseaux sociaux pour s’assurer que ceux qui n’ont pas eu le temps de se manifester sont bien au courant que et que…
Mais c’est une illusion : toutes les news se mélangent et, non, Untel n’aura pas vu que et Machin ne saura pas que. Parce que nous ne sommes pas des machines, parce que nous n’arrivons pas à traiter autant d’infos, que nous avons déjà parfois du mal à nous souvenir de ce qui nous a été dit à nous, en particulier.
Si, professionnellement, la nécessité du réseau social ne laisse aucun doute et se traduit dans les stats des sites web, dans les commandes reçues par les uns et les autres, les prises de contact, au niveau personnel, le bilan devient mitigé, voire amer.
Infos qui défilent et humeurs qui nous submergent, empathie pour ceux qui sont tristes, jalousie pour ceux qui semblent tellement plus heureux, photos qui se percutent et, au milieu, les exploits d’un enfant qui nous parait bien laid (mais peut-on avouer ce genre de choses ?) ou le selfie d’un couple tout sourire, visiblement in love, alors que nous savons qu’il n’y a plus d’amour entre les deux êtres qui se collent, retenus l’un à l’autre par l’habitude, la peur du changement ou de la solitude, chagrins qui nous paraissent futiles, colères qui nous laissent de marbre…
Nous glissons dans l’intimité de l’autre, en percevons des fragments déformés, nous montrons… Nous entendons-nous encore ?
Un outil n’est ni bon ni mauvais, mais qu’en faisons-nous ? Il est si doux, certains soirs, de ne pas être seuls, de partager avec ceux qui sont loin comme si nous nous étions retrouvés au café d’en bas, mais passerions-nous toutes nos soirées au café d’en bas ?
Persuadée de l’utilité des réseaux sociaux sur lesquels j’assure une veille professionnelle nécessaire, leur brouhaha me laisse un sentiment étrange et je n’arrive plus à y partager les bêtises avec lesquelles j’espérais faire sourire et que j’ai vu prises au sérieux, je n’arrive plus à y parler puisque je ne sais qui m’entend, je n’arrive plus à y voir les visages de ceux qui m’auraient rejoint au café d’en bas.